humani nil a me alienum puto

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mercredi 24 juillet 2019

899ème semaine

Enterrement classe première pour ma tante. Normalement, un enterrement, c’est famille proche qui a pu se libérer et quelques amis. Soit une vingtaine de personnes, grosso modo. Plus on est vieux, plus on est oublié et moins on a d’amis (qui ont eux-même claqué), faut-il dire ; et les familles se sont rudement resserrées. Mais à 60 ans tout pile, on jouit encore d’un Dunbar généreux, et trois inspecteurs de l’éducation nationale pour deux discours, ce n’est pas tous les jours. Un choeur — amateur, qui n’a pas chanté des bondieuseries si faux que cela. Un organiste — aveugle, synchronisation épique avec le programme retravaillé plusieurs fois. Une flûtiste, un violoniste, un saxophoniste (formidable), excusons du peu. Deux discours, un de mon cousin à l’arrache pas mal, un de ma jeune cousine avant cela qui était vraiment bien fait et dit (malgré quelques maladresses de jeunesse, mais quel exercice, et à vrai dire, quelle surprise d’intelligence !). Et une bonne centaine de personnes dans l’assistance. Un truc incroyable quand tout un chacun est passé devant le cercueil. Ça a duré longtemps, très longtemps.

Finalement, « mourir jeune », c’est aussi mourir en rock star avec certains avantages. Je dis depuis longtemps qu’il est plus difficile de réussir sa mort que sa vie. Quand on n’est plus là pour superviser, ça peut rapidement tomber dans le médiocre (ou se faire totalement zapper, comme ce pauvre Prokofiev, mort le mauvais jour). Hé bien là, c’était aussi émouvant parce que outre les circonstances tragiques et soudaines (le matin même, elle jouait de l’orgue dans cette même grande église imposante, et fit un malaise fatal en montant un meuble Ikea fraichement acheté juste avant…), voir autant de monde rendre un si bel hommage (et régler quelques comptes au passage), en pleine semaine (un samedi, il y aurait eu tout un tas d’organistes en plus), en pleine période de vacances (idem), avec une notification si courte, c’était juste beau. Tout simplement.

samedi 13 juillet 2019

897ème semaine

Libérééééééé, délivréééééé ! Ou presque. Fin du Dujarrier-momie intégral, début du Dujarrier amovible. Je sors de mon cocon, mais pour l’aspect papillon, c’est pas encore gagné. Début de kiné anticipé, quitte à avoir pris les rendez-vous avant de savoir que trois ou quatre centimètres d’os se promenait toujours pas bien soudé (même si pouvoir tourner son bras sans qu’une partie ne suive pas — naissance d’une deuxième articulation à l’insu de son plein gré —, c’est toujours agréable. La raideur est forte. Mais apparemment, au bout de sept semaines, ça pouvait être pire. C’est parti pour 40 séances, trois par semaine.

C’est bête, parce que ma main gauche me sert à beaucoup de choses, bien qu’étant droitier : pour couper avec un couteau ou ouvrir bouteilles et bocaux, je me suis toujours servi de la gauche. Comme mon sac à dos est toujours sur l’épaule gauche et parfois sur les deux — raison pour laquelle c’est le bras gauche qui a dégusté, d’ailleurs, puisque le sac a créé un déséquilibre non corrigible par l’hypothalamus en alerte rouge. En même pour taper sur ordinateur, le avant/après n’a rien à voir. La reprise du code semble envisageable ! (Ça a l’air bête, mais ne pas avoir la capacité de taper à la vitesse de son esprit — ou du moins à un facteur acceptable — est rédhibitoire au dernier degré…)

vendredi 5 juillet 2019

896ème semaine

Main gauche, le retour ! J’ai commencé à desserrer le Dujarrier. Ou plutôt, je l’avais un peu aéré, et il s’est débiné au fur et à mesure que je regagne en mobilité. Ce qui permet de taper à deux mains (allelujah !) et de pouvoir reprendre des activités culturelles extérieures. Ouf. Salvateur.

En revanche, quelle raideur ! Un peu de douleurs quand on sollicite le membre, le poids du bras (étrange !) qui tire sur l’épaule et finit par de devenir très inconfortable, mais surtout, les muscles ou les tendons, je n’en sais trop rien, qui font que j’ai perdu au moins la moitié de ma mobilité. Bientôt le kiné, dès que j’aurai été libéré. Ça ne va pas être de la tarte !

J’avais prévu de me réincarner en manchot, mais pas si tôt !

dimanche 30 juin 2019

895ème semaine

6ème semaine en mode momie. La fracture de la diaphyse de l’humérus (c’est-à-dire au milieu — en l’occurrence une belle diagonale partant d’un peu sous l’épaule à l’intérieur jusqu’à l’extérieur au dessus du coude, une belle diagonale), c’est quelque chose que je ne recommande pas du tout. 3% des fractures d’après mes recherches. Vraiment, pas de bol. La route est défoncée à un endroit bien précis, bien invisible la nuit, il fallait mettre le pied exactement au mauvais endroit. Et paf, c’est la merde.

Il n’y a pas grand chose sur le web pour les méthodes de survie en demi-camisole de force. Peut-être parce que sur les 3 malheureux pourcent, il y a déjà ceux qui se font clouer ou autre, et c’est moins pire ? Pas sûr. Déjà, ce que ça ne dit pas, c’est la douleur. C’est pas seulement que ça fait mal : ça fait HORRIBLEMENT mal, et à peu près tout le temps, avec des pics épouvantables. À un moment, quatre jours après la fracture, un muscle à côté de l’épaule, au dessus de la dernière côte, un muscle dont j’ignorais totalement l’existence, s’est contracté violemment tout seul, et aucun moyen de s’en débarrasser, douleur épouvantable ; il a fallu prendre un kétoprophène, tout seul, et c’est pas facile (moins pire que l’acupan en petite ampoules qui sont même difficiles à ouvrir avec deux mains — mais à quoi pensent-ils ??). Au début, je pensais pouvoir m’en passer. J’ai pris dix fois plus de pilules anti-douleur ces dernières semaines que tout le reste de ma vie. Toutes les quatre heures, cocktail Acupan-Doliprane-Tramadol. Pas du léger léger — à l’hôpital j’ai commencé avec un horrible bong saveur réglisse (pour un non-fumeur, c’est d’autant plus épouvantable que tousser tire sur le bras — et donc ça fait plus de douleur que ça en résout), puis de la morphine à boire. Effets secondaires léger pour moi, coup de bol. Mais enfin, ça travaille sur le ventre, et on dort avec le bras dessus, sur le dos, ce qui aide peu. Sensation permanente d’avoir le bide en vrac. Et ça constipe — même si on est un peu content de ne pas avoir à faire ce genre de gymnastique trop souvent, du moins au début, parce que même pisser est un challenge avec un avant-bras rabattu au mauvais endroit.

Il faut beaucoup de coussins. Pour se caler, pour caler le bras, et pour dormir, parce que pendant trois semaines au moins, c’est impossible de dormir à plat. Déjà, rien que se coucher, c’est éprouvant. Il faut compter que de toute façon, au début, on n’a simplement aucune autonomie. C’est impossible de se laver sans équipement handicapé — pendant 2 semaines, et ensuite il faut une heure pour s’en remettre. Impossible de se faire à manger, même ouvrir une pauvre boîte n’est pas envisageable. Le problème, ce n’est pas d’être manchot — même si ça aide peu… Le problème, c’est que le moindre mouvement tire sur le bras, et qu’un Dujarrier, ce sont des bandes, pas du plâtre : il y a une certaine élasticité, plasticité, qui fait que ça bouge tout le temps un peu. Ça empire même régulièrement, parce que les bandes se détendent. De fait, le bras est moins bien tenu au niveau du coude grosso modo tous les cinq jours, et ça tire de manière pernicieuse. Au fil du temps, les douleurs vives, notamment les contractions violentes et incontrôlées du bras (alors qu’il y a encore un peu de morceaux d’os dans les parage, accrochés aux muscles), s’atténuent jusqu’à disparaître, mais une douleur latente, de fond, s’installe. Ne pas prendre les anti-douleurs, c’est sentir les muscles profonds se raidir (alors qu’à l’extérieur ça reste mou !), et ces contractions aident bien peu. Bref, pour la détente des bandelettes, j’ai trouvé qu’il faut mettre du renforcement (par exemple une épaulette avec un gant de toilette…). Ce que je n’ai pas bien senti, en revanche, c’est que les coussins américains ont glissé de l’aisselle à l’avant-bras.

Normalement, il y a un américain sous l’aisselle à la fois pour caler le bras (il y a besoin !), mais aussi pour un problème d’hygiène : ça évite un peu la macération. Mais de toute façon, ça va tenir 10 jours avant de puer, et ensuite ça devient absolument terrible. Il n’y a pas que ça : c’est un pourrissement sur les zones humides non exposées, et donc le pire, en réalité, c’est sous le bras, qui reste collé au ventre. Bien plus pernicieux, ça s’incruste dans le tissu, c’est épouvantable. À un moment, j’ai dû couper. Pas le choix — après la 5ème semaine cependant, pour garder un peu la structure du bordel, même si ce n’est pas en tension et donc pas bien utile en soi.

Comment nettoyer le bordel ? Pour le bas, il faut se faire laver, au début. Une micro-salle d’eau est un handicap fort. Comme je disais, totale dépendance — évidemment non prise en charge par la Sécu ni par la mutuelle, car ne concerne pas les membres inférieurs (bande d’imbéciles incompétents !). Un ami ingénieur m’a demandé si j’avais utilisé un sac poubelle pour protéger le haut : pas bête ! Mais trop tard pour s’en confectionner un  (impossible à faire avec un seul bras). On peut glisser un gant, mais ce n’est pas génial (ça déforme les bandes du Dujarrier et l’épaisseur fait que pour passer sur le corps donc sous le bras, c’est compliqué et un peu douloureux). On peut aussi utiliser des lingettes nettoyantes, mais leur efficacité est assez limitée devant la tâche à accomplir. La vraie solution, je l’ai trouvée tout seul, là encore, parce qu’à l’hosto ils sont en mode résignation (« oui, ce n’est pas agréable, mais c’est normal de puer ! » — mouais) : le gel désinfectant hydro-alcoolique ! On peut le passer facilement, simplement l’épaisseur d’une main, et c’est extrêmement efficace à la fois pour le corps et l’aisselle, retirant immédiatement même les pires odeurs incrustées, en enlevant un nombre de peaux mortes absolument indécent. Un vrai miracle !

Au bout de 5 semaines, éternuer est encore un problème — avec le printemps tardif, pas facile ! À la 6ème semaine, c’est surtout la chaleur le problème. Mais c’est assez incroyable de sentir son os se reformer. On a les sensations oubliées depuis les crises de croissance de l’adolescence. Mal à l’os : quelle étrange sensation ! On s’en passerait bien. Et à présent, c’est le coude qui est tout raide : la rééducation va bientôt commencer, et ça va être encore une belle partie de folklore à venir…

lundi 24 juin 2019

894ème semaine

300€ l’AR en ambulance de nuit pour 3km — la nuit où ma main a triplé de taille, parce que les internes ne font plus de suivi entre les rdv, qu’il n’y a pas de communication et que SOS médecin se mouille autant que le SAMU, à savoir pas du tout (le diagnostic était pourtant simple à faire et a pris 5 minutes après une bonne heure d’attente précaire aux urgences). 1300€ les 24h d’hôpital. 45,01€/jour de compensation salariale — une perte de 45% de salaire, et des règles de carence imbitables. Aucune prise en charge de la dépendance, même pas du transport — parce qu’il me reste les jambes, la belle affaire ! Bref, c’est très médiocre pour cher : la France, en somme ! Heureusement, j’avais pris une assurance privée, par le plus grand des hasards, via un démarchage d’American Express, chez Chubb (pas des Français…). Un truc indolore à 5 balles par mois. Bim, 2575€ de dédommagements. Ouf.

Outre que j’ai donc découvert que j’étais meilleurs grâce à mon entraînement sur Theme Hospital pour la gestion d’hôpital et de santé, et que tout compte fait la Secu pourrait bien être privatisée que ce ne serait pas plus mal, finalement, j’ai aussi pu ces derniers temps mettre au point des techniques de survie sous camisole/momification, que j’aurais bien aimé avoir plus tôt. Billet à suivre !

mardi 18 juin 2019

893ème semaine

Les jours passent, la douleur s’estompe mais on partait de tellement loin… Moins de médoc, 2 semaines sans radio cette fois. Toujours est-il que l’humérus, mieux vaut le garder en un seul morceau. Mauvaise idée de se le péter. La momification montre des faiblesses, chaque semaine il faut rajouter une à deux couches d’adhésifs qui n’arrangent pas la température corporelle, surtout que le climat connaît quelques pointes. Mais ça pourrait être pire. Ce qui n’est pas si rassurant, surtout quand on voit à quoi ça tient. Comment est-on censé faire, d’ailleurs, lorsqu’on a aucune assistance, même partielle ? C’est totalement dingue, dans un pays censé être développé, et avec les niveaux ahurissants de cotisations diverses et de bureaucratie attachée…

dimanche 9 juin 2019

892ème semaine

C'est mieux ! Os dans l'axe, main dégonflée qui n'est plus violette, possibilité de taper sur l'ordi (péniblement : une seule main et l'autre au milieu !), mais toujours en semi camisole de force, des douleurs, des nuits très courtes, le chemin est encore long. Méfiez-vous des rues défoncées et des trottoirs ! Et assurez-vous dans le privé :  la sécu publique, c'est comme les hôpitaux publics, assez médiocre, mal organisé, prise en charge à moitié. J'en aurais appris des choses, sur notre système de santé, au passage ! Là aussi, y'a du boulot...

lundi 3 juin 2019

891ème semaine

Bras encore en trop mauvais état pour en raconter toutes ses mésaventures. Mais ça s’améliore !

mardi 28 mai 2019

890ème semaine

Crac. Bras cassé. Première fois que je brise mes os. D’où le retard inédit dans les publications de ce blog, qui après les 48 heures d’hospitalisation va souffrir des deux mois d’immobilisation, surtout les deux premières semaines. Annulations à tout va. Quelle plaie ! Je raconterai tout cela quand il me sera possible de taper plus vite, sans douleurs.

dimanche 26 mai 2019

889ème semaine

Petit séjour à Strasbourg, pour tenir le premier stand (forcément un peu précaire) de ma startup lors d’un salon pro (plutôt un colloque, d’ailleurs). Une ville fort agréable où il est toujours aussi plaisant de retourner. Mention spéciale pour la communication de l’opéra et ses citations hors contexte de ses employés (« c’est moi qui décide quand le Christ monte au ciel », « on a dû couper le cheval en deux pour qu’il puisse prendre l’ascenseur », et j’en passe !). Ça ferait une bien bonne alternative à Paris…

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