humani nil a me alienum puto

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mardi 15 août 2017

798ème semaine

Boulot boulot. RAS.

passager amateur

« Profession : reporter » est une traduction bien aléatoire du film hispano-franco-américano-italien « The Passenger », qui porte bien plus de sens. Si l’on a récemment dit qu’il n’y a rien qui ne ressemble plus à un Besson qu’un autre Besson, je crois qu’on peut dire la même chose d’Antonioni… Lascivité de bout en bout, étirement à l’infini, dissolution de l’intrigue dans quelques méandres, et mouvements de caméra subjectifs à l’avenant qui regarde tout autour et manie le hors champ, on se demande toujours tout du long où cela va nous mener — et ce n’est pas totalement sûr que ça finira pas nous mener quelque part, en fait. Jack Nicholson en ayant marre de crapahuter dans les chauds cailloux africains, il se fait passer pour mort en échangeant son identité contre son voisin fraichement décédé dont il ignore encore que c’est un marchand d’armes. Fuyant son passé (pourtant assez glorieux) et maintenant son présent, arrivera-t-il à construire un avenir avec une regrettée Maria Schneider (trois après le tango au beurre) qui passait par là à 23 ans (1975) et toujours égale à elle-même ? On en doute un peu…

Très antonionesque, tout cela. Une lente esthétique qui ravit toujours autant mon binôme du quartier latin.

mardi 8 août 2017

797ème semaine

La guerre est le lieu où se joue la vie et la mort, on ne saurait le traiter à la légère, comme dirait Sun Tzu. Pourtant, de légèreté, le grand Christopher Nolan, qui a prouvé par sa cinématographie être certainement le réalisateur-scénariste le plus intellectuel qui soit, s’en fait clairement taxer pour avoir omis de montrer dans son dernier film « Dunkirk » les bataillons coloniaux, Indiens en tout premier lieu — du « white-washing ». Certes, on aura remarqué quand même qu’à vue de nez il n’y avait pas 500.000 personnes représentés, et comme le faisait remarquer un commentaire sous l’article, on n’y voit pas non plus les 49 destroyers impliqués, mais à peine un seul (ou deux). On est même allé jusqu’à chercher du côté du Brexit, à plusieurs reprises. Ouais.

Ces interprétations biaisées et fort sentimentales, pas bien analytiques et encore moins rationnelles, m’ont fortement rappelé les reproches faits à Swan Lake, sur le fait que la vie des danseurs, ce n’était pas ça. « Dunkirk » n’est pas plus un documentaire sur la guerre, même s’il s’inspire d’un fait historique. C’est une expérience d’immersion, un first person shooter où l’on se fait le plus souvent shooter. Le personnage principal essaie tout le long du film de chier tranquillement — et n’y arrive pas. C’est l’histoire de jeunes gens à peine pubères qui se retrouvent embarqués comme chair à canon et qui veulent surtout sauver leur peau — d’où la peur et l’incompréhension quand il rentrent chez eux. Alors peut-être que finalement, le plus gros défaut du film de Nolan, c’est justement son réalisme, qui fait qu’on lui reproche ce qu’on ne reprochait pas à d’autres films de guerre (je voyais peu après sur TCM Cinéma Le Pont de Remagen, qui retrace les deux côtés américain et allemand, auquel on n’a pas fait ce genre de critique, par exemple). Les partis pris sont en plus assez évident dans un film qui ne montre pas un visage allemand, où l’on ne personnalise point trop, où l’on meurt toujours en un seul morceau et où dans une scène de groupe au fond de la cale d’un petit bateau, on finit de tuer toute illusion d’héroïsme (et il ne valait mieux pas qu’il y ait un Indien dans le groupe, si l’on ne voulait pas recevoir des accusations de racisme…).

Bref, oublierait-on qu’un film est un film, parmi notre intelligence collective éduquée ? Petite astuce : dans un film, par exemple, il y a de la musique de film — particulièrement oppressante chez Nolan —, alors que dans la vraie vie, non. Avec les contresens extraordinaires réalisés sur The Circle, sur la même période estivale, on se pose de grosses questions sur les capacités de compréhension. C’est quelque chose que de faire des critiques, mais encore faut-il que ce soit un minimum légitime. Faire dire quelque chose qui n’est pas dit, puis trouver que ce quelque chose est absurde, voilà une méthode pour le moins curieuse, pour ne pas la qualifier de bien pire en terme de malhonnêteté intellectuelle… Heureusement, les commentaires du Guardian sont autrement plus intelligents (une constante différence, d’ailleurs, entre les journaux en ligne français et leurs homologues britaniques, ai-je remarqué).

cité des mille Cara

« Valerian et la Cité des mille planète » a occulté Laureline du titre pour mieux la faire paraître sur l’affiche : car Luc Besson a mis la main sur Cara Delevingne, pour remplacer Milla Jovovich, et il faut bien avouer que ça claque plus que le Dane DeHaan à jeune tête (pour 31 ans), rescapé bouffon vert du Amazing Spiderman 2, et certes meilleur acteur (les mauvaises langues le disent cependant tout aussi épouvantable). D’ailleurs Clive Owen, embarqué on ne sait comment dans l’aventure, fait office de figure paternelle un peu étrange… Heureusement, les relations Valérian-Laureline (aucune idée de si ça retrace la BD originelle dont je n’ai pas forcément grand chose à faire…) sont très second-degré dans la séduction débridée de la donzelle récalcitrante à sale caractère. Je trouve que c’est plutôt sur la fin qui donne dans le sentimental-mielleux qu’on se perd totalement (et c’est en contradiction avec le caractère des personnages — et leur registre de jeu certes fort limité dans le sentiment).

Le problème Besson, c’est qu’il est devenu une caricature de lui-même au fil du temps, en tournant encore et toujours le même film. Même lorsque Rihanna débarque, c’est pour un moment de show incongru qui ressemble fortement à un mix de la femme en bleu du 5ème élément et de la série de déguisements de Natalie Portman dans Léon. Les bataillons armés jusqu’aux dents tournés en ridicule, les mercenaires, les grands-chefs, on va retrouver tout le bingo bessonien de A à Z. Heureusement, c’est loin d’être aussi mauvais que Lucy — qui péchait avant tout par son message pseudo-philosophique enflé. Mais même à grands renforts d’effets spéciaux made in ILM et autres, faisant exploser la facture (200 millions, record français), et malgré des complications extravagantes de l’environnement scénaristique (qui patauge régulièrement), on est devant le grand calme plat du pop corn, en contradiction avec les efforts d’Alexandre Desplat à la baguette. On ne se fait pas chier, c’est ludique, mais on ne palpite pas non plus. C’est trop réchauffé, je crois. Ça ne marche pas. Alors on passe un bon moment, et comme c’est l’été, qu’on nous fait espérer que Cara est hétéro, qu’il y a des personnages attachants (la moitié du cast étant débauché d’Avatar ?) et qu’on n’en demande pas trop, ça passe

Emma encerclée

« The Circle » est le film le plus sous-estimé depuis un bon bout de temps. Pour faire simple : personne ne semble y avoir rien compris, ce qui est franchement inquiétant pour le niveau intellectuel général, qu’on savait certes pas bien élevé, mais quand même pas aussi lamentable parmi même les critiques de cinéma qu’on pourrait espérer un peu plus éclairés. Au moins ont-ils perçu les références à Big brother et à The Truman Show. Mais ils ne vont pas jusqu’au bout de la pensée, là où James Ponsoldt et Dave Eggers ont voulu emmener un sujet-spectateur qui ne fasse pas de grossiers contresens (l’accusation de positivisme étant le pompon…).

Emma Watson campe avant tout une parfaite idiote utile d’un système idéologique débouché du libéral-libertaire issu des lumières, du positivisme et de la Silicon Valley ex-hippie dont on perçoit de plus en plus la pensée téléologique de pouvoir reféodalisant (thème très bien exploité dans le film, à travers le challenge incessant face à l’État, et le siphonnage de ses prérogatives où il est faiblard — la santé, le vote, la sécurité…), sous couvert de bons sentiments. Là aussi, les deux compères à l’origine du film ont très bien réussi à déconstruire (comme on dit) l’idéologie sous-jacente de ces firmes qui s’apparentent en réalité à un fonctionnement sectaire (excellentes scènes avec Karen Gillan progressivement essorée, et celle avec le couple insupportable de GO qui viennent reprocher, mais sans le dire explicitement, qu’on a une vie privée en dehors des activités organisées par l’entreprise — c’est du Grisham hippie, la SV).

Tom Hanks, à ce niveau, a tout bien perçu de l’attitude des fondateurs-révolutionnaires-gourous du milieu, notamment au cours des keynotes (l’originalité stéréotypée par excellence). On n’est en revanche pas totalement sûr que Emma Watson, qui a toujours cette tendance très sentimentale à vouloir sauver le monde, ait bien pris la mesure du rôle qu’elle campe donc avec une naïveté parfaitement adéquate. Sa rencontre fortuite avec John Boyega (Ty) devait lui ouvrir la voie de la sagesse et de l’esprit critique (c’est l’INTP du film), mais glissant de plus en plus sur la pente avant de se ressaisir suite aux conséquences dramatiques (mais Ô combien prévisible pour qui sait penser, c’est-à-dire personne), les réalisateurs-scénaristes n’en choisissent pas moins une fin encore plus glaçante, sans y paraître, que 1984, car le lavage de cerveau est bien généralisé : comme je le dis toujours, la Stasi l’a rêvé, Facebook l’a fait — parce que le sujet accepte volontairement son état, en toute liberté dictatoriale, avec moult bons sentiments d’enrobage. Au final, on prend en charge l’individu et la souris a vu dans le logo « C » sur fond rouge une parfaite allusion à l’URSS.

Certes le film n’est pas de la grande réalisation, parce qu’il veut faire la part belle à la tech, et qu’il se heurte à des écueils bien connus (il me semble que Her avait un peu le même soucis, je n’arrive plus bien à remettre en contexte ce sentiment déjà éprouvé devant un film). Ils échappent au gnan-gnan qui les guettaient, et n’imposent rien explicitement pour laisser au spectateur le soin de la réflexion. C’était un pari risqué et manifestement non-payant. On en reparlera peut-être dans quelques années, quand les âmes au neurone faiblard s’apercevront qu’il est trop tard…

lundi 31 juillet 2017

796ème semaine

Rush, EMBA, rush, un peu d’amis, rush, un peu de famille, rush, calls très distants avec trop de monde pour être bien intelligible, rush…

spectateur à canon

Nolan change de registre, avec de l’historique et le rembarquement compliqué des troupes anglaises sur les plages de « Dunkerque » (Dunkerk in VO), post-déroute face aux germains au début de la seconde guerre mondiale. Il garde cependant la musique haletante aux cuivres et les prises de vue embarquées de Batman. Quand les avions allemand piquent, on tremble fortement. Carnage au programme, on est plus que stressé par le taux de mortalité élevé et aléatoire. En 1h40 de film, on a le temps de stresser, et on en mène pas large. En suivant quelques personnages clés, tantôt jeune chair à canon, aviateur, commandant gentil organisateur du bordel ou héros de l’extraordinaire sur les flots, on participe du côté anglais à un effort de guerre qu’on est bien heureux de ne vivre qu’au cinéma. J’ai cru voir passer quelque critique un peu énervée ou déçue sur le net, mais j’avoue avoir assez peu envie de m’y pencher dessus, car ce film est avant tout une expérience intérieure d’une situation de guerre particulièrement stressante — avant même de retracer un épisode historique héroïque —, et de ce point de vue, c’est fort réussi.

merveille féminine

Wonder Woman brille avant tout pour la plastique appétissante de Gal Gadot, qualité juive garantie. Car on a beau être une Amazone-porte-étendard-du-féminisme-trop-super-forte, ça n’empêche pas d’être apprêtée et épilée comme il faut. D’ailleurs, chez les Amazones, on n’est pas moche, sans aucune exception… Bref, rencontrant Chris Pine, tombé du ciel, mais peu farouche, faisant quelques expériences inconnues, Diana part à l’aventure en pleine 1ère Guerre Mondiale contre un soupçonné Hadès germain. Elle est naïve, mais elle ne manque pas de volonté. Une cruche sentimentale sur les bords, qui veut sauver le monde toutes les cinq minutes, et on attend qu’elle nous déclare être vegan à tout moment, entre deux tueries — mais c’était son apprentissage, quelques bribes des temps modernes nous font penser que passé ce prequel, elle sera plus cynique.

Quelques rebondissements dans ce film digne du vendredi soir vont nous mener jusqu’à la divinité moustachue la plus improbable de tous les temps. Mais il ne faudrait pas spoiler l’un des rares intérêts dramaturgique du machin, outre le divertissement quand même plus réussi que le plus-nanar Batman vs Superman qui l’avait annoncée (et qui est explicitement cité en début de film, pour garder une filiation cohérente du nawak). Alors Gal Gadot n’est clairement pas l’actrice du siècle, mais comme on nous a emmerdé marketinguement avec ce « enfin un rôle de superhéroïne ! », c’est de bonne guerre d’en rire un peu et de retourner contre cette rhétorique moderne à deux sous la parfaite plastique de cet essentiellement fantasme masculin. On ira voir le numéro 2.

lundi 24 juillet 2017

795ème semaine

Je n’ai pas vu passer le 14 juillet, cette année. Ça fait deux fois que je sèche, mais cette fois, je suis même arrivé devant mon écran alors que les avions passaient au loin par ma fenêtre. Il y a une interview de Stéphane Soumier où il dit que les entrepreneurs sont comme les sportifs de haut niveau qui se lèvent à 6h du mat’ tous les jours pour 10 heures d’entraînement avec au bout du bout, pour quelques uns seulement, une breloque. C’est vrai. Mais cette putain de breloque, elle terminera chez moi. Non mais.

mardi 18 juillet 2017

794ème semaine

« Molto intuitive » qu’ont dit les Italiens par Skype, découvrant le fruit de mon travail acharné, pendant que je gérais en parallèle les Ivoiriens. Mais la malédiction du travail bien fait, c’est qu’il appelle à la persévérance. Il paraît qu’au bout du tunnel, il y a le bout. Un truc comme ça. J’espère qu’on ne m’a pas menti !

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