humani nil a me alienum puto

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lundi 22 février 2021

981ème semaine

Cette semaine, c'était conseil municipal. Il tombait à point nommé pour illustrer les ravages de l'islamogauchisme™. La petite piqûre de rappel au maire coco sur ses liaisons dangereuses, ou tout du moins ambigües, c'est soldé par un micro violemment coupé. Le respect du débat et des oppositions. Évidemment, tout le long de la soirée (plus de 5 heures !), cela a ensuite pleuré sur le fait qu'il n'y avait plus d'opposition pour faire semblant de donner le change dialectique, étant donné que les deux groupes d'oppositions ont décidé de claquer la porte suite à l'incident. C'est qu'on a vite fait de comprendre l'esprit communiste : l'opposition est très bien tant qu'elle est gentille, fait bonne figure, et ne vexe pas le grand chef, qui mène le débat comme il l'entend, c'est-à-dire que c'est lui qui décide quand ça parle et comment ça parle. Apparemment, il faudrait être heureux d'exister et respirer, avant ça aurait été un aller direct pour le goulag ! Pas étonnant qu'ils se trouvent beaucoup d'accointances avec les plus radicalisés des Islamistes — l'ironie voulant que l'opposition, présente ou non au CM, compte bon nombre de dirigeants musulmans…

Il faudrait faire faire des stages aux gaugaus, se dit-on parfois, pour qu'ils ouvrent peut-être les yeux sur ce qu'ils soutiennent. En même temps, on a beau savoir que 50 millions de morts (à quelques millions près), des famines organisées, la terreur, etc., ça trouve toujours un échappatoire. Ce n'était pas du vrai communisme, ce n'était pas la même latitude ou longitude, c'est à cause de l'embargo américain (celle-là, elle m'éclate toujours, c'est dire le niveau intellectuel…). Pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. C'est atterrant quand il s'agit de gens très éduqués et extrêmement inquiétant lorsqu'ils ont gagné un pouvoir de prosélytisme, pour dispenser un catéchisme sous couvert de science. Après tout, après s'être fait voler les concepts de solidarité par les cocos, et de laïcité par les fachos, pourquoi pas se faire voler la science par les imbéciles ? Il serait peut-être temps de se faire décoloniser la cervelle par tous les abrutis finis qui trainent…

lundi 15 février 2021

980ème semaine

Encore un mort. Tous les six mois, ça commence à faire beaucoup. Et encore, le dernier n'était pas il y a si longtemps. On est censés mourir vers 85 ans, paraît-il, ce serait bien de faire un effort. Comme toujours (mis à part ma tante, côté familial), un homme. C'est aussi la deuxième fois que ça arrive, dans mon entourage, un premier jour de retraite. Il faudrait vraiment faire attention à ces choses-là, ça a l'air dangereux. Comme les arrêts cardiaques. Michel, c'était un gars adorable dont le sourire était toujours un régal. Il chapeautait le support industriel para-étatique hyper-efficace de toute la région et co-signait la moitié des contrats qui me faisaient vivre depuis bientôt dix ans. Toujours facile d'accès, prêt à rendre service, à épauler. Le leader jovial comme on les aime. Quelle perte pour l'industrie française qu'il aura tant aidé…

Ce serait bien qu'on arrête le memento mori. C'est bon, on est au courant ! (Quoique) (J'en connais qui doivent penser qu'on a tout le temps éternel devant nous, je sais pas, c'est étrange… Bref)

lundi 8 février 2021

979ème semaine

Le temps se divise en trois catégories. Il y a les cours à distance — des pioupious malicieux que je quitte et aimerais beaucoup récupérer un jour, et de nouveaux pioupious, en masse, dont beaucoup sont manifestement rapidement devenus fans, mais où j'en ai blessé un ou deux bien involontairement. Il y a l'énorme morceau de code qui m'occupe depuis plus d'un mois, qui grossit épouvantablement, à la hauteur de la tâche. Et il y a l'appartement, avec cette gestation infinie, et cette recherche des meilleurs artisans pour prendre le relai une fois que ce sera enfin livré — et là, la découverte de la semaine, c'était juste à côté de chez moi, incroyable ce qu'il peut se cacher dans les bouibouis…

Et puis il y a le membre fantôme. Les effets secondaires des amputations, paraît-il. Ça peut durer un peu de temps, il faut s'y faire.

dimanche 31 janvier 2021

978ème semaine

Un poil de vie sociale (2h30 top chrono !), et sinon… bah… Je crois que j'ai plus échangé avec mes futur voisins ce dernier mois qu'en 17 ans dans mon immeuble.

Le paradoxe du moment, c'est d'être extrêmement occupé en n'ayant pas grand chose d'intéressant à faire. L'impression de courir dans une roue de hamster. En plein dans la semoule, tout qui patine à fond. Ce qui est un poil rageant, c'est que si cela est dû à la fameuse situation actuelle, en réalité, physiquement, les impacts sont très limités. C'est fou comme quelques modifications à la marge plongent une société complète dans une sorte de léthargie, de catatonie, qui pourtant n'a pas vraiment lieu d'être.

L'immeuble d'en face le mien commence à voir son échafaudage disparaître ; la fin était prévu pour juillet 2020. Au bout de la rue, la nouvelle entrée du RER était programmée pour décembre 2019 : il commence à peine à y avoir une entrée, je pense qu'ils sont à 2/3 du boulot. Le centre médico-social, deux ans de retard dans les travaux, est quasiment achevé depuis presque six mois, mais ça ne bouge plus. La mairie a fait voter 2 millions d'euros de préfa faute d'avoir construit une école à temps. Et c'est ainsi partout pareil. Comme si le temps, sur cette civilisation usée quasi-immobile, n'avait pas de prise. Comme si cela importait peu que les jours soient comptés. Ça s'agite partout comme des poulets sans tête, mais l'essentiel est escamoté, les vrais sujets évacués, c'est une sorte d'attentisme en attendant le retour-à-la-normale. La modification des habitudes a généré une panique comme une sorte de mouvement brownien sans productivité, à l'image des plateaux télé.

L'illustration parfaite, c'est toutes les formations que j'aurais dû donner cette année et qui ont été annulées (la plupart silencieusement ! Plus de son ni d'image), un bon tiers de mon CA disparu ; sachant que c'est quelque chose qui ne coûte quasiment rien (prise en charge par les OPCO). Alors qu'il n'y avait aucun soucis, tout était prêt, on pouvait adapter la pédagogie pour profiter des contraintes du distanciel (couper en demi-journées, par exemple : on récupère l'absence de contact humain direct par l'évacuation des gros blocs anti-pédagogiques de sept heures). Mais non, ça ne bouge plus. Vraiment terrible de constater ce que l'on savait déjà chez les plus éclairés : la fragilité anthropologique inhérente.

mardi 26 janvier 2021

977ème semaine

L'appartement devait arriver mi-février. Promis juré craché lettre recommandée (en décembre), seulement 8 mois de retard (pour 20 de travaux prévus — il faudrait enlever août, d'ailleurs, parce que c'est férié). Et puis cette semaine, hop, on passe à mi-mars, et le lendemain, hop, mi-avril. Et franchement, à voir le truc, ça sent le mi-juin à plein nez.

Il y a quand même une grande spécialité française à n'avoir rien à foutre ni des délais, ni des clients, ni des contrats. Comme toujours, la prime au connard est énorme, tant les sanctions sont complexes et une vraie galère à obtenir. À se flinguer. Pendant ce temps, dans la ville, la gare pour décembre 2020 est construite à moitié, le centre médico-social est en travaux depuis cinq ans (presque fini, mais plus personne sur le chantier depuis deux ou trois mois), un parc prévu pour avril 2020 est un terrain vague. Au Nord, de toute façon, l'aménagement promis pour 2017 est remis à 2025, sans même que personne ne note l'entourloupe.

Ce pays est juste magique. Le crash d'une civilisation, tranquille, pendant que ça s'agite sur des bêtises sans importance.

lundi 18 janvier 2021

976ème semaine

Je suis en train de coder un énorme truc bien compliqué. Donc niveau de vie ermite. Pas super passionnant.

lundi 11 janvier 2021

975ème semaine

Première semaine de l'année, pas grand chose ne se passe… Aller-retour à Marseille, encore une petite nièce en gestation avancée, ça va devenir compliqué pour les cadeaux, cette affaire. Mesures covid d'éloignement préventives. Mini-galère devenue usuelle. Bonne-année-bonne-santé tout de même, on sait jamais. 2020 aura fortement fait de la concurrence à 2019. Les deux ont pourri le business de ma startup, mais si 2019 avait tout de même été une excellente année malgré le bras cassé et 3 mois d'arrêt — mais pourri la startup, pile au mauvais moment —, 2020 aura vu la guérison et un business qui prend forme côté startup. Reste à comparer : 2 morts familiales proches en 2019, vs une rupture en 2020. Et le bonus Covid, tout de même. Bon, je vois pas très bien ce qui pourrait arriver en 2021 dans la même lignée, surtout avec un vaccin-express déjà sur les étagères. Une faillite ? Un appartement bientôt livré totalement pourri ? Quel suspense !! Hâte de savoir !

lundi 4 janvier 2021

974ème semaine

Dernière semaine de l'année, dernières visios avant le mini-break, un Noël sauvé de justesse des eaux, un départ dans le grand Sud après un an sans avion (truc dingue, gretaïsation malgré soi !), et gestion de l'appartement bientôt livré, qu'il faudra donc modifier, donc gérer les devis, les commandes, tout le bordel ruineux… Fin d'année étrange comme le reste de l'année, qu'on essaiera de considérer comme une charnière à la noix qui compte pour du beurre…

jeudi 24 décembre 2020

973ème semaine

Il y a un moment où le monde perd pied. Si la société procède par les même moyens que l'individu, on peine à distinguer, de manière consolidée, le moment où un petit mouvement de fond devient un mouvement brownien puis une déferlante. Quel a été le sentiment des personnes rationnelles lors de la montée du nazisme, puis la bascule dans la guerre, et même dans l'horreur — certes marginalement connue, mais les manifestations publiques, sans aller jusqu'à la tuerie à ciel ouvert (quoique) étaient déjà bien au-delà de l'humanitairement acceptable ?

L'humaniste, le modéré, le rationnel, peut-être même le penseur ou en tout cas le réfléchi, vit dans un temps que l'on dit publiquement troublé. Il y a toujours eu quelque chose de pas bien sec dans le cerveau d'homo sapiens sapiens. Peu importe nos capacités de calcul ou d'empathie, de réflexion ou de sentiment, nous sommes tous concernés. Je ne m'en suis réellement rendu compte que tardivement, parce que même en voyant que quelque chose clochait depuis longtemps, je ne m'étais pas aperçu que c'était intrinsèque à tous, mais que seulement le degré divergeait, et qu'il pouvait même changer dans le temps, le plus souvent pour le pire. Il est compliqué de dire où se situe la zone, la limite, où l'on passe du civilisationnel à la barbarie, et à quel moment cela peut être qualifié de grand n'importe quoi, car la transition est assez lente pour éviter la brutalité qui alerte. On peut d'ailleurs avoir des pensées peu civilisées et ne pas passer à l'action, violente par exemple ; ou de manière bien paradoxale, entretenir des climats allant du suspicieux au haineux, tout en se lamantant des actions violentes qui en découlent (ou des effets de la lente chute civilisationnelle, tout simplement !), sans y voir le même problème de consistance intellectuelle, et pis encore, en étant soi-même très éduqué voire éducateur. Je lis et j'entends beaucoup de professeurs du supérieur tenir ainsi des discours contradictoires sans y voir le moindre problème ; à présent on se rend compte que le milieu scientifique est en capacité d'être autant vérolé que le milieu politique. La tête pourrit.

Actuellement, on vit ainsi dans une période de suspicion complotiste, la "fake news", autrement dit, plus largement, l'auto-manipulation des esprits. Des gens très bien, parfois proches, anciennement borderlines de la rationalité, perdent tout à coup pied. Et il semblerait qu'ils soient de plus en plus nombreux. On avance dans le noir. La parole sert encore majoritairement d'exutoire, mais combien de temps cela tiendra-t-il ? Je déprime de voir des esprits qui paraissaient plutôt sains dériver vers des extrémismes de pensée. Il y a dans les périodes troubles d'incertitude, certainement schéma mental confortable à y trouver. Sur le court terme en tout cas. Peut-être que quelque chose s'est brisé et ne pourra plus revenir en arrière, dans son état "normal", celui où la rationalité était assez feinte par des automatismes de l'auto-domestication de l'espèce. Cet état qui n'a été que partiellement (mais suffisamment) atteint qu'il y a peu de temps, d'ailleurs. On ne mesure pas toujours l'immense chance d'être né dans une période de paix et de prospérité où l'on collectionne les problèmes de riches…

J'ai peur en outre que l'irrationalité devienne un bain tellement commun que les nouvelles générations en fassent leur nouveau dogme, leur nouveau repère de ce qui est raisonnable. Ma visite des écoles publiques, lors des élections, m'invite à entretenir une peur qui dépasse le simple désarroi. La démocratie peut être le vecteur, comme en Allemagne nazi en son temps, d'une nouvelle ère d'obscurantisme qui sera considérée comme le Bien, avant de se fracasser sur la réalité, comme toutes les utopies. Il n'est pas improbable que cela arrive de mon vivant ; et que l'échappatoire soit de migrer dans des pays peu amoureux de la liberté, mais qui verrouillent aussi les pensées sauvages. Il faudra faire attention au moment où se battre de l'intérieur sera manifestement vain, et où fuir sera salvateur. En espérant que ça n'arrive pas de son vivant — et qu'après soi, le déluge, peu importe, mais au moins on aura combattu à son petit niveau. Une pensée absolument terrible.

lundi 21 décembre 2020

972ème semaine

On continue dans les télésubstituts de vie. Autant se faire marginalement plaisir avec des streamings de concerts semi-annulés. Quand ils ne sont pas totalement annulés. Avec la fin du semi-confinement pour déboucher sur un nouveau semi-confinement, la vie en visio a toujours de beaux jours devant elle…

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