humani nil a me alienum puto

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mardi 6 décembre 2016

762ème semaine

Hamilton aura fait partie de ces personnes qui ont trop vécu. J’ai déjà dit ici qu’il était peut-être encore plus difficile de réussir sa mort que sa vie. Quand on prend trop de temps à mourir après avoir connu la célébrité et une forme d’adoration, on peut au mieux être oublié, au pire détruire son propre mythe. On s’aperçoit que Brigitte Bardot est une conne finie, par exemple — et que son fessier ne peut plus compenser. Et on finit par apprendre publiquement que David Hamilton abusait de ses jeunes modèles (je ne sais pas vraiment trop si le terme de viol pourrait réellement s’appliquer, ça n’a jamais été clair sur d’éventuelles pénétrations, et il faut être quand même un peu strict sur les qualificatifs — et sur les prescriptions, parce que l’affaire commençait à prendre la tournure du grand n’importe quoi caractéristique).

Et là, c’est le drame : passer du statut d’artiste admiré et respecté (ce qui n’est pas facile parmi les pédo/hébéphiles — hommes ou femmes) à une sorte de tabou où le ministère de la culture ne s’est pas fendu d’une seule ligne (il ne valait mieux pas). Dans un monde parallèle, il a fait un AVC dix ans plus tôt et on l’aurait pleuré à chaudes larmes — ce qui n’aurait rien enlevé aux victimes. C’est toujours le problème éternel de l’artiste (parfois penseur, parfois écrivain) salopard. Il y a l’oeuvre, il y a l’artiste. À l’heure du copyright extrême, c’est encore plus difficile de séparer les deux. Qu’en restera-t-il ? On n’en sait trop rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il a totalement merdé sa mort. Dans un sac plastique.

finalement Pletnev

Je pensais que c’était un habituel concert du Russian National Orchestra que dirigerait Mikhaïl Pletnev. C’était écrit sur le billet. Mais que nenni, Guennadi Rozhdestvensky devait diriger ! 85 ans au compteur et quelques annulations ces temps-ci. Alors même si j’étais arrivé en courant à la Philharmonie, à 20h40, replacé en fond de parterre, toujours rien. Et à 20h45, une annonce, enfin : le chef ne se sent pas d’attaque. Appris « il y a 10 minutes ». C’était un pari sur l’avenir… Dommage, avec les horaires de Pleyel, ce serait passé, je crois.

Heureusement, il y avait un chef de réserve. Pletnev à la rescousse ! Car s’il était sur le ticket, c’était pour jouer au piano, cette fois, sur la deuxième pièce. Donc, on fait appel à l’assistant chef en renfort pour le Concerto piano de Scriabine, avec Pletnev au piano comme prévu. OK, tout est bon, à 20h50, enfin, Pletnev mode Droopy de toujours débarque pour diriger la 1ère symphonie de Prokofiev, mode Haydn un peu boosté. Il s’en tire très bien — remplaçant peut-être, mais enfin, il connaît son travail tout de même, et à mon avis ils devaient tous se douter que ça pouvait arriver. Puis le Scriabine (encore du temps perdu pour amener le piano, en baissant les estrades des pupitres — l’ascenseur de Pleyel me manque aussi). Le chef assistant est en réalité assez âgé ! On peut même faire un court bis, pour lequel le site web et le compte Twitter de la Philharmonie sont restés étrangement muets (comme les chaises musicales de ce concert, toujours mal crédité…).

Et pour terminer, après l’entracte, une 9e symphonie de Chostakovitch, somme toute assez courte — trois fois une demi-heure, c’était un concert calibré pour ne pas être trop fatigant, spécial troisième âge russe mythique. Pour finir, un chouette bis avec la suite n. 5 du Ballet de Chostakovitch (merci le CM Twitter, pour la peine). Soirée sauvée jusqu’au bout.

messes désharmonisées

C’était probablement la place la plus chère de la saison à la Philharmonie. Je ne sais plus pourquoi j’avais dû prendre à 30€ deux places de côté, mais toujours est-il que dans cette salle diabolique, ce n’était pas forcément la meilleure idée qui soit. Car si Hinata-chan n’y semblait pas initialement sensible, le son était clairement en sourdine, et c’était vraiment évident pour les timbales encore plus que pour le choeur. Alors cette belle Harmoniemesse de Joseph Haydn, avec notre René Jacobs préféré, dirigeant le Freiburger Barockorchester accompagné du RIAS Kammerchor, clairement, aurait pu être meilleure. Et je passe sur la voisine de gauche, toute proche dans le tournant de l’arrière-scène côté jardin, qui rajoutait cet instrument de musique chez les femmes bourgeoises pénibles qui hantent les salles de concert : la quincaillerie au poignet.

Après l’entracte, le parterre étant toujours aussi plein (et la ninjaïtude de mon binôme toujours aussi limitée), un simple déplacement de quatre mètres vers le centre a totalement changé la perception acoustique du requiem de Mozart (version achevée par Franz Xaver Süßmayr et complétée par Pierre-Henri Dutron). Sophie Karthäuser (soprano), Marie-Claude Chappuis (alto), Maximilian Schmitt (ténor) et Johannes Weisser (basse) pour une belle fin de soirée. Mais cette salle, bordel…

bébêtes infernales

« Le mystère Jérôme Bosch » est un documentaire d’1h26 pour amateurs du genre, qui se penchant sur le Jardin des délices, tout ce qu’on en sait (on a vite fait le tour), tout ce qu’on en ignore (ça part vite en cacahuète) et tout ce qu’on peut en penser (des artistes ou des [pseudo-]philosophes ou autres : on part vite dans l’exégèse en free style), se révèle finalement bien meilleur dans le traitement du détail contemplatif que dans le délire interprétationnel. Même Hinata-chan, spécialiste ès-exégèse à l’Occidentale, a trouvé que non, ça allait trop loin rendait le tout finalement plus médiocre. Cependant, grâce à quelques astuces malignes, et notamment un Saint-Mathieu au générique, c’est la première fois que je la vois rester jusqu’à la toute fin.

bébêtes magiques

« Magical beasts and where to find them » était un peu un coup de poker. Quand on réussit aussi bien une oeuvre, broder autour est toujours dangereux. Les animatrix n’étaient pas terribles, les Clone wars n’ont pas beaucoup marqué les esprits, mais c’étaient là des spin offs sur d’autres support — Star Wars retente bientôt l’expérience au film, cependant. Les « Animaux fantastiques » exploitent l’écosystème de Harry Potter, mais avec la fort bonne idée de se transposer dans le temps et dans l’espace. On garde les références, l’imaginaire, la cohérence, mais en changeant tout le reste. Déjà, le héros fou-fou : Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) ; et l’héroïne psychorigide, Porpentina Goldstein (Katherine Waterston). Les deux personnages secondaires que sont Percival Graves (Colin Farrell, le seul nom connu du cast excepté un surprenant caméo final) et Credence (Ezra Miller) se révèlent au fur et à mesure, et brouillent encore plus le manichéisme naturel. Quand on y pense, les sorciers sont vraiment des cons finis — mais en même temps, ceux qui veulent changer les choses sont encore pires (on retrouve en quelque sorte le schéma Voldemort). Rentrer par la thématique des bestioles magiques pour finalement parler politique interne et rapports complexes aux Moldus, il fallait le faire : J. K. Rowling et David Yates l’ont clairement bien fait, avec force humour qui plus est.

mardi 29 novembre 2016

761ème semaine

Fillon Fillon, petit patapon. Alors là. Sur le cul. Pas vu venir. En même temps, les cathos de la manif pour tous nous disaient bien qu’ils étaient hyper nombreux : manifestement plus que ceux de gauche aller verser leur dîme de deux euros (il paraît que la grande gagnante est la démocratie : les comptes de l’UMP, qu’ils sont gaiment salopé depuis cinq ou six ans, dirais-je plutôt !). D’ailleurs outre Juppé, NKM s’est faite massacrer — arriver devant Copé (#lol), un Poisson sorti des eaux et un Bruno le Maire baudruche arriviste et girouette à ses heures, ce n’est guère très réconfortant je trouve.

Bref, au moins, c’est un mec de droite, c’est clair. On se demande quand même si ce n’était pas lui le Premier Ministre pendant 5 ans, nommé il y a 10 ans. J’ai un doute. Au secours. Ce pays est foutu au-delà du concevable. On peut se rassurer en se disant qu’il va siphonner la branche UMP qui est à la lisière de l’extrême droite (les réacs pas-tout-à-fait-vrais-cathos), qui d’ailleurs apparaît plus progressistes en comparaison. Mais j’avoue regretter Juppé (putain, où on arrive, dans ce pays) : plus de stature, l’assurance de revenir à de l’ancien qui marche, avec un rassemblement de gens-qui-ont-un-cerveau (de droite modéré, j’en suis à un niveau de désespoir où ça ne me dérange plus trop).

Allez, question : qui suivra Macron ? Certes c’est un peu une baudruche, aussi, le mec made in système de A à Z qui se fait passer pour l’anti-système (on peut toujours espérer racheter son âme, mais bon, vraiment ?). On ne sait pas trop si son idée de se débarrasser de programme de menteur, exercice obligé de la démocratie comme l’est le business plan en startup, ne masque pas un vide aussi sidéral que chez Juppé (ou des idées farfelues de chez NKM). Petit exercice : combien de candidats parlent de l’immobilier et de l’industrie ? Deux « petits » problèmes qui coulent juste le pays, tranquillement. Pas compliqué pourtant de l’évoquer.

Donc voilà, dans l’irrationalité ambiante où tout peut arriver — même du Trump largué de 2 millions de voix, et qui ose sortir grâce à sa suprême intelligence que le vote est de toute façon entaché d’irrégularités (heureusement qu’il a hérité principalement de sa fortune… Il paraît que s’il avait simplement investi son argent sur des supports financiers, ça aurait rapporté plus) —, la stratégie du trou de souris de Hollande paraît même fondée. Dans un pays soviétique et de rente de situation (où les personnes concernées sont encore plus nombreuses que les rentes de richesse), se mettre à dos les fonctionnaires et assimilés, soit 4 millions d’actifs (et ça ne compte pas les indirects…), c’est un peu l’assurance de se faire démonter au second tour. Alors, encore Hollande pour 5 ans ?

J’en suis arrivé à un point où je ne considère plus vraiment qu’on puisse sauver le pays. Mon but, maintenant, c’est de faire comme tout connard de cosmopolite intellectuel égoïste : m’assurer que ça ne se casse pas la gueule trop vite le temps de bouger où c’est le plus opportun. Le Français a la pulsion de mort : c’est son droit, mais ce sera sans moi.

Gergiev Proko 2

Je ne sais pas si une partie du public de la veille ne s’en était toujours pas remise, ou si c’était simplement la crise et le choix à faire entre les deux soirées, mas toujours est-il que la seconde soirée Gergiev-Mariinsky-Prokofiev à la Philharmonie était beaucoup moins remplie, avec de larges tranches de sièges vides. Certes le programme était moins hype, moins sexy. Le 4ème concerto a été écrit pour main gauche — pour les mêmes raisons et le même pianiste que la fameuse oeuvre de Ravel —, et le 5ème n’a ni les envolés ni les thèmes entêtants des précédents opus. Le premier pianiste, Sergei Redkin, a donc dû mimer l’estropié, mais depuis mon rang pair (avec le ninja voisin de la veille et l’ami berlinois) je n’en ai rien vu. En bis, les « Visions fugitives », aussi de Prokofiev (merci le compte Twitter de la Philharmonie ! — Qui d’ailleurs a un CM qui connaît son job, ça fait plaisir !)

Pour le concerto n°5, dernier de la série, nous avons eu un pianiste revenu de loin (histoire rocambolesque de meurtre de sa femme et incarcération avant blanchiment, m’a-t-on dit !), et il était effectivement, comme annoncé, très très bien : Vadym Kholodenko. En bis, Tableau 1 & 2 en ut mineur de Rachmaninov.

Et comme la veille, oeuvre bonus de clôture : Cendrillon. Ça vaut peut-être pas Roméo et Juliette, mais ça n’en reste pas très beau, surtout avec une telle orchestration. Le tic toc, tic toc nous a fait retenir notre souffle… Et quels cuivres ! Extraordinaire. Encore une fois, la Philharmonie a été pleinement exploité — et de fait, en contraste, nous rappelle cruellement que les concerts ordinaires ont encore du potentiel à exploiter et de la marge à combler…

Et les cuivres, on en remet : encore une fois, il n’y a que Gergiev pour faire un bis pareil, un Oiseau de feu complet. Je te pose un Stravinski complet comme ça, là. On s’était dit que la veille devait être deux fois le concert du jour — sur le papier. Bein ça a quand même tiré jusqu’après 23h00… (Et donc j’ai dû retourner avec le même RER de minuit, comme la veille — tic, toc, tic, toc).

Valery Gergiev, c’est notre oiseau de feu….

Gergiev Proko

De temps en temps, Gergiev revient avec le Mariinsky sur Paris, comme un ouragan qui passait sur nous. Cette fois, il a eu cette idée de venir avec des lauréats concours Tchaïkovski, au piano, pour nous faire une intégrale (dans l’ordre) des concerto de Prokofiev — avec un peu de bonus tout aussi de Proko. Et c’est ainsi qu’on a découvert (après un retard habituel d’une bonne dizaine de minutes) le tout petit George Li. Petit mais virevoltant jeune pianiste ! Dans la 1ère de Prokofiev, il navigue aisément, les pieds touchant à peine les pédales. Il nous fait ensuite, de la même eau, Widmung de Schumann retranscript par Listz (merci les ninjas voisins de replacement sur la demi-rangée libre en bas de parterre, plein centre).

Deuxième pianiste, Matsuev, pour un deuxième concerto de Prokofiev pour piano qui tabasse. Matsuev tabasse. Le piano est tabassé. C’est le massage thaï du piano : on ne sait plus trop si ça fait mal ou si ça fait du bien. Beaucoup des deux, peut-être. Comparé au concert du vendredi précédent où l’on n’entendait pas grand chose, la Philharmonie fait faire le grand écart. Et puis en bis, tant qu’à faire, le finale de la 7ème sonate de Prokofiev : mon malicieux voisin, qui joue en même temps sur ses genoux, trolle un « on pourrait montrer à Khatia qu’on peut jouer aussi vite MAIS plus clair ». Et en second bis, pour être plus léger, un morceau bien ironique, blim blim, « humoresque » de Rodion Chédrine (thx ninja Etienne). Vers la fin du morceau, une sonnerie de portable se fait entendre dans la salle, et le pianiste arrive à en impro à introduire une sonnerie emblématique dans la partition en réponse. Public conquis.

Bizarrement, après ça, il faut réaccorder le piano, et ça prend tout l’entracte ! L’orchestre se fait attendre : 22h07, toujours rien, et la salle applaudit pour vérifier le principe de causalité. Échec. 22h09, enfin. Gergiev revient avec son cure dent de direction et un freluquet blondinet qui paraît-il a 15 ans, mais qui n’a clairement pas commencé sa puberté. On se demande ce qu’il va se passer — mais on se rappelle que conformément à l’idée de ce cycle, il a finit dans les trois premiers au concours. Il y a de ces moments où l’on sait qu’on vient d’assister à un truc qu’on pourra raconter dans 40 ans, quand on sera un vieux ninja, aux petits jeunes qui viennent assister au récital d’un futur grand. Alexander Malofeev, c’était juste wow. Pour une 3e de Proko, en plus ! Pas rien. Et en rappel, Ondine (Gaspard de la nuit) de Ravel. On prend des photos : ça servira pour l’Histoire.

Le temps de bouger le piano et le tabouret de Gergiev, qui traînait jusqu’alors la patte (et puis tout à coup plus rien, sautillant comme un cabris), il est déjà 22h53 : il reste un Roméo et Juliette. Qu’à cela ne tienne, 20 minutes top chrono. Cuivre décoiffants au 6ème rang de parterre. Et puis à un moment, on croit voir un fast-forward — c’est presque comique, on se demande si ça ne va pas fumer dans l’orchestre, comme dans les cartoons. Pourtant l’orchestre tire toujours des têtes de Russes de prison. Imperturbables et speedés. Incroyable.

On peine à reprendre notre souffle. Il est 23h15 : fin du concert ? Que nenni, sans partition, un dernier rappel pour la route ! (Même pas trop la peine d’insister, y’a plus le temps) L’après-midi d’un faune (prélude) de Debussy… au ralenti ! Tout en nuance. Quinze minutes de bonus, pour faire trois heures de concert. Il n’y a que Gergiev pour nous faire ça. Son fabuleux.

C’est la première justification, depuis sont ouverture, des 480 millions € de Philharmonie : il fallait Gergiev pour ça !

foutue dans les tutus

« Polina » retrace la naissance d’une artiste. On la voit toute petite (et méga mignonne-choupi Veronika Zhovnytska, dont on n’oubliera pas le nom), gigoter, avoir du naturel, mais se faire (dé)form(at)er dans le non-naturel de la danse classique, qui enseigne rigueur et discipline. Et en Russie, on ne rigole pas. Quelques années plus tard, Polina (cette fois devenue Anastasia Shevtsova, une vraie danseuse du Mariinsky), visage triangulaire et yeux vitreux, a acquis la technique, un peu de mordant et d’envies sexuelles (avec le français de service Niels Schneider). Mais elle sent bien qu’il y a un truc qui ne va pas. Elle veut suivre son coeur, quelque part. Alors même prise au Bolchoi, enfin, son rêve (ou plutôt celui de ses parents ? Compliqué la vie de famille chez les Russes pas bien riches), elle décide de suivre le Frenchy jusqu’à Aix, pour aller voir le co-réalisateur du film (avec sa compagne, Valérie Müller, un peu plus créditée), Angelin Prejlocaj.

Ah non, c’est pas ça, c’est Juliette Binoche qui tient son rôle. Mais on a compris. Alors Polina, elle plaît bien, mais on n’arrive pas à en faire ce qu’on veut, on l’a trop formaté. Retournera-t-elle à Moscou retrouver son Bojinsky-tuteur ? Elle a été touchée, puis un peu humiliée, elle va de nouveau s’acharner, mais cette fois dans l’autre sens, pour se dé-former. Ou se re-former. Et pour ça, il va falloir vivre. Parce que pour « danser sa vie », comme le dit niaisement le sous-titre, encore faut-il avoir vécu en espace non protégé : c’est un peu le paradoxe, son père avait mouillé la chemise jusqu’au cou pour justement la protéger autant qu’il le pouvait. Oui mais technique n’est pas grâce. Elle ne met pas de mot dessus — elle ne met pas de mots sur grand chose, et ce n’est pas par manque d’intelligence, c’est par russisme et par discipline technique de la danse classique à haut niveau —, mais elle a l’intuition.

C’est Jérémie Bélingard (oui oui…) qui va la faire éclore. Parce qu’il la bouscule et la couve en même temps, il la récupère de la perdition pour catalyser ce qui a été accumulé dans le désordre (et qui à un certain point risquait peut-être de la détruire). Et on voit enfin naître, d’une froide interprète en quête de perfection du geste, une artiste assurée du mouvement qui a (re)découvert le plaisir et le doute, l’expression d’une personnalité propre, enfin originale et unique. Quelque part, peut-être plus que la BD originale de Bastien Vivès, au-delà du roman d’apprentissage en tant que tel, c’est peut-être un plaidoyer artistique qu’ont livré Valérie Müller et Prejlocaj (Benjamin Millepied est dans les remerciements — seulement pour avoir prêté un Bélingard qu’on ne voit sinon jamais ?).

Dans tous les cas, un film où ça sait danser, sans en rajouter des tonnes (aucun effet comédie musicale), c’est tellement rare qu’on peut presque se demander si ce n’est pas la première fois. De quoi faire frissonner les balletomanes.

mardi 22 novembre 2016

760ème semaine

Pas grand chose à déclarer, beaucoup de développement pour la startup, et du coup sous l’eau. Surtout qu’il y a de l’administratif qui me rattrape, et me bouffe du temps (notamment pour faire sauter les prunes, parce que l’administration te fait attendre, mais tu ne fais pas attendre l’administration, tu vois ?). Next.

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