humani nil a me alienum puto

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lundi 23 novembre 2020

968ème semaine

Dès le premier confinement, j'écrivais qu'il y aurait probablement une prime à la connardise entre les pays prudents et les pays embrassant le grand n'importe quoi concernant la gestion du Covid. Ce n'est pas tout à fait si fort parce les économies sont très imbriquées — l'exemple européen de la Suède l'illustre bien. La Chine a donné dans ce qu'elle sait faire de mieux, le contrôle social intense ; le feu a été éteint rapidement. À l'opposé, les USA ont été une belle anarchie ; ils ont pu se débarrasser tranquillement des vieux et impotents (pour une maladie qui tue généreusement les obèses, ce n'est d'ailleurs pas un si mauvais score : la densité doit clairement avoir un impact ; outre que les centres denses ont manifestement tous confiné, comme tout le monde) ; certes plein de personnes se sont retrouvées dans des situations précaires, mais ce sont les USA, un coup de prozac et ça repart.

En face, en Europe, les démocraties sociales patinent dans la semoule. La morale ne paie pas. Covid ou les infortunes de la vertu. On en vient à payer une addition très forte, et double peine, on se tape en plus tous les gogoles en mode survitaminé. J'ai découvert cette semaine Louis Fouché, qui en tient une bonne couche. Et la manière dont je l'ai découvert est bien triste : une demoiselle que j'aime beaucoup m'a transmis un site semi-complotiste dont cet énième marseillais terrible (heureusement qu'il y a un émigré créateur de vaccin pour redorer le blason) est le concepteur non affiché. Mode "oui mais" toutes les deux lignes. Et une bonne pub pour Hold-up qui "pose des questions". Ciel… Parce qu'on se tape quand même du bon complotisme à deux balles, en bonus. Et une sorte de sédition latente. Tout le monde pète un câble. Pour ne pas trop se retrouver HS, et laisser des gens, essentiellement "nos aînés", crever chez eux en s'étouffant. C'est bien moche, tout ça…

Il y a ceux et celles qui dépriment, qui perdent les pédales, le sens de la rationalité, pour finalement pas grand chose (je garde le Covid en l'échange de ne pas connaître de guerre sur le territoire, ni d'être envoyé occire des gens dont j'ai pas grand chose à foutre — 50 ans de répit et on oublie les fondamentaux). J'ai l'impression diffuse que ça se multiplie, même parmi les plus censés. Vivement qu'on vaccine, bientôt le pire ne sera pas un virus à létalité ridicule (mais assiette extraordinaire : si seulement les impôts étaient comme le Covid…), mais les effets secondaires de cette saleté. La déraison guette.

mardi 17 novembre 2020

967ème semaine

Bon, cette semaine est passée un peu trop vite, à peine eu le temps de constater que le dimanche, mieux vaut oublier les chirashi en ville (comme quoi, même pour les immigrés chinois obédience Japonois, le dimanche est plus sacré que le biz. Sauf pour ceux qui font vietnamien).

lundi 9 novembre 2020

966ème semaine

Cette semaine, pour la troisième fois en un an et demi, un ami de "deuxième cercle", c'est-à-dire quelqu'un que j'aimais beaucoup mais croisais de temps en temps après l'avoir vu souvent dans le passé (il y a une quinzaine d'années maintenant), qui avait encore une bonne trentaine d'années d'espérance vie devant lui, est décédé. De ce que j'ai compris, c'est cette fois une cause naturelle, du moins pas un accident comme les deux précédents — Bruno Vanryb en moto, suivi peu de temps après par Patrick Sinz en voiture. Laurent Séguin était un très, très chic type, un gars plus qu'adorable, et ça fait toujours un gros pincement au coeur. La vie reste fragile, même en temps de Covid-19 on peut l'oublier. La mode n'est plus trop au memento mori depuis que l'on converge vers la limite de l'espèce — sénescence promise pour tous. Et là, paf, encore quelqu'un de très bien. Ça justifiait bien quelque hommage. RIP Laurent.  :/

lundi 2 novembre 2020

965ème semaine

Il y a des visites que je n'ai pas chroniqué. C'est mal. Le désert de Retz, à Chambourcy — plus un parc qu'autre chose, in fine, mais plaisant (et en bonus : le parc incroyable de Saint-Germain-en-Laye, à refaire quand il y aura de beaux jours). Et le musée des Francs-Maçons du Grand Orient de France — une coterie para-protestante d'intellos, ai-je enfin compris, think tank avant l'heure, patiné de kitscherie immonde, qui vit depuis quelques dizaines années sur son héritage en ayant surtout gardé le folklore décoratif passablement ridicule (un délitement peu étonnant quand on a 160.000 personnes divisés en groupes de 30-40 qui ne se causent pas, essentiellement des vieux, et avec une endogamie forte…).

Il faut bien avouer que parfois, blogguer, c'est révéler des infos personnelles ou qui dépassent ma personne — et après, je me fais gronder. Quelques sorties récentes sur Twitter de la souris ont trahi pourquoi elle n'apparaissait malheureusement plus ici depuis quelques temps, et a surpris quelques amis communs ; profitons donc d'une petite fenêtre pour annoncer ce que je n'ai dû dire qu'à une petite dizaine d'amis en trois mois : après plusieurs tirs de sommation en onze ans, initialement très espacés puis de plus en plus rapprochés, les bosons ont gagné, et comme prophétisé, la souris a quitté son pingouin (c'est moi, le pingouin). Snif. C'est la vie ; de toute façon, depuis la séparation de Mitternacht et Esther (les paléoblogueurs savent), je n'avais plus d'illusion sur les couples parfaitement assortis. Franchement, pour des Parisiens, où ça se mesure en années de chien, c'est une bonne performance ! Mais "ça fait bizarre", quand même. Une sensation de membre fantôme post-amputation. Je ne sais plus trop où j'en suis sur la courbe de deuil. Quête de sens, je pense (sachant qu'il n'y a eu nulle colère, et pas de pardon à dispenser). Bientôt la sérénité ?

dimanche 25 octobre 2020

964ème semaine

Cette semaine, un prof a été coupé en deux en pleine rue, par un énième djihadiste uberisé en culotte courte. L'émotion est plus que palpable à travers le pays, pendant quelques jours. Généralement, ce n'est pas très bon : ça part dans tous les sens, et puis ça s'estompe, et on ne résout pas grand chose. Notamment à cause des idiots utiles, les gogos (gaugaus) qui pour moitié font semblant de ne pas comprendre (à qui profite le crime ?) pour l'autre ne comprennent vraiment pas (indépendamment de leurs QI) ; à force de ne pas vouloir sombrer dans l'idiotie d'extrême droite, les humanistes utopistes (qui sont les premiers à monter des goulags une fois au pouvoir) vont finir par jeter même les plus modérés dans les bras des populistes ravagés. La manipulation salafiste a beau sauter aux yeux, ça n'a pas l'air de percuter, dans une gauche totalement perdue et de plus en plus extrême à force de se rétrécir.

On a la rediffusion des timbrés ultra-religieux qui ne comprennent pas comment fonctionne le vivre ensemble sans s'occire les uns les autres. Ce n'est clairement pas la première fois, mais c'est assez espacé pour oublier comment il faut faire pour pacifier la situation (de préférence sans génocide divers et varié, ni sans mettre tous les récalcitrants à la porte — potentiellement en virant trop de monde). Et puis, ce n'est pas le même ennemi intérieur. La dernière fois qu'il y a eu gros soucis dans nos contrées, on était en face d'un beau bloc organisé (avec une organisation étatique qui vidait la structure catholique depuis un bon bout de temps). Ça a mené à la laïcité, séparation des pyramides, chacun chez soi ; ce n'était clairement pas prévu pour gérer du protestant en mode myriade bordélique, les fameuses "communautés" anglosaxones qui donnent un melting pot que j'ai eu tendance à largement surestimer par le passé (ça ne se passe pas beaucoup mieux dès que les groupes ont un socle de valeurs communes réduit). Donc, le modèle français, c'est l'assimilation : voilà un thème dont on parle depuis longtemps, serpent de mer de mon enfance dirais-je.

Quand on considère le merdier musulman, sans aucune organisation ordonnée, investie par des extrémistes discrets et malins depuis des années, qui font croire que la méritocratie ne fonctionne pas et qu'il faut tout attendre en réparation d'un passé fantasmé de plus en plus lointain, on sent rapidement que ça ne va pas le faire. Pas les bons outils, pas la bonne approche. Les gardiens du temple laïcs dégainent de la République à tout bout de champ, mais l'interlocuteur n'a plus aucune idée de ce que cela signifie. C'est mal barré. Le cancer semble profond, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg qui est criminelle, mais le gros des troupes se détache de plus en plus. C'est heureusement marginal. Mais de nos jours, on ne coupe plus les gens en deux dans la rue ; on ne mitraille plus ; on ne poignarde plus. La tolérance est beaucoup plus faible. Il y a un rattrapage civilisationnel à opérer. L'éduc nat a clairement foiré, mais il n'est pas bien certain que la mission était relevable — la preuve (mais au moins le tabou commence à se briser, 18 ans après les premières sorties). Et sur le terrain, on n'est pas non plus aidé. Pour reprendre nos deux types d'idiots du début : il y a ceux qui passent 1h30 durant un conseil municipal pour parler de la Palestine, et s'y font payer des voyages réguliers quand 29% de la population locale est sous le seuil de pauvreté, pour mieux séduire un électorat précis, représenté par des personnages dont on a pu prendre le pouls après les attentats de 2015 (plus que border line, et toujours soutenu explicitement par le PCF) ; et il y a ceux qui ne voient pas ou feignent de ne pas voir, bien au chaud, et pontifient à longueur de journée. Ceux-là sont bien de chez nous, et pour la peine, l'éduc nat a totalement échoué. Citoyens sans boussole.

C'est avec ça qu'il va falloir sauver la situation. Franchement, là tout de suite, je ne vois pas comment.

lundi 19 octobre 2020

963ème semaine

J'avais un billet de prêt, mais je vais le garder sous le coude.

Cette semaine, c'était l'annonce du couvre-feu. Sauve qui peut, les extravertis (et les introvertis alcooliques) se contaminent entre eux, et vont ensuite contaminer les vieux. À Paris, les fiestas semblent se multiplier. C'est quelque peu absurde de taper sur toute l'île-de-France, outre quelques autres villes étudiantes, mais bon, faire dans le détail, c'est très complexe. Encore une fois, le Français montre son peu de compréhension scientifique et une discipline fortement lacunaire. Tout en rejetant évidemment la faute sur autrui, en premier lieu le gouvernement. À titre personnel, sur mon entourage étendu, je n'ai recensé que deux cas — mais plus de cas contacts, surtout parmi mes étudiants en coloc. Il semble en revanche que dans le second cercle, il y a des milieux bien plus touchés que d'autres. Clairement, l'analyse sociologique a dû être plus éclairante que l'investigation des clusters (finalement marginaux). Mais on reste encore et toujours à demi aveugle — euphémisme. C'est assez effrayant de voir le désarroi technique autour de cette affaire. Heureusement que c'est très peu mortel, on imagine sinon le carnage. La réactivité des différentes organisations est aussi extrêmement variable. Il y a clairement des sous-doués. On s'en doutait avant, à présent on en est certains. In fine, en regardant tout cela, bloqué seul chez soi dès 21h, on se dit : mais bon sang, quelle plaie, quand même…

Vivement qu'on trouve un vaccin et/ou des tests rapides pour cette merde !

mercredi 7 octobre 2020

962ème semaine

Quelque chose de dingue s'est produit : je n'ai plus de retard sur ce blog. Cela est certainement dû au quasi-arrêt des travaux sur la startup, tout autant qu'à une vie sociale nulle sur la période. Mais tout de même, cela fait plusieurs années que le billet du mercredi n'était pas tombé un mercredi, et que je ne chroniquais plus les concerts juste après y avoir assisté. Incroyable. Pas sûr que ça dure….

lundi 5 octobre 2020

961ème semaine

Je crois que RAS du côté de cette semaine. Mis à part que c'est probablement celle avec le plus de potentiel covidant. Petite reprise de salons pro, ça tire une gueule de six pieds de long. Personne de chez personne sur le premier salon ; à peine du monde sur le second, mais personne en capacité de signer le moindre contrat. Côté industrie, on accuse un gros coup : gros vide de commandes, patrons qui ne se paient plus, devis rachitiques, c'était déjà pas terrible avant, il va falloir un sacré effet rattrapage. Dans un milieu où il faut toujours un grosse masse de capital dans un pays qui n'a rien compris au capitalisme, c'est très très mal barré après l'explosion surprise des BFR. Ça ne dit rien qui vaille, tout ça…

dimanche 27 septembre 2020

960ème semaine

Des cours, des cours, encore des cours, changement  de villes (trois en province !), même le samedi matin il y a des cours. Oh, j’ai donné mon premier cours de capitalisme. KPI : on regarde le nombre de communistes en entrant, puis en sortant. Ça a normalement dû diminuer, sinon c’est qu’on a mal expliqué. (KPI n°2 : le nombre de pioupious qui fuiront ensuite le pays dès qu’ils auront leurs diplômes dans moins d’un an. Dans mon ancienne école, on est à présent à un tiers de la promo qui quitte le pays. Une idée que j’aurais dû avoir — encore faut-il aussi en avoir les moyens, et à l’époque, nous étions moins des stars, dans l’informatique ; la jeune génération est bien plus chanceuse malgré les crises !)

lundi 21 septembre 2020

959ème semaine

Cette semaine signe la reprise des déplacements dans la belle province de l'Ouest. Le train arrive en léger retard, correspondance non assurée, 40 minutes perdues. L'office du tourisme est paumé, ils n'ont rien prévu pour des non-Chinois et il n'y a plus du tout de Chinois. L'hôtel ne propose aucun service un peu évolué (pas de chausson, pas de trousse de toilette ou de couture, pas de bouilloire et de sachets de thé, pas de bouteille d'eau, pas de mini-bar ; télé bloquée en français), ce qui ne l'empêche pas d'afficher trois étoiles en plein centre-ville (ah, l'insonorisation est aussi optionnelle) ; "vous êtes sur un séjour long" (une semaine), donc pas de nettoyage de chambre, pas de remplacement de serviette (enfin si, une fois, la veille du départ), pas de changement de draps. J'en passe et des meilleures. Après Tours, Niort, hôtel sans accueil à partir de 20h. Pas de buffet non plus, mais j'ai fini par comprendre que c'était de l'anti-covid (heureusement, sur le 2e hôtel, j'ai enfin pu négocier du salé…).

Le monde d'après français ne s'est vraiment pas beaucoup amélioré par rapport au monde d'avant. Je dirais même que ça s'est correctement dégradé sur les conditions qui elles étaient encore acceptables. Au hasard pour donner cours. Évidemment, aucune considération pour le fait de donner cours correctement — comme si le présentiel résolvait tout en soi. Une nouvelle ère s'ouvre dans l'absurdité.

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