humani nil a me alienum puto

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jeudi 12 janvier 2017

bruckner 3

Toujours avec les caméras coupées pour le Mozart syndical (concerto pour piano n° 22), une troisième de Bruckner pour un troisième concert d’affilée, du samedi, et une fin de cycle d’intégrale (à l’exception de la rare symphonie n°0, que je n’ai donc jamais entendue). Cette fois, il y avait quelques zones libres, mais décidément je n’ai clairement pas compris selon quelle logique les différents concerts se sont remplis. Parce que la 3e, je la dirige de mémoire, moi aussi. Tout en jetant quelques regards haineux derrière moi, à mes bruyants voisins — je trouve que le public vieillit encore plus qu’avant à Pleyel, avec des croulants dans tous les sens, etc.

Dernière symphonie mouvementée, s’il en est : à la fin de la 1ère partie, Barenboim s’enfuie en coulisse. Plus rien pendant cinq minutes, durant lesquelles une partition arrive de l’autre côté de la scène et remonte jusqu’au 1er pupitre des seconds violons qui procède à un échange. Barenboim revient enfin. Apparemment, c’est à ce moment qu’il porte un pansement au pouce (non remarqué jusqu’alors, et je ne pense pas qu’il ait joué au piano avec). Et puis juste après la reprise, bim, le contrebassiste côté jardin s’enfuie à son tour un peu vite, en grand fracas (avec quelques difficultés pour fermer la porte, ce qui occasionne plus de mouvements encore). RAS jusqu’à la fin, si ce n’est une perte de bâton de timbales — le concert de tous les dangers. Un très beau concert final malgré tout.

bruckner 2

Pour le 2e concert du troisième tiers de la série, le Mozart de service, dont on dit qu’il était là pour attirer une foule effectivement bien toujours bien présente, c’était le concerto pour piano n° 20 et Barenboim derrière le piano. Disclaimer : même les ninjas n’ont rien trop remarqué qu’un léger déraillement, peut-être. Mais l’un d’entre eux, plus averti, a bien perçu l’affaire : à un moment, le piano s’est oublié, l’orchestre n’a plus trop su où il habitait, a commencé à cesser de jouer au fur et à mesure, et alors Barenboim a improvisé une séquence ni vue ni connue pour resynchroniser tout le monde, et c’est reparti. Il paraît qu’une fois, il y a fort longtemps (lorsqu’il prenait la direction de l’orchestre de Paris), il avait tellement merdé qu’il y avait eu un blanc. Le métier rentre, et l’orchestre du Staatskapelle Berlin est expérimenté. On y a vu que du feu, et les caméras rien du tout, car elles étaient toutes coupées. Comme par hasard.

Bref, après l’entracte, la spécialité du chef, Anton Bruckner, symphonie n° 2, lyrique et prenante. Mais pas encore tout à fait brucknerienne.

bruckner 1

C’était blindé. C’est la seconde fois depuis le début de la saison que j’ai dû me contenter des places de retardataires (un peu les équivalents des ZZ de Pleyel…), qui ont toujours le même inconvénient : le public bruyant, mal élevé, inconséquent. Et pourtant, il y avait parmi les pestiférés le vieux directeur des Piano 4* — m’a indiqué un autre ninja d’infortune. Ce n’était pas forcément trop grave pour cette première partie de la dernière reprise du cycle Barenboim-Staatskapelle de Berlin, communément le Mozart de service, cette fois-ci l’originale symphonie concertante pour violon, alto K 364, avec Wolfram Brandl au violon et Yulia Deyneka à l’alto, qui fait passer un bon moment sans marquer outre mesure les esprits.

Direction l’arrière-scène, à l’entracte, pas vraiment à ma place mais à la même hauteur. Je vois que des ninjas ont réussi à se mettre de face au parterre, finalement, et je repère trop tard une place près d’un d’entre eux. Pas grave : c’est une bonne occasion d’observer la partition de la symphonie n°1 de Bruckner, et Barenboim de face (avec son air toujours sévère). Et puis il faut bien tester cette acoustique de derrière, sait-on jamais, alors autant le faire sur la symphonie la moins excitante du lot. C’est pas si mal, derrière. Mais j’ai eu la même écoute qu’au CD avec ma super-platine, quelque part. Il semblerait que de face aussi, c’était le cas…

kimi no na wa

Malgré mon amour du manga, je ne connaissais pas Makoto Shinkai (pour ma défense, cela fait quelques années que je vis en hermitte…). Et c’était un tort. Je pense que depuis le très regretté Satoshi Kon, dont ce « Your name » m’a rappelé « Millenium actress », avec sa narration fort originale, je n’avais jamais vu ça. Alors que ça commençait de manière aussi mystérieuse, presque brouillonne, qu’un Evangelion, et malgré un générique plutôt typique d’un anime en série plutôt qu’en film, rapidement, les personnages attachants et l’atmosphère aussi bien rendus qu’eux captent l’attention, jusqu’à ce que toutes les pièces se mettent en place et que l’on découvre quelques retournements réellement inattendus. Tout est si bien ficelé ! Plus de 10 millions d’entrées au Japon et une salle 4 remplie à ras bord aux Halles : à ça je ne m’y attendais pas non plus. D’autant que les références sont très clairement nippones. Que d’excellentes surprises !

mardi 3 janvier 2017

James Thierrée nouveau

Bon, que dire ? Embêté je suis : la souris a adoré, le petit rat a adoré, j’était mitigé. Parce que j’ai trouvé ça inégal, et parfois facile — je n’aime pas beaucoup les pitreries clownesques très repassée, faut-il dire, mais alors pas du tout (alors que le bobo — du TdV au Rond-Point, donc le même — adore). Et du coup, dans le grand n’importe quoi, je n’y ai pas trouvé le moindre compte d’architecture qui tienne l’ensemble. On retrouve des choses habituelles, et en fait loin de se dire qu’après tout c’est de la resucée, on la regrette un peu plus. On a une Thi Nai Nguyen qui grimpe partout (était-ce la même qui rampait partout autrefois ? On grimperait bien avec elle en tout cas), une Mariama qui chante (why not, c’est plaisant), deux pitres Samuel Dutertre et Jean-Luc Couchard qui ont été cause d’un grand ennui général, et Valérie Doucet qui était en revanche éblouissante.

Donc voilà, je fais mon coming out. « La grenouille avait raison » n’est certainement pas mon James Thierrée préféré. Mais bizarrement, quelques jours plus tard, il ne laisse pas un mauvais souvenir non plus : le procédé nostalgique du cerveau optimiste efface les épisodes médiocres et garde les quelques moments absolument géniaux (dont la fin, à partir de la grenouille, et toute les facéties de Valérie Doucet).

le paradis sans Lola

Deuxième place gratuite de la semaine : j’étais vernis ! (Mes followeuses sont formidables, etc.) Impossible de trop savoir pourquoi j’avais raté la réservation de ce Schuman qui faisant pourtant figurer Matthias Goerne — certes dans un second rôle. Un deuxième gros Schumann opératique pour l’Orchestre de Paris/Daniel Harding : « Le paradis et la Péri », c’est comme les scènes de Faust, ça vous fait réviser votre jugement. On avait donc Christiane Karg, Kate Royal, sopranos, Gerhild Romberger, mezzo-soprano, Andrew Staples et Allan Clayton, ténors. Mais pas de Lola. Damned, serait-elle grippée ? De belles places libres pour se remettre de face et en bas de parterre (idéalement pile en face des chanteurs, avec Serendipity on a estimé le meilleur rapport aux décibels), une parfaite soirée !

Myriam fit cygne

C’est l’histoire d’un Matthias Heymann en collant totalement gay qui convole avec Karl Paquette avant de tomber sur Myriam déguisée en cygne : coup de foudre immédiat, il devient hétéro. Entre les deux, on a Alu qui fait un plan à trois entre Hannah O’Neill et Léonore Baulac. Le lac, c’est érotique. Paraît que j’étais le seul à ne jamais avoir noté que c’est gay friendly au dernier degré. Bah, c’est que déjà, je n’ai jamais eu autre chose que du second balcon, il me semble, et c’est peut-être même la première fois que je n’étais pas tout au fond. Enfin, c’était le fond quand même, quelque part, puisque juste devant la porte (bbbrrrr, courants d’air) dans une place qui montre le niveau de créativité de l’opéra de Paris : un strapontin en travers (ouille le cou) derrière la rambarde, avec finalement une fort bonne vue. Meilleur que les galeries, quelque part (quitte à se tordre le dos et le cou). Heymann, il saute (flotte ?) comme un cabri, s’il y a une vraie étoile masculine dans cette compagnie, c’est bien lui. Mais que serait le monde sans Karl Paquette ? Le jour où il part, il n’est pas improbable que le ballet mette la clé sous la porte — mais peut-être que Alu prendra sa suite ? Et puis MOB. Voir MOB en cygne et puis mourir. Une très belle distrib, avec de la future étoile en plus, et une superbe interprétation de Tchaikovsky en fosse. C’était la soirée immanquable, même si deux autres par la suite on été plein de paillettes et de promotions. La souris a eu le museau creux.

mercredi 28 décembre 2016

Roméo & Preljo & Juliette

Quel ennui ! À Chaillot, le dimanche, c’était Roméo et Juliette, un vieux Preljocaj. Il faut virer tout ce qui n’est pas un pas de deux, grosso modo. Vous voyez les jardiniers du Parc ? Ceux qu’on oublie tout le temps ; et bien là, c’est un peu tout le temps, mais en nazis-de-service (déjà qu’ils sont à l’opéra, ils sont partout !). Les Montaigu sont des manants, les Capulets des fachos. Certes… C’est mou, c’est plutôt grossier, ça ne tient pas debout, c’est souvent inintéressant — et la musique de Prokofiev est aussi modifiée de manière pas terrible.

Et puis les pas de deux, fabuleux parfois. On enlève une heure sur les 1h30, au moins, et on a un quasi-chef-d’oeuvre. Si ce n’est que ça termine en se découpant au coupe-chou, un ridicule final. Il y a des oeuvres qu’il ne faut surtout pas hésiter à remodifier quand on gagne en expérience (sauf quand on s’appelle Spielberg ou Lucas, là au contraire on ne touche pas !!). En plus, Preljo était là, aux saluts.

SW 3.5

Premier spin-off sous forme cinématographique de Star Wars — puisqu’il y avait déjà eu les Clone wars en animé, auxquelles je n’ai pas beaucoup accroché —, « Rogue One: A Star Wars Story » est aussi la marque d’une nouvelle exploitation extensive par Disney. Une équipe de nouveaux héros jetables, menés par une Felicity Jones irrésistiblement mignonne (quoique hors de mes critères hétérosexuels), et un effort désespéré des scénaristes de rattacher les wagons, avec bon nombre de références (essentiellement à SW4) pour faire plaisir aux fans, mais je pense quelques problèmes de continuité tout de même — à vérifier (toujours pas eu le temps…), de ce que je pense relever, la nature opérationnelle de l’étoile de la mort (Tarkin laissait penser que ça n’avait jamais été testé avant, de mémoire — les scénaristes se rattrapent sur le fait qu’il n’y a que des essais préliminaires, certes), l’évocation sur la manière dont les plans ont été volés (plutôt de l’espionage que THE bataille intergalactique), et un problème de hiérarchie (Darth Vader directement sous l’empereur comme à partir de l’épisode 5, alors que le 4 est assez clair sur le fait qu’il est sous Tarkin). Mais ça aurait pu être pire (il n’y a qu’à lire la Bible pour voir le bordel de l’exercice). Ils n’ont pas oublié que le Sénat existait toujours, c’est bien.

En fait, j’avais même un instant craint la catastrophe, avec la sortie des scénaristes Chris Weitz et Tony Gilroy, qui faisait craindre un manichéisme de bas étage (j’ai arrêté de noter le nombre de contre-sens qui ont suivi ces déclarations…). En fait, on a des extrémistes chez les rebelles, qui ne font pas trop dans le détail, entre l’assassinat et le massacre de civils au milieu des échauffourées. Donc, on peut trouver que les rebelles, c’est sale. Quelque part. Bref. L’Empire est tout de même vraiment trop décrit comme un bordel de psychopathes ; c’est un peu dommage. Pas la peine de forcer le trait outre-mesure, les loulous.

Au final, c’est formaté mais ça fait le job. Très bien, même. Star Wars a été décliné en tellement de choses qu’on n’est plus forcément à un film près, et si l’on suit la route, on ne peut pas se rater (repensons avec émotion à SW1… Non.) Mais du coup, notre réalisateur Gareth Edwards et ses six précédents films totalement inconnus au compteur, il sert peut-être bien à rien. Le seul risque qu’il prend par rapport à la tradition, c’est l’absence de résumé préliminaire (on a quand même un vaisseau qui arrive), pour nous mettre une séquence d’introduction (qui doit se dérouler juste après SW3), avant de faire un bond 15 ans plus tard (juste avant SW4, avec une belle transition finale, et une Leia numériquement reconstituée comme Tarkin — on n’y voit que du feu).

Alors ça se regarde aussi bien qu’un énième épisode Star Trek, avec grand plaisir, mais sans révolution.

mardi 20 décembre 2016

Paris-Est

Je me suis vraiment demandé pourquoi, pourquoi diable avais-je pris ce billet qui n’avait pas l’air a priori d’être plus justifié qu’un autre dans la saison. Orchestre de Paris, chef qui ne me dit pas grand chose — Juraj Valcuha —, violoniste qui ne me rappelle rien, même si on m’en dit un très grand bien — Vadim Gluzman. Et puis y’avait pas Lola, elle était remplacée par une contrefaçon chinoise — coiffée pareil, même silhouette, mais non, pas la même.

Mais c’était avant d’y regarder de plus près. Béla Bartók, Quatre Pièces op. 12 : déjà, ça commence avec de l’original. Puis le Concerto pour violon n° 2 de Prokofiev, suivi parce qu’il était toujours en forme (et que j’avais du mal à photographier sa superbe chemise mesure, même en étant dans les premiers rangs de parterre de la Philharmonie) un tout aussi compliqué Ysaÿe (sonate pour violon n.2 op 27, Les Furies). Et après l’entracte, le génial Sinfonietta de Leoš Janácek (que j’étais sûr d’avoir récemment entendu à la Philhar alors que non, 2013… Flippant).

Alors oui, clairement, il fallait venir.

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