humani nil a me alienum puto

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mardi 21 mars 2017

777ème semaine

Après Shanghai, il y avait Beijing. Dix ans que je n’y étais allé : j’avais oublié les distances. C’est démentiellement grand. Et toujours très mal indiqué : clairement, il n’y a pas la même population hétérogène qu’à Shanghai. Et pourtant, le niveau de vie a monté, très très clairement : outre les voitures qui sont toutes flambant neuves, les bouibouis à putes aux alentours de Hutong devenus restos et parfois même boutiques limite bobos, les filles aussi bien habillées qu’à Shanghai, et qui commencent même à être jolies, alors qu’on partait de très très loin, et puis les prix qui grimpent, grimpent à des altitudes complètement inenvisageables il y a dix ans. Mais voilà, je préférais avant. J’ai l’impression d’une ville adolescente un peu en crise. On a troqué le taxi sympa à trois sous pour 18 lignes de métro et des taxis arnaqueurs (y compris à la fausse monnaie !). Il y a un truc un peu décevant, à présent que tout est construit, et pourtant ce n’est pas antipathique en soi, juste déséquilibré entre le vieux et le neuf, l’historique et le commercial, le riche et le pauvre. On ne sait plus trop où se situer. Je m’étais senti comme chez moi la première fois — alors que c’était très, très folklo —, et cette fois j’étais un peu paumé, à chercher des trucs pendant des heures, à galérer à me retrouver… Une certaine appréhension d’une hostilité latente. Finalement, je vote Shanghai — plus proche de Hong Kong dans l’idée, même si on en est encore loin.

mardi 14 mars 2017

776ème semaine

Shanghai ! Des années, des années qu’il fallait que j’y aille. Mais la pollution, tout ça, hésitation… Et puis aucun alibi autre que la curiosité, ça fait cher la visite. Mais l’EMBA a choisi, à la plus mauvaise période de l’année côté business, pas forcément idéal sur la météo (coup de bol, une seule journée pluvieuse, purée de pois qui rendait la ville pas bien attrayante le premier jour, mais ensuite un beau ciel clair et une température idéale !), mais peu de pollution au final. En tout cas, on y voyait clair.

Shanghai, c’est un peu Hong Kong avec de la place, mais il y a quelque chose de moins sympa, de moins défini, de moins abouti. En échange, il y a la Pearl Tower. Pudong, c’est à la fois impressionnant et réconfortant. Ce qui gêne dans Shanghai, c’est la définition : par où passer, comment rejoindre les étendues ? On retrouve un peu ce problème dans Beijing, moins complexe mais plus étendue encore, entre les points d’importance du moins. Heureusement, le métro marche bien.

Ville protéiforme et en constante mutation, on est dans cette impression que le prix de l’immobilier y est délirant, et qu’en même temps on peut y trouver une certaine douceur. Il faudrait y vivre un peu plus longtemps qu’entre deux bus pour rendez-vous business-tourisme pour en être sûr…

samedi 4 mars 2017

775ème semaine

Parfois on passe quatre heures à préparer un client, tout va bien, et puis un petit soucis à la con et tout part à la poubelle. En l’occurrence, pas assez de dispo. Moche, ça aurait pu le faire. C’est le jeu ma pauvre Lucette…

(Heureusement, un autre client a signé dans la foulée, équilibre du monde)

mardi 28 février 2017

774ème semaine

Il semble qu’il ne se soit pas passé grand chose cette semaine car après Marseille, c’était Angoulême. J’aime bien cette ville, qui pourtant part un peu en ruine par endroits. Mais ce sont les pierres, je pense. Il y a de la belle pierre. Et de chouette restos comme on sait le faire dans le Sud-Ouest. En fait, s’il fallait choisir un endroit pour faire une retraite en province, et coder sans les tracas du quotidien, comme les artistes, ce serait une bonne destination du Sud.

En attendant, les pioupious y étaient mignons tout plein.

dimanche 19 février 2017

773ème semaine

On court, on donne des cours, on court, on code, on court, en clientèle, on court, mais on Matthias Goerne. Alors ça va. Mais on court beaucoup.

lundi 13 février 2017

772ème semaine

Mon école de business est une sorte de collection de gens trop gentils pour faire du business, alors comme ils étaient très intelligents, ils ont fait prof. Et donc, en cours d’économie, on a eu un gentil INTP — même pas cynique comme moi. Et il y a quelque chose qui m’a rappelé mon billet hebdomadaire de la semaine précédente. La morale vs la consommation à tout prix. Faut-il plumer autrui ou faut-il faire preuve d’un peu de morale ? Celui qui était le plus convaincu était le catho du groupe (je vous jure qu’on est loin des clichés, en école de commerce… En même temps, on recrute peut-être ce qui nous ressemble ?). Bref, ne pas faire son connard de base, prochain challenge du millénaire ? C’est là que l’on mesure à quel point le catholicisme a complètement échoué dans sa mission civilisatrice… (En témoigne Fillon, d’ailleurs. L’argent, l’argent, la soif de l’or à tout prix !)

mardi 7 février 2017

771ème semaine

Le bon sentiment exonère de toute moralité.

Ayant manifestement, totalement par mégarde, réservé un billet d’Eurostar sur la mauvaise semaine, ceci étant le billet de retour, il a fallu procéder à un échange de dernière minute. Or, tous les billets sont mis à 243€. J’avais pris un billet échangeable avant départ, en plus d’une assurance. Cela fit « seulement » £155 à payer en plus de 49,50€ déjà déboursés. Soit le prix d’un rachat à 10€ près — c’est-à-dire environ le prix de l’assurance. Pour un train qui n’était pas plein du tout, en pleine après-midi : rendons hommage à Zygmunt Bauman, récemment disparu, et déclarons que la bureaucratie, émanation moderne, est le meilleur moyen de dissoudre totalement toute responsabilité et toute moralité. Car il est immoral, il me semble, de profiter d’une erreur, rarissime, pour extorquer quatre fois le prix initial, faire 90% de marge au bas mot. Je ne parle même pas de la relation client totalement niée. Et le Community Manager, pauvre ère payé à ramasser les morceaux — cela me fait penser aux dépenses de fonctionnaires payés à conseiller les startups pour gratter quelques sous, très largement moins au total que ce que eux-mêmes coûtent —, closent le ban d’un : « désolé de votre mécontentement ». Merci pour l’empathie. Ça me fait une belle jambe. On apprend normalement aux enfants (en tout cas, avant…) que ce n’est pas tout de s’excuser d’avoir fait une connerie qui porte préjudice, encore faut-il ne pas la faire (ni la refaire).

Mais comme nous vivons dans le monde des bons sentiments, d’ailleurs dans cette mouvance protestante (le hugging généralisé, même virtuel), mêmes protestants à la « morale » si hautement perché qu’on punit allègrement quiconque a un comportement qui paraîtrait financièrement déplaisant (des murs de famine à l’Allemagne vs la Grèce), au total opposé du pardon catholique (les vrais, les seuls qui essaient encore un peu d’être Chrétiens, mais il n’y en clairement pas beaucoup), ayant exprimé son empathie, la personne individuelle se sent exonérée de rectitude morale. Ainsi, l’organisation, groupe social, a divisé la responsabilité jusqu’à dédouaner l’individu de morale, puisque la règle lui ai supérieure (fusse-t-elle absurde et/ou immorale), et quand on voudrait retrouver un peu d’humanité là-dedans, il n’y a qu’à sortir la carte du sentiment empathiquement partagé. Redoutable.

Avec cela, 2700 ans après Confucius et 2000 ans après le Christ, le monde n’a toujours rien compris et vaque à creuser sa propre tombe. Homo sapiens sapiens est vraiment une sale bête d’une profonde bêtise. Je ne pleurerai pas beaucoup plus sa disparition que de celle d’un Eurostar, ou dans le même genre (puisqu’ils ont le même comportement), d’un Air France.

En attendant, plus immédiatement et prosaïquement, on s’étonnera de voir apparaître en force un Benoît Hamon (précisément celui de la loi Hamon, remarquerons-nous, qui tentait — vainement — de remettre un peu d’équilibre entre grands groupes privés féodaux et clients esseulés — mais le problème est socialement structurel !).

mardi 31 janvier 2017

770ème semaine

À chaque fois que je retourne à Londres, je me pose la question : pourquoi en retourner ? J’ai par exemple de plus en plus de mal à sortir habillé à Paris. L’atmosphère ne s’y prête que de moins en moins. Les sorties de qualité se font rares, tandis que les rats, le pavé vengeur, la circulation intense et le trottoir rabougri sont autant d’obstacles à une vie que l’on voudrait plus distingué. Après les invasions de touristes Disney-compatible, la ville nouvellement vidée n’a plus le dynamisme que je lui trouvais, et que je retrouve encore à Londres, quoique je sens que ça souffre aussi, là-bas — cinq sans-abri croisés sur la dizaine de kilomètres parcourues à pied, c’est autant que sur un Philharmonie-Austerlitz de la ligne 5, mais c’est carrément inédit à Londres.

J’y fais mon shopping en devant me retenir de tout acheter, alors qu’à Paris j’ai de plus en plus de mal, et il n’y a qu’à voir ce que devient Kenzo, dont j’étais une ancienne égérie de la tête aux pieds, pour se rendre compte à quel point on est au creux de la vague. La comparaison tient de moins en moins. Outre manche, on s’inquiète réellement du Brexit — rappelant peut-être que Londres est autant l'Angleterre que Paris est la France. Mais pour une fois, j’y ai peut-être une opportunité de délocalisation, sitôt que l’immobilier sera redevenu plus abordable (c’est stratosphérique, mais un Whitechapel m’irait fort bien, déjà !). Alors chaque année, je retourne sur LE salon (éducatif), et je travaille les opportunités d’aller sur ce marché singulier, pour un jour ne plus avoir à y aller mais seulement à y rester. À deux heures de Paris on peut être à Alger, mais on peut aussi être à Londres. Saisissants contrastes dans les deux cas.

mardi 24 janvier 2017

769ème semaine

Est-il bien étonnant que ce billet arrive de nouveau très en retard ? À voir mon agenda de ministre, pas vraiment… Vite, rattrapage !

mardi 17 janvier 2017

768ème semaine

L’Algérie, c’est folklo. Si le Marseillais est la caricature du Français, l’Algérien est la caricature du Marseillais. Comme le Français est déjà une caricature en soi, forcément, à la fin, c’est folklo. Il vit sur un territoire où rien ne se passe à l’extérieur. Pas de carte bancaire ? Ah bon, on est tous seuls dans ce cas-là ? Bah, on se débrouille… Il lui pleut devant comme derrière. Pourquoi pas, après tout !

Le problème, c’est qu’il râle en permanence, sur son sort. Et il s’engueule, aussi, plusieurs fois par jour, c’est presque un moyen standard de communication, crier sur son prochain. Mais alors, pourquoi ne pas lutter un peu, surtout quand on est assis sur le tas d’or de ses ressources naturelles ? La malédiction de l’Algérien, c’est peut-être ça : comme ne pas se laisser aller quand de toute façon, il y a toujours la magie du forage pour récupérer quelques lambeaux et faire que ça tienne à peu près debout, au moins pour faire illusion ? Ils ont été à bonne école, avec les Français !

Ils sont tellement ethnocentrés qu’ils ne voient pas le problème de m’avoir fait venir (et dépensé quelques milliers d’euros) pour me rendre compte de ces quelques problèmes — comme la non convertibilité de la monnaie (jamais vu ça ! Avec un marché noir pour acheter de l’Euro, oui oui…). Quand je dis « ils », je parle de notre organisme français bienaimé de développement des affaires, avec plein de locaux dedans. Le fruit ne tombe jamais trop loin de l’arbre, les chiens ne font pas des chats, et qui se ressemble s’assemble…

Bref, voyons le positif : jamais je n’y serais allé sinon (alors que c’est à deux heures de Paris — quand l’avion vole enfin, car à lui aussi il pleut devant comme derrière) ; il y a quelques coins sympas et c’est en tout cas assez surprenant (quoique rappelant fortement Marseille) ; j’ai beaucoup ri avec quelques rendez-vous (partage d’hallucinations — sauf que eux, ils restaient sur place) ; j’ai fait une étude ethnologique de toute splendeur ; une démo des plus folklorique qu’on racontera encore dans quelques années ; rencontré des locaux aussi adorables que totalement à la masse ; assisté aux prémices d’une transformation (ou peut-être à un truc qui fera pchiiit) ; et qui sait, peut-être qu’un jour je récupèrerais mon pognon. M’enfin, jouer à l’euromillion me semble pour le moment plus efficace pour faire sa fortune.

En tout cas, on devrait envoyer des Français en Algérie plus souvent, pour qu'ils comprennent ce qu'il se passe chez eux...

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