humani nil a me alienum puto

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mercredi 20 mai 2015

pas un nain

Tout le monde a pris le pli : pour entrer au Grand Palais, il faut s’y prendre en avance et réserver. Pas de Ménimes, mais le nom de Diego Vélasquez évoque assez aux cultivés parisiens pour justifier un déplacement massif — ça implique donc des premières salles toujours surchargées. C’est que lorsqu’on y pense, on en voit très peu, du Vélasquez (j’en ai reconnu un de Berlin, mais les autres…). Avec ma dixseptiémiste préférée (qui s’est rendu compte pour l’occasion que le sexagénaire a traversé plus de la moitié de son siècle — et qu’il était rudement à son goût quand il était jeune), nous avons donc découvert les non-Ménimes : c’est qu’il en a fait, des choses, pardi ! Et évidemment, surtout des portraits pour les grands de son monde, ce qui comprend forcément une tripotée de Hasbourg post-Charles Quint, donc très moches. Le talent du peintre transparaît : c’est vivant ! Rendre le moche beau (tout en montrant que bon, c’est pas consommable), Vélasquez n’a pas volé sa réputation. Avec cette belle expo, il n’y a plus qu’à se rendre à Madrid !

jeudi 14 mai 2015

nature morte

Uberto Pasolini, qui doit sa bonne fortune à la production de « The Full Monty », réalise avec « Still Life » son second film, à l’image de son personnage principal (John May) qu’il suit quasiment en caméra subjective, offrant à Eddie Marsan un beau rôle de composition, d’un homme très calme et rangé, consciencieux et quasi-ennuyant, mais d’une profonde humanité. John s’occupe des funérailles de ceux à qui il ne reste plus personne — malgré ses recherches pour retrouver de la famille ou des amis. Il essaie de trouver une fin décente à ceux qui n’ont pas pu avoir une « Une belle fin » — fort bonne traduction libre du titre en français.

Suite à une mauvaise fortune, il décide d’insister sur le dernier cas qu’il a à gérer — un voisin méconnu, quasi-clochard ivrogne qui n’était pourtant pas dénué de passé —, pendant que le monde moderne qui appelle à l’optimisation perd de l’humanité en traitant mal ses morts — parce qu’après tout, dit le chef, les funérailles sont surtout pour les vivants, n’est-ce pas ? Voilà ce qu’on appelle « un beau film », avec de vrais morceaux d’émotion dedans, mais aussi une parabole poétique sur la vie et le temps à travers l’évocation de ces fins marginales, menaçant tout un chacun.

retour de la dream team

« Avengers l’ère d’Ultron » a un peu le syndrome Alien 2 : la surenchère après un premier opus introductif fort réussi. On commence ainsi dans une scène de guerre un peu abracadabrantesque où nos super-héros prennent d’assaut une forteresse en communiquant entre eux par des oreillettes très bien calibrées et à très très longue portée, avant d’avoir enfin maille à partir avec deux zigotos frère-et-soeur sortis d’on ne sait où mais dotés de pouvoirs surréalistes. Mais surtout, dans la suite des aventures riches en rebondissements, le problème quand on veut dézinguer du robot-Kbot dans tous les sens — sans trop épargner les bâtiments, mais en gérant les civils comme on peut —, c’est que ça frise toujours le grand n’importe quoi bourrin.

Heureusement, il y la pâte Joss Whedon, avec les petites phrases et la psychologie un peu étudiée du miroir. Si Banner craint son Hulk, Iron man-Tony Stark se voit dédoublé en Ultron (une saloperie de programme évolutif qui s’est échappée sur Internet et a une manie à la réincarnation dans de méchants robots), aux tendances génocidaires-pour-notre-bien. Et comme à tout Abel il faut un Caïn (ou quelque chose du genre), il faudra bien créer encore un autre super-héros pour lutter contre celui-là — quel joyeux bordel… La souris a fait une jolie étude du cas, en se concentrant sur le meilleur.

C’est un bon film (oubliable), finalement, après quelques frayeurs, mais c’est quand même un peu trop panique — Whedon s’en rend bien compte avec la tirade du capitaine-archer qui résume fort bien l’absurde situation alors qu’il fait face à l’attaque… Sinon, Scarlett Johansson est à tomber raide.

lundi 4 mai 2015

the wayward Osipova

De passage à Londres, je checke toujours les différentes salles d’opéra et de concert. La dernière fois, il n’y avait rien ; cette fois-ci, pas grand chose. Comme quoi, il y a des creux dans la saison londonienne — ou alors je manque juste de chance. Au moins, au ROH, il y avait « La fille mal gardée » (sous-titrée "The Wayward Daughter", pour les non-French speakers). Frederick Ashton chez les Anglais ? (Bah, oui, en fait !) Serait-ce la même chorégraphie que chez nous, celle si historique, que j’ai vu tellement de fois (dizaine ? Dizaines ?), ou une variation locale ? Réponse : la même. Forcément, car si la matrice est française, le revival est bien anglais. Mais sans Mathilde, ni Myriam ni même Muriel : comme annoncé, le Royal Ballet nous a proposé la jolie sautillante Natalia Osipova en Lise.

En Colas, pour la faire frétiller, Steven McRae, qui présente lui aussi de bien belles qualités. Il titille autant l’adorable Natalia que Philip Mosley en Widow Simone (« a rich farmer », apprend-on du programme), qui nous gratifie aussi d’un beau numéro de claquettes en sabot. C’est comme à la maison. Ça fait bizarre : ce n’est pas Garnier ; c’est en haut de l’amphi avec une belle vue mais pas une loge de côté à 10€ ; c’est sans binôme balletomane ; et c’est sans le cast habituel, surtout. Alors que tout y est, le poney (Formakin Peregrin the pony, supplied by George Gold — c’est pas du foutage de gueule, le petit programme du ROH, royal quoi !), les poules et le coq, les villageois, Alain (Paul Kay) et son parapluie, les décors, Lise qui descend les escaliers sur ses fesses en boudant (très réaliste, on sent que Natalia, comme Mathilde, ne se force pas trop…), tout.

Dans la fosse, l’Orchestra of the Royal Opera House sous la direction de Barry Wordsworth joue la partition de Ferdinand Hérold, arrangée par John Lanchbery, comme si c’était le plus beau des Tchaïkovski, avec légèreté et précision, parce qu’on est comme ça, à l’opéra royal : on prend soin de tout. Et finalement, c’est le secret d’une soirée réussie, entre les poules et Natalia Osipova.

dimanche 3 mai 2015

reine à l’écoute

Il me semble que c’est bien ma première pièce de théâtre entièrement en anglais ; ou en tout cas à Londres. Il faut dire que l’on sait mon appétence pour la chose théâtrale… Mais en remontant vers mon hôtel, sur Shaftesbury street, l’affiche de « The Audience » a attiré mon regard, et je me suis mis à sacrifier quelques précieux pourcentages de batterie pour en apprendre un peu plus. Pas grand chose en soi sur cette très récente reprise londonienne, alors qu’Ellen Mirren s’est exportée à Broadway, mais suffisamment pour éveiller mon intérêt et prendre une place de côté de premier balcon, au petit Apollo Theater, à £20 (ce qui n’est pas super donné, étant le cours du pound…).

Il faut dire que Kristin Scott Thomas sur les planches, là, à quelques mètres, ça a de quoi inspirer. Quel resplendissement ! Grâce aux différents travestissements, elle peut incarner la Reine Elizabeth II d’âge en âge de manière non-linéaire, de ses 26 à 89 ans, depuis Churchill (la toute première fois, présentée en deuxième scène) à Cameron (qui clôt pratiquement le défilé, avant de revenir sur le chouchou inavoué). Tous les mardis, il y a rencontre au sommet entre la Reine, censée ne rien trop dire mais tout entendre (et laisser entendre, dans sa conception des choses…) et le Premier Ministre du moment. Dans la pièce, huit sont représentés, et il faut souvent deviner de qui il s’agit avant qu’un indice vende la mèche (autant dire que ce n’est pas toujours aisé quand on n’est pas du pays !). Tony Blair, qui avait fait déplacer le meeting au mercredi, nous apprend-on, à la grande surprise royale — qui ne l’aimait pas trop, laisse-t-on aussi entendre…. — n’apparaît que très rapidement, sous les mêmes traits que Cameron, ce qui par exemple n’arrange pas toujours la compréhension.

Il faut certainement être Anglais pour comprendre toutes les subtilités à la limite des private jokes politiques sur les différents ministres, mais dans l’ensemble, alors que le public rit souvent aux éclats (très bon public, ces Anglais… Comme les Américains, d’ailleurs ; ils n’hésitent pas à en faire des tonnes, dirons-nous poliment), j’ai souvent été frappé par les différences culturelles qui ici ressurgissent. Certes je sais les Anglais très fiers de leur constitution non écrite (ce qui est nuancé, à présent, notons), de leurs traditions séculaires, de leur monarchisme envers et contre tout (quitte à raccourcir quelques monarques, ou à en renommer d’autres une fois réimportés — rappelle Churchill à sa souveraine, qui voudrait prendre le nom germain de son mari…). Mais ces saillies sur la République qui ne peut pas apporter la même stabilité requise, du Commonwealth bien plus stable que l’Union Européenne assez incomprise, ou encore cette reconstitution du couronnement (oui, quand même !! J’ai pensé aux Musulmans avec l’interdiction de représenter Mahomet : quand on n’est pas trop sûr du résultat, c’est vrai qu’il vaut peut-être mieux interdire par défaut), c’est quand même fort. Pendant l’entracte (juste après le couronnement), il y a une sorte de relève de la garde…

Et pourtant, en France, on est monarchiste aussi. Les ors, les tableaux, les chambres de palais, les sièges multi-séculaires (français, d’ailleurs), le service de valets, tout le tralala, on connaît. Mais il y a une différence : on change souvent de roi (trop souvent, d’ailleurs : j’étais contre le quinquennat, et j’avais raison — mais pas encore le droit de voter), alors que là, on comprend que la Reine, quand elle ne veut pas sacrifier son navire royal, véritable gouffre financier pour son bon plaisir et celui de sa famille, est une personne « sacrifiée ». Pour nous le faire toucher du doigt, il y son incarnation sur scène d’elle-même enfant (par Marnie Brighton, un modèle de fille que si on me promet le même, je veux bien revoir mon jugement sur la reproduction) : sa destinée bascule au moment où son père doit être couronné après l’abdication de son frère, et de fait Elizabeth se retrouve dans la lignée, hors du commun mais aussi hors de la vie.

Un des premiers ministres (Wilson, me semble-t-il, lors de la seule scène hors Buckingham, en Écosse) lui dit pourtant qu’elle peut comprendre les petites gens : non par sa fortune (sujet très tendu durant l’affaire Diana), mais parce qu’après tout, même cultivée et élevée à part, elle garde une âme assez simple, avec ses chiens, son fichu et ses promenades ; on peut s’identifier à elle, en somme. C’est une partie intéressante de la pièce qui aurait peut-être mérité plus de fouille, mais c’est déjà fort bien d’avoir une telle distanciation en miroir sur un biopic du vivant de la souveraine concernée. Peter Morgan a fait un sacré travail, où le narrateur sur scène est l’equerry (David Peart, qui lui ne vieillit jamais : plus qu’une institution !) permet le liant entre les différentes scènes des Premiers Ministres (qui va falloir citer : Winston Churchill : David Calder ; Cameron and Tony Blair : Mark Dexter ; John Major : Michael Gould ; Gordon Brown : Gordon Kennedy ; Margaret Thatcher : Sylvestra Le Touzel ; Sir Anthony Eden : David Robb ; Harold Wilson : Nicholas Woodeson). La mise en scène de Stephen Daldry permet ainsi de glisser naturellement d’un bout à l’autre au fil d’une promenade royale dans le temps et la politique.

Deux fois une heure séparées d’une entracte, sans temps mort, belles transitions, jolis tours où l’on reconnaît les différents protagonistes sans jamais trop savoir la part de vérité historique là-dedans (d’autant que des évènements réels sont raccrochés, comme le Canal de Suez, l’Afrique du Sud avec Thatcher, ou encore l’intervention en Irak — très joli parallèle avec Suez, de la part de l’auteur, qui laisse entendre sans trop rien dire, ou plutôt en faisant dire quasiment deux fois la même chose, mais sans insister trop puisque les deux scènes sont bien séparées…). À découvrir, pour nous Républicains !

envoyez la notte

Après le 3e épisode de la trilogie de Michelangelo Antonioni (« l’eclisse »), voici le 2e : « la notte ». Rétrospective à rebours au quartier latin, alors que la Cinémathèque se met à exposer autour du réalisateur ? On y retrouve Monica Vitti, mais son rôle (de brune) Valentina n’intervient qu’à la marge : le couple central est entre Marcello Mastroianni (Giovanni) et Jeanne Moreau (Lidia), qui s’ennuie l’un de l’autre ou l’un avec l’autre. Le film se traîne jusqu’à la nuit, une nuit chez un riche industriel de débauche à l’italienne, qui s’étend une bonne partie des 125 minutes du film. Les deux héros flirtent chacun de leur côté, se perdent, se retrouvent… Jusqu’au petit matin : où cela peut-il bien mener ? On sent le réalisateur un peu pris au piège de sa propre pensée contemplative, parce qu’il faut bien retrouver un peu de narration, tout compte fait — au risque de laisser filer le film comme le couple mis à l’écran a laissé filer sa relation…

rasade DiDonato

Le New York Philharmonic a posé ses valises à Paris le week end dernier. Avec un prix de place prohibitif, on pouvait espérer quelques trous dans la salle, mais les américains ont tôt eu fait de dépenser quelque fortune, qui pour eux n’est toujours rien comparé à leur pouvoir d’achat s’ils étaient restés au pays. Et puis il y avait du ninja, aussi. Mais avec la souris, nous pûmes trouver de quoi nous regrouper au rang P.

Esa-Pekka Salonen a mis de côté la direction d’orchestre pour composer, notamment ce « Nyx » aux accents très messiaeniques, que j’avais manifestement raté au Châtelet il y a trois ans. La pièce passe par des mouvements violents et d’accalmie, des cordes et des cuivres, mais clairement, ça sent le Messiaen. Pour « Shéhérazade » de Maurice Ravel, Joyce DiDonato a elle aussi fait le déplacement. Sa diction était fort bien au début, moins compréhensible ensuite, mais l’ensemble était du niveau qu’on attendait : superbe. Elle a une facilité déconcertante pour envoyer des décibels, sans sacrifier la musicalité. En bis, « Morgen » de Richard Strauss : dans le public, on a poussé une sorte de soupir d’extase à cette annonce…

Pendant l’entracte, on entendit quelque chose en bas, et effectivement, le chef Alan Gilbert était avec la sublime Joyce, rencontrant essentiellement une bonne partie du public américain de la Philharmonie, échangeant amicalement et chaleureusement ! Le chef s’éclipsa en premier, pour se préparer au Ravel suivant, « Valses nobles et sentimentales ». Le pauvre Serendipity, évincé de son replacement, couru après sa place au dernier moment : pas de chance, c’était celle de la souris (comment soupçonner qu’il en était à un point de ninjaïsation tel qu’il cherchait seulement à s’avancer de deux rangées ? Tandis que celle-ci, aussi munie d’une place jeune, aurait dû se trouver avec moi tout en haut derrière).

Trop tard pour échafauder un repli stratégique (par exemple à l’arrière-scène où il y avait de nombreux trous), cette séparation permit cependant une intéressante expérience : en effet, la souris pu se replacer, pour la Suite du Chevalier à la rose de Richard Strauss, bien plus près, autour du 6ème rang. Et c’est ainsi que nous pûmes donc être sûr de quelque chose : il faut être très près pour bénéficier réellement de l’acoustique de la Philharmonie, qui semble, aux dire de Joyce DiDonato, très agréable pour le chanteur (elle en parlait encore à l’entracte, précisant ce qu’elle avait voulu dire — en français — avant d’annoncer son bis), mais qui pour le public ne fait décidément pas vibrer. Sauf à être près, donc. Aux rangs du fond, j’ai trouvé cela très beau, mais juste très beau ; aux rangs de devant, la souris a pu vibrer, donnant enfin du relief au concert (jusque là très beau).

Ah ! Confirmation avec la Valse (du Lac) de Tchaïkovski, en bis. Ce n’est pas une standing ovation (really ? Ah ces Américains, toujours aussi démonstratifs — étaient-ce les parisiens qui étaient aussi pénibles dans le public, d’ailleurs ?) qui va arrêter le chef ou l’orchestre : il nous annonce une petite surprise et se déporte (devant une caméra toute déboussolée), pendant qu’un band de cuivres se met à jouer du Lew Pollack (merci le site de la Philhar pour la ref) : « That's a plenty ». Oh yeah !

lundi 27 avril 2015

orchestre de Paris viennois du dimanche

Après Berlin, Vienne : invitation à la valse. Toujours Thomas Hengelbrock pour l’orchestre de Paris à la Philharmonie, mais cette fois-ci sans souris. Le titre de la soirée n’a pas eu à être cherché bien loin : avec l’orchestration de Berlioz, le célébrissime air de Carl Maria Von Weber, qui ouvrait par là la voie à Strauss, pu résonner en ouverture (et non en bis). « Invitation à la Valse », op.65, H 90.

Un Félix Mendelssohn, un Bertrand Chamayou, un concerto pour piano n° 1 en sol mineur, op.25, un feu d’artifice. Un rappel, je crois, mais je ne sais vraiment plus quoi… Puis un Schumann, Symphonie n° 1 en si bémol majeur "Le Printemps", op.38. Ça, c’est quand il était heureux et voulait faire mieux que Clara. C’était chouette.

orchestre de Paris berlinois du samedi

Sous la direction de Thomas Hengelbrock, l’orchestre du Paris le samedi à 19h, Philharmonie, est devenu vienno-berlinois. Berlin années folles. D’abord avec un (toujours) très bon Hindemith inconnu, Nouvelles du jour (Neues vom Tage), ouverture. Puis avec un plus connu Kurt Weill qu’il ne faut jamais manquer, « Les sept péchés capitaux » (Die sieben Todsunden), ballet avec chant sur des textes de Berthold Brecht, à un moment où c’était assez compliqué entre eux. La mezzo-soprano Ute Lemper était au micro, avec Markus Zapp (ténor), Manuel Warwitz (ténor), Reiner Schneider-Waterberg (basse) et Marcus Schmidl (basse).

Ute Lemper pris alors la parole après les applaudissements, pour nous parler des années berlinoises et enchaîner sur des extraits de l’opéra de quat’sous, de telle sorte qu’on aurait pu croire à un nouveau changement de programme, car à vrai dire la suite Kleine Dreigroschenmusik était bien prévue après l’entracte, et non avant.

Pendant l’entracte, une autre voix grave se fit entendre dans les couloirs du 3e étage, devant la porte menant au parterre : celle de Lola, disparue depuis le Hindemith, et prête à réapparaître dans la dernière pièce, d’Eduard Künneke. Moments d’intense émotion — déjà pour Lola, qui était donc à deux pas, ensuite pour cette Suite dansante (Tänzerische-Suite), concerto grosso pour jazzband et orchestre, op. 26, qui valait vraiment d’être découverte.

Une schöne soirée !

blonde eclissée

Lundi, il y avait TCE. Du coup, il n’y avait pas Arte, et l’Eclisse, d’Antonioni (1962). Mais pourquoi choisir, quand le quartier latin supplée au cultureux parisien ? Direction le Champo, pour la séance du jeudi soir : nous voilà rassurés. Il y a Monica Vitti (qui a déjà joué dans les deux volets précédents d’Antonioni) et il y a Alain Delon. La première a le vague à l’âme des jolies jeunes femmes blondes, le second est un jeune loup matérialiste de la finance, à l’époque où les ordres en bourse se passent dans une salle unique où tout le monde gesticule, y compris la mère de notre héroïne. Antonioni filme longuement la demoiselle qui quitte presque sans un mot son fiancé ; il filme en longueur la ville, en profondeur la bourse. Finalement, sur l’histoire en tant que telle, il n’y a qu’une toute petite partie des 118 minutes. Et si j’avais déjà repéré une fin très éthérée sur Arte, elle m’a rappelé du Tarkovski, un moment poético-esthétique sans dialogue, interprétable à merci… Alors qu’on partait d’une assez banale histoire d’amour en formation en pleine Italie des années 60. D’ailleurs, pourquoi l’éclipse ? (De la compliquée Vittoria qui s’esquive encore et toujours, jusque sur l’affiche ?)

Étrange étrange…

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