humani nil a me alienum puto

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mercredi 29 octobre 2014

CSO Muti bien rempli

Il y a des concerts où l’on ne cherche pas trop à se replacer. Quand le Chicago Symphony Orchestra vient avec Riccardo Muti à la baguette, c’est blindé. Même à 130€ la première catégorie. Même quand ça commence avec un Felix Mendelssohn passablement sorti de nulle part, Meeresstille und glückliche Fahrt, pour autant fort beau. Surtout quand on aligne La Mer de Debussy, et après l’entracte, la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski, joué de manière extraordinaire, avec une synchronisation des pupitres fantastique, une perfection des cuivres, des cordes, des vents, des percussions, pour toute la richesse de cette partition. Époustouflant. En bonus, annoncé en Italien (ou en Anglais, je ne sais plus), Nabucco. Parfait…

Schumann qui rit, Schumann qui pleure

Le duo Matthias Goerne et Christoph Eschenbach a migré de Schubert (dont il me manque encore un ou deux disques) vers Robert Schumann : c’est encore moins drôle… Mais quelle beauté !

Entonnant L'Amour et la vie d'une femme (op. 42), Matthias se fait femme, avant de redevenir homme en enchaînant sur Les Amours du poète (op. 48). Le programme papier existe mais ne contient pas les textes : fort heureusement, le sur-titrage était prévu, ce qui n’est pas plus mal : cela permet de se concentrer sur le chanteur — Dieu, je veux dire. Après l’entracte, Douze chants sur des poèmes de Justinus Kerner (op. 35).

C’était beau…

programme straussien-de-Paris

L’Orchestre de Paris a remobilisé la délicieuse Lola, petite tresse sur le côté, pour un programme full-Richard-Strauss. Mieux, elle a pourvu la souris d’un autre bassoniste sur lequel baver, afin qu’il y en ait pour tout le monde : ils pensent à tout !

Squattant un bout de rang E pas bien loin de toute la team (même l’ami russe, @JoPrincesse, B#5, gohu, j’en passe…), cela commençait par le commencement, « Ainsi parlait Zarathoustra ». Sortant de l’obscurité, l’orchestre s’est annoncé assez en forme pour assurer une soirée fantastique (malgré un mini-pain évité de justesse à la première note à la trompette). Il est vrai qu’on se souvient assez peu de ce qui suit les dix premières minutes de la pièce, qui justifie pourtant par sa longueur de placer ensuite un entracte.

L’entracte était d’ailleurs l’occasion idéale d’essayer de mettre la main sur un programme papier : encore une fois, la salle Pleyel en a tiré trop peu ! Quelle galère : plus aucun nulle part. Heureusement que le voisin de derrière laissait tout traîner…

Seconde partie, Paavo Järvi est rejoint par Nicholas Angelich au piano (en remplacement de Denis Matsuev). Burlesque pour piano et orchestre : voilà une oeuvre totalement inconnue ! (Me semble-t-il) Comme quoi, on n’en finit jamais de tout découvrir. Plus de souvenir des rappels au piano… Pour quasi-finir, Le Chevalier à la rose version Suite pour orchestre, et sa valse, et ses moments extraordinaires… Un bonus (de mémoire), pour la toute fin, mais qu’était-ce ?… En tout cas on ne veut pas laisser filer aussi facilement Paavo Järvi !

551ème semaine

Ciel, une semaine de retard. Vite, vite !

Galerie nationale

« National Gallery » est le dernier Wiseman en date (et ce billet est à replacer au samedi 18 avant Castor et Pollux). Qui comme toujours, dure peu ou prou trois bonnes heures, à gambader dans l’institution décortiquée, ici à Londres, sur Trafalgar Square.

Wiseman a l’oeil acéré et l’art d’expliquer les institutions sans aucune voix off, en laissant parler les personnages de la vie réelle. Mais ici, il y a assez peu à observer : une réunion sur le fait de savoir si l’on s’associe ou non à une manifestation caritative envahissante sur la place ; les processus de restauration (que l’on voit beaucoup, mais dont on voudrait en savoir bien plus) ; une revue par des experts d’art, pour des recherches ; la mise en place d’une exposition temporaire par des menuisiers (plus l’arrière du décors que l’institution en soi) ; pas grand chose d’autre. À la place, comme on entrait dans les cours de Berkeley, il a filmé les conférences données par-ci par-là dans le musée, et ça n’en manque pas.

Forcément, c’est passionnant — l’auteur choisit assez précisément ce qu’il souhaite nous montrer du géantissime musée, notons. Mais quelque part, on manque la fameuse mécanique culturelle, contre une linéarité didactique sur les oeuvres elles-mêmes. Dommage. En même temps, le tout reste toujours captivant, quand bien même le système marche moins bien.

vendredi 24 octobre 2014

tourne et vire

La journée de mardi fut un vrai sprint. De rendez-vous en rendez-vous, le dernier de la journée était une sauterie en sous-sol cossu avec député. Arrivé en retard, je n’ai pas osé m’éclipser au moment que commandait l’oracle ratpesque, d’autant que j’avais un peu la parole. L’arrivée au théâtre de la ville fut donc épique. Mais avec cinq minutes de retard, je ne pensais pas devoir entrer dans une salle déjà dans le noir, le spectacle déjà commencé : depuis quand y commence-t-on à l’heure ? Tout se perd ! D’autant que ce n’était que pour une petite heure, ce que je ne savais point…

Luncida Childs a eu droit à des critiques hyper-élogieuses de la bobosphère parisienne. Arrivant essoufflé, je demandai à l’ouvreur combien j’avais raté : pas grand chose, me dit-il, de toute façon ne vous inquiétez pas, c’est pareil tout le long. Et en effet, une fois qu’on a compris qu’il s’agit de passer de gauche à droite ou de droite à gauche, seul ou à plusieurs, en tournant sur soi-même, sur un choix de musique tout aussi répétitive de Philip Glass, on a tout compris. Avec des vidéos (de Luncida elle-même ?) projetées par dessus en très grand et transparence, on obtient le petit plus d'originalité esthétique.

En Occident, la danse n’est pas la transe. Ça, c’est pour les sauvages. Chez nous, tout est civilisé et millimétré, selon une scolastique balletomane précise. Alors la répétition est finalement la manière la plus propre que la modernité, clamant s’affranchir du passé rigoureux mais perpétuant en réalité la même grammaire, les mêmes règles et les mêmes tabous, ait trouvé pour y parvenir un peu, sans en avoir l’air. C’est effectivement assez captivant, et si l’on est un peu imperméable, l’ennui total est à la clé. Si l’on se laisse bercer, c’est fort plaisant — du moins au bout d’une heure on n’est pas forcément mécontent que toutes les bonnes choses aient une fin. Si l’on est bobo, on crie évidemment au génie (sans trop comprendre le fond de l'affaire, probablement), cette chose que l’on obtient de nos jours pour pas cher, avec l'aide de la bonne propagande-slogan (au moins ce n’est pas un plug anal qui ressemble à un arbre : ce qu’il y a de beau avec l’époque moderne, c’est qu’on peut toujours trouver pire).

Ça tourne, ça vire, ça vire et ça tourne. La souris s’est trouvée une vocation, d’autant que le niveau technique requis n’est pas démentiel. Comme quoi, parfois, il ne faut pas s’embêter : il suffit de trouver le bon créneau, et de savoir exploiter le filon. De ce point de vue, c’est totalement réussi.

ah mio Joyce!

La tradition est précise : il faut une Alcina par saison. C’est ainsi. Et comme le dit Hinata-chan, Haendel est quand même plus subtil que Vivaldi (lui aussi adepte des adaptations de l’Orlando furioso de l’Arioste). À la fin de la 1ère partie à l’hémistiche de 1h35 — ce qui veut dire en plein milieu du 3e acte, si je ne m’abuse… Découpage audacieux ! —, il y a donc la fameuse suite de méga-hits. Même ceux qui ne souhaitaient pas a priori rester après la page de pub se sont du coup fait violence. Il faut dire que le casting avait attiré les foules et rendu le replacement un poil plus périlleux (mais la folle jeunesse peut s’accommoder d’un demi-siège dans un virage du théâtre des Champs Élysées, quitte à y laisser une vertèbre).

Joyce DiDonato - Alcina
Alice Coote - Ruggiero
Anna Christy - Morgana
Christine Rice - Bradamante
Ben Johnson - Oronte
Wojtek Gierlach - Melisso
Anna Devin - Oberto

Évidemment, ce n’était pas forcément pour The English Concert que le tout Paris mélomane se déplaça en ce lundi à 19h30, d’autant que les vieux instruments ont toujours ce goût de fromage un peu passé — surtout quand les cors (de chasse) abominables arrivent, déclenchant quelques réactions épidermiques chez Laurent que je pus sentir depuis le 3e rang parterre jusqu’au dernier rang du balcon. Non, évidemment, c’était pour Joyce DiDonato. À ce compte, même une chèvre aurait pu diriger que ça n’aurait pas eu d’importance — en l’occurrence, c’était Harry Bicket, et c’était franchement bien.

Joyce, c’est... Comment dire. Voilà quoi. Mais on sait qu’il y a aussi tous les airs de Morgana, et Anna Christy assura de manière fort impressionnante. En fait, toutes les femmes étaient parfaites — les hommes plus anecdotiques. Et Joyce DiDonato plus que tout autre, superlative. Ce fut long, mais intense (CMB, comme le consacre la formule).

Caslux

Castor et Pollux au TCE, voilà un opéra de Rameau, sur un livret de Pierre-Joseph Bernard en cinq actes, pas bien difficile à comprendre dans cette version épurée et dans une mise en scène immédiatement accessible, puisque Christian Schiaretti a tout simplement construit une extension du théâtre des Champs Élysées sur la scène, en singeant les colonnes et les marbres. Malin et efficace pour pas cher, ce qui permet de rentabiliser un maximum les 140€ que coûte la 1ère catégorie, à laquelle nous pûmes quasiment accéder (je pense que nous nous sommes replacés en 2e catégorie à « seulement » 100€) pour la somme de 10€, puisque la salle en ce dimanche après-midi était loin d’être pleine.

Hervé Niquet a sorti ses deux plus belles vestes sur mesure (que je veux toujours lui piquer, ou alors son tailleur et son dealer de tissu), pour diriger son Concert Spirituel pendant 1h05 puis 45 minutes. Sur scène :

John Tessier Castor
Edwin Crossley-Mercer Pollux
Omo Bello Télaïre
Michèle Losier Phœbé
Jean Teitgen Jupiter
Reinoud van Mechelen Mercure, un spartiate, un athlète
Hasnaa Bennani Cléone, une ombre heureuse
Marc Labonnette Un grand prêtre

Dans cette version, Castor se fait bêtement dézinguer et se retrouve aux enfers alors qu’il allait enfin vivre le parfait amour lubrique avec Télaïre. La faute à la grognasse Phoebé. Mais Pollux, frère rival dévoué, grille la priorité à Télaïre pour plaider auprès de papa Jupiter de sauver le frérot contre sa propre vie. Bref, c’est encore openbar aux enfers. Le tout était de bonne facture, pour passer une agréable fin d’après-midi, entre vieillerie dépoussiérée et amatrice de vieillerie jamais poussiéreuse. J’adhère. Plus dubitatif devant les scènes dansées toujours poussives dans ce genre d'exercice opératique baroqueux (même si les demoiselles en robe blanche transparente et avec bouclier spartiate étaient aussi inspirantes que ma voisine en civil), d'ailleurs un peu huées aux saluts.

J'avais pourtant souvenir d'un opéra bien plus long et complexe. Fort heureusement, j'ai un blog qui me permet de déswaper les 2h45 de la version Pleyel de 2007, autrement plus complète (et pourtant sans mise en scène). C'est dingue ce que l'on peut faire avec un bon algo de compression (ça m'explique aussi pourquoi un seul des deux frères était immortel, pardi...). On sent que le droit moral s'est évanoui dans la nature. Est-ce vraiment un mal ?

demandez le programme !

Quand on rentre en France, il faut immédiatement se remettre dans le bain : premier RER désorganisé, correspondance en carafe totale, et puis quand on arrive à la salle de concert, voilà qu’il n’y a plus de programme papier. Et aucun moyen de mettre la main sur le moindre exemplaire : la salle Pleyel donne dans les économies drastiques, et c’est vraiment pénible.

Vasily Petrenko dirigeait l’orchestre national de Radio France pour un concert original et assez couru (quoiqu’il me semble que le second balcon était en fait assez désert, comme souvent ces temps-ci). D’abord, un Concerto pour violon n° 1 de Karol Szymanowski, qui mérite le coup d’oreille. La question était de savoir si la fort jeune violiste Baïba Skride (dont je ne sais pas grand chose étant donné l’absence de programme…) valait aussi le coup d’oeil. L’avis de l’ami japonais est : « photoshop ». Je l’avais deviné… Mais la lettone joue fort bien, et après tout c’est ce qui compte (cela me permettra de rester fidèle à Julia). Tout le monde ne s’aventure pas chez Szymanowski — et c’est bien dommage. En bis, nous avons droit à l’étalon mondial, le Bach-de-rigueur ; un peu jeune encore.

Entracte et puis le gros morceau, la Symphonie n° 7 « Chant de la nuit » de Gustav Mahler. Une bien belle prestation de l’orchestre, avec cette fabuleuse et émouvante partition pour cloches de vaches — mieux que le triangle, il n'y a pas à dire. Champêtre et montagnard.

lundi 20 octobre 2014

550ème semaine

Une grand messe du Syntec, un colloque d'avocats entreprenants, de la boustifaille chez Kenzo, un vernissage express dans un grand hôtel plein de gens bizarres, et puis une tournée chez les geeks linuxiens à Düsseldorf : encore une bonne semaine de repos, pardi ! Allez, bientôt le calme...

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