humani nil a me alienum puto

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jeudi 17 mai 2012

Dieu et le cygne

Il y a des cygnes qui ne trompent pas, des cygnes divins, de cygnes de l'apparition de Dieu lui-même, je parle évidemment de Matthias Goerne : vendredi soir dernier, à Pleyel, avec Christoph Eschenbach au piano, replacé en bout pair de rang F (salle bien pleine !), avec quelques autres ninjas, j'ai vu, j'ai entendu, j'ai vit et souffert avec Matthias Goerne, interprétant le faux-cycle posthume "Schwanengesang" de Schubert. Fabuleux, oh, ces montées, cette émotion... Tout à coup, c'est l'explosion, et la fin : trois quart d'heure de bonheur.

Et un rappel, aussi, dont la solution est donnée dans le programme :

Pour faire bonne mesure, Haslinger ajoute un dernier lied, Die Taubenpost, composé par Schubert en octobre 1828, soit quelques semaines seulement avant sa mort. Puis il fait paraître cet assortiment composite en deux volets étrangement conçus : d’abord les six premiers lieder de Rellstab, puis le septième lied de Rellstab avec les lieder d’Heine et Die Taubenpost d’après Seidl. (Matthias Goerne propose ici une solution plus unitaire, en éliminant ce dernier – dont le caractère joyeux et sans prétention contrastait violemment avec le numéro précédent, Der Doppelgänger, intransigeante merveille. En contrepartie, il intègre dans le cycle un autre lied d’après Rellstab, composé à la même époque mais seulement découvert dans les années 1890 : Herbst D. 945.)

Après l'entracte (étrangement peu peuplée, outre l'ami berlinois et Serendipity — Hinata-chan pouvait être aperçue au second balcon dans une position mi-acrobatique mi-inspirante), Eschenbach nous a donné du Schubert, la sontate pour piano D960. Le tout pour 45€ en première catégorie. On ne fout pas du monde, à l'orchestre de Paris (producteur de l'évènement et du rang E). Excellente soirée.

mercredi 9 mai 2012

mini-flamands

Je pourrais dire que je ne connais qu'une seule personne pour m'accompagner à pareille expo, "les miniatures flamandes", mais en fait maintenant j'en connais deux avec le président de wikimedia France ; ceci dit, Hinata a ma préférence quand même. Muni de mon experte ès-vieilleries (mais pas trop, ça n'a que six siècles), il ne restait plus qu'à finir de crocheter vers la BNF Mitterrand, passer par le guichet, apprendre que c'est gratuit pour les chômeurs (donc j'ai payé autant que la détentrice du pass qui paraît-il n'est pas donné : BON PLAN — j'aurais dû faire chômeur avant), et hop, direction l'espace principal d'expo.

Il ne fallait pas tourner en sens trigonométrique, c'est-à-dire en partant en face du tourniquet. En fait, on était censé se retourner, voir la frise, et entrer progressivement dans une exposition de plus en plus complexe. On a donc attaqué par la face Nord. Quant aux stands au centre de la pièce, allez savoir quand il fallait les faire, en fait. C'est un peu le problème de l'expo : à la fois simple et affreusement complexe. Les images sont belles en soi, mais les explications sentent les chartistes à l'oeuvre ; Hinata fait malicieusement remarquer que ça parle largement mieux le français qu'au Grand Palais ; je reste dubitatif devant l'emploi naturel du mot "cynégétique" (pas sûr que ça me serve en soirée, mais j'essaierai avec mon oncle chasseur, promis — étrangement, il n'était pas au glossaire, alors qu'il y avait des termes bien plus courants) ; les touristes allemands (des Erasmus aussi, manifestement) s'arrachent leurs cheveux blonds.

Donc, ça fait un peu mal au cerveau, mais que c'est joliment fait ! Très beau rassemblement de livres enluminés — il paraît que la dernière fois, c'était en 1959... Pour voir à quoi ça ressemble, le site web donne un bon aperçu des extraits. La grisaille est la découverte principale. On s'amuse à trouver le détail qui tue, on se surprend parfois devant des représentations ultra-modernes (comme cette icône hippie semi-abstraite). Inventivité et parfaite maîtrise, sur des formats édités qui vont du grand folio encyclopédique au mini octavo de minutes (on apprend plein de trucs, avec son décodeur à pattes). Une bien bonne expo au final.

(on s'est beaucoup amusés des pupitres à casques audio, décrivant plus en détail des scènes représentées schématiquement et... en braille. Une expo d'illustrations sous verre du 15ème siècle accessible aux aveugles ? J'espère qu'ils paient leur billet au même tarif que les chômeurs !)

élections classiques

Dimanche matin, j'avais oublié que la balleto-twitteuse JoPrincesse (qui a de très nombreuses qualités) m'avait invité à truc bizarre à Pleyel. Oups. Finalement, je suis arrivé avant elle, et bien après être allé voter. Il faut dire qu'il y avait deux contraintes : 11h, et placement libre. De quoi remplir le parterre et un peu de balcon, au final. Inutile de chercher sur le site web de Pleyel : les élections de la musique classique, c'est un évènement de Radio Classique. Évidemment, la date n'est pas choisie au hasard...

Les résultats des votes seront dévoilés le jour du second tour des élections présidentielles, à l’occasion d’une matinée électorale spéciale Elections Classiques, dimanche 6 mai 2012 à 11h, en public et en direct de la Salle Pleyel.

2 heures d'émission-concert présentée par Olivier Bellamy, durant laquelle les oeuvres les plus votées seront interprétées par des stars du classique :

- L'Orchestre Prométhée, dirigé par Pierre-Michel Durand
- les pianistes Shani Diluka, Vanessa Wagner et Roger Muraro
- la violoniste Sarah Nemtanu
- le Trio Dali
- le baryton Vincent Le Texier
- le contre-ténor Damien Guillon

Et donc, pendant que Joséphine live-twittais comme à son habitude, j'ai donc pu assister à une sorte de grand messe populaire, avec un animateur, des coupures du journal radiophonique et des annonces des sponsors, la totale. Top 50 pris à rebours, on finit évidemment avec un #1 qui sort d'un scellé — comme si personne ne savait ce que ça allait être, évidemment l'orchestre n'a pas répété avant, et Sarah Nemtanu, qui a interprété le concerto pour violon de Tchaïkovski dans le film "le Concert" (non, ce n'était pas Mélanie Laurent...), n'était pas intervenue lors des 49 annonces précédentes, mais c'était un pur hasard.

De temps à autre, l'orchestre interprète un mouvement du classement. La tarte à la crème démago est évidemment la meilleure, quoiqu'on a parfois quelques surprises, tout de même (je pense que les fans de Schumann ou de Purcell ont dû faire des descentes, pour les votes libres), rendant aussi parfois quelques peu dubitatif (le concerto pour piano n°5 de Beethoven en 3ème position, alors que le concerto pour clarinette de Mozart n'apparaît pas...). Un seul baroque interprété, le fameux lascia de Rinaldo de Haendel, avec le contre-ténor de circonstance ; très peu de baroque en général.

On a aussi un gentil défilé de stars (Claire Chazal a téléphone — qui a voté pour du Duhamel, non classé), de has been (Diane Tell, oui oui), de chef d'orchestre HYPER connu que je ne connais pas du tout (encore oublié son nom au gus, un français, là — et Joséphine qui se moque de moi alors qu'elle ne sait pas qui est William Christie : les auditeurs de radio Classique sont de drôles de zigues, je vous le dis). Il y a du très bon orchestre de jeunes gens (ça a commencé en fanfare avec un excellent Prokofiev, R&J), du très moins bon (le trio Dali sur un Schubert très bof et un peu bordélique faut-il dire — m'enfin, ils sont jeunes). À 13h, c'est plié, on rend l'antenne.

En tout cas, moi, j'ai voté pour la harpiste de l'orchestre Prométhée ; elle avait un air de ma prof de droit constit' (je parie pour de l'ADN juif), craquante à souhait.

lundi 7 mai 2012

deux dents coupe-faim

"Twixt" est le dernier Coppola, et certainement ce qui peut se faire de plus original en terme de narratologie — je crois que le dernier du genre au ciné devait être le français "Pater". De ce point de vue, c'est assez fascinant, et j'excuse bien volontiers le propos explicatif un peu lourd sur la fin (scène explicative explicite de la mort de la fille de l'auteur lorsqu'elle avait 12 ans, essentiellement). À lire la critique très divisée, on peut d'ailleurs se dire que le film est peut-être trop intellectuel pour les âmes simples de la critique française. Métalepse, ou encore autre chose ?

Un écrivain d'épouvante cheap (Val Kilmer) débarque dans un étrange petit bled des États-Unis, où évoluent des locaux teubés, un shérif étrange, des gothiques au bord du lac et une jeune fille assassinée d'un pieu. Le récit évolue sur une première mise en abyme, l'écriture d'un nouveau roman à la fois à partir des faits passés dans la petite ville dans les années 50 (littéralement apparus à l'écrivain, dans son sommeil — premier niveau de dimension fantastique), où l'on est mené par une mystérieuse V (Elle Fanning — autorisation d'hébéphilie ? Déjà testée par fifille Coppola, au passage), 12 ans, Virginia en fait (ou comme Vampire ?), avant que Edgar Allan Poe (Ben Chaplin), qui aurait séjourné dans l'hôtel local du massacre (comme l'atteste une plaque) ne prenne le relai. Là, on arrête de compter les mises en abyme, il y en a un peu trop (évidemment, Poe est ici convoqué en tant que maître-ascendant du policier et du fantastique). Virginia Poe, évidemment, et l'âge de 12 ans n'est pas vraiment un hasard. Mais plus encore, le passé et le présent se mélangent : est-ce que la fille de la morgue est Virginia ? Est-elle devenue un vampire, avec ce chef gothique à moto (qui récite du Baudelaire — dans un français risible, évidemment) qui semble générer une grande attention des demoiselles (dont une a juste disparu). Et si le shérif était plus qu'un écrivain en devenir mais un auteur de cette histoire en train de s'écrire ? Tout se mêle, et la fin, à la fois abrupte et maillée dans le climax recherché par celui qui cherchait l'inspiration (thème principal du film, après tout), est à la fois convenue... et franchement osée.

Un peu à l'image de l'usage des effets spéciaux (esthétique mais abusés, presque stéréotypées dans le travail léché), c'est simple et complexe à la fois ("twixt" est un mot archaïque pour "entre (deux choses)"), avec une histoire (fictive... jusqu'à un certain point) qui s'écrit au fur et à mesure en recoupant le présent. Grotesque et burlesque, ça rappellerait une symphonie fantastique. Soit on est désemparé, soit on adhère. J'adhère ! (il y a aussi les blasé(e)s, mais bon... :)  )

groah

Il y a des films, comme ça, qui simplement avec leur atmosphère hyper-réalsite mettent mal à l'aise. Misère humaine du Nord de l'Angleterre (on devinerait en Écosse, mais c'est tourné dans le Yorkshire), dans un environnement déjà dépressif en soi, pour "Tyrannosaur" de Paddy Considine. Peter Mullan y campe un homme flirtant avec l'ambivalence blessé/blessant, dangereux/généreux, à fleur de peau/au grand coeur, en destruction/en reconstruction. Ça sent l'alcool, la misère, la détresse, la bêtise aussi, la rudesse, le désespoir, l'absence d'issue. En face, il trouve une Olivia Colman (qui a cette espèce de beauté dans la laideur très british) très croyante, des beaux quartiers, qu'il agresse, qu'elle panse, mais en réalité, il faut pas se fier aux apparences, la misère humaine peut se cacher partout — mais le renouveau aussi.

Un film beau dans le moche. Travaillé dans un environnement déchiré. Une prestation d'acteurs absolument exceptionnelle. Ça retourne (ou ça révulse ? On se demande tout le long où est la justice dans cette jungle urbaine du froid, et quand elle arrive, on se dit qu'on faisait aussi mieux sans) sans pathos, sans exagération, sans sentimentalisme. C'est à voir.

samedi 5 mai 2012

Dudamel est un Berliner

Le public était fin de race, tout droit sorti du 16ème, peut-être du 7ème, même : soirée anthropologique. Il faut dire qu'avec des places à des prix stratosphériques, on filtre quelque peu une population particulière ; de celle qui ne vient faire que trois concerts par an, où l'on se donne bonne conscience culturelle, peut-être où il faut être (vu le nombre de présentations auxquelles j'ai assisté : "ah mais très chère, je présente XXX [remplacer par un prénom aristo], etc."). En tout cas, avec Serendipity, on s'est souvent regardés passement interloqués. Toujours est-il qu'avec du 160€ la place (et 110€ en 2e catégorie : pas cher !), pour une soixantaine de minutes de musique annoncée, il fallait se douter qu'il y aurait des trous (et vu l'âge des aristos en passe d'être hérités, on pouvait aussi se dire qu'il y aurait au moins dans l'assistance un cas d'héritage en cours bloqué chez l'huissier, et autant de place libre). Coup de bol absolu, deux places libres en plein milieu du rang A (un ninja qui a repéré le trou ensuite, nous l'a évidemment laissé : il m'a demandé de préciser qu'on a de l'éthique, entre nous). Pour 10€, place rachetée à un Christian en tournée en Chine, c'est parfait.

Gustavo Dudamel joue à fond sur son statut de jeune star. Sa recette avec le Berliner Philharmoniker n'est pas bien complexe : le pied à fond sur la pédale ! Et donc c'est 35 minutes de 5ème de Beethoven à fond de cale auquel on a droit : il y a des archets qui ont été bien plus légers à force de perdre du crin... Aucune pause dans cette version survitaminée à gros orchestre (dommage que les premiers et seconds violons aient été fusionnés, ces temps-ci on les séparait parmi les autres orchestres, c'est toujours mieux). On enchaine, et du coup, personne ne tousse dans la salle : agréable ! Au final, c'est une version un peu démago, très rock, avec beaucoup d'emphase (du type : l'orchestre chuchote beaucoup, et tout à coup explose comme pas possible), mais ça marche, on ne s'ennuie pas !

Évidemment, à la toute fin de l'entracte, les possesseurs originaux des places squattées se ramènent : dispersion ! Je décide d'enjamber le rang CC, toujours plein centre, ce qui a le désavantage d'être un peu trop près, tout de même. Après la symphonie n°5 de Beethoven (donnée seulement 42 fois par an), le programmateur a pris un énorme risque avec un "Also sprach Zarathoustra" de Richard Strauss. En fait non, plus grand public que ça, on ne peut pas. Mais ça fait toujours du bien à entendre, et ce n'est pas si donné que ça (et puis il y a une continuité par rapport aux Szyma de la veille : l'orgue dans l'orchestre !). Du coup, comme on pouvait s'y attendre, il y a eu de très, très gros volumes, bien développés. Avec des pupitres de dream team, où l'on aperçoit la flûte dorée d'Emmanuel Pahud, où le premier alto jette régulièrement des regards au premier violon dans le dos du chef (qui travaille sans filet, un coup à finir kurt-mazuré sur le rang AA !), lors du rappel donné (un extrait de ma mère l'Oye de Ravel, qu'à peu près personne n'a reconnu — oups !!).

On maudit un peu le public pour deux raisons : la sonnerie de portable, son de grenouille, s'étant déclenchée au moment crépusculaire des dernières secondes du Strauss (mais comme les grenouilles chantent la nuit... Ça aurait pu être pire) ; et les voisins libidineux, cinquantenaires ultra-bourgeois (je pense que la petite robe toute simple de madame, en cachemire, tapait dans les 800€ : vous savez, "soyons discret, mais soyons très bourgeois", très typique du 16ème), qui se roulaient des pelles (oui oui, avec les bruits de succion), avec monsieur qui dévorait madame des yeux (et comme j'étais dans le champ de vision, juste à côté de celle-ci, bein c'était un peu gênant, vous voyez ?).

Ce serait bien de mettre du Saint-Saëns au programme du prochain concert à 160€ les deux oeuvres : le carnaval des animaux.

LSO/Eötvos 2

Après le mardi, le mercredi : logique. Second épisode de la mini-série Szymanowsky/LSO/Peter Eötvös, le replacement au rang F est très facile : parce que deuxième concert, parce qu'un programme plus pointu encore, parce qu'il y avait débat à la téloche ? Toujours est-il que le parterre était garni de trous. On débute avec du Bartok, "Musique pour cordes, percussions et célesta", environ 25 minutes, et je ne reconnais pas, alors que ça devait faire peur, bein oui, c'est la musique de "Shining" ! Trop mou peut-être ? Orchestre trop sérieux ? (la veille, on avait quelques soupçons déjà)

Toujours est-il que la suite post-entracte (je me replace à côté de Laurent, toujours rang F, mais en faisant un passage d'impair en pair) est plus convaincante : concerto pour violon n°2 de Bartok avec Nikolaj Znaider, une perche de 2m40 environ, hyper-bien sapé mais avec des grôles immondes, qui nous a donné une superbe interprétation hyper-ultra-technique — mais c'était encore mou côté orchestre, non ? (pourtant, le timing est parfaitement respecté, ou serait-ce l'économie de mouvements ultra-précis à-la-Boulez de Eötvös ?)

On n'ose pas trop trop applaudir à cause du rappel ; Laurent lance "s'il nous joue du Bach en rappel, je jette mes places d'abonnement, après ce que l'on vient d'entendre ce serait criminel" ; pas de bol, on a la sonate de Bach (pas super bien interprétée en plus, assez "simple" — je veux dire qu'on a eu mieux). Arg.

On termine le concert par le meilleur : Szymanowsky pour la symphonie n°3 "chant de la nuit", avec choeur (le London Symphony Chorus, donc) et un soliste égaré qui chantent tout le long (assez courte symphonie, 25 minutes !), en Polonais : on a bien le livret, mais c'est illisible (j'avais étudié le beau poème la veille). Très beau, gros volumes, grosse puissance, mais encore complexe, pas facilement accessible. N'empêche que ça fait du bien, tant par la découverte d'un répertoire trop rare que par l'ampleur et la poésie dégagée (et ça décrasse les oreilles, on a dû taper dans les 100dB dans les pointes).

LSO/Eötvos 1

Boulez était prévu autant comme chef que comme élément marketing, mais finalement il s'est fait remplacer par Peter Eötvös, pas revu depuis juin 2010, encore plus spécialisé dans les musiques étranges. Et sans être forcément cher (quoique, 85€ quand même), et malgré la présence du LSO, le programme pour le moins original annonçait un grand nombre de places vides. J'ai donc persuadé la souris de faire la queue de dernière minute, très longue queue, et au moment d'être satisfait, v'là t'il pas qu'un ninja apparaît, et que je gratte donc une place à 10€ (au lieu de 20), ainsi qu'une deuxième pour la séance du lendemain ! Fort heureusement, le replacement ne fut pas trop difficile — mais on croirait toujours qu'on atteint des sommets de complexité avec les filles non-ninja...

Le concert commence par du Debussy, les Nocturnes : je connais ! (mis à part que je n'arrivais pas à retrouver le concert, alors que ça a été plus simple pour la souris : elle ne va écouter que de l'orchestre de Paris, à Pleyel, d'habitude) Et puis c'est Szymanowsky : le plaisir de la découverte, la pièce pour laquelle cela valait le déplacement, pour la rareté. Concerto pour violon n° 1, avec Christian Tetzlaff au violon, et de beaux volumes, une grande complexité de composition — et donc potentiellement une certaine perplexité compréhensible face à cet objet. Peut-être trop mou, j'en conviens — chef pas très nerveux. Christian Tetzlaff, impressionnant, nous donne un rappel qui ressemble à du Schulloff en sonate, une surprise mélancolique très complexe, et personne ne connaît. En fait, c'était (paraît-il) la sonate pour violon de Bartok ! (déjà entendu, me semble-t-il... Faut la trouver au disque) Saluons l'effort de nous faire un bis pareil, au moins !

On termine, post-entracte et replacement un peu plus loin au parterre, sur du Scriabine : la symphonie n°4 "poème de l'extase", que je connaissais déjà, et dont j'avais retenu que c'était superbe. Frissons garantis !

(comme le concert s'est terminé peu avant 22h, il a été possible d'attraper une série de RER qui nous ramené à 22h30 chez moi, pile poil au moment du feu d'artifice de la foire du trône, pendant vingt bonnes minutes ! Très belle fin de soirée !)

les vengeurs

Trente longues minutes pub (non sans avoir déjà attendu 20 minutes dans la queue au dehors de la salle : emporter sa souris) et un court-métrage, voilà ce qu'il aura fallu subir avant... un faux départ : pas de son. Au moins, la salle de ciné ne perd pas son humour, et on se tape une bonne tranche de rigolade. Sauf qu'au bout de trois minutes sans son, ça frise la révolution, et une fois remis, ça ne "rembobine" pas... Finalement, nouveau départ : "The Avengers" (devenus "Avengers" en français). Super-héros Marvel souvent décevants ? Oui mais du Joss Whedon !

Joss Whedon au ciné, ça n'arrive pas très souvent : n'était-ce pas "Serenity" la dernière fois ? Mais Buffy, quoi, avec cette série, il ne peut plus rien faire de mauvais. Les avengers sont un peu vintage, normalement, puisque le comic date des années 60 — ce qui doit expliquer pourquoi il manque Daredevil ou Spawn (ah ah !) dans la dreamteam-best of des super-héros de Marvel, sous l'égide du fameux S.H.I.E.L.D.

Le début est assez incompréhensible, avec un portail cubique bizarroïde vers un monde parallèle fantastique mais un peu grossier, avec des méchants qui tachent (et qui n'aiment pas les humains, ah ça non !). C'est parfois même un peu WTF, mais c'est essentiellement sauvé par Scarlett Johansson en Black Widow : ce n'est pas du Joss Wheedon pour rien ! Et de fait, grâce à la prestation de la belle blonde repeinte en rousse (compte double !), on devrait même avoir un film rien que pour elle en 2013. Génial — miam. Seule présence féminine du groupe (on compte aussi Cobie Smulders en Maria Hill chez les militaires, qui dépote grave), elle est aussi la seule avec l'autre ajout, Hawkeye (Jeremy Renner), a ne pas avoir de super-pouvoirs.

Sur les deux heures vingt, le début est donc un peu lent, mais finalement, c'est le décollage et l'humour décalé à la Whedon revient, essentiellement à travers le personnage ultra-narcissique de Iron Man — pourtant le plus nul de la franchise... —, mais aussi en jouant sur la balourdise Thor (dont j'avais raté le film dédié l'an passé, avec son gros marteau) et de Captain America (celui-ci étant stéréotypé à outrance comme le beau blond américain toujours prêt à l'action militaire, mais sans trop de réflexion). Côté action, c'est Hulk qui s'en charge principalement, mais pas avant un bon moment. Dans le rôle des acteurs, on retrouve (me semble-t-il bien) tous ceux des films principaux (Robert Downey, Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth), auxquels on ajout un méchant stressé (Tom Hiddleston, Loki) et un colonel black qui ne manque pas d'ambiguïté (Samuel L. Jackson, Nick Fury).

La fin (bonus au milieu du générique) est encore une fois bizarroïde-WTF avec cet aspect fantastique — tiré de la BD —, mais dans l'ensemble, c'est du fort bon niveau, avec des traits d'esprit qui changent tout. La touche Whedon.

lundi 30 avril 2012

Mozart du jeudi (et Lola aussi)

Rebelote le jeudi ! Même programme des trois dernières de Mozart, deuxième acte. Cette fois, un tout petit peu plus de monde : Joël, Laurent & co, et évidemment, mon indispensable souris (mais toujours pas de ninjas — peut-être étaient-ils au TCE, en tout cas personne n'a pu y rattraper Kurt Mazur dans sa chute, ce qui relativise leurs superpouvoirs ; pas de couple d'aristos non plus).

Ça m'a paru plus planplan encore que la veille ; la faute au chef, paraît-il, mais en tout cas, étant donnés les évènements rocambolesques du jour, un cocon pas trop compliqué n'était pas si désagréable. Et puis, il y avait Lola (au basson toujours, parce qu'il n'y a pas de contrebasson dans Mozart, voyons, Souris !), avec une jolie diagonale d'observation depuis le côté pair du rang D (ou C ? Terrible doute). Cette fois-ci, pas de mèche, coiffée en arrière, noeud dans les cheveux, quelle prestance, quelle grâce, et ce sourire... *soupir* (Laurent m'aura spontanément dit qu'elle est très en beauté ; Joël, sans être au courant de la conversation précédente, aura déclaré avoir été subjugué... de dos ! — on n'en parle pas assez, j'en conviens)

Et Mozart ? Rien de particulier, tout a été dit dans le billet précédent ; en fait, j'en dirais même moins dans l'absolu, ce qui est étrange, tout de même, pour une seconde observation.

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