humani nil a me alienum puto

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lundi 21 septembre 2020

un chatal des chateaux

Lors de mon passage à la gare de Tours pour trouver une solution pas trop horrible pour le Villandry du samedi, j’ai appris l’existence de Lôches et de Langeais. Il y a vraiment des châteaux partout, dans le coin. Grosse hésitation : la première ville a plus de transport, mais on perd deux heures de bus dans la journée ; le 2e est plus simple et rapide, mais il ne faut pas rater le seul aller de la journée à 14h (mais plusieurs retours, à partir de 16h, grosso modo un par heure). Finalement, ce sera Langeais : ça permet de mieux se reposer le dimanche matin (particulièrement mort, à Tours). 20 minutes de transport, pour se retrouver encore une fois en bord de Loire.

Comme souvent, le château local est un patchwork. En plein milieu de la petite ville, il mixe un aspect moyenâgeux tardif en réalité d’apparat (côté face : donjon/tours de garde/pont-levis), avec du plus confortable de renaissance à grandes fenêtres et ornements (côté pile) — et une originale distinction public/privé des ailes et pièces. C’est là qu’Anne de Bretagne est mariée au petit matin dans le secret. Avant de visiter l’intérieur, je me suis dit que je devrais faire un détour pour aller voir le pont manifestement célèbre du coin : mauvaise idée, l'urbanisme est complexe, et si j'ai fini par trouver et apprécier un coin calme de nature avec jolie vue, le retour au centre-ville (façon de parler…) m'a pris une bonne demi-heure, et j'ai fini par être sauvé par un gent-du-voyage qui m'a indiqué l'astuce consistant à sauter par dessus des ronces pour suivre ensuite les voies de chemin de fer (je subodore qu'eux-mêmes doivent faire pareil, étrangement…).

Initialement, il y avait un donjon bien carré en plein milieu, nous raconte le petit film télé juste après la billetterie (dix balles, aucune réduc), puis la guide dans la cour. Grosso modo an mil, Foulques Nerra, comte d'Anjou, fait construire sur un rocher avec belle vue son petit coin innovant, avec deux étages mais en pierre (certes à l'économie) — en préquel de Lôches (comme quoi !). Il guerroie du rival local de Blois, etc. Richard Coeur de Lion hérite du bordel, ça passe de main en main royale, puis totalement abandonné à la racaille, qui finit par le céder à Louis XI, qui le fait détruire pour éviter de nouveaux squatteurs (si j'ai bien suivi les explications, parce que Wikipedia ne raconte pas tout à fait ça…). Bref, ça aura duré 400 ans avant de devenir une ruine dans le jardin du reboot, celui qu'on visite à présent, et qui lui aussi va vivre des hauts et des bas (en sortant au passage du domaine royal au 17ème, pour rentrer dans le privé) jusqu'à ce qu'il soit récupéré au 19ème par le business man Jacques Siegfried, qui non seulement retape le truc du sol au plafond, mais en plus remeuble — notamment avec moult tapisseries, dont quelques géantes de héros dans le grenier. Puis il donne le tout à l'institut de France et se fait enterrer dans le jardin (on ne s'en rend compte que depuis le haut de l'ancien donjon).

Le joli petit parc avec sa longue extension (et cabane dans l'arbre) est vite visité ; on fait le tour du tout en deux heures sans trop se presser, essentiellement parce qu'il y a bon nombre d'animations à l'intérieur (dont le mariage d'Anne de Bretagne en poupées, et des vidéos explicatives, par exemple sur la restauration d'une grande châsse dorée exposée). C'est dans l'ensemble très sympathique, et le village tout autour est aussi fort joli (et pas loin de la gare, pour changer). Il y a des bistrots, un glacier, le tout à tarif prohibitif ; aussi une charmante église et des canaux.

jardichateau

Il y a deux ans (trois ?) il y avait eu un bon alignement des étoiles pour profiter d’un déplacement à Tours et visiter le château de Chenonceaux. C’était à moitié par défaut : initialement, c’était à la Villandry qu’on voulait aller, mais c’était la grosse misère. Trop tard pour le bus d’été, disparu en octobre. J’avais un peu plus d’espoir pour début septembre : raté. Aucun bus me dit-on (en réalité, ce n’est pas tout à fait vrai : si on descend vers la fac, il y a quelques 32 le matin pour l’aller, et aucun moyen pour le retour). L’office du tourisme déclare forfait, après être allé jusqu’à me proposer un potentiel tour à 60€ pour une heure de visite en courant ; alors qu’il n’y a plus aucun Chinois pour remplir les caisses, et que les Français se pressent assez peu, ça ressemble à de l’emploi fictif, ces temps-ci, officier du tourisme — personne n’a eu l’idée saugrenue de développer correctement le tourisme, en tout cas.

Je tente une approche Google maps, trous deux gares, l’une qui impose de faire un détour monstrueux pour traverser la Loire ; l’autre qui est à quelques bornes, une heure à pied d’après Google, 45 minutes d’après moi. Je vais donc au guichet SNCF, qui confirme la galère : il y a un seul train pour l’aller, à 12h20, un au retour, vers 17h, et c’est tout. Pour 10 minutes de train qui fait économiser 2h30 à pied. Damned. Sinon, il y a Langeais plus loin (que Savonnières, où peu de trains s’arrêtent, surtout le week-end), ou Lôches en car (mais 50 minutes de transport…). Bienvenue dans un pays en voie de développement, parsemé de vieux châteaux.

Option train, donc. Et 45 minutes sous le cagnard, avec une bonne moitié du trajet sans trottoir, avec les voitures qui n’ont pas vraiment intégré le coup du « 80km/h s’il n’y a pas de terre plein central ». Mais aussi une bonne partie en bord d’eau, sur un passage pour piéton et vélos peu emprunté. Et beaucoup de moments magiques, à l’aller comme au retour. Parce que si une fois arrivé au château, une courte discussion avec la caissière met le doute sur l’existence d’un moyen de transport civilisé jusqu’au château (et surtout jardins) le plus proche de Tours et le plus célèbre, impliquant un détour à l’office du tourisme local à 14h (le temps que ça revienne de la pause dej), faisant perdre 15 minutes, pour ne pas apprendre grand chose mis à part qu’il y a peut-être un bus appelable, avec un numéro qui met 5 minutes pour répondre que ça ne fonctionne pas le samedi, in fine, il a quand même fallu reprendre le train au retour. Deux fois trois euros, plus les 12 de visite (pas de tarif réduit : c’est du privé public privé).

La Villandry, c’est surtout les jardins. Avec les péripéties, j’en ai fait une partie avant (en me plantant, en réalité : je voulais faire le château, je suis tombé sur le Belvédère en tournant trop tôt) ; et le reste après les intérieurs. Comme assez craint, l’aménagement est vieillot, il faudrait un sacré coup de home staging. C’est trop dans son jus, avec de la tapisserie partout, des vieux meubles pas scandinaves du tout et de la peinture pas taupe. Du potentiel, mais vraiment, faut tout changer. On garde quelques chinoiseries (de rigueur) et la galerie de peinture, qui donne sur un étonnant salon oriental. On aime aussi beaucoup l’espèce de charpente qui sert d’expo, là où l’on sort ensuite tout à l’étage, à hauteur… encore de jardin ! (Le fameux belvédère)

Réellement, ce sont les jardins qui font le charme fou de l’endroit. Mais finalement, ils sont plutôt récents, après le rachat par le docteur Joachim Carvallo au début du siècle dernier, qui en a fait une sorte de mission de vie de rénovation. Quatre niveaux, six hectares. J’ai dû zapper la forêt, tout en haut, faute de temps. La vue de dessus des jardins très à la française est superbe, en revanche. L’aménagement permet de les longer, avant de redescendre sur une pièce d’eau très apaisante (livrée avec couple de cygnes), qui se continue le long d’une tonnelle charmante, avec quelques petites cascades finissant par entourer le château au niveau de douves. Parfait. On trouve aussi un labyrinthe où il est impossible de (se) perdre ; et un grand potager dingue qui fait une composition comestible.

Une journée entière permettrait clairement de mieux flâner (mais théoriquement, toute sortie est définitive). Ou du moins, si l’on ne perdait par une heure trente à pied — malgré le joli paysage qui croise les grottes stupéfiantes découvertes au passage. C’est bien dommage qu’à 15 km de Tours, on en soit réduit au tout-bagnole ! Surtout dans les conditions actuelles, sans car de touristes et avec des Parisiens si proches…

dimanche 13 septembre 2020

philhar de reprise masquée

Reprise à la Philharmonie ! Certes il y avait eu un concert spécial en juin ou juillet, mais je ne pouvais pas en être, j'avais un conseil municipal. Donc, j'ai patiemment attendu la 1ère de la saison, sans trop savoir quelles seraient les conditions dans la salle — mis à part les masques. Finalement, seulement les masques. Replacement tranquille avec Serendipity au parterre — après une arrivée à l'arrache en tram post-rendez-vous, et un changement de place qui ne bippait pas pour être replacé manu-militari en arrière-scène. Ça n'empêche pas d'avoir des voisins qui font "gling gling" avec les bijoux et respirent un peu trop fort par alternance, mais étrangement, je n'ai pas du tout entendu tousser ; en même temps, j'avais fait la même remarque l'an passé, à la même période. Le temps dira.

L'ouverture de saison se fait traditionnellement par l'orchestre de Paris. Comme l'an passé, ils ont fait venir une "cheffe", moins sexy que Karina cependant : Marin Alsop. Il y avait Chichestre Psalms de Leonard Bernstein, mais comme le choeur, c'est pas possible, ça a été supprimé d'un trait de plume de mail, sans remplacement, et effacé silencieusement du site web et du programme papier (ça explique peut-être aussi le replacement ? Une sorte de vague compensation ?). Restaient le joli Concerto pour piano n° 1 de Beethoven par Khatia Buniatishvili non masquée et avec les cheveux bien plus fixes que d'habitude (mais toujours autant de pédale, et un nuageux Adagio du Concerto in D Minor BWV 974 de J.S Bach, très joli).

Et surtout la symphonie n° 5 de Chostakovitch, après une longue pause comme un précipité infini, parce que pas d'entracte (mais on termine quand même à 22h30 avec ces bêtises : pénible, ça donne du 23h30 chez soi en ayant zappé les applaudissements). Très bien, mais manque un peu de cette magie qui fait les très grands Chosta.

verlan

Christopher Nolan est devenu le réalisateur en charge des block busters compliqués, une sorte d'évolution Pokemon de David Cronenberg. Il aime les tiroirs et les grosses basses, de Ludwig Göransson, cette fois : j'avais fait une séance ciné au dessus d'une salle diffusant Tenet, c'était gênant d'interférences sonores… Quand on est dedans, c'est entre Dunkerque et Dark night rises, ça gronde en permanence, c'est tendu, c'est brut. Mais le mécanisme scénaristique sous-jacent de Tenet s'inscrit plutôt dans la lignée d'Inception et d'Interstellar, en poussant encore plus loin les imbrications et paradoxes temporels ; en fait, ces deux films paraissent simplissimes en comparaison du scénario tellement alambiqué de Tenet — inspiré par le carré Sator, faut-il dire, le palyndrôme suprême —, à tel point qu'on frise l'hermétisme ; beaucoup voyager et faire exploser un vrai avion peut-il suffire à ne pas trop perdre un spectateur qui aura intérêt à revoir plusieurs fois le film pour comprendre toutes les sutilités d'un scénario qu'on considèrera a priori comme parfaitement cohérent ? Nolan repousse de plus en plus loin les limites de la suspension de la crédulité, ce qui peut être bien dangereux en soi…

Le très beau et très classe John David Washington campe un para-batman (ou para-James Bond) en gestation, accompagné d'un mystérieux et efficace Robert Pattinson — pour la peine, je n'avais pas perçu la surprise finale, alors que j'avais pu deviner d'autres mystères du film. Kenneth Branagh fait le méchant ; Elizabeth Debicki la princesse en détresse ; Michael Caine sert toujours de grigri ; et on ne voit clairement pas assez Clémence Poésy (mais ça, c'est un avis amoureux subjectif). Le but : évidemment, sauver le monde du présent (c'est-à-dire le passé du futur qui manifestement veut nous faire la peau).

La partie science fiction est in fine assez marginale et ne se déploie réellement qu'à la fin des 2h30 (un peu comme dans Inception, finalement, avec une montée en puissance de la complexité par mise en abyme), de ce qui reste majoritairement un film d'espionnage. L'alchimie entre le film d'action à gros budget et la réflexion philosophique complexe (entre le temps et la réalité), recyclant moult thématiques mystiques usuelles (le messie ?) et plus obscures (le fameux carré Sator), induisant plusieurs niveaux de lectures, en fait un potentiel film culte, mais seul le temps dira. Parce qu'à la première vision, c'est surtout un film où l'on ressort forcément frustré de ne pas avoir pu tout saisir (pour ma part, par exemple, c'est le problème du "endroit/envers" quand on remonte dans le temps, avec/sans air inversé, parfois les deux en même temps…). Dans l'immédiat, c'est très beau et très bien fait. Mais pour émettre un jugement définitif, je ne vois pas comment on pourrait sans revoir deux ou trois fois encore le film — qui nécessite quand même de reprendre un peu sa respiration entre deux visionages. Trop tôt pour crier au génie, mais trop tôt pour crier à la fumisterie aussi (le "blockbuster d'auteur" est la formule trouvée par les Cahiers du cinéma).

mardi 8 septembre 2020

film effaçable

Après une semaine de frénésie filmique — effet rattrapage que j’aurais voulu plus intense sans la masse de boulot de que je m’auto-impose avant la rentrée scolaire —, ça s’est calmé d’un coup d’un seul. Il faut dire aussi que mon binôme a parfois des cycles « reine des courants d’air », et in fine, la séance a été décalée au lundi soir pour un film qui me faisait un peu peur (mon premier choix, ça aurait été Tenet, clairement — même si je crains un peu la déception).

Pour « effacer l’historique », j’ai vu les meilleures et les pires critiques. Et les pires n’y allaient pas avec le dos de la cuiller. Soyons clairs : c’est effectivement filmé n’importe comment (sous couvert d’artistique façon FIAC ? Plan fixe interminable de doigts de pied/jambon, axes improbables, gros plans épouvantables), avec une qualité pauvre (très amatrice, j’espère que ça n’a pas couté cher), et des acteurs qui sonnent faux le plus souvent — à la française, pour être méchant. On se dit que quitte à refaire du Groland, Gustave Kervern et Benoît Delépine aurait dû y aller à fond. On se moque à la fois de la société et des beaufs (assez cruellement, mais avec empathie, alors ça va, n’est-ce pas), sur la thématique principale de la technologie.

En fait, le client idéal ravi, c’est l’électeur EELV technophobe flippé qui lit Télérama (5 étoiles/5, quand Allociné est à 2,6), et qui peut rire de clowneries laissant plus que dubitatif (le public du théâtre de la ville qu’on retrouve la cinémathèque, en somme). Il y a des coups de génies, assez nombreux en réalité (mais plutôt mal fichus malheureusement : ça tombe à plat la plupart du temps), des phrases qui aurait pu être encore plus hilarante (« j’étais avec un punk à chien que j’ai suivi quand il a été muté à Aurillac »), un déroulement hyper brouillon qui fuse, mais ça ne prend pas. Une sorte d’ennui latent, sans rythme, avec ses personnages totalement paumés (et idiots caricaturaux, comme on aime bien se représenter le gilet jaune à Paris — je plaide coupable, en même temps ils l’ont bien cherché). En fait, rien n’est vraiment assumé : c’est acide sans aller jusqu’au bout ; c’est absurde en restant très superficiel. Tout le monde est largué, dans le film et devant le film — sauf ceux qui se retrouvent totalement dans l’aspect « je suis perdu dans le monde moderne trop technoïsé », les bobos privilégiés de la classe intellectuelle cultivée (rêvant d’être des néo-Amish mais se limitant à 15 jours de vacances par an sûr une île labellisée paradisiaque « loin de tout »), alors qu’il y a pas mal de tarte à la crème, quand même.

Bref, pour moi, c’est un ratage industriel, un beau gâchis. 2,6/5 me paraît juste. Un remake américain pourrait peut-être sauver le propos (ou faire pire ?).

mardi 1 septembre 2020

messie post-pré-apocalyptique

À un moment ou un autre, il faut faire un coming out : je n’avais jamais vu Akira. Pourtant, j’ai eu moult occasions. C’est toujours pareil avec ce que l’on a immédiatement sous la main : on peut procrastiner indéfiniment. Pourquoi culte ? C’est ce qu’il fallait découvrir, au delà de la célèbre moto futuriste rouge. Et ça tombe bien, ça se déroule en 2019, juste avant les JO de 2020 de Tokyo — qui finalement n’auront pas eu lieu en 2020 pour raison apocalyptique autre, mais je me demande si l’attribution des JO à Tokyo pour 2020 étant tant une coïncidence que cela.

Katsuhiro Ōtomo en 1988 innovait fortement dans le cyberpunk post-apocalyptique japonais dont on peut voir ici des thèmes, des images, une ethétique, des développements, qui annoncent autant du Ghost in the shell que du Evangelion (mes deux chéris). Par bien des endroits, on se sent quelque peu frustré. C’est encore un peu vert. Et pourtant, quelle richesse ! Avec une diversité des personnages qui par ailleurs fait que l’on ne peut pas vraiment s’attacher à l’un plus qu’à l’autre. Intrigue intriquée, avec volet politique mine de rien assez complexe. Tout part en sucette, dans ce film. Le mystère est savamment entretenu, à un point où l’on risque tout de même de perdre tout le monde, en ouvrant plus de questions que de réponses. Il n’empêche que faire cela il y a 32 ans, c’était assez incroyable. Verdict : pas culte pour rien — mais je reste sur GIS et Evangelion.

les histoires d’am…itié finissent mal

Le dernier Ozon, « Été 85 », parle sans surprise d’histoire gay triste. Je me disais qu’au cinéma, c’est le défilé des gays (explicite, avec des bisous et des fesses), tandis qu’à la télé, dans les pubs, il y a une série de filles qui s’embrassent, mais jamais de garçons. L’universalité du lesbianisme vs le marché de niche artistique de l’homo mâle. Il y a un truc à fouiller…

Bref, il n’y a pas que Rohmer pour filmer les éveils amoureux d’ados à la plage pendant l’été. Le film est monté sur le mystère d’un cadavre, dont on sait tout de suite de qui il s’agit, mais dont on ne sait pas pourquoi notre héros entravé et attendant sa sentence en est arrivé là. J’ai fortement envie de spoiler <sauter la lecture ici sinon> en disant que c’est le plus long film de tous les temps autour d’un TIG <reprendre la lecture ici>. Ce que mon binôme a repéré comme étant parmi une masse de second degré rafraichissant (au même titre que Melvil Poupaud méconnaissable en prof de français gay à moustache des années 1980).

Le duo entre Benjamin Voisin la tête naturelle du beau gosse branleur) et Félix Lefebvre (la tête naturelle du beau gosse perdu — dans l’amour, les illusions, le désespoir, you name it) marche fort bien. Probablement deux belles découvertes d’acteurs — peut-être ici trop dans leur zone de confort ? (En même temps, pas sûr qu’ils soient gays, auquel cas il faut quand même le faire…) On fait un de parallèle avec Call me by your name, plus sérieux, dans le genre, pour mieux jouer aux sept différences (ou plus).

Bon film.

fumer tue

Le film coréen du moment est « Lucky strike », sur sa 7ème semaine de diffusion il me semble. Kim Yonghoon donne dans le sanguignolant à la Park Chan-Wook ou Bong Joon-Ho. Premier long métrage sur un substrat de roman japonais, monté dans un ordre non chronologique (ce que j’ai compris assez rapidement, mais ce n’était pas si évident), autour d’une sac rempli de billets, de gens passablement paumés et de milieu mafieu et sanguinaire. C’est bien fichu dans l’ensemble, sans être non plus exceptionnel. On y tombe éperdument amoureux de Shin Hyun-bin, 34 ans, 1m68, canon intersidéral.

l’aterrissage

J’avais vu La Haine à la télé. Quand c’est sorti au cinéma, j’étais trop jeune pour y aller seul (déjà, parce qu’il fallait aller en ville). Cette année-là, en 1995, j’avais pu voir Jurassic Park uniquement parce qu’il y avait un Disney oubliable pour ma petit soeur, accompagnée de ma mère. Bref, au mieux du mieux, on pouvait diviser la famille en deux. Donc, il avait fallu attendre la diffusion à la télé, en 98 ou 99 je pense (pas pu récupérer l’info). Le coup de poing immédiat, c’était entré dans mon top-3 immédiatement et pour longtemps (il y a un moment où la cinéphilie frénétique fait qu’on laisse tomber ce genre de classement personnel).

Comme La ligne rouge, je n’avais pas revu le film depuis, tout en gardant un souvenir plutôt précis cependant. C’est ce que je pensais, du moins : en réalité, il y a pas de mal de séquence dans cette suite de saynettes de comédie sur 24h avant le drame qui m’échappaient, ce qui n’est pas plus mal pour redécouvrir un film. Mathieu Kassovitz a quand même un sacré talent (je découvre aussi être l’un des rare à aimer Assassin(s), sorti ensuite). Les trois racailles, dont seul Vincent Cassel (effectivement magistral) allait devenir une grande star, nous emmènent dans leurs plans foireux de jeunesse désoeuvrée. Ils nous sont sympathiques en n’étant clairement pas fréquentable. On a beaucoup glosé sur ce film, qui possède de nombreux adeptes de gauche ; destin tout de même inattendu, de décortiqueurs en série (je lisais récemment une analyse sous le prisme unique… du genre ! Déplorant l’absence relative de femmes…). L’impact sur le tourisme à Chanteloup-les-Vignes n’a en revanche pas dû être énorme. En réalité, ce qui est drôle, à la revoyure, ce sont les références parsemées un peu partout.

Quand on connaît déjà la fin, le choc est moins fort. il n’empêche que c’était là le coup de génie. Dans une petite présentation préliminaire, Kassovitz disait que lors de les séances se terminaient de manière houleuse (cris, applaudissements, pleurs, tout à la fois). Dans la salle semi-masquée de l’UGC, il y avait surtout de la tranche 35-45.

mardi 25 août 2020

allons chez Madame

À une heure de Paris, on peut rayonner dans des endroits assez insoupçonnés. Un peu trop pour que ça tombe sous le sens de l’évidence. Deux mots, donc, sur la charmante bourgade bourgeoise de Maintenon, où séjournait quelques fois (mais surtout pour avoir le titre, et plus du tout à la fin de sa vie), Madame de Maintenon, d’une riche lignée mais surtout d’un riche et puissant amant, numéro 14 pour les intimes. Nous sommes donc opportunément sur la même ligne de train qui passe par Versailles — et relie le catholand lointain de Paris mais proche du lieu dit, à savoir Chartres et Rambouillet.

Il reste le beau château, retravaillé moult fois par les héritiers qui ont finalement cédé la bête dans les années 1980, avant une longue restauration clairement réussie, jardin compris (quand on voit les photos, on revenait de loin…). Il semble que la ville a tellement investit dessus qu’ils en ont oublié de faire un quelconque autre parc plus public : à Maintenon, il y a le château et son (magnifique) parc, dont on fait le tour en deux heures pour les deux, et seulement un golf attenant, encore plus grand en superficie, depuis lequel on peut faire des photos superbes avec le château sous l’aqueduc, si tant est qu’ils soit ouvert ; manifestement, il doit être synchronisé avec l’office du tourisme, et le mardi ne fait pas partie des journées d’ouverture.

La particularité du lieu, donc, c’est l’aqueduc de Vauban au fond du jardin (pour arroser les jardins de Versailles — du même jardinier), ce qui horrifia Madame (l’équivalent de « on va faire passer l’autoroute par là »), mais qui par chance (et grande tradition de BTP à la française), après avoir lourdement pesé dans les finances publiques et fait quelques centaines (voire milliers) de morts, est resté inachevé au 1er étage (sur 3, comme au Gard), donnant de splendides ruines qui magnifient le tout.

Bref, compter : 10€ l’AR en train (c’est les soldes Covid), autour de 10€ l’entrée (même avec de la réduc), et 15-20€ le repas (tout est cher…). La journée complète est un peu longue, puisqu’il n’y a vraiment rien d’autre à faire si l’on n’a pas apporté son kayak (zut, fallait le dire, personne pour en louer ??), la demi-journée plus appropriée. Chouette découverte, grâce à mon binôme enfin retournée sous nos longitudes.

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