humani nil a me alienum puto

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lundi 20 juin 2016

pas transfiguré

Une à deux fois par an, il y a forcément un conflit d’agenda. Il y avait donc Yuja Wang à la Philhar, avec une place à 10€. Et une Verklärte Nacht (empruntée à Schoenberg, version NY Philharmonic/Boulez) au théâtre de la ville, mais pour plus de 20€. Longtemps, l’hésitation a été de mise, et finalement, j’ai commis un crime de lèse-Yuja. Le karma n’a pas été bon : impossible de revendre cette place (il paraît que c’était très vide !). Et je n’ai pas vu que le programme du TdV se limitait à 40 minutes sans décor et trois danseurs (je n’ai d’ailleurs pas capté le moment où les deux danseurs masculins se sont échangés, mais il me semble bien que mon manque de concentration peut s’excuser par le fait qu’ils n’étaient jamais que deux simultanément sur scène).

Bref, avec un coût d’opportunité de 31€, ça faisait franchement cher, d’autant que l’original, créé il y a 20 ans avec des décors et plus de monde, était donné à Garnier en début de saison avec d’autres pièces, et que j’aurais pu y aller pour moins cher. Sapristi, je paie assez cher le fait d’être sous l’eau depuis presqu’un an…

C’était bien, hein, mais j’ai été plus que frustré. Même pas compris que c’était la fin définitive après cette pièce… Donc déçu.

mardi 14 juin 2016

questioning the mermaids

En voilà une surprise ! “The nice guys” avait l’air d’être chaudement recommandé par ceux qui l’avaient vu, mais quelle agréable soirée passée à se bidonner sur les aventures des deux pieds nickelés Russel Crowe et Ryan Gosling, suivant un scénario et une réalisation par Shane Black, qui confirme élégamment et sans gros moyens son retour. Un détective arnaqueur et un bon samaritain à gage tentent de retrouver la sublime Margaret Qualley (un autre mérite du film), en faisant équipe avec la gamine Angourie Rice (la révélation du film, au passage…) — tandis que Kim Basinger a un rôle d’evil bitch. On meurt de rire la moitié du film en suivant l’enquête dans le milieu porno de LA de la fin des années 1970. On aura plaisir à revoir ce film !

X Yet another Apocalypse

J’ai trouvé que la presse boudait un peu ce dernier “X-Men: Apocalypse” de Bryan Singer, alors qu’il est pourtant rudement bon. Reprenant la team James McAvoy/Michael Fassbender du reboot dans le passé des deux derniers épisodes, il donne une belle suite de rôle à Jennifer Lawrence dont le personnage de Raven est fouillé, rajoute Sophie Turner en Jean (qui comme le veut la tradition, va finir par tout dégommer de manière un peu brouillonne) et Alexandra Shipp comme jeune Tornade qui commence du mauvais bord, à un Nicholas Hoult qui reprend son rôle de Beast (peu transformé suite à des nouvelles innovations du passé), tout comme Rose Byrne en Moira, tandis que les apparitions de Hugh Jackman commencent à tourner au running gag.

Cause directe de nombreux effets spéciaux, Oscar Isaac est le nouveau méchant Goa'uld-like qui met un bordel assez monstrueux — on se demande comment il n’a pas fait pour se réveiller dans le passé originel, mais ce n’est pas grave, on se régale des références eighties bien travaillées. C’est franchement intelligent et psychologiquement fouillé. Les effets spéciaux ont beau être too much, ils sont parfaitement réalisés — fini le temps où l’on comptait les polygones à l’oeil nu ! (Même si les scènes dans la pyramide sont visuellement contestables) En bonus une scène franchement énorme de Quicksilver (Evan Peters) qui justifie à elle seule d’aller voir un film somme toute moins original que les précédents, mais qui fait le job.

lundi 6 juin 2016

retour du kavalier

Une rediffusion du superbissime Rosenkavalier de Herbert Wernicke !

L’un des meilleurs moments d’opéra. Au début, j’ai cru que c’était une autre production qui était donnée. Ensuite, j’ai confondu cette mise en scène avec une autre (je visionne bien des miroirs et une salle/scène de bal — pour les miroir, j’étais bon, mais avec quoi confonds-je ?…). Mais dix ans plus tard, j’avais toujours dans l’oeil la rose d’argent, les costumes blancs, l’escalier qui s’avance, le lit au milieu… Quel bonheur. Avec ses tarifs absolument ahurissants, Bastille a réussi le tour de force d’avoir une salle franchement vide — apparemment 15 à 20%, mais surtout sur les places les plus chères ! En dernière minute, l’accueil était exécrable et les tarifs incroyables (35€ pour les jeunes, 50 pour les vieux !). L’opéra a tenté de réagir en inondant d’offres promotionnelles (que je ne pense pas avoir reçu), ce qui a eu comme effet positif notable de me faire revoir B#4 (ah !…). Mais cette fois, j’étais surtout accompagné de la souris : profitant de la revente d’un ninja, replacement au premier balcon, parfait pour lire tout le texte de Hugo von Hofmannsthal de ce Chevalier à la rose sans se casser le cou et tout en profitant de Philippe Jordan dans la fosse — comme il y a dix ans !

Je n’aurais de cesse de dire à quel point j’adore Richard Strauss à l’opéra. Il reste mon compositeur préféré. Avec une bonne équipe, l’alchimie emmène vers des sommets. C’était clairement le cas pour cette dernière — malheureusement, mon emploi du temps était totalement incompatible avec toutes les autres représentations. Michaela Kaune pour Die Feldmarschallin, Peter Rose en Baron Ochs et surtout, pour incarner Octavian, Stéphanie Houtzeel qui remplaçait Daniela Sindram pour cette seule date, superbe — dans tous les sens du terme, de la Deutsche Qualität made in USA!

Très belle soirée d’opéra, que je retrouvais pourtant sans plaisir (les salles parisiennes rivalisent vraiment pour dégouter les spectateurs de venir, c’est incroyable).

Toulouse fantastique

Retour du Capitole de Toulouse avec son Tugan Sokhiev, qu’il ne va heureusement plus quitter alors qu’il jongle déjà avec Moscou. C’est dire s’il ne se quittent plus ces deux-là ! Le concert était vraiment peu cher mais il n’était pas trop compliqué de se replacer pour l’apprécier encore plus (du fond de parterre, cependant). D’abord, pour un Concerto pour violoncelle et orchestre d’Antonín Dvorák avec Gautier Capuçon au violoncelle. Magnifique. Il me semble qu’il y eut un bis, mais lequel ?…

Après l’entracte, Hector Berlioz, Symphonie fantastique, récurrente mais cela faisait un bout de temps. Parfaitement exécuté. Toujours une valeur sûre. Tout comme les bis finaux — dont il serait agréable de retrouver les références quelque part, car ma mémoire flanche…

degrés du Nord

“Ma Loute” est le dernier Bruno Dumont, de “la vie de Jésus”, ce qui rétrospectivement explique des choses. Ça fait parti de ces films qu’une certaine critique adore, et le public moins, pétri de WTF. Dans le même type d’équilibre critique-public, mais tragique là où “Ma Loute” opte pour la farce parfois lourdingue, j’ai pensé à Sangre, surtout quand à la fin on verse dans le fantastique — mais apparemment je suis le seul à faire le rapprochement.

Le casting un peu luxe (Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi), qui a pu en faire des tonnes de manière débridée, a été mis en avant, mais c’est surtout les deux héros Brandon Lavieville (qui a l’air du cru) et surtout, surtout Raph (on n’en sait pas plus sur elle…) qui sont intéressants. Raph, elle joue juste, sans en rajouter, avec sa voix grave, son androgynie fascinante, son visage exceptionnel.

Le film est déglingué dans un Nord incestueux et décadent de début de siècle, où tout le monde en prend pour son grade — et le plus intelligent de l’affaire a l’air d’être l’adjoint de police clairement trisomique —, et où ça tartine jusque dans le gore. Ça part dans tous les sens mais ça réussit à rester debout. Pourtant, c’est aussi un peu trop long (deux heures). Le problème quand on ne sait pas trop s’arrêter.

Almodovar à l’âme

De temps en temps, Almodovar tourne un drame. On sait que les spécialistes de la comédie font les meilleurs dramaturges. La preuve encore avec Julieta, drame familial où l’héroïne (Emma Suárez) se souvient de son passé douloureux (elle est alors incarnée par Adriana Ugarte). Le déchirement mère-fille au milieu des drames que l’on découvre petit à petit. Ça dure un tout petit moins d’une heure quarante, et il n’en fallait pas plus. C’est la justesse psychologique des personnages qui est la mieux rendue — et le grand mystère restant sa fille, l’intrigue est bien mené sans trop en faire ici. Un fort bon film sur la filiation, quelque part. Étrangement assez inattendu.

essence du classique

De retour de Hanoi, quoi de mieux qu’un petit concert jetlagué ? Heureusement, c’était tout doux comme du petit lait, mais pas ennuyeux du tout pour ne pas s’endormir : l’Academy of saint Martin in the Fields a fait ce qu’elle sait faire de mieux. Et à la faveur de tarifs prohibitifs, une rangée entière en front de parterre de la Philharmonie était libre. Après une Symphonie n° 13 en do min MWV 14 de Felix Mendelssohn, toute courte et revigorante, en auto-pilote (suivant le premier violon Tomo Keller, à l’ancienne), c’est Murray Perahia, complice de toujours, qui est venu prêter main forte dans un gant de velours pour le Concerto pour piano n° 9 K 271, "Jeune homme" de Mozart. Sublime. Et ne nous gratifiant point d’un bis, c’était pour mieux revenir comme chef d’orchestre : Symphonie n° 2 de Robert Schumann.

Et tout simplement, navigant en pleine musique “purement” classique, ça a été un très joli moment du début à la fin. Comme quoi, calculer mon retour en avion n’avait pas été vain.

lundi 23 mai 2016

valsons

L’Orchestre National d'Île-de-France donnait mardi dernier un sympathique concert avec le jeune Ainars Rubikis à la direction, intitulé “Vertiges”, condensé de valses dans leurs tous leurs états. On commence logiquement par une “Invitation à la valse” (Hector Berlioz / Carl Maria von Weber), de ces pièces que tout le monde connaît sans pouvoir y mettre un nom dessus, ce qui était un peu le fil rouge de la soirée.

Jusqu’à l’entracte, est venue en renfort celle qui a aussi justifié de prendre ce billet à la Philharmonie, j’ai nommé la chtite Alexandra Soumm au violon, sur des talons de 12 et une robe d’idole dorée. Héroïne trop peu régulière de ce blog — et commentatrice occasionnelle —, on sait combien je l’apprécie énormément. Un vrai talent de chez nous, et une sympathie communicatrice : cette fille est autant un bonheur à voir qu’à entendre (et comme pour une fois elle est jolie sans être mon type, on ne pourra pas me taxer de drague sous-jacente usuelle, ou autre biais cognitif phallique).

Elle a donc joué pour un extrait du deuxième mouvement du concerto pour violon de Tchaïkovski, puis la “Méditation” du même. Entrecoupant d’un très joli Liebsleid de Fritz Kreisler (encore une pièce typique du je-connais-mais-comment-ça-s’appelle-déjà — ah bon ?? Et puis oubli total jusqu’à la prochaine), elle reprit avec l’orchestre pour un deuxième solo du Lac des cygnes et une Valse sentimentale (oh oui, sentimentale !) de toujours Tchaïkovski. Il y eut un bis (mais, heu… Je ne sais plus), et puis un happy birthday pour notre héroïne, ce qui a fini de remplir son capital sympathie au plus haut.

Après la pause, la très belle Valse triste de Jean Sibelius que l’on n’entend jamais assez — agressée cependant pas plusieurs nez siffleurs terroristes… Puis du Frédéric Chopin sur orchestration d’Igor Stravinski, de la Nocturne op. 32 n°2 (pas mal, mais ne fait pas oublier la version piano) puis la Grande Valse brillante op.18 (alors là, exit le piano, ça fait palot à côté).

Et puis pour continuer dans le sublime et rare, la Valse extraite de Mascarade d’Aram Khatchatourian. Je ne sais jamais pourquoi il y si peu de Khatchatourian dans nos contrées (mais ça explique peut-être la présence de l’ami russe). Pour finir, cependant, Maurice Ravel, La Valse, dont on sait l’amertume tragique qui l’habite au sortir de la première guerre mondiale. Un vertige.

occupy Jodie

Jodie Foster est revenu derrière la caméra : c’est évidemment frustrant, mais toujours intéressant. “Money Monster”, du nom de l’émission financière survoltée et putassière présentée par George Clooney et réalisée par Julia Roberts, c’est la lutte des classes à la roulette. Jack O’Connell joue un pauvre type moyen qui a misé tout son héritage (que l’on considèrera comme bien acquis inaliénable, n’est-ce pas) sur une startup de la fintech, qui exploite un algo pondu à l’autre bout du monde (ça paraît peu réaliste, mais passons) qui après un “accident” aurait fait perdre quelques centaines de millions (un Kerviel 2.0), provoquant la chute du titre en bourse — toute cette partie est exposée de manière assez peu claire, notons, d’autant que les “ruinés” ne le sont pas vraiment tant qu’ils n’ont pas revendu leurs actions, et dans tous les cas il y aurait un peu d’argent à récupérer avec la liquidation du jet privé…

Bref, c’est un poil fouillis, mais le propos est entre le thriller, le drame (un peu social) et la (tragi-)comédie. Le tout ancré dans le problème moderne de la finance, auquel personne ne comprend rien — mais qui finalement peut se résumer à un classique voleur-menteur, derrière le néo-faux-latin des néo-faux-médecins. Soit. Ça marche plutôt bien, et ça démontre derrière les costards-cravates et la modernité confortable toute la violence latente et sourde, jusqu’à la pire, l’indifférence générale.

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