humani nil a me alienum puto

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vendredi 27 janvier 2012

chez les bouffons du Nord

Le problème des bouffes du Nord, c'est que c'est au Nord. Petit cours de géo pour les non-parisiens (c'est mal !) : au Nord, faut pas y aller, c'est pourri. Voilà, c'est la seule règle à retenir, grosso modo. Porte de la Chapelle, c'est même le centre du pourri, capitale internationale de la ville moche, quartier improbable à dynamiter. Et donc, je ne le savais pas, c'est là que ce sont casés les Indiens (je résiste à la métaphore, admirez l'effort). Derrière la gare du Nord, des rues pleines d'Indiens... Ciel ! Et des restos d'Indiens aussi ! Forcément, Joël est dans son élément ; au resto, j'essaie surtout de ne pas mourir, tout en hallucinant sur leur mollesse légendaire des gus qui ne vivent pas dans la même dimension — ou comment attendre 25 minutes un mini-plat de nouilles (heureusement, y'avait un peu de Chinois-civilisé sur la carte). Forcément, avec la souris, on avait encore faim : alors après avoir récupéré nos places (la première au tarif chômeur pour moi ! 17€ quand même, bordel de Dieu, ils sont riches les chômeurs dans ce quartier de pauvres !!), on a cherché une boulangerie ; et on a fini dans une boulangerie-bouiboui, très suspecte, surtout après avoir avalé les bidules ainsi vendus. Au retour vers le théâtre, au passage piéton vert pour moi, un bus et un camion accélèrent ; je passe après eux, et à moitié du passage, le piéton devient rouge : une BMW alors me klaxonne en pilant devant moi ! Évidemment, il a eu droit à son lot d'insulte à la fenêtre (le gros con fait semblant de ne pas me voir).

Bonne humeur, donc. Rappelez-moi de ne plus retourner aux bouffes du Nord : c'est encore plus des sauvages que la porte de Pantin (assez voisine), pourtant déjà le trou du cul de Paris. Qui plus est, le théâtre est en mode décrépi (travaillé ou laissé en l'état ? Les deux je pense), et pendant le concert, un truc s'écroule avec un boucan d'enfer dans les escaliers. On s'assied sur des sièges qui surplombent la scène mais obligent tout de même à se tenir de travers, sur des sièges en bois à peine recouverts (pourtant pas si inconfortables, y'a pire), tandis qu'en bas Klari et Joël sont sur des bancs. On nous fait alors une annonce avec une jeune fille sans micro, qui cherche ses mots... "Ah oui... il faut aussi éteindre... vos téléphones portables... Voilà". Artisanal. Au secours. Dimension parallèle.

Mais alors, que faire dans ce bled pourrave ? Hé bein y'avait THE concert. Évidemment, c'est Klari qui avait trouvé le truc : elle bave sur le violoncelliste Xavier Phillips. Alain Planès au piano, David Crimal et Hans Peter Hofmann aux violons et David Gaillard à l'alto. Il est 20h40 quand ça débute, ce qui fait terminer à 22h45 sans rappel : c'est très con. Mais outre les très talentueux artistes (qui mériteraient une vraie salle dans un vrai lieu, genre théâtre du Châtelet), il y avait THE programme : que du Janacek !!

Quatuor n°1 "Sonate à Kreutzer" (1923, 19 min), "Pohadka pour violoncelle et piano" (1910 rév 1923, 12 min), "Dans les brumes" (1912, 18 min), entracte (échange d'émotions : "gniiiiiiii"), "sonate pour violon et piano" (1914-15 rév 1922, 17 min), "quatuor n°2 'Lettres intimes' " (1928, 23 min). On retrouve tout ce qui fait les super-BO de films, avec cette musique très émotionnelle sans être putassière : une idée de la perfection. Oui, parfait.

jeudi 26 janvier 2012

Rigoletto au boulot

Je retarde et pas qu'un peu (pour ma défense, le blog était en carafe depuis trois jours : il a ressuscité tout seul comme un grand...). Vendredi dernier, au soir, c'était séance de travail de Rigoletto ; séance fort complète de répétition des grands moments où il ne manquait que les scènes de groupe, en fait, l'essentiel y étant (Rigoletto in a nutshell). Beaucoup de monde dans le public, les gens de Colas et d'Orange étant invités. Un peu toujours les mêmes aropeux au rdv, David et B#1 en prime. La première a lieu ce vendredi (en même temps que celle de Fénelon, pas marketing tout ça !), avec la même mise en scène que d'habitude (je pense passer mon tour, une fois tous les deux ans, ça va on a compris). Il y a déjà eu la générale, qui apparemment confirme des choses : c'est du très bon niveau.

Certes Piotr Beczala (Il Duca di Mantova) ne chantait pas à pleine voix, surtout pour "il donna e mobile", qu'il a marqué sans forcer, mais son timbre est agréable et on sent qu'il en a sous la pédale ; à confirmer. Zeljko Lucic fait un Rigoletto de qualité. Mais c'est surtout Nino Machaidze en Gilda qu'il est fort intéressant de découvrir. Cette fille est un référentiel bondissant, toujours souriante et agréable, prenant son pied sur scène, jeune et charmante (alors que c'est l'exact opposé de mon type de fille) et avec une voix qui décolle sans soucis, naturellement, passant l'orchestre de Daniele Callegari comme si de rien n'était. À noter qu'il ne faut surtout pas se fier aux imageries que l'on trouve sur le net (ou sur ses jaquettes) : elle fait beaucoup plus gamine rigolote (une Dessay plus épaisse) que femme fatale au look Angelina Jolie contrefaite. D'ailleurs j'ai pensé que ce serait amusant, avec de tels personnage, de faire une mise en scène parodique (Rigoletto, où l'on meurt en 15 minutes, s'y prête particulièrement, et elle en aura ajouté quelques louches bien drôles).

Je pense que la seule justification pour se refaire une énième rediff' est en fait cette colorature de 28 ans que l'on n'a pas fini de recroiser, à mon avis.

lundi 23 janvier 2012

3 cartes

"La dame de pique" (et non la dame qui tombe à pic) est un opéra de Tchaïkovski qui était passé il y a quelques temps à Toulouse, avant qu'ils nous refilent Nicolas Joël. Jamais entendu avant, c'était donc une totale découverte de l'histoire (puisque je n'ai pas le temps pour lire des romans russes — j'en ai à peine pour le Code civil...). Erreur : faut avoir travaillé son sujet pour comprendre les mises en scènes de Bastille, maintenant. Seul celui qui s'est tapé plusieurs rediff' peut s'y retrouver : notre héros est présenté comme un malade mental, et on peut comprendre, arrivé au bout, quand il perd vraiment l'esprit, que c'était une sorte de mise en abyme. Sauf qu'il faut 3h30 pour comprendre, et qu'en attendant, on ne sais jamais où se passe l'histoire. C'est gênant. Sans compter que la scénographie de Lev Dodin est ultra-statique et les décors de David Borovsky franchement pauvres : un vrai échec, naturellement salué par des huées, puisque c'était la première, alors que la direction (dont Bernie) quittait prématurément la salle (en nous passant devant, la souris et moi, puisque nous avons eu un bout de rang 16, sachant que le rang 15 n'existe en fait qu'au centre : de quoi étendre les jambes en l'échange d'un angle mort pas si négligeable eu égard à la profondeur de la scène).

C'est un peu malheureux, parce que dans la fosse, Dmitri Jurowski fait des merveilles de cette partition aux accents... de Mozart et Beethoven ! Et sur scène, le héros Hermann, dans la personne de Vladimir Galouzine, porte l'oeuvre de bout en bout, tandis que Olga Guryakova (Lisa) est formidable, et la comtesse (aka dame de pique) Larissa Diadkova est aussi impressionnante. Toute la distribution est à saluer, en fait : Evgeny Nikitin (Comte Tomski), Ludovic Tézier (Prince Eletski), Martin Mühle (Tchekalinski), Balint Szabo (Sourine), Varduhi Abrahamyan (Paulina) et Nona Javakhidze (Macha).

1h35, 30 minutes de pause (retrouvailles d'un vieil ami de prépa, presque neuf ans de perte de vue !), 1h10. De la langue russe. Une mise en scène à la con mais de belles voix et un orchestre au point : profitez-en, ça se vend assez mal (quelle lutte pour revendre ma place d'abonnement jeune ! Vendue deux minutes avant le début, moitié-prix à un coréenne ! Pourtant il y a avait tellement de monde au guichet qu'une trentaine de personnes sont restées sur le carreau), en dernière minute ça le fait bien !

dimanche 22 janvier 2012

Beethoven, Strauss, Lola

Du concerto pour violon de Beethoven, on s'en tape toute l'année. Mais Sergey Khatchatryan au violon, je l'aime. Parce qu'il fait de la dentelle — certains au contraire n'aiment pas du tout et trouve cela larmoyant. À la baguette : Andris Nelsons. À l'orchestre : de Paris. À la salle : Pleyel. Au public : dirlo & Agnès, le couple d'aristos (exceptionnel, un mercredi, et au rang E ; mais monsieur est à Abu Dhabi ce WE, ceci explique peut-être cela), Patty, y'a même la coupine-de-loin Julie D. (qui a dû être invitée, pour être au rang E, parce que bon... bref... Elle dépense pas un rond !) ; plus des gosses (invités aussi ? Salle bien pleine au final) ; plus un nombre de blogueurs-twitteux assez important ; et enfin mon voisin.

Mon voisin... J'ai pensé à différentes méthodes, et j'en suis arrivé à une conclusion : le seul moyen de se débarrasser silencieusement, sans trop d'effusion, d'un type qui est six fois plus lourd que moi, c'est la nuque, avec un truc pointu (parce qu'il faut quand même traverser quatre centimètres de graisse avant d'atteindre une vertèbre). Bref, problème de voisinage. Je me suis demandé si on pouvait évoquer la responsabilité civile pour demander des dommages et intérêts, sinon.

Après l'entracte, je retourne quand même à mon F134 de parterre : pour rappel, c'est la place Lola. Lola qui a fait une apparition, un petit aller-retour durant pause, angélique, élancée, poétique, captivante. Alors, il semblerait que les musiciens qui ne sont ni violoniste ni ridicules (même si je rêve de voir Lola jouer dans son bain, aussi), ne sont super-trop-pas-bien référencés sur le web. Effectivement, "Lola Descours" donne 473 résultats, et "Descours Lola" 38. Scandale (j'apparais quand même en troisième sur la première recherche). Par amour immodéré du contre-basson, je lance le Lolathon : Lola Descours Lola Descours Lola Descours Lola Descours Lola Descours. Voilà.

(plus sérieusement, il FAUT lire Klari, l'immense, l'irremplaçable, la phénoménale Klari qui nous fait des schémas à mourir de rire sur les réservations de billet par système abscons)

"Eine Alpensinfonie" de Strauss (une symphonie alpestre pour les germanophobes), c'est aussi une pièce que l'on entend souvent. Mais que fut-elle magnifiquement bien rendue ! Que d'émotions ! Le tout porté, évidemment, par un basson-contrebasson nommé Lola.

samedi 21 janvier 2012

407ème semaine

Encore un billet très en retard, comme les autres qui attendent... Pourtant, pas beaucoup de soirées à bloguer ! Mais beaucoup de boulot... Eh oui, je suis chômeur, ça y est ! Enfin, j'ai pas encore ma carte, hein, c'est l'Administration Française®™, que le mooooonde entier nous envie : tu fais la queue pour avoir un pauvre papier à la con (étape qui pourrait être automatisé, hein, histoire de ne pas avoir à attendre une semaine entre l'émission du justificatif-qui-va-bien par ton employeur et son obtention effective), et là on te réponds que pas du tout, faut téléphoner avec un répondeur automatique national, dire "inscription", pour parler à un gus qui te fixe un rdv... dans le Pôle emploi même d'où tu es en train d'appeler. Kafkaïen. Et là, tu dois attendre une semaine (et encore, c'est un miracle), parce qu'un conseiller va devoir étudier ta situation ; d'ailleurs faut apporter... un CV.

MAIS PUTAIN JE M'EN BRANLE ! JE VEUX CRÉER MA BOÎTE, C'EST TOUT !!

Bref, ne nous énervons pas. De toute façon, même en ayant préparer le terrain avant, entre la petite annonce légale à payer et les fonds à bloquer à la banque (qui n'ouvre que du lundi au vendredi de 9h00 à 16h30, de préférence), plus l'heure et demi qu'il faut passer pour remplir le formulaire CFE sur le net (heureusement qu'il est sur le net, d'ailleurs), et à chercher toutes les pièces justificatives à la con (c'est dingue cette inventivité, comme les certificats à faire pour moi-même, et le plus drôle, ça va être le registre du personnel à faire viser au greffe — 1h00 de transport pour s'y rendre, et ça plume de quelques centaines d'euros au passage — pour m'inscrire moi-même comme propre salarié unique de ma personne), la semaine est déjà presque passée. Monter une boîte en France en préparant bien le terrain avant et en flux tendu : 4 semaines en tout. Monter une boîte en Angleterre : 30 minutes.

Vous savez ce qu'il me disait, mon vieil avocat, lundi au déjeuner : "qu'est-ce que vous fichez en France, filez au Canada ! Si j'étais jeune, je n'hésiterais pas !". Bein ouais. Mais bon, j'aime les françaises, la bouffe, la température supérieure à -10° et les vieilleries. Le drame de ma vie. Et puis pour faire de la politique ensuite, ça ferait un peu tâche (quoique, depuis Lagarde...). Purée, faut être motivé pour rester dans le coin...

jeudi 19 janvier 2012

コクリコ坂から

"La colline aux coquelicots" est le second Goro Miyazaki, fils de Hayao de son état, qui nous avait déjà enchanté avec "les contes de Terremer". Si l'histoire est moins profonde ou féérique qu'un Gibli "d'origine", ce manga est tout ce qu'il y a de plus mignon, de finement réalisé (on remarque que les yeux n'ont plus besoin d'être énormes pour exprimer beaucoup de choses), dans une exposition de la société post-seconde guerre mondiale, en 1963, entre tradition et modernité, toute pleine de nostalgie mélancolique et à la fois dynamique. Étrange cocktail où évoluent deux personnages principaux à la fin du lycée, partageant sans le savoir une blessure secrète qui va simultanément les rapprocher et les diviser. Société en contradiction dans sa reformation qui trouve donc un écho dans une histoire particulière du futur du pays.

Adapté d'un manga papier de Chizuru Takahashi, paru en 1980, on arrive à se plonger totalement dans ce monde réaliste et imagé durant 1h30. En bonus, comme dans tout bon Gibli qui se respecte, l'héroïne est hyper-attachante. Que demander de plus ?

une méthode dangereuse

"A dangerous method" (titre non-traduit !) est un film hautement intéressant à plusieurs égard. Déjà, la réalisation de David Cronenberg mérite, comme toujours, beaucoup de louanges. Les jeux des acteurs principaux est absolument remarquable : Michael Fassbender (que l'on voit partout ces temps-ci, et on ne va pas s'en plaindre ! Il est polymorphe ce type), Keira Knightley (habituées aux tourments de jeune fille de Jane Austeen, ici bien plus épaisse psychologiquement) et Viggo Mortensen (qui a toujours eu quelque chose me rappelant Fassbender — ou plutôt l'inverse).

Mais c'est surtout le sujet du film qui place très haut la barre, surtout en 1h40 : la genèse de la psychanalyse à travers les personnages (respectivement) de Carl Jung, Sigmund Freud et leur patiente Sabrina Spielrein. Celle-ci est l'élément déclencheur du film : hystérique comme on n'en fabriquait qu'à cette époque du début du XXe siècle, elle est prise en charge par Jung, qui la fait parler selon la méthode de Freud, qu'il na pas encore rencontré. On explore la psyché et à travers elle une société de nantis aux troubles peu avouables, pétris de réprobations sexuelles.

De Sabrina, surtout après l'intervention quelque peu nihiliste de Otto Gross (Vincent Cassel) — un coup de fouet et ça repart ! —, on se concentre sur la relation inter-psychanalystes. Au programme : sur-interprétons-nous, divergeons sur nos pensées doctrinales et enfin... tuons le père. Tout un micromonde d'intellectuels (ou la juiverie revêt un aspect particulièrement important), explorant le monde inconnu (ou non nommé ? Ou plutôt : non objet de soin) de l'esprit et de ses tourments.

Le film a bien des mérites, à nous montrer les relations entre ces trois personnages extrêmement riches. J'en attends avec impatience quelques commentaires d'éclairé(e)s sur ces sujets et leur traitement. Pour ma part, j'ai totalement adhéré : fin, intelligent, pertinent, original. Du très bon cinéma.

mercredi 18 janvier 2012

sexshops des sixties

Cela faisait un bout de temps que je souhaitais rencontrer Baptiste Coulmont, dont j'ai découvert le travail autour de la sexualité il y a un petit bout de temps. Twitter aidant, j'ai pu depuis un peu plus d'un an mieux cerner le sympathique sociologue passionné de sexshops et de prénoms. Pour la rencontre, il aura fallu attendre vendredi dernier : un petit tweet pour annoncer sa participation à un cycle de conférences (dont je ferai attention à ne pas louper les suivantes !), organisé par je ne sais trop qui (Paris 1 ? CNRS ? Deux femmes, en tout cas), à la NYU Paris, dans cet espace interdimensionnel qu'est le coeur du 16ème arrondissement, rue Passy. "Approches historiques des sexualités, XIXe-XXe siècles Erotisme et pornographie" : comment résister à un tel programme ?

Arrivé en retard du fin fond de la cambrousse (là où se planquent mes clients...), l'intitulé de la session était donc : « Un marché invisible : le petit commerce pornographique sous l’œil de la police, 1965-1971 ». Genèse des sexshops dans un temps où la police des moeurs traquait les allusions sexuelles... qui étaient partout et nulle part. Il n'y avait que peu de sexshops (il n'y en a toujours qu'une centaine, en constante baisse), ouvrant et fermant sans cesse, tenus par des gens tout à fait stéréotypés années 70, coincés entre libération des moeurs et répression. Quel était leur organisation sociale, leur rapport à la société de l'époque, le rapport de la société avec les objets sexuels (interdits, mais ne manquant pas d'inventivités : jouant sur la parodie, sur les excuses — "pas à moi", "volé", "j'allais le jeter"), avec aussi les revues pornographiques (à une époque où l'on envoie des lettres polies totalement désarmantes à propos de quelques problèmes de livraisons illicites sur du contenu zoophile, si ce n'est pédophile...). Comment la mondaine agissait dans ce monde, où entre fournisseurs, détaillants et clients une organisation à base d'intermédiaires se formaient dans les lieux subversifs du Nord parisien. Comment encore le phénomène s'est étendu sur le territoire — une ville devient importante dès lors qu'un sexshop s'y implante.

La revue des jurisprudences, ou plutôt des PVs de police (difficile de recontacter les personnes autrefois mise en examen ou condamnées, parfois lourdement, les données étant confidentielles), est un moment assez savoureux. Une époque hypocrite, à n'en pas douter — sommes-nous différents ? Le travail du sociologue n'en est que plus intéressant encore.

dimanche 15 janvier 2012

et bonne année Lola

L'orchestre de Paris, à Pleyel, pour la première (en fait la seconde) de l'année 2012 : Lola nous avait manqué ! (surtout à moi, ok) Je n'y croyais pas vraiment, pour un concerto pour piano n°4 de Beethoven (ne me demandez pas combien de fois on se l'est écouté ces trois derniers mois dans cette salle, ça me rendrait fou) : y'a pas de contrebasson. Oui, mais il y a du basson : et paf, Lola ! Heureusement, je ne m'étais point replacé (salle assez pleine, ce jeudi) : F134 de parterre, vue en diagonale absolument parfaite, nullement gêné par un pupitre ou un archet, l'orchestre étant de forme réduite. Quel bonheur ! Joie ! Avec mes jumelles, c'est encore mieux. Et ces cheveux désordonnés ! Perfection.

À part ça, c'était Till Felner au piano et Herbert Blomstedt à la baguette, avec une interprétation ouatée, toute en douceur, qui était un vrai choix artistique, à la fois conforté par le rappel du pianiste (merveilleux) pour ce qui semblait bien être un bout de pèlerinage de Liszt (merci Serendipity, j'avais pourtant écouté le disque une semaine auparavant...), mais aussi par le choix inverse d'un "Ein Heldenleben" (une vie de héros) de Strauss, très dynamique, dont on ne pouvait regretter qu'une seule chose : derrière une forêt d'archets et un gros contre-basson, on ne voyait guère plus Lola.

(autre anecdote de la soirée — outre l'incommensurable beauté... bref on a compris —, l'ascenseur à piano est resté coincé, occasionnant un rabiot d'entracte de facilement 10 minutes : fin du concert à 22h25, pour seulement deux oeuvres programmées)

406ème semaine

Me voilà encore très en retard dans la rédaction de ce billet, retardé par ceux qui poussaient derrière, en fait. Alors comme j'ai un peu trop de retard, autant fusionner le rapport de la République du Web de ce mercredi : après avoir rencontré Maître Mô et avoir papoté un bout de temps avec Eolas, qui ne nous a finalement pas rejoint au Quigley's point, la migration avec Authueil nous a amené au bar irlandais où une bonne population de blogueurs & twittos politiques étaient déjà bien engagés dans quelques conversations. Manifestement, l'information a dû circuler (l'avais-je ici annoncée ?) autrement que par réseaux sociaux, puisque Dirty Denys était présent aussi, à une grande tablée où l'on pouvait revoir Verel, Jules, Raveline & bienaimée, Aymeric et un que je n'avais croisé IRL, le super-twittos Ls01, qui s'avère aussi être informaticien ! Hugues aussi est présent, mais ne s'attarde pas trop : alors qu'il est bien 22h, un taxi passe le prendre, direction i>télé, où il intervient en direct ; le star system...

Versac est derrière, dans un petit groupe de discussion : force est de constater que lorsque c'est lui qui fait l'annonce, on est plus que deux... (ce qui était le cas les deux ou trois dernières fois, avant mort cliniques de plusieurs mois) Il fait froid dehors, et même les fumeurs doivent abdiquer à partir de 23h : on recrée une mini-tablée, mais on ne sert plus à manger. Horreur ! Provincialisme ! Déjà, la plupart des participants s'en vont, retrouver chaumières, femmes, enfants : ça vieillit, ces braves gens. En sortant, on croire des libéraux que l'on pourrait bien soupçonner de libertarisme — Jules nous avait prévenu, ce sont des complotistes victimes de complot. Un bon coup de caricature, tout de même... (parfois — tout le temps, en fait, c'est rhétorique —, quelques économistes ne feraient pas de mal pour reparler de l'implacable vérité des chiffres)

Et puis c'est fini. Une prochaine ?

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