humani nil a me alienum puto

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vendredi 24 octobre 2014

tourne et vire

La journée de mardi fut un vrai sprint. De rendez-vous en rendez-vous, le dernier de la journée était une sauterie en sous-sol cossu avec député. Arrivé en retard, je n’ai pas osé m’éclipser au moment que commandait l’oracle ratpesque, d’autant que j’avais un peu la parole. L’arrivée au théâtre de la ville fut donc épique. Mais avec cinq minutes de retard, je ne pensais pas devoir entrer dans une salle déjà dans le noir, le spectacle déjà commencé : depuis quand y commence-t-on à l’heure ? Tout se perd ! D’autant que ce n’était que pour une petite heure, ce que je ne savais point…

Luncida Childs a eu droit à des critiques hyper-élogieuses de la bobosphère parisienne. Arrivant essoufflé, je demandai à l’ouvreur combien j’avais raté : pas grand chose, me dit-il, de toute façon ne vous inquiétez pas, c’est pareil tout le long. Et en effet, une fois qu’on a compris qu’il s’agit de passer de gauche à droite ou de droite à gauche, seul ou à plusieurs, en tournant sur soi-même, sur un choix de musique tout aussi répétitive de Philip Glass, on a tout compris. Avec des vidéos (de Luncida elle-même ?) projetées par dessus en très grand et transparence, on obtient le petit plus d'originalité esthétique.

En Occident, la danse n’est pas la transe. Ça, c’est pour les sauvages. Chez nous, tout est civilisé et millimétré, selon une scolastique balletomane précise. Alors la répétition est finalement la manière la plus propre que la modernité, clamant s’affranchir du passé rigoureux mais perpétuant en réalité la même grammaire, les mêmes règles et les mêmes tabous, ait trouvé pour y parvenir un peu, sans en avoir l’air. C’est effectivement assez captivant, et si l’on est un peu imperméable, l’ennui total est à la clé. Si l’on se laisse bercer, c’est fort plaisant — du moins au bout d’une heure on n’est pas forcément mécontent que toutes les bonnes choses aient une fin. Si l’on est bobo, on crie évidemment au génie (sans trop comprendre le fond de l'affaire, probablement), cette chose que l’on obtient de nos jours pour pas cher, avec l'aide de la bonne propagande-slogan (au moins ce n’est pas un plug anal qui ressemble à un arbre : ce qu’il y a de beau avec l’époque moderne, c’est qu’on peut toujours trouver pire).

Ça tourne, ça vire, ça vire et ça tourne. La souris s’est trouvée une vocation, d’autant que le niveau technique requis n’est pas démentiel. Comme quoi, parfois, il ne faut pas s’embêter : il suffit de trouver le bon créneau, et de savoir exploiter le filon. De ce point de vue, c’est totalement réussi.

ah mio Joyce!

La tradition est précise : il faut une Alcina par saison. C’est ainsi. Et comme le dit Hinata-chan, Haendel est quand même plus subtil que Vivaldi (lui aussi adepte des adaptations de l’Orlando furioso de l’Arioste). À la fin de la 1ère partie à l’hémistiche de 1h35 — ce qui veut dire en plein milieu du 3e acte, si je ne m’abuse… Découpage audacieux ! —, il y a donc la fameuse suite de méga-hits. Même ceux qui ne souhaitaient pas a priori rester après la page de pub se sont du coup fait violence. Il faut dire que le casting avait attiré les foules et rendu le replacement un poil plus périlleux (mais la folle jeunesse peut s’accommoder d’un demi-siège dans un virage du théâtre des Champs Élysées, quitte à y laisser une vertèbre).

Joyce DiDonato - Alcina
Alice Coote - Ruggiero
Anna Christy - Morgana
Christine Rice - Bradamante
Ben Johnson - Oronte
Wojtek Gierlach - Melisso
Anna Devin - Oberto

Évidemment, ce n’était pas forcément pour The English Concert que le tout Paris mélomane se déplaça en ce lundi à 19h30, d’autant que les vieux instruments ont toujours ce goût de fromage un peu passé — surtout quand les cors (de chasse) abominables arrivent, déclenchant quelques réactions épidermiques chez Laurent que je pus sentir depuis le 3e rang parterre jusqu’au dernier rang du balcon. Non, évidemment, c’était pour Joyce DiDonato. À ce compte, même une chèvre aurait pu diriger que ça n’aurait pas eu d’importance — en l’occurrence, c’était Harry Bicket, et c’était franchement bien.

Joyce, c’est... Comment dire. Voilà quoi. Mais on sait qu’il y a aussi tous les airs de Morgana, et Anna Christy assura de manière fort impressionnante. En fait, toutes les femmes étaient parfaites — les hommes plus anecdotiques. Et Joyce DiDonato plus que tout autre, superlative. Ce fut long, mais intense (CMB, comme le consacre la formule).

Caslux

Castor et Pollux au TCE, voilà un opéra de Rameau, sur un livret de Pierre-Joseph Bernard en cinq actes, pas bien difficile à comprendre dans cette version épurée et dans une mise en scène immédiatement accessible, puisque Christian Schiaretti a tout simplement construit une extension du théâtre des Champs Élysées sur la scène, en singeant les colonnes et les marbres. Malin et efficace pour pas cher, ce qui permet de rentabiliser un maximum les 140€ que coûte la 1ère catégorie, à laquelle nous pûmes quasiment accéder (je pense que nous nous sommes replacés en 2e catégorie à « seulement » 100€) pour la somme de 10€, puisque la salle en ce dimanche après-midi était loin d’être pleine.

Hervé Niquet a sorti ses deux plus belles vestes sur mesure (que je veux toujours lui piquer, ou alors son tailleur et son dealer de tissu), pour diriger son Concert Spirituel pendant 1h05 puis 45 minutes. Sur scène :

John Tessier Castor
Edwin Crossley-Mercer Pollux
Omo Bello Télaïre
Michèle Losier Phœbé
Jean Teitgen Jupiter
Reinoud van Mechelen Mercure, un spartiate, un athlète
Hasnaa Bennani Cléone, une ombre heureuse
Marc Labonnette Un grand prêtre

Dans cette version, Castor se fait bêtement dézinguer et se retrouve aux enfers alors qu’il allait enfin vivre le parfait amour lubrique avec Télaïre. La faute à la grognasse Phoebé. Mais Pollux, frère rival dévoué, grille la priorité à Télaïre pour plaider auprès de papa Jupiter de sauver le frérot contre sa propre vie. Bref, c’est encore openbar aux enfers. Le tout était de bonne facture, pour passer une agréable fin d’après-midi, entre vieillerie dépoussiérée et amatrice de vieillerie jamais poussiéreuse. J’adhère. Plus dubitatif devant les scènes dansées toujours poussives dans ce genre d'exercice opératique baroqueux (même si les demoiselles en robe blanche transparente et avec bouclier spartiate étaient aussi inspirantes que ma voisine en civil), d'ailleurs un peu huées aux saluts.

J'avais pourtant souvenir d'un opéra bien plus long et complexe. Fort heureusement, j'ai un blog qui me permet de déswaper les 2h45 de la version Pleyel de 2007, autrement plus complète (et pourtant sans mise en scène). C'est dingue ce que l'on peut faire avec un bon algo de compression (ça m'explique aussi pourquoi un seul des deux frères était immortel, pardi...). On sent que le droit moral s'est évanoui dans la nature. Est-ce vraiment un mal ?

demandez le programme !

Quand on rentre en France, il faut immédiatement se remettre dans le bain : premier RER désorganisé, correspondance en carafe totale, et puis quand on arrive à la salle de concert, voilà qu’il n’y a plus de programme papier. Et aucun moyen de mettre la main sur le moindre exemplaire : la salle Pleyel donne dans les économies drastiques, et c’est vraiment pénible.

Vasily Petrenko dirigeait l’orchestre national de Radio France pour un concert original et assez couru (quoiqu’il me semble que le second balcon était en fait assez désert, comme souvent ces temps-ci). D’abord, un Concerto pour violon n° 1 de Karol Szymanowski, qui mérite le coup d’oreille. La question était de savoir si la fort jeune violiste Baïba Skride (dont je ne sais pas grand chose étant donné l’absence de programme…) valait aussi le coup d’oeil. L’avis de l’ami japonais est : « photoshop ». Je l’avais deviné… Mais la lettone joue fort bien, et après tout c’est ce qui compte (cela me permettra de rester fidèle à Julia). Tout le monde ne s’aventure pas chez Szymanowski — et c’est bien dommage. En bis, nous avons droit à l’étalon mondial, le Bach-de-rigueur ; un peu jeune encore.

Entracte et puis le gros morceau, la Symphonie n° 7 « Chant de la nuit » de Gustav Mahler. Une bien belle prestation de l’orchestre, avec cette fabuleuse et émouvante partition pour cloches de vaches — mieux que le triangle, il n'y a pas à dire. Champêtre et montagnard.

lundi 20 octobre 2014

550ème semaine

Une grand messe du Syntec, un colloque d'avocats entreprenants, de la boustifaille chez Kenzo, un vernissage express dans un grand hôtel plein de gens bizarres, et puis une tournée chez les geeks linuxiens à Düsseldorf : encore une bonne semaine de repos, pardi ! Allez, bientôt le calme...

yuja et la mèche

Beaucoup plus de monde au deuxième concert de Yuja Wang, qui affichait complet samedi de la semaine dernière : avec des prix de 45€ maximum (division par trois par rapport au mardi...) ou avec un Gautier Capuçon au violoncelle, allez savoir, la salle était pleine à craquer et il a été aussi difficile de se replacer qu'un jour de Barenboim. C'est dire. Le programme n'était pas bien complexe :

    Claude Debussy
    Sonate pour violoncelle et piano
    Sergueï Prokofiev
    Sonate pour violoncelle et piano
    Entracte
    Sergueï Rachmaninov
    Sonate pour violoncelle et piano

Plus quelques bis dont je n'ai plus souvenir, mais qui était fort bien (il m'en reste au moins le sentiment). Nous découvrîmes essentiellement pendant cet agréable concert où Yuja était forcément bridé, que le métier de tourneur de page est absolument merveilleux, car il a la meilleure vue. En l'occurrence, la mini-robe sous long voile (même astuce que précédemment, mêmes difficultés pour ne pas se prendre les pieds dedans, mais moins de cuisse émouvante en vue), et puis tout le reste.

Capuçon était impeccable, et on peut dire sans faire insulte à notre héroïne haute comme trois pommes à croquer que c'est surtout lui qui a assuré la soirée.

mardi 14 octobre 2014

549ème semaine

Une semaine de retard dans mes billets, et une écriture depuis un hôtel de Düsseldorf : on va passer pour cette fois encore…

Yujite pour le meilleur et le pire

Yuja Wang a trouvé un savant moyen de raccourcir encore sa couverture corporelle tout en faisant mine de se plus se couvrir : en optant pour une mini-robe avec large ouverture entre le bas et le haut, laissant apercevoir de larges pans de son parfait petit corps, contre-balancée par une longue traine que ses talons (sur lesquels elle ne sait toujours pas marcher) aidait à peine à ne pas tout le temps écraser, elle a réussi cet exploit.

Quid de la performance pianistique, depuis un rang E impair savamment calculé pour un aperçu du frottement des cuisses ? (Que la nature nous prodigue de merveilles, tout de même…) Cela valait-il le tarif prohibitif qui fit fermer le second balcon pour un replacement massif à des places vendues dix fois plus cher ? Première déception pour un public venu écouter le programme originellement prévu, très espagnol : seulement la dernière pièce gardait un goût d’oriental.

Franz Schubert
"Liebesbotschaft" extrait de Schwanengesang D 957, transcription de Franz Liszt
"Aufenthalt" extrait de Schwanengesang D 957, transcription de Franz Liszt
"Der Müller und der Bach" extrait de Die schöne Müllerin, transcription de Franz Liszt
Sonate D 959
Entracte
Alexander Scriabine
Prélude pour la main gauche opus 9 n° 1
Prélude op. 11 n° 8
Fantaisie op. 28
Prélude op. 37 n° 1
2 Poèmes op. 63
Sonate op. 68 n° 9 "Messe noire"
Mili Balakirev
Islamey (fantaisie orientale) op.18

Mais bon sang, quelle idée aussi, les pianistes changent autant d’habits que de robes, on vient écouter l’artiste, jamais une oeuvre particulière (et pour Yuja, on vient surtout la mater, pour célébrer qu’un aussi jolie petit bout de fille puisse être aussi doué). Bref, Yuja dans Schubert tout triste (la D959… Aaahhh…) ce n’est pas forcément l’idée du siècle : encore trop jeune. Scriabine a moins besoin de (mal-)vécu, et fait plus appel à la technique brillante — en plus Yuja vient de l’école russe. Balakirev vient injecter de l’originalité dans la soirée, avant un festival de bis, certains classiquement yujesques, d’autres totalement yujesquement déjantés, bref c’était probablement la meilleure partie. Et puis c’est toujours pareil : on ne sait pas jusqu’où ça ira, c’est la fille qui choisit ce qu’elle offre, et ça, c’est rudement excitant. Yuja aussi, dans son ensemble.

sens dessus dessous

L’exposition de la Pinacothèque sur Kâmasûtra pouvait être tout et n’importe quoi. Mais l’amie guide-conférencière devant en assurer bientôt la présentation, nous devions bien y faire un tour — un dimanche après-midi, quelle idée… Tarif toujours aussi indécent, mais trois heures de parcours, tout de même, pour 300 oeuvres environ, dont trente sont sélectionnées par l’audioguide.

Il est bien précisé dès le début de quoi il s’agit exactement, loin de l’image sulfureuse qui nous est communément parvenue (mais qui sert aussi d’appât à l’expo, soyons honnête) : un texte complexe de gestion de la vie (moral, en somme), en sept livres, écrit vers le VIème siècle par plusieurs Brahamanes, essentiellement Vâtsyâyana, issu d’une très longue tradition indienne, qui a fait référence pendant plus d’un millénaire — en fait il faut même attendre le XVIème siècle pour des illustrations peintes explicites. Et l’Inde, ce n’est pas simple. Et c’est plus d’un milliard de personnes, ce que l’occidental ignore toujours superbement (après avoir foutu sa merde dans le coin, via les anglais libéraux-puritains, en bons protestants paradoxaux).

J’ai plusieurs fois tenté d’y voir clair dans le bordel indien, sans succès. Par où commencer ? L’exposition se heurte au même problème. Alors on prend les choses depuis à peu près le début, c’est-à-dire Shiva et Pârvati, qui doivent bien forniquer pour engendrer le monde, du moins dès que le premier sera sorti de sa méditation pour faire attention à la seconde, sur-motivée. Il y a Vishnou, aussi, qui sponsorise la rencontre — tout dépend des traditions, il commence déjà à changer de nom, pour Krishna, qui a droit a énormément de culte sous ce nom. Ah oui, parce qu’en plus, les dieux changent de nom au fil des réincarnations, des traditions, du temps, des mythologies locales, etc., et on se retrouve avec des milliers de possibilités. Ils ont leur association avec l’autre sexe (par exemple Lakshmi pour Vishnou), qui peut aussi changer de nom en parallèle. Et pour couronner le tout, les dieux peuvent parfois changer de sexe, par exemple Mohini pour Vishnou. Au secours.

On ne résume pas deux ou trois mille ans de joyeux bordel sans perdre un peu le spectateur. Il faut souvent revenir sur ses pas pour relier les dieux, les écoles, les aventures, les acteurs… Vivement des tablettes interactives avec lexique incorporé ! On comprend les grandes lignes, comme l’importance du Lingam et du Yoni, c’est-à-dire des représentations fantasmées et idéalisées du pénis et du vagin, transformés en statues, amulettes et autres objets divers et variés. Loin de refouler le sexe comme le Texte occidental, l’Inde met la différence au centre d’une philosophie de la complémentarité. Loin de subir nos tabous, la statuaire des temples tout autant que l’art populaire et aristocrate fait figurer la zoophilie (extension naturelle d’une tradition où la femme du prince doit passer la nuit avec un cheval sacrifié pour lui apporter la puissance), l’homosexualité est admise (plus pour les femmes, surtout en harem, parce qu’il faut bien s’occuper en attendant), etc. — mais en échange, le sexe oral est vu comme particulièrement malvenu, plutôt pour les classes inférieures.

C’est dans tout cela que s’inscrit le Kâmasûtra : une fois le Dharma (vie vertueuse), l’Artha (l’assise financière, la prospérité matérielle) assurés, il faut s’intéresser au Kama pour bien réussir sa vie, c’est-à-dire au plaisir et au désir, à ressentir autant qu’à donner. Seulement alors peut-on atteindre le Moksha, c’est-à-dire la libération. Il ne faut pas se tromper, la voie est assez stricte : le Dharma est l’assise à l’Artha — mais inversement pour le prince, parce que ses sujets dépendent de sa prospérité. Exceptionnellement, les prostituées observent le Kama avant le reste, là aussi parce que tel est leur rôle. Et puis il y a ceux qui choisissent l’abstinence pour atteindre un plus grand Kama (dans la lignée de l’idée que retenir sa semence revient à accumuler de la puissance), comme le rédacteur même du Kâmasûtra…

Dans les sept livres, qui servent de fil directeur à l’exposition à partir de la seconde moitié, on a à boire et à manger. On s’adresse aux hommes explicitement, puis à la courtisane (qui a un statut particulièrement valorisant — j’adore, autant que cette secte où l’on se masturbe devant les jolies filles pour les célébrer) et à la danseuse, on exhorte à la fidélité tout en donnant la bonne démarche pour séduire la femme d’un autre (très explicitement…) ou à la femme pour se trouver un amant. Et puis il y a les fameuses 64 positions, manuel de jouissance, illustrées au fil du temps par différentes écoles, dont la première est Moghol (comme quoi !). La précision du trait est aussi surprenante que les astuces pour produire en série à l’attention de riches clients émoustillés.

Le septième livre, qui doit nous indiquer comment atteindre Moksha, bizarrement, cela semble vite expédié avec du tout et n’importe quoi. Pas de bol pour l’ultime secret. Pour se consoler, on a quelques extraits de film, histoire de voir que tout cela est présent encore dans l’Inde moderne, quoiqu’en proie à de sérieux paradoxes (dans une foi totalement éclatée, qui plus est). Et de se dire qu’on testerait bien les 64 positions avec ces mignonnes indiennes…

Au final, cette expo est riche, très riche, et mon accompagnatrice a carrément craqué. Ça ne sera pas facile pour elle d’en faire quelque chose d’approchable. Non, l’Inde n’est pas l’Occident, et l’approcher avec nos yeux n’a aucun sens. Et je dis ça sans vouloir y mettre un pied (évidemment que j’aimerais bien voir les temples et prendre la température locale, mais cela va contre ma philosophie de bien-vivre). Cette ouverture est donc a minima salvatrice. D’autres mondes sont possibles, où la jouissance, loin d’être refoulée, est à sa juste place.

lundi 13 octobre 2014

danse inanimée

J’ai tellement de retard dans mes billets que la souris a le temps de spoiler ce que je voulais écrire… Harald Lander nous a pondu un « Études » qui ne parle qu’aux balletomanes : une répétition, qui évolue en spectacle. Pis encore, cela devient un vrai défilé entre le cirque la gymnastique. Un assemblage de lieux communs . Au moins, on ne peut plus s’y tromper : la danse classique est un exercice combinatoire de positions finies et prédéterminées, appelé chorégraphie. Sans aucune âme, on s’ennuie à mourir la majeure partie de l’oeuvre…

Deuxième partie à Garnier pour Pas./Parts de Forsythe, une valeur sûre (cette fois sur bande enregistrée techno, ce qui évite les mauvaises surprises de l’orchestre de Paris décidément colonnisé). Mais peut-être que notre ballet, devenu somme d’individualités, est à présent trop déformé pour donner une âme à pareille oeuvre : si l’on a repéré quelques danseurs (danseuses, pour ma part, mais je n’ai plus la distribution sous les yeux), si l’on a passé un fort bon moment, ce ne sera pas ce qui rendra la soirée inoubliable…

Décevant, que tout cela. Pour 10€, ça allait.

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