humani nil a me alienum puto

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mardi 7 juillet 2015

687ème semaine

Cette semaine peu marquée par les activités artistiques, aura vu une visite impromptue d’Angoulême — après Lannion/Perros Guirec, le tour de France continue. Une ville fortifiée essentiellement en hauteur, même si des faubourgs s’étendent à ses pieds, et notamment avec la Charente en contre-bas, nous avions quelques écoles et le musée de la bande dessiné, sorte de thématique de la ville qui s’est rendue célèbre par son festival. C’est charmant ! Et avec un immobilier dont les prix laissent très songeurs, surtout quand on retourne à Paris…

 Outre que l’on y mange très bien — les vieilles ruelles très charmantes abritent une succession compacte de restaurants très recommandables, à la limite du gastronomique —, il y a de quoi tromper un petit peu l’ennui, notamment avec un musée entièrement refait à neuf dans de la vieille pierre, avec quelques morceaux de (gros) dinosaures de la région (il y a tout un filon), des arts dits primitifs (très belle collection, dommage que ça ne me fasse ni chaud ni froid) et au 3e étage de la peinture de quelques héros de la région, pas de niveau national (quoique, deux ou trois pièces méritent) mais tout de même de la très belle facture — le tout est donc supérieur à Nîmes (d’autant qu’il n’y a pas cet aspect parc d’attraction pour collège), mais inférieur à Rouen ou Lille par exemple.

 Allez savoir comment on y passe toute une année (avec un seul théâtre en centre-ville), mais pour quelques jours, ça en vaut le déplacement.

grande fin de saison

Pour cette dernière de la saison, au TCE, muni de mon binôme baroque Hinata-chan, un vendredi soir, il n’y avait qu’un petit public, alors même que Hervé Niquet avait fait le déplacement avec son Concert Spirituel pour une dernière salve de trois Grands Motets de Jean-Philippe Rameau : Quam dilecta, In Convertendo et Laboravi. Sans surtitrage, évidemment, et toujours avec des membres de ce public borderline qui manifestement cherche à se faire euthanasier par ma charmante accompagnatrice.

 Katherine Watson (soprano), Anders J. Dahlin (ténor), Marc Mauillon et Marc Labonnette (barytons) pour assister le Chœur du Concert Spirituel : il me semble que tout le monde était très bien (il y avait une mention spéciale pour l’un deux, mais lequel déjà ?…). Hervé Niquet a plusieurs fois pris la parole pour nous présenter les oeuvres — notamment une (intercalaire ?) qui était une rare trouvaille de musicologue. Il a mené son attelage jusqu’à bon bord, et la saison musicale s’est terminée comme il se doit : en chansons.

mercredi 1 juillet 2015

686ème semaine

Une semaine assez infernale passée à raccommoder le merdier qui ne peut naître que lorsqu’il y a quatre (si ce n’est cinq…) acteurs autour d’un projet commun avec aucun canal partagé : c’est à se demander si la jugeote managériale décollera un jour dans ce pays. Mais je crois qu’il n’y a définitivement plus aucun espoir, et préconise donc l’euthanasie. En même temps, mon comptable et ma commissaire aux comptes ne s'entendent pas, et je me retrouve dans une situation similaire à régler — sauf que ce qui n'a aucun rapport direct avec le business n'est pas dans ma top-list des priorités à gérer. Quelle misère !

orchestre parisien jazzy

La dernière de l’orchestre de Paris était à ne pas manquer. Quitte à prendre un avion affreusement cher le jour même pour retourner d’un coin paumé de la France. Au programme : du jazz chez les classiques. Original et punchy, avec Jonathan Darlington à la baguette dynamique.

Leonard Bernstein a composé une seule fois pour le cinéma, et les coupes qu’il a subi l’en ont soigné : Sur les quais Suite tirée de la musique originale du film d'Elia Kazan, est le raccommodage de ce qui avait été coupé au montage. Forcément, c’est imagé, dans la brume marine.

Les deux tiers de l’orchestre sont alors congédiés — dont Lola, que j’aurai à peine aperçue (notamment de dos, superbe) puisque mon gros sac et mon arrivée in extremis avec une vingtaine d’autres de runners ne m’aura pas permis de tirer mes jumelles, Ô éternel regret ! —, pour une création de HK Gruber : Busking, concerto pour trompette (Hakan Hardenberger), banjo (Jean-Marc Zvellenreuther), accordéon (Olivier Innocenti) et orchestre (de Paris). Forcément, rien qu’au titre, on comprend que c’est spécial… C’est un peu long, mais on s’y amuse beaucoup : ce serait bête de bouder son plaisir.

Après l’entracte qui présage un changement de voisins pénibles (le nouveau public de la Philhar est composé de bouseux renifleurs qui ne savent pas se tenir, ça fait plusieurs fois qu’on doit déménager pour fuir des malotrus insupportables), une récupération de souris et une installation à côté de l’ami russe, qui a fini par avoir une place à la toute dernière minute alors que pour ce concert une royalalberthallisation avait viré la moitié des sièges du parterre pour installer le public debout (à 5€, paraît-il), ou plutôt assis sur ses fesses (parfois dos à l’orchestre pour avoir un dossier de fortune), Fazil Say agite le piano pour une Rhapsody in Blue de George Gershwin particulièrement réussie, suivi d’une impro de tea for two délirante.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’avais jamais entendu au concert les célébrissimes double Suite(s) pour orchestre de jazz de Dmitri Chostakovitch, qui fait figurer l’un des morceaux de la musique classique les plus connus : peut-être est-ce pour cela, mais en tout cas, l’Orchestre de Paris semblait aussi le jouer pour la première fois de son histoire… Incroyable ! À SF, ils étaient plus chanceux puisqu’ils avaient eu droit à des pièces de ballet homonymes, que je serais curieux de découvrir (Masha en ayant déjà filmé un bout de répétition sur la plage avec Simkin). C’est tellement génial et russe ! Le public n’a pas pu résister à des applaudissements intermittents, ce qui a forcément eu comme effet secondaire d’applaudir juste avant la fin réelle de la dernière pièce. Qu’importe, pour une fois : la joie était communicative.

Et c’était parfait pour dire adieu à la mascotte de l’orchestre (outre Lola), Jeannine Têtard, au violoncelle, mise en avant pour sa dernière apparition — elle nous manquera, je l’avais d’ailleurs remarqué durant la seconde pièce à mon premier balcon —, qui à peine fleurie dû remettre le couvert pour le bis, une pièce orchestrale manifestement tout aussi russe. C’était la dernière de la saison — même les Jeanssen ont fait le déplacement —, et c’était rudement bon.

plein d’amour balletomane communicatif

Le p’tit rat m’a parlé de son projet quelques semaines avant, et je l’avais noté sur mon agenda grâce à un évènement facebook : non seulement je n’avais pas eu idée qu’il fallait une place pour entrer, mais j’avais sous-estimé l’importance de la chose. Si je pensais que le directeur et son bras droit attendaient dans le hall pour la générale d’Adrienne Lecouvreur (mais apparemment triplement non, étant donné l’anecdote que j’ai recueilli ensuite…), j’ai vite été détrompé par l’arrivée de la belle Najat Vallaud Belkacem en civil, accompagnée de la moitié de ses faux jumeaux (à savoir : la jumelle, qui est hyperchoupie).

Le p’tit rat avait un plan rodé pour nous trouver des places, avec la souris, mais un peu trop complexe pour qu’il puisse marcher : à l’heure du début programmé, nous n’avions encore rien, et m’inquiétant un peu, le box d’accueil nous offrit simplement deux places sans soucis. Comme quoi, rien ne remplace la simplicité — en même temps, c’était gratuit, mais je n’avais même pas vérifié. Mais comme l’amphithéâtre de Bastille avait eu le temps de se remplir, nous nous sommes retrouvé tout de côté cour — avec pour avantage de voir à la fois la scène, une partie des coulisses, les musiciens en face et le gratin central sur la gauche (d’ailleurs c’est aussi la position choisie pour le garde du corps de notre Ministre — il en a de la chance, de garder ce corps-là, le bougre !).

La séance était composée de deux pièces d’égale durée, une bonne grosse demi-heure (peut-être 40 minutes). D’abord « Un nouvel endroit » de Selin Dündar et Serge Ambert (scénographie Angelika Potier, costumes Caroline Revillion et Alexia Laguerre, musique Franck Steckar, lumières Philippe Albaric) a mis en scène les élèves des collèges Pierre De Geyter (Saint-Denis) et La Grange Aux Belles (Paris 10e), dont certains sont juste archidoués (la fille en violet, le jeune homme aux cheveux rouges…). Manquait au générique la prof qui a suivi le projet pendant 2 ans, qui a assuré le SAV en amont et en aval, mais qui n’a même pas eu droit à un p’tit remerciement dans le programme : notre bienaimée Strapontine ! (Notons qu’elle ne devait logiquement pas être la seule dans ce cas, mais c’est notre balletomane anonyme à nous !). Il y avait beaucoup de poésie dans cette pièce résolument contemporaine, avec une véritable expression des gamins.

« Ça manque d'amour » bénéficiait de la forte publicité générée par Bruno Bouché en chorégraphe — mais surtout de notre p’tit rat Laura nationale en assistante-chorégraphe, évidemment. Pour le reste de l’équipe, les mêmes aux lumières et costumes (plus Xavier Ronze pour leur conception), mais Nicolas Wormspour une musique bénéficiant d’une petite armée de musiciens essentiellement aux percussions. Les élèves du collège Les Chènevreux (Nanterre) étaient cette fois plus jeunes, et forcément on pouvait faire moins de choses avec. Pourtant, les farandoles diverses et surtout l’humour distillé, plus une fausse barre irrésistiblement drôle, ont attiré plus de sympathie du côté des balletophiles (ce n’est pas mon cas ni celui de la souris, mais on pratique le théâtre de la ville et Chaillot : nous sommes naturellement plus ouvert au contempo). Là encore, il y avait de sacrée graines de talents !

Évidemment, beaucoup d’applaudissements à chaque fois — d’autant qu’à vue de nez la moitié si ce n’est les 2/3 était constitué de parents, et une autre bonne partie d’amis —, et même une ovation finale appuyée lors du salut commun (avec les profs). Les gamins étaient émus, à la sortie, d’autres simplement très fiers : quel beau parcours, alors que beaucoup ne voulaient pas y participer, au début ! (Moi-même j’aurais certainement rejeté l’idée…) Une vraie réussite, avec énorméménent de travail sur un temps pour 1h30 et trois classes, mais dont la publicité (couverture télé, participation ministérielle, etc.) avait bien pour but de faire des émules.

dimanche 28 juin 2015

l'homme est un dinosaurus pour le dinosaure

On attendait depuis longtemps le 4e Jurassic Park promis. Mais qu’inventer de plus ? Hé bien… le parc est construit. C’est à se demander comment on a pu trouver un assureur pour le bordel, mais bon, c’est bien le propos de « jurassic world » (comme de toute la série) : l’homme n’apprend pas de ses erreurs. L’homme et la femme aussi : Claire Dearing (Bryce Dallas Howard en mode rousse, aussi fuckable que froide en talon-tailleur mal baisée) passe son temps à gérer les vingt mille visiteurs — dont ses deux neveux (Nick Robinson et Ty Simpkins pour reprendre la série des gosses-à-Jurassic-park, parce qu’il en faut toujours un ou deux, allez savoir pourquoi ; et d’ailleurs, il faut toujours un gentil-méchant-traitre aussi — Vincent D'Onofrio —, qui finira mangé par ses créatures, of course).

Il y a justement un nouveau gros-dino OGM à gérer, et le directeur (Irrfan Khan, Indien à tout faire du cinéma) trouve que la jolie & propre Claire devrait demander l’avis du bel et viril Owen Grady (Chris Pratt), en train d’inspirer le plus grand mème d’Internet chez les gardiens de zoo, en dressant ses p’tits vélociraptors (plus tard, il inspirera encore d’autres gif avec son « threre’s a new alpha »). Celui-ci aimerait bien aussi baiser celle-là, mais c’est une autre histoire — quoique, ça donne le côté comique de l’aventure, car Jurassic Park, c’est aussi et toujours de l’humour quand on s’y attend le moins, entre deux croquages (le fameux « et nous revoilà, dans la voiture », je m’en souviens encore depuis 1995…).

Allez savoir comment Colin Trevorrow, 39 ans, sorti de nulle part, a pu récupérer une partie du scénario et la réalisation. Un coup de foudre avec Steven Spielberg ? Les voies d’Hollywood sont impénétrables… Toujours est-il qu’il s’est bien débrouillé, le bougre : ça marche ! Mais ça a toujours un petit goût de série B de luxe : on ne tremble plus forcément en se demandant quel personnage principal qu’on ne voudrait surtout pas voir mourir va se faire déchiqueter (et quand la super mignonne brune se fait gober, bah on se dit juste que c’est dommage qu’elle n’ait pas fait de sextape avant). C’est la très juste remarque de ma sourisaunorus grignotagorex — qui m'a probablement piqué le titre dont j'aurais pu avoir l'idée, je décline donc toute responsabilité quant au mien. Finalement, le dino est définitivement devenu le prétexte pour nous parler de l’homo sapiens.

freue Lola!

Il devait y avoir Vadim Repin, mais il a dû annuler au tout dernier moment : dans ces cas-là, on embauche un des deux premiers violons de l’orchestre, qui devient violon solo. C’est ainsi que Philippe Aïche a pu vivre un moment de gloire et faire briller son instrument pendant que son alter-égo Roland Daugareil assurait le leadership d’orchestre de Paris, avec Paavo Järvi à la direction — pour la dernière fois officiellement en tant que directeur musical, si je ne m’abuse. Dmitri Chostakovitch, Concerto pour violon n° 2, brillant.

Il y a 5 ans déjà, j’ai cramé le titre « Hymne à Lola ». Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 9 "Hymne à la joie" et hymne à Lola au basson, toujours aussi merveilleuse au fil des ans, une valeur sûre. Luba Orgonasova, soprano ; Petra Lang, mezzo-soprano ; Michael Schade, ténor ; Matthias Goerne, baryton Dieu ; le Choeur de l'Orchestre de Paris avec Lionel Sow comme infatigable chef de choeur. Freue!

lundi 22 juin 2015

685ème semaine

Voici une semaine curieuse. Après avoir visité l’un des plus beaux endroits de la Bretagne sous une pluie battante — il a fallu les 27° de Paris pour sécher, après un changement d’avion au vol —, une retrouvaille de souris, un hébergement de balletomane-à-nez, voilà que j’ai reçu un mail pré-concert où je me suis fait exploser la gueule comme pas permis. Un vrai cas de management à la française, qui comme je l’avais prédit, c’est avéré être une belle baudruche de téléphone arabe où c’est celui qui a le plus à se reprocher qui gueule le plus pour se protéger, et celui qui est le plus faible de l’histoire qui doit supporter le maximum d’emmerdes. Quel pays… Heureusement, il y avait les nuits blanches avec le Nez. De quoi inspirer un opéra — oh wait!

traits de Garnier

Alceste est de retour à Garnier : la très belle mise en scène d’Olivier Py avec les dessins (souvent en abyme) en live, et l’orchestre sur le plateau après l’entracte, déjà vue il y a presque deux ans (http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/10/12/Alceste-en-noir-blanc) avec la souris, et à présent avec @odette9 (une vraie fan de Gluck, comme toute fille adorable qui se respecte), qui a gratté le matin même une place à pas cher en loge de côté, pas trop dégueue mais transformée après l’entracte en fond de balcon (soit une multiplication par 20 de la valeur faciale : on va bosser en bourse tous les deux). Car c’était une première de reprise pas si remplie que cela, avec de beaux trous chez les riches. Et si l’on enlevait le staff de l’opéra, il restait surtout des Chinois. Bravo.

Mais il y a Véronique Gens, en Alceste. Et puis Stanislas de Barbeyrac en Admète, Stéphane Degout pour Le Grand Prêtre d’Apollon / Hercule, et encore Chiara Skerath, Manuel Nuñez Camelino, Kevin Amiel, Tomislav Lavoie et François Lis. Avec un Marc Minkowski à la tête de son Choeur et Orchestre des Musiciens du Louvre Grenoble. La dream team. Forcément une excellente soirée, en bon commencement de nuit interminable.

dans le blur

J’ai découvert Blur a long time ago… J’avais accroché, mais je ne suis pas devenu fan. « Blur: The Best Of » m’a suffi à l’époque de sa sortie. Et puis voilà que les trublions des années 1990 sont réapparus avec un nouvel album. Mais sans l’enthousiasme communicatif d’@odette9, je ne pense point que j’aurais pris spontanément une place (comme j’en avais pris une pour Garbage, par exemple, dans la lignée de ces revenants d’une adolescence un peu compliquée dans un trou culturel). Surtout que les Blur ont vieilli, même si leur tout nouvel album sorti d’on ne sait où — The Magic Whip, enregistré à Hong Kong il y a un bout de temps — comporte deux ou trois chefs d’oeuvres. Avec du bide, la peau qui se distend — possiblement pour deux d’entre eux au moins pour cause d’abus de substances diverses et variées — et la dentition toute pourrie du chanteur Damon Albarn.

Bref, j’ai fini par suivre la demoiselle et sacrifié 66€ pour une place-assise-rapidement-retransformée-en-debout, parce que comme le dit la chanson, always should be someone you really looooooooove (ça matche bien, donc). Le Zénith, c’est une salle où le son sature facilement, et c’était malheureusement le cas, contrairement à ce que laisse penser le replay qui a bénéficié d’une capture parfaite sans le son ambiant — sauf que de fait, on perd toute l’ambiance de folie du concert, et on remarque encore plus quand ça ne chante pas très juste…

Je n’eusse cru que Blur eut encore autant la côte. Déjà, parce que ça date d’il y a 25 ans pour les débuts, et qu’il n’y a plus rien de bien neuf et excitant depuis 15 ans — sauf un dernier album, qui a deux mois à tout casser, et quelques rares concerts un peu partout pour ne pas se faire totalement oublier. Et pourtant, la foule était présente, essentiellement des trentenaires. Revival d’adolescences. Des un-peu-plus-jeunes, aussi, qui peuvent encore se jeter dans la foule et surfer dessus avant de se casser la figure tête en avant. Ou de jeter innocemment (hum), en pleine foule et le plus haut et loin possible, les verres (vides…) de bière en plastique (abandonnant l’idée de les ramener à la machine de remise qui manifestement récompense un geste pas si naturel). Un peuple fou (concert complet rapidement !), qui se précipite à l’entrée et qui donne du fil à retordre aux organisateurs.

Concert best of, avec le meilleur aussi du dernier album : finalement, j’ai presque tout reconnu sans réviser avant. Pas au point de chanter comme mon accompagnatrice lointaine — au premier rang —, qui connaît tout par coeur, comme a pu le prouver le document vidéo où elle apparaît furtivement par deux fois. Mais cette fille ne cessera de m’étonner, de toute façon. Et comme avec son amie elle s’était mise en tête de participer à l’« after show », nous finîmes par rentrer en catimini grâce au plus sympa de la bande, le batteur Dave Rowntree, aussi avocat dans la vraie vie, qui va au contact et s’amuse à distribuer dans la salle ses baguettes de percussions (j’en ai trouvé une, remise à la Demoiselle en l’échange d’un quasi-bisou — c’est déjà beaucoup, de sa part, il faut relativiser).

Tout à coup, expérience sociologique intense de l’autre côté du miroir. Il y a des fans, des real fans, mais être parmi les élus ne suffit pas : il faut être parmi les élus des élus pour passer le second barrage de molosses et pouvoir approcher le graal, Damon Albarn, Alex James et surtout pour notre héroïne, Graham Coxon (quant à Dave, il ne s’est point embêté de cet étrange cérémonial : il est resté parmi les mortels, assis sur une table, à bavarder tranquillement une bonne heure). Il paraît que le babysitting intense d’artistes par la maison de disque est un peu psychotique ces temps-ci — ça fuite un peu partout parmi la communauté qui se connaît à travers les forums et les rares concerts donnés un peu partout en Europe. Wathever, le comportement des trublions est étrange, pour le moins. Ça n’a pas eu l’air d’entamer les grand(e)s fanatiques qui sont allés jusqu’à attendre derrière le portail pour apercevoir… rien du tout (voiture vitre teinté à fond la caisse vers le périph). Mais ça a de quoi, pour le moins, gêner quelques autres qui ont d’autres types de relations plus « humaines ». Ainsi va la vie des artistes auto-destructeurs (qui ne savent point ce qu’ils perdent…).

Mais au moins, il en est resté un fort bon concert, avec cette ambiance caractéristique un peu WTF du groupe, les clips psychéliques de n’importe quoi, les « la la la la la » qui ressemblent à rien mais qui font tout, et même une première partie de grande qualité (dont je n’arrive pas à retrouver le nom, des africains avec un batteur masqué et un chanteur bondissant). Ils ont laissé des coeurs pleins, et quelques coeurs brisés. Paradoxe de jeunes vieux de la pop.

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