humani nil a me alienum puto

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mardi 19 septembre 2017

Barbaralibar

Mathieu Amalric invente le biopic fusion comme il y a la cuisine fusion. Pour parler de l’immense Barbara sans tomber dans la biographie balisée usuelle, il se tente à la mise en abyme, qui est à force elle-même devenue une tarte à la crème narrative pour qui veut faire original — la contradiction des originaux qui finissent par faire la même chose, en somme. Et frôlant la métalepse, il intervient dans son propre film pour se perdre et nous perdre, à escient peut-être, mettant en oeuvre l’impossibilité physique d’incarner une telle icône qui forcément se dérobera toujours, comme on doit mettre en scène le vide, mais enfin cela ressemble souvent au final à une agrégation sans queue ni tête, où l’on ne sait plus trop où on est, qui est qui, ce qu’on fait. Déstructuré jusqu’à perdre toute consistance : le biopic fusion. Poétique, cependant, et un peu émouvant car on y devine l’hommage d’un artiste à une autre. Mais une expérience pas forcément bien contrôlée qui divise cruellement la critique : une occasion manquée, quand même. Restera une interprétation franchement formidable de Jeanne Balibar, interprétant elle-même interprétant souvent Barbara, qu’on ne distingue parfois plus des archives que par son nez (et encore, je soupçonne quelques prothèses trompeuses, mais comme je disais, ce film nous perd totalement).

Cf aussi cette fort bonne critique qui me semble aller dans le même sens que moi (et a le bon goût de citer du François Jullien).

Mozart Bruckner 9

C’est bien connu que quand on en arrive à 9, c’est le début de la fin. En l’occurrence, la série Mozart/Bruckner/Barenboim/Staatskapelle Berlin s’achevait le dimanche avec comme apéritif le toujours très beau Concerto pour piano n° 23 de Mozart, toujours avec Daniel derrière le clavier (en 4a, une vieille dame tombée en pâmoison a même due être extraite — heureusement avant le mouvement romantique que l’on attendait tous).

Et si la veille il n’y avait que la 8ème, la symphonie n°9 de Bruckner était cette fois-ci bien après l’entracte. Je n’avais point de place non plus pour cette session, mais le réseau ninja couplé à un fauteuil musical m’a assuré d’un 1er balcon bien centré dans les premiers rangs absolument idéal. Quelles couleurs ! Jordan, penché sur la rambarde, à côté du directeur, admire. L’annonce post-entracte nous avait prévenu que finalement, il n’y aurait pas de rencontre — un incompréhensible problème d’orchestre à renvoyer en Allemagne, et j’ai surpris Laurent Bayle, qui devait être l’interlocuteur du chef facétieux, en train de rire, à tel point que je me demande s’il était au courant… De fait, à la fin, pour saluer tout le monde et marquer le coup, c’était fleurs pour tout le monde (et autant dire qu’il y a du monde, dans l’orchestre…), mais le chef après quelques aller-retours ne revient finalement pas, entretenant sa réputation sur tous les plans.

On était là pour du Bruckner, et l’on fut servi : c’est le principal.

Bruckner 8

Voici une place qui échappa à ma sagacité lors des réservations. C’est que l’affiche était toujours aussi attrayante que pour les sessions précédentes de Barenboim/Staatskapelle Berlin. Les tarifs sont prohibitifs, de telle sorte que les dernières catégories sont remplies à ras bord. Quelques places écoulées au tout dernier moment, un truc et astuce plus tard, me voici avec la souris un samedi soir à la Philharmonie de Paris.

La tapisserie de violoncelles du fond envoyait du grave. La Symphonie n° 8 d’Anton Bruckner, c’est celle que je surnomme « Batman », à cause du dernier mouvement. Mais c’est plus divers que ça, et Daniel qui vieillit comme tout un chacun essaie d’explorer un peu trop longuement : on en arrive à 1h30 de pièce unique pour ce concert qui n’a pas la contrainte de l’enregistrement au disque. Heureusement, ça reste du fort bon, mais la standing ovation semblait un peu surprenante…

mardi 12 septembre 2017

soirée création

La création de Haydn a marqué le début de ma saison 2017, à la Philhar : si l’oeuvre sera de nouveau donnée en 2018, je pense qu’on a passé ce doublon au nom des adieux de Sir Simon Rattle à la direction du Berliner Philharmoniker. Impossible cependant d’avoir des places pour le concert de la veille, du Chosta qui a reçu bien des louanges : c’est complet. Le dimanche suivant, 18h, c’était plutôt vide et très facile de se placer au parterre derrière la rambarde — l’ouvreur a même spontanément proposé plus proche, mais sans ce précieux espace pour les genoux que l’on n’a que là.

En apéritif, il y avait du Georg Friedrich Haas, « Ein kleines symphonisches Gedicht », création française, 5 minutes top chrono, un truc vrombissant dont on ne retiendra pas forcément grand chose. Et puis Joseph Haydn, La Création, avec de nouveau Accentus (Marc Korovitch en chef de choeur), et Elsa Dreisig (soprano, formidable), Mark Padmore (ténor) et Florian Boesch (baryton), tout aussi méritants. En face de Simon Rattle, une jolie disposition d’orchestre et un pianoforte en plein milieu, avec le pianiste qui tout du long a fait du playback : manifestement, il connaît toutes les paroles…

Noomi Rapace puissance 7

« Seven sisters » est la surprise de Tommy Wirkola, un réalisateur qui avait jusqu’à présent pondu des trucs pour le moins un peu étranges et mineurs. Mais le scénario a attiré Glenn Close, Willem Dafoe, et évidemment Noomi Rapace, dupliquée sept fois. Forcément, un scénario qui attire aussi les spectateurs : en 2073, c’est pas terrible, surpopulation, mesures drastiques malthusiennes, et une ambiance très Dark Angel. Et puis il y a sept soeurs planquées, identiques par le physique mais radicalement différentes par la personnalité, qui revêtent la même identité un peu insipide et virtuelle à tour de rôle, chacune son jour, pour échapper à la règle de l’enfant unique. Quand ça va évidemment merder, ça ne sera pas à moitié. Sept vies, c’est presque comme les chats. On se demande si de toutes ces différentes saveurs de Noomi Rapace, il n’en restera plus qu’une…

Efficace, original, stressant et surtout intelligent, c’est dans les films d’anticipation qui n’en font ni trop ni trop peu une fort bonne pioche !

mardi 5 septembre 2017

fine ligne rouge

J’ai vu « The thin red line » à la télé, donc peut-être vers 2002, puisque la sortie était en 1998. C’était « la ligne rouge », en VF. Choc esthétique total. Et ça m’a tellement marqué que j’ai acheté le DVD sans jamais oser le revoir — et donc pas en anglais, ce qui est bien dommage. Peut-être par peur, car on risque toujours d’être déçu quand on revoit les choses. À l’époque, c’était dans mon top 3 avec la liste de Schindler et la Haine — que j’hésite aussi toujours à revoir. Alors certes c’est long (presque 3 heures), mais ce n’est pas forcément la seule raison. Il y a de ces films qu’il faut voir et revoir dans les meilleures conditions, ça se décide, et on peut ne pas décider pendant longtemps. C’était ma première rencontre avec le requiem de Fauré, Annum per annum de Arvo Pärt (que je n’avais pas plus identifié que The Unanswered Question, de Charles Ives), entrecoupé du God Yu Tekem Laef Blong Mi de Zimmer (enregistré par des locaux des Îles Solomon, à Guadalcanal même). Ça marque, ce genre de choses, c’est un tout.

Première rencontre aussi et surtout avec un questionnement métaphysique quasi-mystique qui m’a tout de suite parlé, à mon côté INTP aussi rationnel qu’hypersensible et privé de la facilité religieuse prémâchée occidentale classique, le catholiscisme. L’omniprésence de voix intérieures, y compris hors champs (que je n’associe pas à des voix off, car ce n’est pas un tiers personnage : on peut toujours identifier qui parle, de quel point de vue), me faisait découvrir qu’on pouvait faire ça, au cinéma, « parler » de et par l’introversion, de l’effroi de la mort imminente — particulièrement imminente en temps de guerre, et particulièrement violente et injuste. Depuis, j’ai quand même découvert beaucoup, notamment Tarkovski, et je ne fais plus de classement aussi précis de mes préférences.

Bref, je dois avouer avoir évité (ou refoulé ?) The thin red line sans trop forcer, surtout que depuis, mis à part le superbe The new world (vu au ciné en 2005), Terrence Malick m’a plutôt déçu en forçant trop le trait dans le kitsch et le surquestionnement, lui qui venait de Badlands, qui pourtant malaxait aussi déjà les mêmes thèmes — un peu comme Darren Aronofsky et The Fountain, dans le genre chef d’oeuvre raté obsessionnel. Et puis il y a eu cette rediffusion du film en version restaurée pendant l’été, dans les certes petites salles du quartier latin, mais au moins sur grand écran. The thin red line, adapté du roman de James Jones, commence par cette question : « what is this war in the heart of nature? ». Mais rapidement, on comprend que c’est plus un film sur la mort et la violence que sur la guerre, et l’on aurait sûrement tort de réduire trop rapidement à un bien (les Américains) contre le mal (les Japonais), car dès qu’on rencontre enfin les Japonais, on comprend qu’ils sont tout aussi paumés, et que le réalisateur ne prend pas un parti aussi facile. Et certes il y a la haine (de ce que j’ai pu retenir de mon Japonais… Ça reste non sous-titré), mais elle est de tout côté : le mal transcende les humains en général, et c’est le désir de destruction (attribué par un soldat en plein délire post-traumatique au désir de propriété) qui est le mal sur lequel s’interroge le personnage principal (Jim Caviezel), auquel je m’identifie aussi facilement qu’au personnage de Colin Farrell dans Tigerland (très similaire. Probablement des INTP tous les deux), des sensibles rationnels qui cherchent leurs places dans une absurdité qui leur échappe, se situent plus en dehors qu’en dedans, mais finalement sauveront la situation et le groupe en temps venu.

On aurait aussi tort de réduire les questions rationnelles et poétiques, élégiaques et métaphysiques, à la forme peut-être insistantes, à du prêchi-prêcha chrétien. Quand bien même on reconnaît des symboles chrétiens dans l’oeuvre de Malick, il ne faut pas oublier que notre vision très occidentale est biaisée, car ces symboles pré-existaient. Et il n’est à mon avis pas étranger à la chose que Malick, dont la vie est très secrète, a passé de longues années à étudier l’archéologie et les civilisations anciennes, lui qui est un philosophe spécialiste de Søren Kierkegaard, Martin Heidegger et Ludwig Wittgenstein, et qui a par ailleurs un grand-père assyrien. Quand on y regarde de près, l’arbre de vie (pour reprendre un film ultérieur de Malick) est par exemple présent dans bien des systèmes mystiques, même au Japon (ce n’est pas un hasard de le retrouver jusque dans Evangelion, qui a certes opté pour une option de représentation judéo-chrétienne par folklore) ; et il est mésopotamien avant tout. Bref, Malick emprunte selon moi essentiellement au zoroastrisme, où « la bonté est quelque chose comme une lumière venant du fond de soi » (repris quasiment en ces termes plusieurs fois, notamment par Sean Penn lorsqu’il se demande où est passé la lumière du personnage de Jim Caviezel, après sa mort). Notons que chez les Perses et les Zoroastres, l’arbre de vie est le gaokerena : les indices concordent sur un schéma élaboré par Malick.

Quand on sort donc de la lorgnette occidentale religieuse, qui a phagocyté le mystique par chez nous, on se rend compte que l’état de nature n’est pas hexagonalement rousseauiste mais avant tout animiste, et qu’en réalité le message universel sur la nature est plutôt nihiliste (l’inverse d’un discours catholique, donc !), ou dans un quasi-gnosticisme que ne sont pas sans rappeler encore les oiseaux charognards dans le ciel, attendant la transformation de la chair humaine en cadavre, pour une inhumation céleste improvisée — le véritable Pairidaēza (et après tout, n’est-on pas In paradisum ? Si l’on veut.).

À Guadalcanal durant la guerre du Pacifique, le casting incroyable (Sean Penn, Jim Caviezel, John Cusack, Adrien Brody, Elias Koteas, Nick Nolte, John Travolta, George Clooney, Ben Chaplin, Woody Harrelson, Dash Mihok, Nick Stahl, John C. Reilly et Jared Leto), représentant des personnalités très différentes, sert à aborder des thématiques bien diverses, comme la peur, plus que le courage (qui arrive d’une manière inattendue, par une sorte d’acceptation du destin, peut-être de pulsion de mort), la folie, qui broie les hommes, la vanité, un peu partout, surtout à travers les récompenses (babioles dérisoires et pourtant socialement et artificiellement majeures, souvent déclinées par les héros de l’ordinaire subissant l’extraordinaire), et la chaîne de commandement, qui décide arbitrairement, presqu’aléatoirement, qui doit vivre ou mourir, dans ce lieu ou se joue la vie et surtout la mort, dans ce paradis naturel souillé, ou le sacrifice est censé revêtir une aura de transcendance ici démystifiée jusque dans les tripes à l’air.

Évidemment que Malick en fait beaucoup à travers ses plans contemplatifs sur la nature, qu’il tourne un peu en rond sur son approche cosmogonique, à force, mais subjectivement, il m’a fallu presque une journée pour retrouver une voix normale (je m’en suis aperçu le lendemain, de ma gorge encore serrée). Ce film est l’un des rares à me mettre KO debout. Ça s’explique difficilement. À revoir une fois tous les quinze ans, pour que la sensibilité ne devienne pas ordinaire. Parce que quelque part, devenir insensible à cela, c’est-à-dire ne plus trouver un échos à mes propres questionnements, avec cet habillage métaphysique et épique, élégiaque et vainement esthétique, je ne sais pas si ce serait une bénédiction ou quelque chose que je voudrais éviter, pour ne pas tomber définitivement dans mes propres impasses nihilistes.

mémoire et lumière nippones

La MEP a sorti de son placard à merveilles plus de cinq cent clichés que la Dai Nippon Printing Co., Ltd lui a donné pour représenter le Japon à Paris. Grand bien leur en a pris, puisqu’on y trouve Nobuyoshi Araki, Masahisa Fukase, Seiichi Furuya, Naoya Hatakeyama, Hiro, Eikoh Hosoe, Yasuhiro Ishimoto, Miyako Ishiuchi, Ihei Kimura, Taiji Matsue, Ryuji Miyamoto, Yasumasa Morimura, Daido Moriyama, Ikko Narahara, Toshio Shibata, Hiroshi Sugimoto, Keiichi Tahara, Hiromi Tsuchida, Shomei Tomatsu, Shoji Ueda, et enfin Hiroshi Yamazaki. Ainsi qu’à la souris, qui a repéré l’expo peu avant sa disparition, et qui en plus en a collecté le best of.

Parmi mes préférées, la jeune fille à chapeau pointu de Ihei Kimura ; un peu perturbant aussi parce que si l’on compte bien, elle doit taper dans les 70 ans à présent… Le temps passe : tous les photographes ont péri, comme la femme de Nobuyoshi Araki (particulièrement touchant) ou celle de Seiichi-Furuya (le chemin vers le suicide). On suit un cheminement divers de la seconde moitié du XXème siècle, qui dépasse les frontières du Japon, puisqu’un certain nombre de ces artistes ont vécu à l’étranger. Et puis il y a le choc des bombes atomiques, qui est une thématique poignante suivie sur un étage.

Une très belle expo sensible nippone.

en proie au remake

Un remake d’un film très côté, et sans trop le citer nulle part, voilà qui était osé de la part de Sofia Coppola, qui s’est attirée quelques foudres par là-même des plus cinéphiles — et de ceux, plus rares encore, qui ont lu l’original de Thomas P. Cullinan (1966). Mais la presse féminine comme Cannes qui a décerné un prix de la mise en scène ont été bien plus séduits par ce nouveau « The Beguiled » (Les Proies), cependant alors sans faire référence au Don Siegel de 1971, que j’avais vu un an auparavant sur Arte, par un heureux hasard.

De cette nouvelle version lissée et ambigüe par son manque d’ambiguïté, je dirais que c’est pas mal (qualificatif honni par ma prof de développement personnel), mais on est effectivement loin du film noir brutal, chargé, cynique, violent, porté par Clint Eastwood. Colin Farrell fait beau gosse un peu disputé par un gynécée d’exception — Nicole Kidman, Kirsten Dunst et Elle Fanning aux avant-postes —, en mode fleur-jupon éthéré et gazeux, à qui Coppola semble toujours trouver un contre-poids quelconque à leurs actions, histoire de ne pas trop prendre parti, et adopte d’ailleurs plutôt le point de vue féminin en général (on ne se refait pas !), tout en suivant pourtant bien strictement le déroulé des évènements.

Comme tout le monde est doué, qu’on a une Kidman à la fois magnifique et statique (attaque au botox…), une Dunst qui a mûri (dans tous les sens du terme), une voluptueuse Fanning sous-employée, et quelques gamines prometteuses, l’allégorie magnifiée dans un bain de lumière et une grande bâtisse blanche donne quand même quelque chose.

Mais clairement, ça ne fait pas vraiment le poids face à l’original…

lundi 28 août 2017

guerre des peluches

Les deux premiers épisodes de la dernière mouture de la Planète des singes étaient surprenants : l’intelligent Matt Reeves remettant le couvert pour une dernier volet de trilogie, allons-y gaiment. « War For The Planet Of The Apes » s’avère être un traité de géopolitique entre pas des gens bien malins, mais après tout dans un monde post-apocalyptique ravagé par un virus, où des singes qui n’ont toujours pas tous appris à parler — ce qui nous vaut un vague langage des signes tout le long, ou un signe peut donner 3 lignes de texte à lire en dessous — tentent toujours de trouver leur place. Et si on a du mal à deviner Andy Serkis une fois sous les poils numériques de César (très belle réalisation de singes !), on reconnaît sans peine Woody Harrelson en Colonel, homme impitoyable un peu fanatisé, mais rudement intelligent. Et d’ailleurs, ça fait un peu supémaciste-blanc sur les bords, cette affaire (on remarque qu’il y a encore moins de non-blancs que dans Dunkerk), et c’est un peu étrange, quelque part, ce point de vue racial. Pourquoi pas, après tout…

Mais il y a déjà l’espoir d’une entente avec les humains, sous la forme d’une petite fille récupérée suite à bévue (au moins, on est assez clair que les signes peuvent être aussi cons que des humains, ce qui était déjà évoqué dans le 2e épisode, et là aussi à travers la traitrise de l’ancienne faction extrémiste). C’est donc Amiah Miller, qui devait avoir 11 ou 12 ans au moment du tournage, qui s’y colle sans trop de dialogue puisque muette (mais pas si imbécile, petite incohérence du scénar ?), et sur elle on dira surtout : pedobear loves this. D’ailleurs, cette petite morveuse chez les monstres qui va éveiller une humanité perdue par les humains eux-mêmes, ça m’a franchement rappelé très très fort l’arc Chimera Ants de Hunter X Hunter : non ?

Fort bien.

Bunuel de chambre

Cet été, il y a une rétrospective Tarkovski et une autre Buñuel qui tournent dans les cinémas parisiens d’art et d’essai, surtout du quartier latin, mais aussi au MK2 Beaubourg (le tout avec des horaires pas terribles). Et c’est là que pour une fois, la souris a détecté le « journal d’une femme de chambre » dont elle avait par ailleurs oublié que nous avions vu il y a peu une interprétation par Léa Seydoux. Dans deuxième adaptation française de Mirbeau (après celle de Renoir), c’était la récemment regrettée Jeanne Moreau, ce qui assure d’une interprétation splendide, dans un jeu très fin de nuances et d’ambiguïtés. Mais Jean-Claude Carrière, au scénario en 1964, force le trait de la satire sociale et politique, pour parler plus de l’antisémitisme, lever quelques doutes quitte à tomber dans le manichéen, et sauve quelque part son héroïne, beaucoup plus ambigüe et attirée par le côté obscur de la force autant chez Mirbeau que chez Jacquot (apparemment le Renoir est aussi très libre… Mais avec Paulette Goddard…). Bref, à un moment, ça commence à devenir un peu étrange, plus soft, moins dérangeant moralement. Ça restait à voir.

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