humani nil a me alienum puto

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lundi 2 décembre 2019

917ème semaine

Il faut se rendre compte quand même d’à quel point on part de très loin (ou plutôt à quel point on est allé très loin) dès qu’il s’agit de construction. Que ce soit la passerelle montée en avril dernier au dessus des voies du RER qui aura enfin son escalier fin décembre — en attendant, c’est Verdun sur les quais —, ou pour mon appartement. L’illustration de cette semaine semble atteindre le même niveau que lorsqu’on m’a proposé un plan avec un placard dont la porte s’ouvrait à l’intérieur, ce qui sur le plan était explicitement représenté comme prenant absolument toute la superficie sauf un petit coin. On se demande comment les architectes sont câblés, mais en réalité c’est généralisé.

Il se trouve donc que j’avais demandé à rapprocher les WC de la douche dans l’espoir de placer le lave-linge à côté du mur. En soi, il suffit de tirer moins de tuyaux, et ça reste compatible avec la norme handicapé. Mais de fait, ça restreint les possibilités d’entrée dans la douche, qui de toute façon étaient assez absurdes avant (un bac de 80x80 alors qu’il y avait encore 40cm libres derrière). Peu importe, il reste assez de place. Mais pour éviter que je me tape tous les matins les robinets dans les côtes, je demande à ce que la tuyauterie de la douche soit mise du même côté que les WCs, de l’autre côté de la future entrée du pare-douche (non fourni, ce qui vaut une belle mise en garde de l’architecte : « ça va éclabousser »).

Tout ceci est donc accepté, modulo le warning, au bout d’un processus aussi long que pénible, toujours en téléphone arabe, à travers une correspondance certes sympathique mais qui y connaît encore moins que moi en construction. On croirait qu’on conçoit un gratte-ciel alors qu’on est en train de changer une douche… Et j’apprends alors qu’il faudra sur-élever le bac, parce que l’évacuation doit être mise sous la douche. Absolument. Question d’évacuation. Ah. OK.

Plus tard, alors que je visite un show room de salles de bain (vie trépidante de propriétaire…), je me rends compte que la tuyauterie en plein centre de la longueur, c’est pas mal du tout. Et en plus, c’est ce que j’ai depuis plus de 15 ans dans mon appartement. Et ça permettrait même de résoudre ce problème de surélévation de bac. Je propose donc ça au milieu de plein d’autres choses, par mail, où on a une réponse par semaine en moyenne, et où il faut une douzaine d’échanges pour péniblement se faire comprendre.

Et ça reste ainsi perdu. On se retrouve bien huit mois plus tard. Si ce n’est dix. J’ai enfin un plan qui me convient (j’ai dû faire mon connard au passage pour « getting to yes », comme on dit en négo — les Français, par défaut, ça ne connaît qu’un seul mot : « non »). Je signe, je renvoie, et tout à coup je vois sur le contrat de travaux modificatifs (aka TMA) qu’il y a écrit « bac de douche inversé sur demande du client. Colonne de douche centrale ». Je m’enquiert donc de la chose : déjà, ce n’est pas moi qui ait demandé d’inverser, j’ai accepté l’inversion suite au conseil du promoteur qui le tient de je ne sais qui ; et cela paraît contradictoire avec cette colonne de douche qui serait au centre du côté long, et non du côté court ; d’ailleurs sur le plan, il y a un jet représenté au fond, côté WC.

Trois mails, deux coups de fil, et j’ai enfin ma réponse : ils ont bien accédé à ma demande de mettre la colonne de douche sur le grand côté (chouette !), mais l’évacuation est restée au loin. WTF. L’ingénieur au téléphone me dit quelque chose comme : oui, bon, j’admet que c’est pour le moins incohérent, mais vous savez, les clients nous demandent des choses étranges. Et moi de rappeler à ce sympathique fraichement diplômé que dans notre métier, on a un devoir de conseil, donc si l’on voit une demande stupide, on informe, on lève le doute. Surtout quand en face de soi, on a un autre ingénieur, purement rationnel, qui calcule toutes les hypothèses possibles faute d’avoir une possibilité de vision correcte holistique — et non ce n’est pas moi qui ai demandé, et quand bien même, il faut réadapter au fil des changements !

Trois semaines. D’abord, il a fallu voir sur place. Vérifier comment la tuyauterie sous le bac a été mise en place, si c’est trop tard, si c’est correctible. À présent, c’est dans les mains de l’architecte. Probablement pour inverser le pauvre rond, avec les petits traits qui en partent comme un soleil, qui s’avèrent ne pas être la colonne mais l’évacuation. C’est un truc de fou. Tu m’étonnes qu’à la fin, le « prix maîtrisé » ce soit 5000 balles le mètre carré.

Quelque part, assister à la fin d’une civilisation, le suicide collectif, c’est assez fascinant.

mardi 26 novembre 2019

916ème semaine

Première fin de semaine à colloques et salons, avant une suite dans le même goût. Intensif.

lundi 18 novembre 2019

915ème semaine

Semaine de déplacements, un coup à Tours, un coup à Angoulême. C’était prévu comme ça avant qu’un bras cassé ne rende cette précipitation inutile. Ma vie dans les trains et en province (et dans les hôtels et les restos) (et les salles de cours).

dimanche 10 novembre 2019

914ème semaine

Une semaine pour une fois parisienne, mais plutôt travaillée — avec ce week-end de trois jours qui sert plutôt à rattraper du temps perdu…

lundi 4 novembre 2019

913ème semaine

Encore une semaine compliquée, c’est la saison. Mais (fort) productive : tout n’est pas perdu !

mardi 29 octobre 2019

912ème semaine

Voici une semaine riche, très riche, trop riche. On va pas en faire tout le temps des comme ça, faut quand même tenter de vaguement survivre…

lundi 21 octobre 2019

911ème semaine

Cinq jours à Limoges, ma ville secondaire. Et surtout, vous l’avez peut-être remarqué, une coupure de blog de plusieurs jours… Un faux-positif de spam. Qui a donné lieu à moult recherches, pour trouver la procédure : il faut aller sur le newgroup de Free pour faire amende honorable et présenter son plan d’action anti-spam. Avant même de pouvoir ré-accéder à sa base de données. Il existe dans ce coin oublié de l’Internet une petite tribu qui mérite le plus grand intérêt anthropologique. On s’y entretien de manière spartiate et on s’y engueule en respectant la nétiquette. Oui, ça existe encore ! Bref, finalement, mon compte a fini par être débloqué. Voilà une aventure étrange qui m’aura fait perdre plusieurs heures, et généré plus de peur (faute de sauvegarde exploitable du blog depuis bien 10 ans) que de mal. J’ai au moins découvert comment accéder à la base de données, et télécharger un beau dump d’une cinquantaine de Mo…

lundi 14 octobre 2019

910ème semaine

Je crois que la semaine a été bien chargée, et comme la suivante n’est pas mieux et que ça commence à se sentir (sommeil…), on va faire court cette fois. Bientôt la fin du rush, cependant : pas d’Asie pour cause de bras cassé (et à vrai dire un certain soulagement : ça aurait merdé), a priori moins de secousses sur la période prévue qui arrive. A priori…

dimanche 6 octobre 2019

909ème semaine

Train, Limoges, train. Toutes les deux semaines. Ça commence à devenir le train-train. En porcelaine.

mardi 1 octobre 2019

908ème semaine

Cette semaine, il y avait les journées du patrimoine. Un peu compliqué à caler sur l’agenda, j’avais une idée, on verra l’an prochain. Au bout de ma rue, un immeuble en destruction (qui m’a valu une courte interview dans le New York Times). À l’intérieur, des artistes sur l’une des ailes du bâtiment, répartis dans trois ou quatre appartement multipliés par cinq étages et le rez-de-chaussée. On se serait cru au bon vieux temps de la fondation Louis Vuitton des Champs Élysées, avec des pièces décorées du sol au plafond, des photos, des films, du dispensable, du brillant, du moche, du drôle, de l’émouvant, du WTF, du malicieux. Un peu de tout, et des artistes parfois présents près de leurs oeuvres. Je pensais passer vite fait, j’y suis resté deux bonnes heures…

J’avais repéré, au hasard d’un dépliant trouvé dans l’un des appartements vétustes, qu’une visite avait lieu toutes les heures pas très loin de là, aux mobiliers de Paris — qui n’est pas à Paris parce que les terrains du XVème arrondissement ont dû être « revalorisés », comprendre les vendre très cher pour faire des immeubles pendant que, comme le reste de tout ce qui était industriel, les banlieues pauvres ont hérité des ateliers-hangars. Mobilier, comprendre : les bancs verts (mais pas tous, parce que les parcs et jardins sont une autre juridiction, mais pour les repeindre, comme ils n’ont pas la bonne machine de menuiserie, finalement ça finit par reconverger) et les diverses barrières et autres poteaux qui poussent comme des champignons (à 46€/unité).

Une bonne heure parmi ces gens assez simples qui ont l’art de faire dans la peau — fiers d’avoir créé des systèmes qui évitent de se coincer les doigts ou de redresser des poteaux, expliquant qu’on doit sous-traiter mais aussi faire du stock avant d’assembler parce qu’on ne sait jamais trop à l’avance dans quel sens ça va se monter, jonglant avec les délais, etc. On apprend qu’un banc se fait reponcer-recycler tous les quinze ans, que le pont des arts est en chêne à cause des urbanistes qui obligent dès lors un remplacement bien plus régulier que si c’était du bois exotique, ou que Paris ne partage aucunement ses moyens de production et de logistique, même avec les banlieues occupées, et ça a l’air très revendiqué. Les manants peuvent cependant faire appel aux même sous-traitants pour obtenir des modèles similaires.

C’est ainsi que se pave la route vers le Grand Paris (à propos de pavage, la visite pouvait être jumelée avec une tournée en car à Bonneuil-sur-Marne, mais il se faisait tard pour voir où naissent aussi les pavés…)

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