humani nil a me alienum puto

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lundi 31 août 2015

695ème semaine

Diable de retard, que de choses à faire… Heureusement qu'il n'y a pas grand chose à chroniqueter !

pas si impossible (encore)

Tom Cruise dans un cinquième « mission: impossible », sous-titré « rogue nation » (ce qui est un peu prétentieux quand finalement on a rencontré ce genre de scénario de l’agence double-maléfique d’anciens passés du côté du Mal, utilisant les ficelles apprises à leur propre compte — James Bond et Alias sont déjà passés par là), et pas mal d’effets spéciaux, notamment pour que notre bel homme court sur pattes ait toujours l’air aussi fringuant. Mais ça marche ! Mêlant le bon taux d’action et de comédie, éludant les parties du scénario qui seraient trop longues à expliquer (pour trouver un alibi crédible), on suit avec intérêt les aventures quasi-solitaires (avant de retrouver un semblant d’équipe — parce qu’après tout c’est surtout ça, la série, avant le film… Simon Pegg et Jermey Renner en tête, habillés de Timothy Everest comme moi-même et James Bond) de celui qui devient à force un superhéros…

Il détonne en effet de revoir sur TCM Cinéma les anciens tueurs/agents-secrets/etc. des années 1970 : quoi, ils ne traversaient pas un avion sur son dos au décollage ? Comment, on ne pouvait pas tuer 15 gars avec 12 balles et une petite cuiller ? Bref, il y a une certaine surenchère — tandis que le scénario nous ressort la sauce du paria (déjà exploitée dans MI3, non ? D’ailleurs, ne s’était-il pas marié ?). Pour compenser ces quelques faiblesses post-analyses (car sur le moment, l’entertainment joue très bien), on a une héroïne de charme, une brune aux yeux bleus, peut-être même juive étant donné son prénom (et celui de son gosse, arg) : Rebecca Ferguson, 31 ans (team 1983 !), suédoise (origine anglaise — mais juive, ça compte pas), 1m70 (comme Tom), qui a réalisé toute seule ses cascades paraît-il (et vit dans un village de pêcheurs stratégiquement positionné). Que d’émotions.

Christopher McQuarrie, derrière la caméra et à l’écriture, qui avait déjà brodé du Usual Suspects, du MI-4 et tourné de l’efficace « Jack Reacher » avec le même Tom Cruise, sait y faire avec les vieux pots : la cuisine prend fort bien malgré le goût de déjà-vu qu’essaie de masquer la surenchère (et la prochaine fois, on dupliquera la Reine d’Angleterre).

mardi 25 août 2015

694ème semaine

Que de boulot, que de retard. Avec la mise en production de la startup, les clients à honorer ou à préparer, et tout le merdier administratif (de préférence : très pénible à faire, très cher aussi), que de temps perdu à ne pas se reposer…

méfiez-vous des sans couilles

« A touch of zen » est sorti cet été au cinéma, mais ce n’est pas pour rien que l’affiche faisait un peu terme, ni qu’il a inspiré la scène dans la forêt de bambous de la Maison des Poignards Volants (et un bout du scénario général) : ce Wu Xia Pian date de 1970. Ce n’est pas pour rien non plus qu’il dure 2h40 : à l’origine, il était en deux parties, la deuxième sortie en 1971. Ça explique aussi, peut-être, quelques incohérences scénaristiques, comme la disparition, sans crier gare, de la vieille mère de 80 ans (erreur de la traduction ? Sa fille en a la vingtaine…) qui était censée être hébergée dans le voisinage, qu’on n’a jamais vu, et dont toute référence disparaît (jusque dans le flashback).

Mais ce n’est pas pour la cohérence générale qu’on admirera cette histoire qui change plusieurs fois de cap — on commence comme un policier mystérieux, on dévie vers de l’histoire politique à arts martiaux, puis alors qu’on pense le film achevé suite à la grande-bataille-habituelle, voilà qu’on repart pour un dernier bout avec du mysticisme tout plein dedans… Inspirant l’interrogation, on est d’abord intrigué par les étrangetés de ce voisinage pauvre de la province paumée chinoise, où officie l’écrivain-peintre public Ku Sheng-chai (Chun Shih), vieux garçon vivant avec sa mère, qui veut absolument marier (et qu’il devienne fonctionnaire — sa mère me fait penser à une autre, et d’ailleurs lorsqu’il va falloir latter une armée entière, à qui pense pour préparer le job de laminage du moral des troupes ?…). Il y a des fantômes, ou alors Yang Hui-chen (Xu Feng), magnifique bout de fille peu commode, qui porte un passé, mais lequel ?

Il y a de gros yeux globuleux étonnés, de l’expressionnisme chinois, des ombres chinoises, des citations de Confucius, et même un Maître bouddhiste, Hui-Yuan (Roy Chiao), qui devient peu à peu la star du film, et je veux dire, vraiment la star, du genre à briller dans le coucher du Soleil… C’est long, ça part un peu dans tous les sens, on est baladé sans jamais trop savoir où l’on va (une narration non-occidentale ou non encore occidentalisée ? Peut-être), mais c’est quand même rudement beau.

rousse qui tue

« La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil » est de ces films adaptés qui doivent miser sur l’ambiance. Joann Sfar y réussit bien, en imposant un style 60s/70s clairement identifiable et une identité musicale, un visuel kitsch et sensuel, une fluidité, qui enivre dans la douce folie qui saisit un personnage principal étrange, attachante et énervante, jolie et un peu bête (elle est secrétaire, après tout — ça change de la série de personnages tous bac+8-qui-nous-ressemblent, au passage). Freya Mavor, à la génétique époustouflante jusqu’au biliguisme, teinte sans trop de difficulté en rousse (pour une écossaise très blonde), est la révélation du film. On peut la comparer à Stacy Martin, toujours fabuleuse brune, ici en jeune mère de famille (dans ces années-là, on se reproduisait très tôt, avec sa secrétaire…). Benjamin Biolay prouve qu’il est de cette race des polyartistes toujours crédibles. Elio Germano complète enfin un cast d’étrangers francophones. Quelque part, c’est un peu un film comme on en faisait plus. Il faut bien tout ça pour faire oublier que l’affaire est quelque peu tirée par les cheveux. Mais l’ambiance réussit — sans signer un chef d’oeuvre, difficilement atteignable, peut-être par trop de maniérisme nécessaire, ou parce que le Sébastien Japrisot adapté est plus du côté de l’écriture, où le temps de lecture a un rôle à jouer dans la réception.

chez Jeanne

L’expo Lanvin est la dernière partie de la période thématique « couture », après Jean-Paul Gaultier et Christian Dior. C’est aussi une expo pour laquelle on a peut-être un peu trop traîné, mais le palais Galliera a une bonne extension sur la durée — jusqu’à fin août. Ça n’empêche pas une bonne queue à l’extérieur, et de se cogner beaucoup à l’intérieur : à l’exiguïté du lieu s’ajoute la manie de créer des alcôves peu propices aux passage des nombreux visiteurs, de telle sorte que la fluidité en prend un grand coup (et toujours cette maladie contagieuse des petites écritures…). Pour l’occasion, des collections ont été sorties des caves, de telle sorte qu’un certain nombre de pièces étaient présentées à plat, ce qui retire du volume à l’affaire, avec un système de miroir pour un peu plus de rendu.

Il y avait quelques pièces originales aussi, sur la vie de Jeanne, comme le passeport de fuite de Victor Hugo au nom du grand-père (parce qu’il était un ami de la maîtresse #1 de celui-ci — Juliette Drouot —, et plus tard il y eut aussi une autre Lanvin à son service, qui fut sa maîtresse), et des photos, où l’on voit la réussite et la richesse qui honorent une belle réussite, jusqu’au mariage de la fille Lanvin, qui devient noble et se fait renommer.

Il y a bizarrement peu de chapeaux, alors que Jeanne Lanvin était avant tout modiste, peut-être parce qu’ils ne se sont pas si bien conservés. Étrangement aussi, quasiment toutes les robes sont noires, alors que l’on fait plusieurs fois référence à l’introduction de la couleur — dont quelques exemplaires sont effectivement flamboyants. L’explication se trouve peut-être dans les légendes : les clientes avaient manifestement la manie de demander du noir, même quand il y avait la couleur, et ce sont ces collections particulières qui se sont généralement retrouvées sous verre.

L’effet « collection » a tendance aussi à étouffer un peu le propos historique, qui était bien mieux mis en valeur lors de l’exposition Carnavalet. Par exemple, qui est cette comtesse, que l’on voit partout commander une bonne partie des robes ? Qu’en faisait-elle ? Quelle était la mode du temps ? Une seule vidéo, physiquement difficilement accessible, pouvait montrer un peu d’action pour les longues robes très travaillées — à noter à un moment une robe rouge fabuleuse qui a été portée par un modèle sur une peinture, l’effet est saisissant ! On fait le tour en une heure environ, peut-être plus renseigné qu’émerveillé.

chez Christian

Frédéric Tcheng a pris un parti parfois un peu étrange, parlant en voix off à la place de Raf Simons, tout nouveau venu chez Christian Dior, ou à la place du vieux maître disparu dont la maison garde en ses murs l’héritage. Rapidement, le « Dior & moi » trouve cependant son rythme : l’équilibre entre le nouveau Raf (et son compère, complété d’une troisième personne italienne qu’on voit moins), d’un côté, et de l’autre ce qui assure la continuité au fil des générations, passant un savoir oral, une compétence qui nécessite des années, des dizaines d’années de pratique pour arriver à l’excellence, les petites mains des ateliers, celles qui façonnent, mais aussi celles qui interprètent.

Car c’est là l’intérêt majeur de ce documentaire : voir comment, dans le classique rush des collections largement rebattues (surtout en couture floue, toujours la plus impressionnante, celle qui fait rêver — l’art tailleurs ne vend-il qu’aux quelques amoureux du sartorial, plus mathématiques peut-être ?), l’articulation s’effectue entre l’imaginaire d’un maître (un peu improvisé : nouvelle discipline, nouvelle manière de voir les choses) et ses commettants experts, ouvriers ou administratifs, car il faut aussi savoir passer commande d’une lubie à laquelle il s’accroche dans le doute, faire des drapés selon les motifs de tableaux contemporains, ou encore avoir des murs de fleurs dans un hôtel particulier abandonné (!!) sur Iéna pour le défilé. Et c’est ainsi que les ouvriers prennent une place qui leur est largement due : ils ne sont pas simple exécutant, ils interprètent une vision d’un compositeur (assez floue, souvent, mais là aussi le métier parle), et celui-ci tout aussi chef d’orchestre, corrige à la marge, l’interprétation ou son idée même — parfois avec une bombe de peinture dans le jardin pour transformer le blanc en noir.

On y croit sans y croire. Le maestro doit aller de l’avant, il a un mythe à tenir. Les interprètes doivent aller de l’avant, ils ont une deadline de Damoclès (mais doivent aussi jongler avec ce qui fait vivre, la commande spéciale — le maestro oublie parfois la règle du « le client avant le prospect », il n’est pas business man, c’est pour ça que Bernard Arnaud veille, en dernier ressort, sur le bicéphalisme de la maison). Le réalisateur du documentaire n’a aussi d’autre choix que d’y croire, même quand il ne sait pas où il va, il explore — après tout, il y a de la matière, comme cet enfilage de strass pendant la nuit, en dernière minute, sur une robe géante, avec une partie de l’équipe.

Et finalement, le spectateur, dans la salle de cinéma voit le tour de magie prendre forme, alors que les nantis dans l’hôtel de Iéna transformé ne voient que le résultat : eh bien connaître l’envers du décor est finalement tout aussi merveilleux que d’être mis face à la magie « spontanée ». On en sort épuisé mais heureux, comme tout le monde. Une petite mort de couture.

dimanche 16 août 2015

693ème semaine

Je laisse tomber la chasse immobilière : trop d’héritiers dans la course. Le summum a été la visite d’un 35m2 moins bien aménagé que celui que je loue à 700€/mois, dont 45€ de charges (le tout un peu en dessous de 500€ il y a 12 ans), et qui est parti en moins d’une semaine à 175.000€. On est dans la banlieue pauvre mais immédiate de Paris : à Paris même, se serait entre 280 et 350000€. Mais Paris, c’est une ville d’héritiers ou de pauvres (qui ont le droit d’être logés aux frais de la princesse en HLM — pourri ou magnifique, selon qu'on est proche du pouvoir —, c’est-à-dire sur les impôts de la classe moyenne basse, les autres ayant tout loisir d’optimiser, par exemple… avec de l’immobilier locatif neuf !). Alors que par ici, on est chez les travailleurs. Enfin, pas si sûr…

645€ de loyer, que je multiplie par 12 : 7740€, voilà la différence de coût. À laquelle il faut encore retirer : l’impôt foncier (autour de 700€, car la banlieue parisienne est trois fois plus chère que Paris intra-muros — encore un scandale bien français !), et une provision pour travaux (de ce que j’estime sur les 12 ans passés dans mon appartement et mon immeuble, à environ 15% du loyer). En réalité, ça donne un coût d’opportunité autour de 5800€ (c'est-à-dire ce que je perds réellement par an à ne pas être propriétaire de l'endroit où j'habite).

Supposons que notre acheteur soit riche (supposition idiote : personne n’achète comptant, car si l'on a assez, en Île-de-France, on vise plus haut. D’autant que lorsqu’on achète comptant avec du travail, on sait forcément calculer, puisqu'il a fallu épargner cette richesse…). Il aura claqué autour de 190.000€ au total (il faut ajouter les frais de notaire autour de 7%, et un peu de rafraichissement du bien — les précédents proprio ayant un usage extensif du scotch) Ça donne 32,75 années de loyer.

Supposons maintenant que notre acheteur ait 20K€ en banque (il n’a pas hérité, le con !), il peut emprunter 875€/mois (bref, c’est un cadre à 2500€/mois, puisque les banques ne servent qu’à prendre votre salaire et le diviser par trois pour « calculer votre capacité d’endettement » — et se sucrer une fortune au passage pour ce simple relai débile d’argent lui-même emprunté à la BCE à un taux ridicule, le tout sans aucun risque puisque le bien immobilier est saisissable…). Le coût de l’opération sur 20 ans, à 2,25%, donne : 210.000€ (la banque se sucre donc 41.000€ au passage, au total). Soit un équivalent de 36,2 années de loyer (qui auront donc été déboursées sur 20 ans grâce à des mensualités plus élevées, versées à la banque pour racheter son bien, mais auront aussi grévé le pouvoir d’achat de notre bonhomme pendant le tiers de sa vie la plus valide…).

Payer d’avance entre 32 et 36 années de loyer. Le summum de la connerie moderne totalement déconnectée de la réalité. On se foutait de la gueule des Japonais qui s’endettaient sur deux générations, mais on y est presque ! (On va aussi bientôt arriver à leur record de 10 années de stagflation, remarquons : bravo l’anticipation par observation…) Plus aucun primo-accédant ne peut se permettre d’acheter sans héritage, don parental (grassement déficalisé, 130K€/parent par tranche de 15 ans, plus les dons exceptionnels), et essentiellement en couple (alors qu’avant, un salaire suffisait à deux pour vivre, maintenant il faut deux salaires pour vivre moins bien, le progrès est en marche ! Et personne n’élève plus les gosses — ah si, l’éduc nat’, il paraît…).

Et même le coup du « je revendrai plus tard en faisant une marge » est sombrement débile : avec des frais fixe de notaire à 7%, plus le coût de l’agence immobilière, plus le coût de la tripotée de diagnostics à mettre en place (il faut voir les dossiers, ça pèse dans les 60 pages…), et sans compter les emmerdes annexes (et le temps que ça pompe), à moins de 10% de plus-value (sans compter ce qu'aura coûté l'emprunt ! Viser plutôt les 30%), c’est mort (et encore : une partie sera déjà imposée, puisque la plus-value est indexée sur le coût du bien et non le TCO…). À l’heure où l’on atteint des sommets (avec de fait une stabilité enregistrée des prix depuis quelques temps), on voit mal comment ça pourrait encore monter, à moins d’endetter la génération suivante comme les Japonais…

Quant aux couples, le divorce signe l’arrêt de mort définitif de tout investissement futur à l’achat — sauf à aller en province, où l’on n'atteint pas du tout le niveau de débilité suprême de la capitale — pour des salaires finalement à peine inférieur, mais le problème français, c'est que 20% de la population produit 30% du PIB, et c'est à Paris (sinon, la vie parisienne, en tant que telle, ne concerne que le dixième de ses habitants tout au plus). Quand on sait qu'un couple ne tient pas trois ans à Paris, c’est du suicide. Et sans compter encore que ces bêtes-là, ça se reproduit (juste avant la séparation), et alors ça doit revendre pour s’agrandir (j’ai visité quelques biens, comme cela, qui sont mis en vente alors que la famille campe avec une seule chambre depuis des années — et assez souvent, c’est passablement invendable…).

Il peut aussi se passer tout et n’importe quoi, en 30 ans, et on se retrouve alors pieds et poings liés avec un bien dévalué dont on ne peut se défaire. L’idée était de potentiellement louer en cas de déménagement, aussi : je m’aperçois finalement que l’affaire n’est pas encore rentable (à cause de travaux chers, ou de frais entre les charges — parfois un mini-loyer en soi, du 140, 200 voire 300€/mois ! — et la taxe foncière). Il faut en réalité monter à une soixantaine de mètres carrés pour retomber sur un prix au mètre carré cohérent avec cette technique, et encore faut-il attendre 20 ans. De toute façon, à 60m2, impossible de suivre, hors budget, il faut deux salaires de cadres — on ne cessera jamais de répéter que cela concerne donc moins de 10% de la population active… J'ai vu un bien partir à 175K€ alors qu'il y avait 50K€ de travaux : le TCO ramène alors le coût du mètre carré à un seuil de non-rentabilité, mais ça n'a choqué personne. Il est clair que l'acheteur a forcément eu un "coup de pouce" : en France, le travail est dévalorisé (entre une facture encaissée par une société et ce qui reste après IR à la personne physique, on perd dans les 70 à 80%), tandis que la rente et le don est totalement épargné (gros abattement, puis échelle de taxation hyper-faible : il faut dépasser le million pour que ça commence à taper dans les 40%, presque deux fois moins que le travail dès le premier euro !).

À Paris comme dans la banlieue immédiate, l’immobilier est le plus souvent moche, mal fichu et surtout hors de prix. Le beau et l’accessible sont à des prix seulement envisageables par des étrangers qui n’ont pas un système fiscal marchant sur la tête comme le nôtre — en France, impossible de s’enrichir en travaillant vu les niveaux d’imposition, mais pour l’héritage, pas de soucis (on rééquilibre ensuite tant bien que mal avec de l’ISF, qui est biaisé par des prix de biens immobiliers dont l’évaluation flambe : sans cash pour payer, on est à sec… D’où les correctifs des correctifs, boucliers fiscaux et autres : pourquoi faire simple quand on peut faire une usine à gaz à la française labellisée ENA ?).

Il ne reste plus qu’une seule solution abordable que j'aie pu identifier dans la région parisienne (mis à part attendre le papy crash... Mais les frais de mutation sont bas et les taxes foncières dans Paris ridicules, ne contraignant pas beaucoup l'héritier à une vente rapide) : la réfaction d’entrepôt en loft, en prenant les travaux dès le début, ce qui évite aux très nombreux intermédiaires de se sucrer abondamment (à 30% à chaque étape, ça monte très vite sinon…). En loft brut, on est déjà à 4K€/m2, mais en prenant en amont, on peut descendre à 2,5K€/m2. Il suffit ensuite de faire aménager, entre 800 et 1200€/m2. L’opération est forcément un peu risquée, mais pour le moment il n’y a jamais eu de mauvaises surprises recensées. Le problème est que les surfaces en jeu sont souvent assez immenses, de telle sorte que le ticket d’entrée se retrouve à nouveau assez élevé (mais on peut emprunter 39K€ à taux zéro, aussi — puisque c’est du neuf !). Il faut aussi attendre la bonne opportunité. Ça tombe bien, comme je suis un peu désespéré, j’ai tout mon temps…

Lang hunt

Un deuxième Fritz Lang déterré à la filmo : « Man Hunt ». 1941, pure propagande anti-nazie américaine, premier des quatre films du genre, l’histoire se déroule juste avant la guerre, alors que le Captaine Alan Thorndike (Walter Pidgeon) va chasser du Hitler pour le sport — et donc oublie de le tuer. Capturé, échappé in extremis de la mort, le duel va l’opposer au Major nazi Quive-Smith (George Sanders), avec au milieu l’élément féminin habituel, ici Joan Bennett (pour aussi un élément comique additionnel : rencontre de classes opposées). Adapté du roman « Rogue Male », par Geoffrey Household (1939), le film hésite ainsi sur la ligne à adopter : espionnage, comédie, drame, puis finalement pure propagande politique. Mais ça ne manque pas d’originalité.

voltige et léchouilles

Des jolies filles amoureuses qui se lèchent : voilà exactement le genre de pitch qui me plaît beaucoup. « Summer » (Sangailė) est dans cette loooooongue vague des films réalisés par une femme (Alanté Kavaïté) sur l’homosexualité féminine adolescente. D’ailleurs, entre nous, si on veut faire un film d’amour de nos jours, c’est tellement rebattu, qu’il vaut mieux encore aller voir de la lesbienne — parce que le gay, lui, ça va pas le faire, mais alors non, alors que des filles, c’est mignon, c’est fait pour se léchouiller (regardons les dernières pubs pour vêtements dans Paris…).

Je ne comprends pas pourquoi les super-algos de recommandation n’associent pas naturellement « Fucking Åmål », qui est le dernier film du genre où le sous-titrage était au-delà de l’obligatoire (peut-être parce que 1999, c’est loin — ça ne me semblait pas si vieux non plus…). Le lituanien, y’a pas à dire, ça ressemble un peu à rien (parfois un mot ressemble légèrement à de l’Allemand). La Lituanienne, en revanche, ça ressemble à quelque chose de fort léchouillable : Julija Steponaityte d’un côté, grande perche brune jamais heureuse, modèle top-modèles d’aujourd’hui, foutue comme une déesse ; Aiste Dirziute de l’autre, la déglinguée folklo qui colle des chaises au plafond, à pétrir. Pour une fois, on nous évite les tergiversations sur l’identité sexuelle : l’héroïne auto-scarifiée couche au premier soir avec le garçon du nouveau groupe (un homme très heureux, j’vous le dis), sa co-héroïne n’a pas trop de mal à l’emballer non plus. Finalement, il nous reste la classique histoire d’amour, avec plein de fashion, d’avions (ah, la voltige, cette parabole !) et de léchouillage dedans (avec des scènes érotiques explicites, réalistes et choupies, pas comme dans l’affreux La vie d’Adèle).

Un bon film, avec des jolies filles, avec une jolie histoire entre personnalités opposées qui s’équilibrent, sans trop de prétentions, avec de jolies images, parfois prises par des drones (innovation fort sympathique), et de la léchouille juste ce qu'il faut.

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