humani nil a me alienum puto

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lundi 24 février 2020

uncle flingueurs

« Gentlemen » est une sorte d’Audiard British avec la touche très caractéristique que Guy Ritchie s’est formé — ce qui commence à donner dans une sorte de facilité, mais en même temps, ça régale… Hugh Grant est un journaliste véreux en grande conversation avec Charlie Hunnam, second de Matthew McConaughey, qu’il entend faire chanter. D’où une construction en flashbacks plus ou moins librement réinterprétés, retraçant l’histoire intriquée du commerce récréatif et huppé devenu empire, entre la gentry ruinée qui loue des parcelles pour l’horticulture de Marie-Jeanne et les rues londoniennes. McConaughey veut prendre une retraite anticipée en cédant son fonds de commerce à un autre gentleman huppé gangster, tandis que chez les Asiatiques voisins la compétition interne (fort classique) du jeune dragon vers le vieux tigre rajoute quelque entropie à une situation qui s’envenime à vive allure en tirades et situations qui rappellent fortement nos Tontons flingueurs nationaux, dans le genre. On flingue avec flegme et en tweed (même chez les Asiat, et même pour les joggings de chez Colin Farrell le « coach »).

C’est nerveux, envolé et assez jouissif, le high tea du banditisme.

lundi 17 février 2020

résurrection n°2

Ce n’est pas parce qu’il y a cours le lendemain matin à quelques centaines de kilomètres qu’il faut rater Tugan Sokhiev à la tête de son National de Toulouse pour donner une symphonie n°2 de Mahler, alias « Résurrection ». Train à 6h20 le lendemain. Ça pique. Mais je n’ai pas été le seul à le penser : salle bien pleine (dès la répétition en fin d’aprem réservée aux Amis, à laquelle je n’ai pu accéder) ; pas facile de trouver une place au parterre (d’autant plus important que ça chante !). Et puis le Choeur Orfeon Donostiarra occupe une bonne partie de l’arrière-scène — mais pas énormément de temps pendant l’oeuvre. Oeuvre superlative, wagnérienne dans l’âme (surtout au début et à la fin), l’orchestre est tellement gros qu’une partie est en coulisse (comment ça c’est fait exprès ?) et que je n’ai pas réussi à repérer quand est-ce que l’orgue est utilisé…

Il y a la mezzo-soprano Christa Mayer, mais surtout la soprano Jeanine De Bique, la seule qui peut rivaliser au niveau de l’explosion du frissonomètre — comme l’épouse-t-on, au juste ? En oublie presque le public qui, comme trop usuellement, fait des siennes (à un moment, le chef est même obligé d’attendre que ça se calme, que ça finisse de tousser, que ça raccroche du téléphone…).

Quelle résurrection ! Quelle Jeanine !

faisons du climat

J’ai vu une interview de Makoto Shinkai sur Gong où il disait qu’il ne pouvait pas traiter directement d’écologie et de réchauffement climatique dans son dernier animé : au Japon, on s’en fiche éperdument. Pas bien Greta-compatible ! Ce sont pourtant des thèmes qui lui sont très chers.

Quand « Les enfants du temps » débute, on voit la version anglaise du titre, « Weathering with you », et comprend que ce n’est pas le temps en tant que quatrième dimension, comme dans « Your name », mais la météo, le climat. Ironiquement, « enfant du temps » est une meilleure traduction de la VO « Tenki no Ko », mais souffre donc d’ambiguïté sémantique. La souris fut de même prise au dépourvu.

Comme dans le précédent opus (qui a un peu plus de trois ans ! Déjà !), nous avons deux ados, de très beaux dessins, une histoire fantastique et poétique, des histoires de vie et de mort, bref des thèmes similaires. Tokyo y est très minérale, et sous la pluie. Beaucoup de pluie. Heureusement, notre jeune héros fugueur va tomber sur une fille-soleil, et à eux deux, ils décident de faire du beau temps. Insouciants, livrés à eux-mêmes (avec quelques semblables), ils sont pourchassés par les autorités, comme victimes du temps (quatrième dimension), de leur jeunesse, de la fatalité…

C’est parfois bancal mais c’est joliment mené, et donc même si c’est moins bien mené que Your name, ça reste une fable originale et fort agréable.

princesse Iveta Organa

Je n’avais initialement pas percuté que j’avais déjà eu l’occasion d’entendre Iveta Apkalna, accompagnant un orchestre, et non en solo. La titulaire estonienne de l’orgue de la philhar de Hambourg était de retour un samedi soir à la philhar de Paris. Une, voire deux fois par saison, l’orgue est pleinement exploité. Malgré un programme Bach-Glass, la salle est largement moins remplie qu’avec Latry derrière la console, mais ce n’est pas mal du tout.

L’alternance commence par Johann Sebastian Bach : Fantaisie BWV 572. Puis Philip Glass, Music in Contrary Motion. Encore Bach, Passacaille et Fugue BWV 582 (qui est en train de devenir ma préférée, ai-je l’impression). Encore Glass, Dance no 4. Tout cela est excellent, et comme je n’ai rien immédiatement noté de mes impressions, on se reposera sur la souris, exceptionnellement venue par l’odeur du programme alléchée.

Iveta, c’est une robe dos nu en première partie, et une sorte de queue de pie stylisée sur-mesure extraordinaire — qu’elle avait déjà portée la fois précédente — post-entracte. Et puis elle a toujours une coiffure de dingue, en mode Princesse Leia. Leia Organa. Iveta Organa ?

On reprend : Bach, Toccata, Adagio et Fugue BWV 564 ; Glass, Satyagraha. Act III – Conclusion (arrangement de Michael Riesman, et c’est beaucoup moins répétitif que d’habitude !) ; et le méga-hit de Bach, Toccata et Fugue BWV 565. En bis, un Bach qui fait l’entre-deux (et qui annonce de l’orgue à la Vierne ou Lefébure-Wely, je trouve) : cantate BWV 208 « Schafe konnen sicher wieder ». Sehr sehr schöne!!

voile explosé

On ne peut qu’aller joyeusement à la Philharmonie lorsqu’un tel alignement des étoiles programmatiques arrive. Gergiev, Münchner Philharmoniker, Diana Damrau, Quatre derniers Lieder de Strauss et la 5ème symphonie de Mahler. Forcément, c’est complet, et il commence à y avoir trop de ninjas : in extremis, j’ai dû retourner au second balcon.

J’aurais peut-être dû faire comme les squatteurs des places de retardataires du fond de parterre : l’acoustique pour le chant avec gros orchestre est toujours naze. Un voile se met sur Diana, qu’on n’entend parfois plus du tout, et en tout cas trop peu. La balance est déséquilibrée. Plus que gênant. On devine que c’est très bien, sans être trop sûr. À l’entracte, préférant rejoindre Laurent (mit binôme) et Gvgvsse (par l’odeur du Mahler alléché), je n’ai pas confirmation. Il est vrai qu’ils avaient l’air boudeurs, de loin (avantage du second balcon de côté : on peut espionner presque toute la salle). Pas convaincus. Bon, dommage.

Au retour dans la salle, des places se sont libérées. Trop tard, j’ai rejoint le second balcon. Et là, bonheur : la 5ème passe extrêmement bien, en fortissimo (Gergiev a gardé la partition mais a laissé tomber la baguette pour diriger aux doigts). Au dessus du tuba et perpendiculaire des cordes (avec organisation de l’orchestre intelligente, contrebasses à gauche) parfaitement en alignée vers les oreilles. Au dessus aussi du corniste principal, qui attire des ovations unanimes. Bref, ça sonne très bien, et probablement même plus fort qu’en fond de parterre. Régal. Sauvés !

dimanche 9 février 2020

love me tender but fuck me too

Je ne sais pas bien quand a ouvert le nouveau TQI (Théâtre des Quartiers d’Ivry), mais la dernière fois que j’y avais été, c’était pour Adèle Haenel dans une salle qui ressemblait plutôt à un vague hangar aménagé. Depuis, la manufacture des oeillets (métalliques) a été rénovée, incluant une école d’art (qui expose aussi, apparemment). La communication est naze, à tel point qu’on trouve les programmes de tous les théâtres de la région SAUF celui du TQI — en fait il était dans un coin pas loin de l’entrée, je l’ai enfin vu en sortant. Bref, je voulais tester la nouvelle salle, mais la programmation paraissait franchement pas engageante ; genre théâtre des Abbesses en pire. Et puis « Chroma », adaptation et mise en scène Bruno Geslin, vidéo de présentation plutôt alléchante, avec certes du WTF standard (un comédien en train de forniquer avec un gros coussins à union Jack), mais où ça avait aussi l’air de danser et chanter, et franchement très bien. Tentons.

Un quart d’heure avant la séance, il y a une jolie queue qu’une dame essaie désespérément de vider de l’intérieur en demandant s’il y a des réservations. Aucune. Tout le monde achète sa place au dernier moment, avec un zillon de tarifs particuliers, ce n’est donc guère rapide. Et plus on se rapproche de la séance, à 16h, plus il y a du monde : lors de l’ouverture des portes, cinq minutes avant l’heure officielle, la queue fait une trentaine de mètres, et la pièce commence donc avec vingt-cinq minutes de retard… Quatre ou cinq cent places (de confortables bancs de deux, sans accoudoir, où l’on pourrait serrer plus de monde), rempli un peu moins de moitié, mais petit à petit… Entrant en premier, je choisis une super place pile au milieu, plutôt premier tiers bas. Je n’avais même pas vu que c’était du placement libre (obligatoirement : aucun système interne de numérotation des places !)

Seulement trois comédiens(-chanteurs-danseurs) : Émilie Beauvais, Nicolas Fayol et Olivier Normand. Les deux premiers occupent la scène en crapahutant le temps que ça commence. Puis il ne reste que l’homme, qui débute un one man show sur la musique endiablée de Mont Analogue (Benjamin Garnier et Alexandre Le Hong, sur le côté gauche de la scène, qui jouent de l’excellente techno en live). Le public rit à gorge déployée sur des bêtises : c’est une caractéristique de ce segment marketing (qui occupe aussi la cinémathèque, outre les théâtres pointus WTF, un vrai mystère). Ça met du temps à décoller, et l’arrivée du 3e larron par le côté en mode folle totale (accoutrement legging union Jack, haut de forme et canne), qui traverse juste sur ma rangée en débitant des âneries en anglais, ne m’inspire guère confiance. Ambiance gaucho-queer assumée.

Mais une fois passées les frasques introductives, et même si le premier comédien restera longtemps en slip (après quelques danses sur les différentes couleurs présentées), le spectacle prend un tout autre tournant et se rapproche des textes de Derek Jarman, qui a écrit « Chroma, un livre de couleurs », alors que la cécité le frappait, dans les derniers stades du SIDA. Et c’est alors qu’on est frappé par la forte poésie de l’ensemble, malgré les facilités usuelles qu’on retrouve dans le théâtre contemporain. Les très bonnes lumières (Laurent Bénard) et vidéos projetées participent autant que le texte à une atmosphère qui oscille entre l’anamnèse mélancolique, les anecdotes drôles et acides, qui préparent au drame de la maladie gay. La biographie est démontée dans tous les sens, par bribes, par épisodes, et on finit par la perte des couleurs introduites au début de la pièce.

Et finalement, après les relatives frayeurs du début et même si ça souffrait d’hétérogénéité (le problème fréquent des oeuvres contemporaines bavardes qui s’écoutent parler), c’était très bon dans l’ensemble. Jusqu’après les saluts, ça continue de parler en partie en français, mais surtout en anglais surtitré, mais partiellement, surtout à la fin, aux saluts, quand on nous recommande de trouver un bar gay à Ivry pour faire la fête, et/ou un dealer (beaucoup plus facile, déjà, dans le coin) et un lover, ou même de faire une pipe au dealer (étant donnée leur obédience locale, ça semble compromis) (Émilie Beauvais s’est d’ailleurs sinon proposée, mais je pense qu’elle était encore dans son personnage, elle avait l’air moins partante une fois avec ses amis).

Et là, on se souvient que 95% du public est blanc, et c’est confirmé lors du très long after dans la superbe halle industrielle brute, où tout le monde se connaît, sort du même milieu culturel et artistique, bref, le théâtre subventionné, c’est pas si inclusif que ça. Le petit paradoxe de la taille d’un éléphant. Sinon, la maison de Derek Jarman, dont il est de nombreuses fois questions dans le texte et en vidéo, est menacée (par de vilains promoteurs) et Tilda Swinton vient à sa rescousse en montant une cagnotte (elle ne peut pas acheter ?), pour en faire un musée. Gaucho-queer, disions-nous.

concert post-Brexit

Quel choix de programmation à la Philharmonie : le jour même du Brexit, l’hymne européen ! Une 9ème de Beethoven par l’orchestre de Paris qui a profité de la présence de Riccardo Chailly, enchaînant dans la même salle au moins trois orchestres en une dizaine de jours. Presqu’un chef à résidence… J’ai lu, de la part d’un concerné, que Chailly a une manière de diriger extrêmement claire pour les musiciens. Ça se voit. Son seul défaut est qu’il met encore les contrebasses à droite, comme dans l’ancien temps des enregistrements stéréo ; salle habitude (Karina a la même alors qu’elle est deux fois plus jeune, moche, personne n’est parfaite).

La salle était fort pleine, pour cette seconde soirée du samedi : effet 9ème ou contre-coup de la grève ? Chailly joue fortissimo, et il faut bien ça pour ressentir quelques vibes dans cette salle qui les absorbe. C’est propre et on a droit à quelques beaux frissons. Ça claque tellement des décibels que sa couvre les sifflements de nez du voisin (il y avait quand même un petit trou au parterre, en jardin pas loin devant la barrière), mais ça déclenche une prothèse auditive dans le public à chaque fortissimo du choeur (ces prothèses qui partent en Larsen dans les sur-aigus sont vraiment très pénibles. Mais à quoi cela sert-il de venir au concert quand on n’entend plus grand chose, et via un appareillage audio ?? Autant écouter au disque !).

Excellents chanteurs, et une ovation globale fort méritée. Freude!

scandaaaaaaaale

L’Amérique aime bien nous faire des films sur des évènements encore tous chauds, des sortes de biopics dont on se demande comment diable on pourrait avoir le recul nécessaire pour faire les choses proprement. Pourtant, ce n’est pas souvent inintéressant. En allant voir « scandale », traduction de l’impossible « Bombshell » — qui fait plutôt référence aux blondes bimbos cervelées ? —, je ne savais absolument pas qu’il s’agissait de l’affaire Fox News dont la France n’a eu que de lointains échos, au milieu d’autres #meToo, période faste du démantèlement de système de harcèlements sexuels.

Hollywood étant un club de gauchistes (même si ça reste du gauchiste ricain…), comment incarner des réacs bon chic bon genre ? Comme quoi, un acteur doit vraiment savoir tout incarner (ironie). Charlize Theron incarne ainsi Megyn Kelly, une journaliste vedette qui a une fois bousculé Trump — personne ne s’y attendait, elle le paie très cher. Mais c’est Nicole Kidman, en Gretchen Carlson, qui va mettre le feu au poudre quand elle est mise au placard puis virée. La troisième, Kayla Pospisil (Margot Robbie), n’est en revanche pas un personnage réel, une sorte de synthèse de « toutes les autres blondes anonymes de la chaîne victimes » (il existe autre chose que des blondes, mais c’est vraiment de la minorité ethnique négligeable). Jay Roach, qui vient de la comédie, est cependant un peu embarrassé de la faune qu’il a à traiter — foncièrement antipathique pour son public visé. Fox News, c’est quand même du lourd. Et même si son scénariste du Big short (trouvaille de la souris) fait bien dire à ses héroïnes qu’elles sont conservatrices-réac et fières de l’être, le film a plutôt tendance à montrer leur côté vaguement féministe qu’à insister sur leurs saillies *-phobes.

Il n’en reste pas moins que chez les réacs mâles, la gambette est une valeur sûre, et au-delà du produit d’appel, l’ambiance sexiste est au rendez-vous quotidien. À la tête de cette faune, Roger Ailes, qui a les yeux partout, a érigé un système de promotion-canapé qui sait tordre le consentement, d’autant qu’il est extrêmement fiable tant qu’on est d’une allégeance totale, et peut compter sur un mélange pervers naturel : la pression due aux de demandes de devenir présentateur largement supérieures aux offres de postes, et la compétition intra-sexuelle féministe qui lui assure l’omerta, si ce n’est le franc soutien de la gent féminine. Jay Roach est efficace sur le rythme (et le discours « systémique », avec la dénonciation-de-l’injustice jusqu’au générique), quitte à beaucoup utiliser de la voix off et du personnage qui parle directement au spectateur, mais pèche probablement sur la communication empathique des situations plus que gênantes. Et il est vrai que l’ambiguïté #meToo/divertissement/gambettes blondes n’était pas facile à gérer — mais ne pas pleurnicher fait aussi du bien, et le côté revanchard est assez jouissif.

lundi 3 février 2020

requiem naphtaline

Les programmes de la production Les Grandes Voix sont tellement pourris qu’on a eu peur que cette soirée « requiem de Mozart » soit dépourvue du requiem de Mozart… C’est dire. Évidemment, cela fait partie des nombreuses fois où le Théâtre des Champs Élysées ne distribue pas de programme papier, de telle sorte qu’on doit user d’une connexion 3G (voire 4G) précaire, du moins pour la moitié du binôme qui n’est pas resté dans le 17ème siècle, pour aller sur le site web tout ambigu.

Avec ledit usuel binôme, attaquée par quelque punaise de lit assoiffée la dernière fois que nous n’étions pas ensemble (à savoir deux semaines avant : oui, le TCE est potentiellement contaminé des vilaines bêtes, n’hésitez pas à emmener votre pot de miel délicieux — par exemple sous forme de tendre viande féminine délicieuse —, afin de faire diversion de votre personne), nous étions cette fois de loge (comme la fois où l’on avait fait le Stabat Mater tout aussi ambigu de la même prod).

« En première partie de programme », donc : Mozart, « Sancta Maria, Mater Dei » (K. 273) ; Albrechtsberger, « Domine, secundum actum meum » ; Werner, « Requiem en ut mineur » ; Mozart, « Ave verum corpus » (K. 618). Faut suivre et bien compter. Tout cela est très bien et plein de belles découvertes, et chauffe à la fois l’Orfeo Orchestra, le Purcell Choir, nos solistes (Emőke Baráth soprano ; Anthea Pichanick contralto ; Zachary Wilder ténor ; István Kovács basse), et évidemment notre chef, György Vashegyi.

Mais cela aussi présage de la suite un poil décevante. Parce que les instruments (franchement) anciens, en petit groupe, c’est charmant, vintage, mais surtout frustrant. On apprécie, parce que c’est bien fait (et malgré les victimes du coronavirus, dont un exemplaire dans la loge que ma patiente et douce accompagnatrice a failli achever dans un élan humaniste), mais ça nous rappelle surtout que les instruments modernes et les grands ensembles qui claquent, c’est quand même mieux. Vivement la version Barbara à la Philhar !

(Cependant, aucune punaise de siège à déplorer. Faut dire que les mesures sont drastiques. Adieu gambettes. Satanées bestioles !!)

airs B und B

Deuxième concert du LSO, le dimanche aprem cette fois. Encore une fois, Rattle nous donne un duo Berg und Beethoven. Mais cette fois, Alan était moins accessible. Quoique ! La première oeuvre, Sieben frühe Lieder, était encore dans une époque très tonale, dans la vague Mahler, Schumann, etc. Ces chants avaient été écrits pour piano et orchestrés 20 ans après « la jeunesse ». Dorothea Röschmann, soprano, au chant. Belle découverte. Puis la Passacaglia est une courte pièce qui fait la liaison en 1913 (mais orchestré 85 ans plus tard !) avec les Trois Pièces op. 6, enchaînées, qui sont là tout à coup beaucoup plus bergesques. Avec notamment un gros marteau, au fond, activé au début et à la fin. Et ce début, qui vrombit très fort, très noir, remarquable. Comme la salle était encore une fois très remplie (pour la seconde partie…), j’étais au 4ème rang de côté pair, presque sur le couloir. Devant, des voisines décontenancées, qui se sont clairement demandé ce qu’elles fichaient là.

Après l’entracte et une visite de Laurent dans le mini-club des amis de la Philhar (comme quoi, elle m’aura servi, cette cotisation), les retardataires réclamant leur bien m’exilèrent un rang devant, mais totalement de côté cette fois. Juste en face des contrebasse (et altos), dont j’espérais bien percer le mystère datant de la veille : pourquoi diable posent-ils chacun un deuxième archet sur le sol ? On ne saura pas. Dans tous les cas, ça donne un son un peu déséquilibré (sur les basses et sur la sonorité des archets pas encore « blendé »), mais aussi une certaine expérience immersive. Très belle intro et remarquable allegreto pour la superbe 7ème symphonie de Beethoven, à fond la caisse sur la fin.

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