humani nil a me alienum puto

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jeudi 12 octobre 2017

807ème semaine

Encore rien, parce que : boulot-Tours-boulot-malade-chateau de Chenonceau-boulot malade-retour-boulot. Et toujours malade.

C’est chouette le chateau de Chenonceau, sinon. Affreusement cher, mal desservi, mais au moins il a une gare SNCF, lui. Pour les autres, on peut plus ou moins crever. « Il n’y a plus de navette », qu’on nous dit à l’office du tourisme : genre, on vient de la rater ? Bah non, elle est arrêtée fin septembre (le moment où les chambres d’hôtel très médiocres descendent en dessous de 150€/nuit). Côté location de voiture : plus rien, tout disparu. Mais qu’on se rassure : c’est habituel, et même le lendemain, dimanche, tout était aussi réservé.

La France, le pire pays de rentiers de situation qui soit. L’avantage, c’est qu’il y a la situation — en l’occurrence, par dessus le Cher. Quand on y arrive…

vendredi 6 octobre 2017

806ème semaine

Boulot et free-food : voilà qui fait (presque) rattraper la synchronisation des billets. C'est qu'on en aurait presque oublier que le billet hebdo est normalement le mercredi... RAS, donc.

mardi 3 octobre 2017

805ème semaine

Retour au cinéma, en profitant d’un peu d’accalmie. Enfin, si l’on veut : tout est relatif…

oh bonne mère !

Mother! est le dernier ratage en règle de Darren Aronofsky, réalisateur qui est toujours sur la corde raide. Il nous sort une tarte à la crème de l’horreur, où la seule originalité est de changer l’usuelle solitude effrayante par un cauchemar de l’extraversion (invasion des nuisibles humains), surtout pour une IJ (une introverti qui range tout, vs le monde qui met la panique). Mais les problèmes s’accumulent : rapidement, plus rien n’est cohérent ; on devine du symbolisme biblique franchement lourdingue ; on multiplie les pistes qui ne mènent à rien (ça m’a fait penser aux bêtises lassantes de Lost), comme la maison organique qui saigne, très à l’image de la nature hostile de The Fountain, qu’on finit par classer dans les symboles ratés.

Ça commence comme Fenêtre sur Pacifique (avec le couple-incruste-pervers Ed Harris/Michelle Pfeiffer), avant de bifurquer vers le thriller psychologique. Mais le comportement incohérent du personnage de Javier Barden commence à faire vaciller dangereusement la crédibilité déjà entamée de l’œuvre. Dès que le nawak est consommé et vire au fantastique débridé, on perd totalement pied, de sorte qu’on ne croit plus en rien, et que ça ne marche plus du tout. Même plus les ambiguïtés de l’hallucination comme dans Black Swan, même plus les techniques d’étouffement par gros plans de Jennifer Lawrence, qui certes donne une très belle performance, et porte le film quasiment à elle toute seule par son interprétation. Mais ce conte métaphysique à deux sous qu’on voit venir d’assez loin sombre dans l’échec.

Mit souris.

120 BPM

120 battements par minute est le film le plus apprécié à la fois de la critique et des spectateurs en ce moment. Il faut dire que Robin Campillo, spécialiste du reportage-fiction depuis Entre les murs (Palme d’or en 2008, quand même), sait mener sa barque, et qu’il est aidé par une belle brochette de gay comédiens, dont une Adèle Haenel au naturel (c’est-à-dire garçon manqué un peu grunge aux cheveux longs). Dans les années 1990, Act-up (soutenu par feu Pierre Bergé, remercié au générique) est une bande d’activistes dans toute sa splendeur, qui passe autant de temps à se bouffer le nez qu’à faire des actions à l’utilité assez contestable. C’est que le Sida est quelque peu passé sous silence, à l’époque, tandis que le « cancer gay » sévit encore. Alors on ouvre la chasse au Big Pharma — totalement puéril. On intervient à l’incruste dans les écoles — très bonne idée, mais on est à peine à quelques années du brain washing que j’ai pu subir, donc pas bien certain que c’était là bien déterminant. Et puis on a quand même la vraie raison du problème : la communauté LG (on n’a pas encore les -BT en suffixe) ne veut pas entendre raison, résiste, refoule, et fait n’importe quoi. Après tout, dans les revendications, ne sort-on pas de manière bien naturelle qu’on « aimerait connaître les effets des extas sur la thérapie » ? C’est la quête du droit subjectif opposable à la vie à tout prix, quand elle commence à s’échapper après avoir merdé — on peut comprendre la colère quand on était si peu informé, certes, mais une forme d’irresponsabilité émane de cette jeunesse qui ne veut pas vieillir, qui vit dans la contradiction permanente.

La colère, la révolte, et puis l’inévitable mort qui frappe. Un film un peu long mais fort bien rendu par ses acteurs (trio Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz), représentant l’acte militant avec ses forces et faiblesses intrinsèques, et la justesse du sentiment. La projection a connu une interruption de plus d’une demi-heure (coupure de courant dans le quartier) : dans la salle, on a accueilli les nouvelles comme les militants dans leurs assemblées nocturnes, avec des « sssshhhh » et des claquements de doigts. Claquements de doigts pour le film, donc.

Mit souris

à bord du redoutable

Le redoutable retrace à travers les yeux d’Anne (Wiazemsky, qui en a écrit le bouquin adapté), un peu Jean-Luc (Godard) et beaucoup Michel Hazanavicius, l’autodestruction par le paradoxe de l’encensé Godard : celui qui passa avec brio du génie au sale con inutile. Il y a une époque bien marquée, les années 1960, où l’absurde inventif fuse de tous côtés. Godard, suite au bide de la Chinoise, sûr de la révolution qui s’annonce, entame son autocritique qui tourne de plus en plus à la détestation de soi et des autres — une habitude chez ceux qui veulent sauver le monde. Hazanavicius arrive à faire ressortir toute l’ironie des situations — comme ce moment où, en plein blocage, Godard trouve ahurissant qu’il n’y ait plus d’essence, cette chose si naturelle… Il dresse un portrait aigre des révolutionnaires hors sol tout évitant le procès antistalinien. Il va jusqu’à remercier Godard dans le générique, alors qu’apparemment il n’a pas tenté de le contacter — ce qui aurait de toute façon été un échec.

Et surtout, le réalisateur exploite impeccablement Louis Garrel et Stacy Martin — nue, en gros plan, etc., un régal oculaire. Ces deux-là, complétés de Bérénice Bejo et Gregory Gadebois, mènent tout le film. Godard voulait inventer un nouveau cinéma qui ne soit pas celui, bourgeois, de la nouvelle vague, dans son idéologie gauchiste extrémiste : échec total. Hazanavicius, sans doute le réalisateur le plus éloigné qui soit du révolutionnaire politique (parlons-lui droit d’auteur pour voir…) multiplie les inventions de mise en scène et les pieds de nez. L’ironie est ainsi autant sur le fond que sur la forme, dans ce portrait croisé d’un couple en décomposition, dans ce portrait d’une époque vintage en carton pâte. Slogans sur la forme, mais au final, si on s’empêche d’avoir du plaisir parce qu’il y a des souffrances dans le monde, si on s’embourbe dans les fameux juifs nazis, si on se coupe du monde pour se couper de soi-même, on reste bien jaloux de sa jeune et jolie femme comme un vieux con. C’est l’histoire d’un sentimental névrosé par sa culpabilité d’exister. Ce n’est pas courant de voir une nécrologie du vivant ; on ne sait pas trop si c’est un hommage à un mythe déchu avec un ton décalé. Mais en tout cas on s’amuse bien.

Mit souris.

trafic aérien

Qui de mieux que Tom Cruise aka Top gun pour interpréter un pilote tête brûlé ? Cette fois à bord d’un coucou à réaction, il roule sa bosse pour le sale job capitaliste de la CIA, et commence à se faire de petits extras : Barry Seal, c’est l’histoire d’un mec qui se découvre une âme d’entrepreneur avant même d’être un espion volant sur le tard. Mais sa multinationale doit bosser avec des partenaires les un plus louches que les autres. En plus, ils paient tous en cash, alors il se retrouve avec les mêmes problèmes que Pablo Escobar, dont les rats bouffaient des millions de dollars entassés : le stockage du pognon qui ne sert à rien. Cette jouissive fuite en avant d’opportuniste, c’est une vanité moderne. Doug Liman, qui avait déjà tomcruisé dans le fort bon Edge Of Tomorrow, réalise un biopic comme on les aime, drôle et dramatique, un bon divertissement.

lundi 25 septembre 2017

804ème semaine

Startup, Monteverdi, et un petit tour à Fontainebleau. Et un nouveau client à aider. Et des Ivoiriens, et des Kazakhs. Et tout ça en même temps. Pas de quoi s’ennuyer...

le couronnement d’Hana Blažíková

Dans les chaises musicales des rôles, seuls changements lors de cette trilogie monterverdienne de Sir John Eliot Gardiner rendant hommage au shakespearien Peter Hall avec le Monteverdi Choir et l’English Baroque Soloists, on s’est retrouvé avec le contre-ténor Kangmin Justin Kim dans le rôle de Néron, ce qui était mieux que son petit rôle dans l’Orfeo pour juger de sa réputation. Mais de fait, ses attributs physiques, dans cette Incoronazione di Poppea, ont tôt fait souffler ma voisine (dont les velléités ninjas modérées nous ont poussé encore une fois à un second balcon relativement vide, certes moins que la veille, mais guère plus) : on dirait Kim Jong-un en Néron. Fou rire étouffé. C’est vrai que je me suis demandé s’il allait lancer un missile contre Sénèque. C’est mal.

N’empêche que outre ce réalisme inattendu, être follement amoureux de Hana Blažíková, en Poppée (et Fortuna parfois, pour pousser l’allégorie jusqu’au bout), est tout à fait crédible, même si c’est un personnage épouvatable. Moi aussi, je donnerais mon royaume à Hana. Moi aussi je virerais cette Ottavia qui a mal tourné (Marianna Pizzolato, mezzo-soprano). Bon, je liquiderais quand même pas le pauvre Seneca (Gianluca Buratto, basse, qui nous a manqué après l’entracte). Et puis ce pauvre Ottone délaissé (Carlo Vistoli, contre-ténor aussi, excellent)… Et cette pauvre cruche de Drusilla (Anna Denis, qui fait aussi Virtù, parce que cruche jusqu’au bout, mais bonne quand même).

Une excellente oeuvre qui pallie les déficit d’Ulisse, tout en restant certes un poil trop longue, maladie baroque qui durera longtemps. Dans tous les c’était une très bonne idée d’enfiler les trois oeuvres (même si commercialement, ça n’a pas forcément aussi bien marché que prévu) : on peut ainsi mieux mettre en perspective et voir l’évolution du paléopéra baroque. Cette oeuvre plus mâture, pose réellement toutes les bases du baroque à venir : l’intrigue, le déroulement, l’alternance des oratorios, etc.

Et puis c’est la dernière fois qu’on peut rendre hommage à une mise en espace sympathique et intelligente, toujours d’Elsa Rooke, avec de très beaux costumes (encore Isabella Gardiner et Patricia Hofstede ?) : finalement, c’est bien meilleur ainsi que lorsqu’on est souvent affligé d’une mise en scène. Quel plaisir ! Quelle Hana Blažíková !

mortel Ulisse

La séance du 2e épisode de la trilogie Monteverdi commence encore par une dédicace à Peter Hall, homme de théâtre disparu en début de semaine, dont le travail sur Shakespeare a été particulièrement salué dans le discours lu par un intervenant de la Philharmonie, certainement traduit à partir de notes de Gardiner. Mais cette fois-ci, la salle est bien vide. Très facilement, avec ma voisine baroqueuse usuelle retrouvée, nous nous plaçons plein centre du 2nd balcon, sans personne autour. Le son monte bien, à présent, mais c’est mon héroïne Hana Blažíková qui (en tout cas au début) passe le plus mal.

Il ritorno d’Ulisse in patria est toujours très beau, mais ça se traine autant au début (longues allégories) qu’à la fin (quand c’est fini, ça continue…). De 19h30 à 23h00 passé, modulo un entracte, se met en place un modèle de l’opéra baroque qui va durer un bon bout de temps. Sur scène, outre toujours le Monteverdi Choir en mode stéréo, on retrouve peu ou prou la même distribution que la veille.

Furio Zanasi, baryton, Ulisse
Lucile Richardot, mezzo-soprano, Penelope
Krystian Adam, ténor, Telemaco
Hana Blažíková, soprano, Minerva / Fortuna
Gianluca Buratto, basse, Tempo / Nettuno / Antinoo
Michal Czerniawski, contre-ténor, Pisandro
Gareth Treseder, ténor, Anfinomo
Zachary Wilder, ténor, Eurimaco
Anna Dennis, soprano, Melanto
John Taylor Ward, baryton, Giove
Francesca Boncompagni, soprano, Giunone
Robert Burt, ténor, Iro
Francisco Fernández-Rueda, ténor, Eumete
Carlo Vistoli, contre-ténor, Umana Fragilità
Silvia Frigato, soprano, Amore
Francesca Biliotti, contralto, Ericlea

Hana Blažíková est encore une allégorie, mais on la voit finalement trop peu ; en Fortuna, elle est crédible ; en Minerva, elle est aussi INFJ que mon binôme (mais c’est quoi cette manie de vouloir exterminer tout le monde pour aider, à la fin ?). C’est Furio Zanasi (arrivée tardive, et pas forcément le meilleur fit pour le rôle), Lucile Richardot (une Penelope qui se transforme aussi en arc dans l’intelligente mise en espace d’Elsa Rooke) et Krystian Adam que l’on voit le plus souvent occuper l’opéra. Et puis il y a Robert Burt, en Iro, seul survivant des prétendants massacrés, qui planqué en organiste lors de l’exécution sommaire, nous sert un brillant numéro où il interagit avec l’orchestre. Clairement excellent dans l’ensemble.

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