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  <title>humani nil a me alienum puto</title>
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  <description>&quot;si peccator est, nescio ; unum scio, quia cæcus cum essem, modo video.&quot; (Joannes, IX-25)</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 19 May 2013 23:41:46 +0200</pubDate>
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    <title>476ème semaine</title>
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    <pubDate>Thu, 16 May 2013 01:32:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>Throne Room</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ma souris m'a quitté. Il va falloir que je me fasse à cette idée. Ça faisait pas mal de temps qu'on partageait un bout d'appartement, qu'on se croisait, mais il est vrai que la communication a toujours compliquée. Et puis je suis parti, quelques jours. À mon retour, plus rien, aucune trace. Elle avait manifestement plié bagage. Au début, je n'ai pas voulu y croire. J'avais fermé la porte : et si, pour l'empêcher de partir, je lui avais empêché d'entrer ? Moi qui avait prévu un bon repas de son met favori... Mais au bout de quelques jours encore, toujours aucune nouvelle. C'était fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dernière fois qu'on s'était vus, je m'en souviens, c'était devant la machine à sécher le linge. On avait tenté de se comprendre, mais ça avait échoué. Je n'ai jamais trop pu lui faire entendre que je respectais sa liberté, mais tant qu'elle respectait la mienne. Maintenant, je ne sais plus : a-t-elle définitivement fui, me laissant tout ce que j'avais monté pour elle sur les bras, ou feint-elle seulement l'indifférence, pour de futures retrouvailles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue être perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'elle me manque, ma souris ? Il est trop tôt pour le dire. Je commençais à peine à m'y habituer, depuis tout ce temps, à la voir dévaliser ma cuisine, fureter et se balader dans l'appartement — souvent en laissant derrière elle quelques traces désagréables, il faut toujours repasser derrière une souris, bordélique cette bestiole-là... Mais pourquoi ? Tout à coup, comme ça, me voici plaqué. Peut-être qu'elle s'est dit qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule et unique souris, dans ma vie, et a préféré s'effacer devant la concurrence. Ça peut être possessif, une souris, faut pas croire. Tant pis pour elle. Une souris de perdue, dix de retrouvées !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, j'espère pas trop, ceci dit. Une souris, ça va, c'est quand il y en a plusieurs que ça pose problème...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>aagrigrippippinana</title>
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    <pubDate>Thu, 16 May 2013 01:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>concert</category><category>musique</category><category>opéra</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Trois heures seulement ! Il faut bien avouer que quatre aurait été trop long, pour cette rediffusion de ce même Agrippina de Haendel que la veille à Pleyel, cette fois-ci au TCE. Le même, vraiment ? Outre cette fois-ci une charmante compagnie usuelle pour compenser l'effet de déjà-vu, le retaillage pour faire perdre une heure, le quart tout de même de la version de la veille, a donné lieu à l'entracte au jeu des sept différences. Évidemment, première différence, les forces en présence. Rien à voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Eduardo López Banzo&amp;nbsp; direction&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ann Hallenberg - Agrippina&lt;br /&gt;Vivica Genaux - Nerone&lt;br /&gt;María Espada - Poppea&lt;br /&gt;Carlos Mena - Ottone&lt;br /&gt;Luigi De Donato - Claudio&lt;br /&gt;Enrique Sánchez Ramos - Pallante&lt;br /&gt;Elías Benito - Lesbo&lt;br /&gt;José Hernández Pastor - Narciso&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Al Ayre Español&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'héroïne est Vivica Genaux, on sent que le rôle de Nerone a été un peu plus boosté que la veille ; et c'est ainsi qu'il/elle se met à chanter les louanges de la charité envers les indigents... alors qu'on avait coupé le pourquoi (Agrippina l'encourageait à aller se faire bien voir du peuple, par pur cynisme), et que la veille aussi, ça l'ennuyait quand même un peu... Moins de détail, c'est certain, par-ci par-là, quelques secondes grappillées, on perd en intrigues et en ressorts. Outre que si l'on annonce trois actes (avec toujours un seul entracte), on perd tout de même le gros coeur dodu de la veille, et le sac à malices d'Agrippina. Mais finalement, en relisant le résumé rédigé dans le billet précédant, il n'y a rien à enlever : Jacobs avait étoffé l'affaire, donnant plus d'épaisseur à une dramaturgie forcément un creuse étant donné les évènements relatés, mais cela n'était guère indispensable à la compréhension globale ; quand bien même on sent que l'on va trop vite dans la version de trois heures, et qu'il nous manque quelques clés pour comprendre les réactions rapides et surprenantes des personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les espagnols donnent dans le old school quelque peu poussiéreux : l'orchestre, plus réduit que la veille, sonne aux canards ; les chanteurs sont costumés cravate rouge ; les chanteuse en toge, rideaux pour Agrippina. Et puis ça défile aux pupitres quasiment sans interaction, parfois même un personnage s'adresse à un autre qui est déjà reparti s'asseoir : ça manque cruellement de vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lesbo, Pallante et Narciso sont dans cette version de l'insipide au mauvais (et à peine audible). Heureusement, le Claudio assure le job. Et le Ottone de Carlos Mena est réellement très bon. Très bonne Agrippina aussi, mais forcément moins appréciable Poppée que la veille (quoique techniquement irréprochable), car sur un registre bien différent, résolument lyrique-dramatique, à tel point que certains auront dû mal à reconnaître que c'est du même opéra dont il s'agit. Et puis Vivica Genaux, qui fait briller un rôle qui paraissait bien moindre la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'était pas mauvais ! Des faiblesses évidentes, mais on s'attendait à pire. Ça n'avait pas la patine Jacobs, le mécanisme bien huilé, et en même temps, entre fanatiques qui enchaînent deux fois le même opéra au hasard d'une programmation erratique, l'impression aussi qu'on a plus droit à du Haendel pur non coupé, du moins non remixé. En même temps, la version consolidée/augmentée de la veille, quoique vraiment longue, marchait bien mieux dans l'ensemble, et l'on y avait plus de plaisir. Pleyel ne gagne pas par KO, mais largement aux points.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Agrippina, reine du Kamoulox</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/15/Agrippina-reine-du-Kamoulox</link>
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    <pubDate>Wed, 15 May 2013 01:22:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>concert</category><category>musique</category><category>opéra</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Début du marathon Agrippina. Après 4 heures d'opéra le lundi, encore 4 le mardi, et 4 le mercredi... parce que ce sera le même que la veille. À Pleyel, on a décidé de commencer à 19h, pour finir à 22h55 — sans compter le tonnerre d'applaudissements. L'Akademie für Alte Musik Berlin de René Jacobs a une réputation solide. Avec cette soirée, elle ne s'en portera que mieux encore. Quel bonheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et par rapport à la veille, &quot;Agrippina&quot; de Haendel a un livret intelligent. Voilà une reine qui manie avec malice l'intrigue, pour faire accéder son fils Néron au trône. Au début, elle croit que Claude est mort, et fait proclamer son fils en intrigant auprès de ses deux prétendants Pallas et Narcisse — mais c'est qu'à l'époque, les communications sont assez mauvaise, et en réalité Othon a sauvé Claude des eaux, de telle sorte que celui-ci décide de le rendre héritier du trône, ce qui évidemment désespère Agrippina. Elle intrigue donc auprès de Poppée, courtisée par Claude (!), Othon et Néron (ce qui fait beaucoup...) en lui faisant croire qu'Othon l'abandonne à Claude en échange du trône, ce qui est totalement faux, et même l'inverse des volontés d'Othon (qui est un espèce de doux rêveur). Poppée décide donc de se venger d'Othon en usant de l'amour de Claude, tout en évitant de se donner à lui. Mais Othon, totalement disgrâcié, parvient à faire jaillir la vérité auprès de Poppée. On reste un peu rêveur sur la facilité avec laquelle on retourne tout le monde, dans cet opéra, mais par rapport aux horreurs scénaristiques de la veille, la comparaison est en faveur d'un certain vent de folie. Surtout lorsqu'on voit Agrippina se démerdouiller dans cet imbroglio de trahisons qu'elle a initié et ne contrôle plus, pour finalement, par un coup du sort aléatoire (mais non, c'est le talent !), avoir ce qu'elle cherchait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alex Penda incarne une Agrippina très malicieuse, toute en prestance et beauté ; très belle voix pleine, emplie de certitude. En réalité, Sunhae Im en Poppea pourrait bien être la vraie héroïne de la soirée, déjà parce que son rôle est très important (et connaît de grands moments), ensuite parce que ce petit bout de femme hyper-énergique en robe-tutu jaune poussin puis rose bonbon à froufrou. Marcos Fink incarne un Claudio qui hésite entre costume du Sud (chaîne en or qui brille), puis classe et enfin mania (retour des lunettes de Soleil, mais chemise rouge) ; grosse voix grave, un régal. Jennifer Rivera est une longue femme filiforme qui joue un Nerone à belle voix aiguë coaché par maman aux dents longues. Bejun Mehta est Ottone contralto, fort belle voix. Et puis les satellites : Christian Senn en Pallante, Dominique Visse pour Narciso (hirsute, voix très étrange ! Une spécialité à n'en pas douter) et Gyula Orendt en Lesbo (l'assistant-empereur). Les trois sont aussi fort bons ! En fait, tout le monde est brillant, faisons simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a une petite mise en scène bonus, avec des arrivées des personnages bien calculées, qui se cachent parfois, qui interagissent tout le temps, et cette scène entre Poppea et Nerone, une pomme entre les deux, marquera les esprits... C'est vivant ! Joie ! Du vrai opéra, avec des chanteuses qui sont belles à croquer, en plus (ça change des barriques de la veille, là au moins c'est crédible...). Et un René Jacobs tout discret, qui nous fait des merveilles en toute simplicité, un chef qui sait se faire oublier, pour que tout devienne évidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est mal barré pour le TCE de faire mieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(L'ami berlinois a déjà déclarer ne pas y aller, finalement — ça risque d'être très, très vide, vu déjà le nombre impressionnants de sièges libres à Pleyel)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>operanuyeux</title>
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    <pubDate>Wed, 15 May 2013 00:27:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>musique</category><category>opéra</category>    
    <description>    &lt;p&gt;On nous avait vendu &quot;La Gioconda&quot; de Ponchielli comme LE chef d'oeuvre méconnu par le maître oublié de Puccini — mais qui doit avoir sa statut à l'opéra Garnier comme Auber, j'en suis sûr. Déception ! Il faut faire confiance à l'histoire : cet opéra est un brouillon, le chaînon manquant (mais qui ne nous manque pas vraiment) entre le baroque et ses histoires complexes et le bel canto italien à beaux chants et livrets neuneus. Nous avons donc : du beau chant qui ne marque pas, sur un livret archi-complexe très neuneu — un exploit, il est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que Daniel Oren est brillant dans la fosse ; que la mise en scène de Pier Luigi Pizzi est d'une beauté à couper le souffle, en noir et rouge, en ombre et lumière de Venise, avec un système ingénieux et très simple de ponts sur canaux ; que les chanteurs sont vraiment bons ; et qu'on a en bonus une chorégraphie de Gheorghe Iancu, pour la Danse des heures (par une compagnie extérieure bariolée, un comble : on n'a pas de compagnie de danse, à l'opéra ?), avec deux remarquables solistes (Letizia Giuliani — très beaux seins — et Angel Corella). D'ailleurs, ce long (15 minutes ?) moment de danse était aussi le meilleur moment musical (fort étrange, puisque non chanté, en plein milieu de l'action...). Pour une coproduction Gran Teatre del Liceu et Teatro Real de Madrid, avec des costumes de la fondation des arènes de Vérone, on a mis les petits plats dans les grands — et ça tombe bien pour un gala AROP (dont étaient absents tous les présidents, étrangement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voilà : il manque un livret. Celui écrit par Arrigo Boito, d'après &quot;Angelo, tyran de Padoue&quot; de Victor Hugo, est un stéréotype de tout ce qui peut être à chier dans l'opéra. Ça ne tient pas de bout ! Et c'est long, mais long... 50 minutes, puis 40 et enfin 1h15. Alors qu'il ne se passe rien ! Et que tout est absurde : on passe du coq à l'âne, les personnages se lamentent un temps fou au lieu de se parler simplement, on en vient à prier pour que quelqu'un se fasse descendre — de préférence l'héroïne. Le tout dans un préchi-prêcha absolument intolérable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gioconda (Violeta Urmana, quand même !) aime Enzo Gimaldo (Marcelo Alvarez — tu m'étonnes que ma place à 90€, heureusement payée moitié-prix, n'était qu'à deux rangées du fond du parterre de Bastille !). Mais Enzo aime Laura Adorno (Luciana d'Intino), tandis qu'il considère la Gioconda comme sa soeur. Laura est justement la femme du terrible Alvise Badoero (Orlin Anastassov). Ce dernier est très jaloux. Il a, par le passé, chassé Enzo, le faisant passé pour traitre. Mais Enzo est revenu incognito, par amour pour Laura. Le duc Badoero est aussi conseillé par l'intrigant Barnaba (Claudio Sgura). Évidemment, celui-ci est amoureux fou de la Gioconda, qui le déteste. Et il veut se venger d'Enzo, qui justement doit rencontrer en secret Laura. La Gioconda, qui ne sait pas que Laura est Laura, veut la peau de sa rivale. MAIS, Laura est pieuse (même si elle veut tromper son mari), et elle a sauvé (en intervenant auprès de son mari), pendant le premier acte, la mère de la Gioconda, la Cieca (très remaqueable Maria José Montiel), sans que l'on ne comprenne trop ce qui s'est bien passé, d'ailleurs (la foule tout à coup trouve que c'est une sorcière, alors qu'elle passe son temps dans les bondieuseries, elle aussi). Alors du coup, alors que la Gioconda allait trucider Laura, la reconnaissant, elle décide de la sauver, puisque Barnaba avait anonymement prévenu son maître Badoero. MAIS Badoero décide quand même, par amour, de tuer sa femme, parce que ça ne se fait pas, quoi, de voir des inconnus le soir (il ne sait pas encore que c'est Enzo, en plus, ah ah !). La Gioconda, de son côté, déclare à Enzo que Laura l'a largué comme une sous-merde, mais celui-ci ne la croit pas et se fâche. Mais la Gioconda décide quand même de sauver Laura de son mari, en remplaçant la fiole de poison par un philtre à la Roméo-et-Juliette, qui l'endort. Cependant, elle n'arrive pas à avouer à Enzo qu'elle a sauvé Laura, parce que c'est vraiment trop trop trop dur de perdre son amour qui ne l'a jamais aimé. Celui-ci, perdant patience, pense très fortement à trucider la Gioconda, parce que faut pas pousser quand même. MAIS tout à coup, Laura se réveille. Bon sang, l'amour l'emporte, c'est beau. Sauf que la Gioconda, pour sauver Enzo des griffes de Badoero, le premier s'étant publiquement déclaré fameux amant de l'ex-femme du veuf dans un acte de désespoir héroïque, avait demandé une faveur auprès de Barnaba, celle de libérer Enzo, en l'échange d'elle-même. Barnaba, la queue frétillante, avait donc pris les devant en trucidant sa future belle-mère (astuce !), la Cieca, aveugle et passant son temps à prier et à se faire traiter de sorcière, qui commençait à lui courir sur le haricot. Mais la Gioconda est pure et veut le rester — sauf avec Enzo, déjà parti sur une gondole locale avec Laura —, et ne pouvant décemment pas se donner à Barnaba, atteint à son étanchéité tout en demandant le pardon à Dieu — comptons : jalouse + suicide VS sauver une femme adultère ; je ne sais pas où elle finira, mais en tout cas, Barnaba la maudis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rideau. Sponsorisé par Doliprane. Je viens de vous faire économiser 190€. Ne me remerciez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Sinon, le bidule a été filmé avec des caméras pénibles partout — dont une juste derrière moi, m'assurant une absence de voisin —, le tout apparemment supervisé par une Kaptation de retour avec sa taille de jeune fille — ouf ! — mais en civil cependant ; en toute rigueur, ça devrait bientôt passer entre 23h et 2h du matin, ou alors dans vos cinémas favoris)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>vie biodégradable</title>
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    <pubDate>Tue, 14 May 2013 12:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>ciné</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Forcément, la souris veut voir le dernier Gondry. Il est vrai qu'il répond bien à son cahier des charges de délire intelligent. Il paraît que &quot;l'écume des jours&quot; de Boris Vian avait une réputation d'inadaptable : je n'ai strictement jamais lu de Vian, que j'ai découvert en tant que personnage très récemment — mais il semble qu'il soit une idole incontournable de littéraire, je ne connais que trois filles qui peuvent en multiplier les références directes naturellement (ce qui me fait penser que ça donnerait un test palpatino-compatible saugrenu et inattendu...). Bref, de ce côté, je ne m'attendais à rien — si ce n'est que j'avais déjà entendu quelques critiques, que je rejoins finalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audrey Tautou et Romain Duris me semble un peu trop accuser les années pour leurs rôles respectifs, mais passons (ils ont toujours leurs minois de jeunes premiers, dirons-nous). Le parti-pris d'effets-spéciaux de carton-pâte est par ma foi bien réussi, dans le genre, et me fait beaucoup penser, pour le délire, à &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=UnXdYxvBHf8&quot;&gt;Entr'acte&lt;/a&gt; René Clair — d'ailleurs à un moment la musique ressemble plus clairement à celle de Satie. L'idée est d'ailleurs de baigner dans un monde surréel, à la fois en 2013 (confirmation par l'âge de l'avocat-serveur — Omar Sy —, dont on montre la carte d'identité à un moment ; ce qui confirme que ce sont les travaux de rénovation des halles que l'on aperçoit, et non leur construction ?) mais surtout dans des années 60... un peu futuristes (comme on savait le faire à l'époque, avec les délires autour de l'usine et du taylorisme à la Brazil). On s'y moque d'ailleurs beaucoup de JP Sartre (devenu Jean-Sol Partre), sans que la référence ne nous dise plus grand chose aujourd'hui (et le personnage de Gad El Maleh de s'autodétruire par la drogue (s|p)artrienne sans qu'on n'y comprenne plus rien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de l'idée, il y a plein d'idées. Le délitement du scénario est dû au ton du livre, m'a-t-on expliqué, mais c'est cependant ce qui donne une espèce de goût d'inachevé. Et en même temps, le tout ne tient pas tout à fait, il manque de ressort, de liant, de vie peut-être — ce qui est un comble ! Comme si tout à coup des acteurs s'étaient retrouvé là à vivre aventures et mésaventures sans trop savoir ce qui se passait. Et du coup, ça ne marche pas vraiment totalement. Un sentiment mitigé.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Umusuna</title>
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    <pubDate>Tue, 14 May 2013 12:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>danse</category><category>musique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Chaque année, la compagnie Sankai Juku vient au &lt;a href=&quot;http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-ushioamagatsusankaijukucreation2012-516&quot;&gt;théâtre de la Ville&lt;/a&gt; avec une création. Cette année, Ushio Amagatsu est reparti dans l'histoire archaïque — Mémoires d’avant l’Histoire. Amagatsu apparaît toujours de façon distincte (en blanc alors que ses autres danseurs sont en rouge), mais s'il se réserve des moments &quot;lyriques&quot; privilégiés en solo, les prouesses de lenteur et de force contenue sont clairement laissées aux plus jeunes, le long de l'heure trente que mesurent deux sabliers suspendus de part et d'autre de la scène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sable coule autour au centre, de façon continue. Ainsi s'écoule une chorégraphie toute en retenue, dans le blanc et le rouge, où l'on retrouve les éléments habituels, comme la fameuse ouverture de bouche. Il y a de la musique, cette fois, tout le long : c'est rare, me semble-t-il bien. Ce ne sera pas le Sankai Juku le plus remarquable, mais bien placé au coeur de l'amphithéâtre, le moment poétique passé dans la poudre, ou peut-être dans la poussière, à essayer de laisser des traces au sol, fut fort agréable.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>475ème semaine</title>
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    <pubDate>Sat, 11 May 2013 11:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>Throne Room</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;J'avais bien rattrapé mon retards en billets, mais j'ai dû partir loin pour le boulot. C'est toujours pénible, la province : les temps de transport sont tellement monstrueux qu'il faut partir la veille (ce qui bloque une journée de plus, non payée, sur l'agenda, plus une nuit d'hôtel), et revenir extrêmement tard le dernier soir, et en plus les prix sont moindre, de telle sorte qu'on y gagne franchement mal sa vie une fois les frais non-répercutés. Heureusement, à chaque nouvelle visite, la compensation vient du paysage : cette fois-ci, j'ai découvert Quimper, ville tellement paumée que je n'y aurais certainement jamais mis les pieds sinon. Et l'accueil y est très bon — y compris chez mes clients, adorables, et ça ça compte tout de même beaucoup (d'autant que c'est le genre d'intervention où l'on fait trois journées en deux, et où il me faut ensuite deux jours de repos pour m'en remettre... Pas très rentable, cette histoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crêpes, crêpes ! Et vieille pierre. Et Kouign'Amann, le fameux dont on me parlait depuis pas mal de temps — assez fidèle à la réputation qu'on m'avait rapporté (les 4h30 de train pour arriver aident à ingurgiter autant). Il y a de ces villes fort sympathiques (surtout quand il ne pleut pas ?), à la vie culturelle certes limitée (le théâtre ouvre-t-il, parfois ? C'est comme les opéras de Nantes ou de Rennes : même pas la billetterie n'assumait une présence d'ouverture quelconque...), mais pour le casanier, on y trouvera même de quoi bien se chausser et s'habiller (fort amour pour Burberry dans cette région à la pluviométrie écossaise, étrangement). Pour 400€/mois, on a un 60m² en centre-ville. Le tissu industriel est dense ; le tissu commercial aussi (on remarque une librairie et un resto chinois à vendre). Pourquoi diable y a-t-il autant de parisiens qui habitent ce foutu 15ème arrondissement, pour ne pas vivre à la parisienne ??&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on mette en plus une prime au départ pour la province !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>dernière 3e symphonie</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/11/derniere-3e-symphonie</link>
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    <pubDate>Sat, 11 May 2013 11:22:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>concert</category><category>danse</category><category>musique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les 3e symphonie de Mahler par Neumeier se succèdent mais ne se ressemble pas. Samedi dernier (il y a une semaine...), c'était donc au tour de Mathilde d'hériter d'un rôle un peu plus consistant que d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Dorothée Gilbert&lt;br /&gt;Agnès Letestu&lt;br /&gt;Stéphanie Romberg&lt;br /&gt;Héloïse Bourdon&lt;br /&gt;Mathilde Froustey&lt;br /&gt;Florian Magnenet&lt;br /&gt;Alessio Carbone&lt;br /&gt;Audric Bezard&lt;br /&gt;Yann Saïz&lt;br /&gt;Yannick Bittencourt&lt;br /&gt;Cyril Mitilian&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bourond répondait à la Froustey (d'où le choix de la rediffusion, évidemment !). La première en mode coincée, la seconde en mode décoincée. Un jour la Bourdon connaîtra peut-être la vie et s'épanouira, et ce sera très beau. Malheureusement, on les voit beaucoup durant l'Été (2e mouvement), mais plus beaucoup ensuite. Florian Magnenet joue cette fois le rôle solo transversal. J'avoue avoir eu un mal fou à reconnaître les autres, y compris Agnès Letestu ; en revanche, pas de soucis pour Dorothée Gilbert, Ange joyeux. Mais une impression diffuse que personne n'est réellement bien à sa place, dans cette production-ci. Les combinatoires sont complexes...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>justine juliettisée</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/10/justine-juliettisee</link>
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    <pubDate>Fri, 10 May 2013 17:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>ciné</category>    
    <description>    &lt;p&gt;On ne sait pas trop dans quelle direction va partir Stoker, même si l'on se doute de quelque chose avec Park Chan-wook derrière une caméra de plus en plus maniérée (inventive ? La limite est parfois difficile). Et puis cette fois, pas d'yeux bridés à l'horizon, si ce ne sont les belles amandes de &lt;a href=&quot;http://media.melty.fr/article-1461184-ajust_930/mia-wasikowska-sera-india-stoker.jpg&quot;&gt;Mia Wasikowska&lt;/a&gt;, méconnaissable depuis le fort oublié Alice et martyrisée il y a peu en Jane Eyre. C'est perturbant. India est donc la fille de la troublante/troublée Nicole Kidman, dans la famille Stoker, dont le père vient de tragiquement disparaître, laissant mystérieusement place à un frère réapparu (Matthew Goode), séduisant et inquiétant. Rejet puis fascination, peur et excitation, Indy va connaître la confrontation identité/altérité grâce à ce Noirceul (de soap opera ?) et se connaître elle-même : est-elle réellement une Justine effarouchée ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail sur l'atmosphère est particulièrement bien mené. L'identité visuelle est forte. À la fois éthéré et penchant vers le malsain. Cependant, il y a toujours quelque chose qui ne marche pas tout à fait. Un poil bancal. Pourtant, devant l'exultation immorale et les pulsions sexuelles, refoulées ou assumées, on est bien heureux de ce mélange étrange qui pourrait, sous ses airs distingués et américains à la fois, se réclamer d'un héritage sadien. Éros et Thanathos au pays de la catharsis (au mieux). Jouissance perverse. La souris a &lt;a href=&quot;http://grignotages-de-mimylasouris.blogspirit.com/archive/2013/05/08/who-are-you-stoker.html&quot;&gt;apprécié&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>solvet publicum in favilla</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/03/solvet-publicum-in-favilla</link>
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    <pubDate>Fri, 03 May 2013 01:36:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>concert</category><category>musique</category><category>religion</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Un pont, et voilà que le TCE n'affiche pas complet : replacement un peu plus centré, toujours en impair, un rang en dessous, voilà qui est bien exposé. L'ami japonais, lui, a carrément cassé sa tire-lire : totalement de face, quoiqu'au dernier rang, parce que c'est son dépucelage de Requiem de Mozart (à son âge !). En apéritif, la symphonie n°41 de Mozart, &quot;Jupiter&quot;, se passe bien — l'orchestre est un peu mou mais sur instruments anciens, Jérémie Rhorer étant encore à la tête du même cercle de l'harmonie, comme sur le Don Giovanni. On se repose un peu sur les thèmes lancinants, en attendant la pièce maîtresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entracte. L'ami japonais se déclasse : il subit le boucan de la régie juste derrière. Hinata-chan commence déjà à entonner le Dies Irae — reste d'un passé trouble catholique (entre autres). &lt;em&gt;Dies iræ! Dies illa. Solvet sæclum in favilla: Teste David cum Sibylla!&lt;/em&gt; Rappelons la parenté corporatiste entre la &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle#Diff.C3.A9rences_entre_sibylle_et_pythie&quot;&gt;Pythie et la Sibylle&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de réduire le monde en cendre, une partie du public aurait pu y passer, si Dieu n'avait posé un pont — avant on devenait &lt;a href=&quot;http://fr.wikisource.org/wiki/Gen%C3%A8se_%28complet%29#Gen.C3.A8se_19&quot;&gt;statut de sel&lt;/a&gt; pour bien moins que ça, tout se perd ! Les nominés sont : la voisine ESSEC de derrière qui faisait grincer son sac en cuir entre ses jambes (très découvertes sous le long T-shirt tenant de robe) et incontinente de la fermeture éclair ; le voisin de devant qui ne s'entendait pas parler ni tripoter des choses, et dont la femme servait heureusement de garde-fou pour minimiser les dégâts auditifs ; la bonne femme qui a eu une quinte de toux et a fini par se faire pousser pousser dehors par l'ami japonais furax ; et mon favori, le fou juste à droite qui fouillait aléatoirement (mais surtout pendant les moments les plus beaux) dans un sac en plastique, maugréant parfois, et ne comprenant pas pourquoi tout le monde lui disait de faire moins de bruit (notons que ledit sac en plastique avait été rapatrié en fin d'entracte par une chaine du coeur puis une ouvreuse elle-même : bordel de théâtre pas civilisé !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ni la soprano Miah Persson (recrutée de Don Giovanni, en remplacement exprès de Sandrine Piau), ni la mezzo-soprano Renata Pokupić, ni le basse Nahuel Di Pierro ne déméritaient — en revanche, le ténor Jeremy Ovenden a été condamné par la très sévère Hinata. Et pour une fois de presque regretter une robe légèrement plus courte que d'habitude (un exploit !) : en mode dark-grunge-doc-Martens, le teubé bruyant aurait pu passer un plus mauvais quart d'heure que quelques foudroiement de regard (qui jettent pourtant traditionnellement l'effroi). Cette association de malfaiteurs dans le public aura eu raison d'un plaisir que l'on aurait souhaité pur, pour un très beau Requiem. On espère au moins qu'ils ne reposeront pas en paix en enfer.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>474ème semaine</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/03/474eme-semaine</link>
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    <pubDate>Fri, 03 May 2013 00:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>Throne Room</category>
        <category>juridique</category><category>éducation</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Vendredi dernier, j'ai colloqué toute la journée à la maison du barreau (si un jour je monte un sex shop, je l'appellerai comme ça, et il y aura des déguisements fétichistes d'avocates). On y est toujours bien reçu, le petit four est abondant et de qualité, ce qui prouve bien que faire autre chose que des études de droit est se fourvoyer : dans un monde bureaucratique comme jamais (les romains avaient péri avant), c'est clairement le bon plan. Ça ne crée pas grand chose, pour être honnête, alors on mouline beaucoup. Sur &quot;l'action de groupe&quot;, la class action à la française, quasiment toute la salle se voyait depuis plus de 10 ans déjà. En fait, mis à part les étudiants (de Paris I essentiellement), le public était soit en partie la vingtaine d'intervenants de la journée, soit des &quot;périphériques&quot; ayant écrit sur le sujet en long, en large et en travers. Cet entre-soi trahit autre chose : outre l'hyper-spécialisation du droit, devenu bien trop vaste pour ne pas se concentrer sur une niche et joyeusement oublier ce qui avait été appris par coeur sans aucune pratique des autres champs (surtout publics), il y a une odeur de endogamie dont on se demande si elle ne bride pas l'imagination, à force. Question restée ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que les juristes, professeurs, avocats, directeurs juridiques, sont réellement impressionnants. Certains ont des connaissances encyclopédiques sans fond ; d'autres manient la langue avec une aisance extrêmement bourgeoise (du Bourdieu en puissance) ; quelques uns enfin ont une approche pragmatique qui tout à coup révèle des manquements que les chercheurs n'avaient pu trouver — il suffisait pour cela de faire un graphe de décision, bien complexe tant le texte du projet de loi est alambiqué, pour s'apercevoir que certaines hypothèses ne mènent à aucune décision possible du juge, ou à des indéterminations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est là où l'on se pose deux ou trois questions. Benoît Hamon est passé, nous exposer les tenants et les aboutissants, nous disant et répétant que la première étape est d'avoir &quot;quelque chose qui vole&quot; (en mimant la chose). Soit. Mais on s'aperçoit surtout que l'assez long texte, que les ironiques qualifient bien de français tant il correspond à l'habituel &quot;pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?&quot;, est soit pondu par des crânes d'oeufs énarques qui ne se rendent même plus compte de ce qu'ils écrivent, soit que c'est déjà un consensus mou agrégeant la chèvre et le chou pour se retrouver avec une hydre à plusieurs têtes, une chimère vouée à donner tout et n'importe quoi, avec laquelle devra se débrouiller la cour de cassation pour réécrire l'histoire comme il l'arrange (c'est-à-dire en changeant d'avis tous les quatre matins, ce qui fait déjà très peur aux entreprises, à raison).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première question est donc : pourquoi diable des juristes si bien organisés pour gloser ne sont pas fichus d'avoir plus d'influence sur les politiques ? On n'était pas sûr d'avoir la dernière version du texte ; les commentaires auront probablement peut profité aux services du ministères ou au parlement (je n'ai pas vu d'assistants parlementaires, encore moins de parlementaires tout court !). Autant pisser dans un violon — à moins que cela n'était qu'un exercice intellectuel ? À quoi bon... Dubitatif je suis resté. Cela m'interpelle : comment utiliser toute cette force vive, tous ces travaux savants ? Un an après le colloque &quot;la fabrique de la loi&quot;, avec Regards Citoyens, c'est une impression de non-aboutissement, entre deux petits fours, qui se dégageait de mon côté, alors que tout le monde se saluait amicalement — même les adversaires acharnés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait un petit stand d'étudiants, pour faire connaître leur section très spéciale, &quot;droit-économie&quot; à Paris I. Pour faire connaître leur double spécialité (extrêmement rare en France, totalement standard aux US ou autres endroits civilisés) non pas aux étudiants, puisque 4000 dossiers sont reçus pour 40 sélectionnés, mais auprès des professionnels. Un sur cent ? L'élitisme de la pré-sélection est le gage de la qualité de l'éducation, m'assure-t-on naïvement, dans ces jeunes bouches françaises d'une vingtaine d'années biberonées à l'esprit français, et dans un cursus pourtant anglo-saxon. C'était bien le symbole de cette journée : le talent de ce pays est de gâcher lamentablement et systématiquement un immense potentiel, dont il reste au final le minimum vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant de descendre juste en dessous.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>memento don juan mori</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/03/memento-don-juan-mori</link>
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    <pubDate>Fri, 03 May 2013 00:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>musique</category><category>opéra</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Ces temps-ci tourne une nouvelle production de Don Giovanni de Mozart tourne au TCE. Stéphane Braunschweig est un metteur en scène issu du théâtre ; je n'avais donc jamais vu ce qu'il a pu faire ailleurs, mais ma théâtreuse m'a révélé que ça ressemblait beaucoup à ce qu'il avait fait par ailleurs — encore un qui copie-colle à l'infini. Il avait pourtant une assistante à la dramaturgie, Anne-Françoise Benhamou. Tout ça pour quelque chose de pas bien joli, avec un décor-tourniquet (la roue tourne, tout ça), très noir et blanc, avec une inversion Don Giovanni vs les autres personnages, qui terminent tous en noir alors que lui est devenu blanc (cette finesse m'avait échappé, heureusement que moi aussi je suis assisté...). Et puis il y a des cranes partout, en masques et dans les placards. Memento Mori ; un peu léger aussi. Le tout dans un décor aseptisé et en costard-cravate (sauf un vrai costume d'époque pour Don Giovanni, qu'il enfile vers la moitié de l'opéra, Thibault Vancraenenbroeck ayant peut-être été enfin payé).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement Jérémie Rhorer, à la tête de Le Cercle de l’Harmonie, nous fait de très belles choses dans la fosse (que dirige aussi ma voisine, depuis notre premier rang de second balcon de remplacement, souffrant de la présence de luminaire, pas si mal en côté pair). Et sur scène, les chanteurs masculins sont bons sans être exceptionnels, les filles étant bien meilleures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Markus Werba - Don Giovanni&lt;br /&gt;Miah Persson - Donna Elvira&lt;br /&gt;Daniel Behle - Don Ottavio&lt;br /&gt;Sophie Marin-Degor - Donna Anna&lt;br /&gt;Robert Gleadow - Leporello&lt;br /&gt;Serena Malfi - Zerlina&lt;br /&gt;Nahuel Di Pierro - Masetto&lt;br /&gt;Steven Humes - Le Commandeur&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois heures, Don Giovanni qui jamais ne se renie est poussé par un commandeur macchabée relevé de sa morgue dans l'incinérateur du début. Donna Anna/Sophie Marin-Degor était aussi très à mon goût.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>l'eau dans le gaz</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/01/l-eau-dans-le-gaz</link>
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    <pubDate>Wed, 01 May 2013 20:31:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>ciné</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le dernier Gus Van Sant explore une fois encore l'Amérique profonde, celle où le rêve américain est plus devenu un art de vie traditionnelle de ferme plutôt que la richesse promise. Mais justement, voici qu'arrive Gobal, firme multi-milliardaire exploitant du gaz de schiste. &quot;Promised land&quot; prend une double acception qui montre l'ambiguïté de ce rêve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'équation est a priori simple pour le bouseux : on signe, on gagne une rente, on évite la misère de la crise qui se répand dans les territoires ruraux comme la peste ; mais elle se complexifie dès qu'on commence à se douter que le sol pourrait en être affecté d'une manière telle que la vie elle-même en serait définitivement corrompue (mais est-ce alors si grave ?). À ce schéma s'ajoute notre héros Matt Dammon, accompagné de Rosemarie DeWitt, descendant de fermiers, faisant signer les baux, pensant profondément au bien qu'apporte son travail, éludant les questions gênantes en faisant confiance à la valeur argent, celle qui seule peut apporter le bonheur. Évidemment, notre héros va évoluer, mais le moment essentiel de bascule vaut malheureusement à un effet de retournement un peu naïf dans la veine du complot du Grand Capital vs la démocratie participative, alors même que jusqu'alors le doute avait été aussi bien distillé durant le film sur le risque écologique en lui-même. L'argent corrompt, mais pas tout à fait tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de talent, et l'ensemble fonctionne donc fort bien, malgré quelques regrets.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>dimanche au parc</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/05/01/dimanche-au-parc</link>
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    <pubDate>Wed, 01 May 2013 01:51:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>comédie musicale</category><category>musique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;J'avais lu des critiques dithyrambiques sur &quot;Sunday in the park with George&quot;, au &lt;a href=&quot;http://chatelet-theatre.com/2012-2013/sunday-in-the-park-with-george-fr&quot;&gt;théâtre du Châtelet&lt;/a&gt;, mais je n'avais point prévu pour autant d'y aller ; c'est donc par un total hasard qu'avec B#2 nous nous y sommes retrouvé, durant presque trois heures, le ventre pas assez prérempli pour cela. Eh bien ça valait le coup : au-delà de la très bonne (quoique non-inoubiable cette fois) musique de Stephen Sondheim, c'était la mise en scène de Lee Blakeley qui valait le détour pour cette dernière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bonheur ! L'une des plus belles mises en scène jamais vues. L'histoire retrace la peinture du chef d'oeuvre de Georges Seurat, &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/A_Sunday_Afternoon_on_the_Island_of_La_Grande_Jatte&quot;&gt;Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte&lt;/a&gt;, 1884. C'est l'invention du pointillisme. George(s) néglige sa maîtresse-modèle Dot (quel nom coïncidentiel !) ; il passe ses dimanches au parc de l'île de la Grande Jatte à peindre la population bourgeoise (ou moins) qui passe, souvent à son détriment ; il essaie de faire valoir son travail auprès du chef-des-peintres-d'avant-garde (mais pas tant que ça) ; et il peint dans son atelier pendant que Dot s'en va se faire pétrir dans les bras du boulanger. Le livret de James Lapine n'est guère excitant, à la vérité, et quoiqu'original dans l'idée, l'histoire est assez plate ; surtout au second acte, où Julian Ovenden passe du statut de Georges à George, l'arrière-petit-fils, qui grosso modo vit une histoire parallèle de rejet de son art nouveau, s'inscrivant dans un hommage de feu Georges disparu à 31 ans, qui commence au musée américain (Chicago ?) et se termine sur l'île de la Grande Jatte (qui comme chacun sait a quelque peu perdu ses espaces verts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait couper beaucoup, et garder par exemple l'hilarant début de second acte où les personnages étoffés durant le premier acte se plaignent dans la toile où ils sont représentés. À ce niveau, la mise en scène excelle, avec des visuels à couper le souffle. L'animation des toiles de l'atelier de Georges était aussi absolument magnifique. C'est sur les esthétiques entre le réel et le pictural, limite rendue floue et poreuse, que la mise en scène enchante. À cela s'ajoute le boulot de David Charles Abell à la tête du philhar de Radio France ; et de très bonnes prestations des personnages entourant Georges : Sophie-Louise Dann (Dot / Marie), Nickolas Grace (Jules / Greenberg), Rebecca de Pont Davies (Old Lady / Elaine), Jessica Walker (Nurse / Harriet), David Curry (Soldier / Redmond).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ressort donc à la fois dubitatif par une histoire inutilement trop longue, mais totalement enchanté par un défilé d'images éblouissantes.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Piotr broussailleux</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/04/29/Piotr-broussailleux</link>
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    <pubDate>Mon, 29 Apr 2013 23:54:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>musique</category><category>récital</category>    
    <description>    &lt;p&gt;J'ai découvert Piotr Anderszewski avant tous les autres grands pianistes ; je me souviens encore, je révisais devant la télé, des maths peut-être, en prépa, et il y avait un reportage sur Arte à propos de son enregistrement des variations Diabelli de Beethoven. Et puis chaque année, lorsqu'il vient au théâtre des Champs Élysées, il tombe mal. Très mal. Et je sacrifie sa date. Sauf mercredi dernier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivé au pas de course pour cause de RER farceur, je rejoins mon balcon perché faute de pouvoir négocier une ninjaïsation dans la précipitation. La salle est assez bien remplie, on peut à peine se décaler pour un recentrement. Et on commence par du Bach, ce que je n'aime généralement pas trop au piano, qui sonne trop rond, mais bon, avec une interprétation pareille de la suite anglaise n° 3 BWV 808 puis de la suite française n° 5 BWV 816, comment se plaindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout la suite post-entracte qui valait le détour. D'abord du Janacek, &quot;Sur un sentier broussailleux&quot;, quelque chose de bien inconnu. M'étant rapproché et ayant changé de bord (corbeille paire très proche de la scène, en face du pianiste), j'ai aussi droit à un peu d'accompagnement vocal. J'aurais probablement eu plus de choses à raconter si je n'avais point laissé passer presqu'une semaine avant la rédaction de ce billet ; d'un autre côté, c'est de mémoire assez proche d'un Debussy, avec des couleurs qui méritent surtout d'être (ré)écouté, une fois qu'on est au courant que ça existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dernière pièce au programme était du Schumann, Fantaisie opus 17, dans une lignée de Beethoven/Schubert, pas mal de variations, avec une fausse fin qui aura déclenché des applaudissements rapidement étouffés. Un seul rappel après cela, non-identifié. Et puis une séance dédicace à 22h15, trop tard pour rester (d'autant que j'avais oublié mon CD de Beethoven d'il y a 10 ans), étant donné que la date... tombait mal, et que j'avais d'autres aventures où arriver en retard au pas de course.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>473ème semaine</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/04/27/473eme-semaine</link>
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    <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 21:22:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>Throne Room</category>
        <category>sociologie</category>    
    <description>    &lt;p&gt;On m'a titillé, ce mercredi, sur le mariage en doublon qui vient de passer. On me sait &lt;a href=&quot;http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/02/08/462eme-semaine&quot;&gt;intellectuellement contre&lt;/a&gt; ; mais qu'on ne s'y trompe point, si j'avais l'âme catholique, je marierais &amp;amp; reproduirais afin de perpétuer l'espèce préférée du seigneur. Bref, il faut vivre ses contradictions : je pense sincèrement que cette loi n'est qu'un pas de plus vers le délitement de la civilisation occidentale &quot;en perte de valeurs&quot;, celle où l'on vante les familles recomposées du dernier demi-siècle tout en s'interrogeant sur la merde éducative que récupèrent les profs, etc. ; et en même temps, puisque je suis exactement de cette même eau libérale individualiste entraîné au bonheur hédoniste, et comme je pense que j'aurai le temps de mourir avant la fin de la civilisation (en espérant que, mes ancêtres immédiats ayant fait le même calcul, la planète ne sera pas trop pourrie), sachant qu'on ne sait pas trop ce qu'il y aura derrière, autant cape-diemer gaiement, et militer avec la plus totale et désintéressée philanthropie pour la polygamie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car par ma foi, je ne vois plus du tout ce qui nous retient : on a dit &quot;qui s'aime se marie&quot;, &quot;il faut un cadre juridique clair et égalitaire pour toutes les situations&quot;, etc. Appliquons donc les mêmes raisonnements à ce qui est bien plus naturellement rencontré à travers les peuples que le mariage gay, et donnons un cadre légal à la polygamie naturelle (polyamour, si vous voulez). Je ris déjà d'ailleurs de voir nos égalitaristes en culotte courte crier au scandale en arguant des mêmes raisonnements que nos catholiques bafoués — ce n'est pas notre identité sociale, je ne sais quoi —, mais je tiendrai bon ! (Notons que ce ne sera pas pour moi, par interdiction préfectorale souristique : mais après tout, ce sont des hétéros qui ont voté pour le mariage gay d'une infinité de la population)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette histoire aura eu au moins le mérite de faire tomber les masques. Pas des cathos (ni des fachos... Ceux-là si on avait pu éviter de les réveiller, ça n'aurait pas été plus mal, mais au moins on sait qu'ils sont toujours là...), mais par exemple les sociologues. &lt;a href=&quot;http://www.scienceshumaines.com/l-invention-de-l-heterosexualite_fr_28409.html&quot;&gt;Prenons cela&lt;/a&gt;, exemple parmi tant d'autres, mais hautement révélateur : &quot;L'invention de l'hétérosexualité&quot; par Louis-Georges Tin, Maître de conférence à l'IUFM-Orléans, enseigant à l'EHESS (je précise sa noble lignée, n'est-ce pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;La culture hétérosexuelle n’est qu’une construction parmi d’autres. Si elle domine dans les représentations des sociétés occidentales, elle n’est ni forcément naturelle ni universelle.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà qui est dit. La sociologie est le faux nez de l'ingénierie sociale, on est à présent fixé. Nos petits positivistes descendants d'Auguste Comte ne sont pas bien éloignés de leurs cousins marxistes qui ont expérimenté en pays communistes : rien n'est naturel, tout est culturel, donc... tout peut être reconstruit à volonté. On pourrait dire que la dogmatique est effectivement constitutive de l'homme comme animal parlant, qu'elle fixe la limite et le cadre, permet à la société qui le dépasse de fonctionner — mais ce serait paraphraser Legendre (dont je ne comprends pas qu'un historien réduise son propos à une dimension historique comprise de travers — en fait si, c'est de l'ethnocentrisme). Mais non, la sociologie emprunte la voie de l'idéologie du juste, de l'égal, du rationnel, pour proposer de changer les liens sociaux, de les optimiser, de les rendre meilleurs à leur sens (dogmatique, pourtant, mais &quot;rationnel&quot;, issu de la longue tradition de réflexion occidentale que les chrétien ont digéré depuis les Grecs en passant par les Romains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres qui m'auront bien amusé auront été les anthropologue, qui dans le même goût auront expliqué que tel ou tel peuple sur son île du pacifique ne voit aucun inconvénient à vivre de telle ou telle manière (en l'occurrence : vivre avec une personne du même sexe selon les rites habituels), et que cela est donc tout à fait applicable en l'état chez nous. J'ai vainement attendu que l'on nous parle des cannibales, comme chez Sade, mais ne désespère pas un jour de pouvoir enfin manger mon voisin en toute quiétude. Reductio ad absurdum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce, étant tout aussi contre le mariage gay (pour raisons intellectuelles) que contre le mariage hétéro (pour raisons libérales logiques — avant on se battait contre le mariage, les fumeurs d'herbe des années 70 était plus consistants que nous, ça fait peur...), j'assisterai au premier comme j'assiste déjà au second. Il ne faut jamais rater l'occasion de faire une bouffe (en attendant de trouver son voisin au menu).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>rencontre AROP du 3e type</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/04/27/rencontre-arop-du-3e-type</link>
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    <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 20:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>danse</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Voici une autre rencontre AROP, après celle du vendredi précédent, qui était cette fois sur la thématique danse. On devait extraire Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet de leur répétition, au palais Garnier, mais finalement seul le second put venir ; avec Bribri en présentatrice, les ingrédients pour un moment de pur délire étaient tous réunis...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car Bribri est vraiment énorme, elle a cet humour, cette dérision, ce monde-parallélisme passablement unique ; son interlocuteur, lui, naviguait dans un maelstrom de concepts. Ça nous a un peu perdu, et pour faire un compte-rendu de tout ça, bein... Alors, c'est un boléro, ce qui est banal, mais original quand même sur le traitement. Je ne sais plus trop pourquoi. Mais après, au bout d'une heure, il y avait un buffet, et tout le monde s'est demandé quel était le rôle de Marina Abramovic, que l'on a rapidement évoquée dans le trio — c'était pour nous inciter à venir à sa rencontre à elle, le surlendemain, je pense. Même la &quot;question&quot; d'un type dans le public était tellement WTF que je n'en ai trop rien retenu. B#2 pourra peut-être nous venir en aide.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>effet Kisscool</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/04/27/effet-Kisscool</link>
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    <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 00:36:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>ciné</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&quot;Effets secondaires&quot; (&quot;Side effects&quot;) est le dernier Soderbergh. Et le définitivement avant-dernier. Les critiques étaient positives mais quelques peu mitigées : la mienne sera similaire. Le film prend au début une direction inquiétante : on sait qu'il va se passer quelque chose, mais on ne sait trop quoi (seulement qu'il y aura du sang). L'héroïne Rooney Mara (jeune femme anguleuse, petit modèle excitant), épouse de Channing Tatum, est dépressive et Jude Law essaie de la secourir par son support psychiatrique (prenant la suite de Catherine Zeta-Jones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle beaucoup médicament ; on se demande si le film ne va pas être à charge contre une société occidentale courant après le bonheur à coups de pilules magiques agissant sur le cerveau. Le drame survient. Le flou, le tâtonnement, et puis le choix du réalisateur (ou du scénariste Scott Z. Burns ?), qui choisit une voie... digne de lui. Et du coup, nous voici un peu embêtés. Parce que Color of Blood ou Sang chaud pour meurtre de sang froid (passons sur Vol au dessus d'un nid de coucou) sont bien meilleurs : pourquoi diable faire moins bien ? On sort un peu circonspect, du coup : le petit déséquilibre qu'entrainent les revirements successifs ne fait pas tourner la tête dans le bon sens du terme. Un léger sentiment de gâchis, en fait — et en même temps, pour ce choix de scénario rebondissant, on se demande comment on aurait pu mieux faire...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le grand-maître</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/04/27/Le-grand-maitre</link>
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    <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 00:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>ciné</category>    
    <description>    &lt;p&gt;The Grandmaster est le dernier Wong Kar Wai, qui avait quelque peu disparu depuis ses deux derniers mystérieux films, 2046 puis My Blueberry Nights. Apparemment, il a longtemps ruminé celui-ci : on peut le croire, à la vue du nombre plus qu'impressionnant d'idées de plans. Reflets, filtres, slow motion (tellement qu'on se demande parfois si l'on ne va pas passer tout le film au ralenti), zooms microscopiques, on se demande s'il existe un seul plan standard dans ce film extrêmement léché. Trop léché, en fait : on a parfois un peu mal au coeur, comme pour un gâteau trop crémeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zhang Ziyi (devenue Ziyi Zhang pour normaliser le sens européen prénom-nom) est aussi de retour (après quelques navets, les derniers inédits), et évidemment on ne va pas s'en plaindre, car &lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d1/ZhangZiyi_Amfar.jpg&quot;&gt;la plus belle&lt;/a&gt; femme du monde (et de l'univers) ne cesse d'augmenter en beauté (34 ans à présent, l'âge parfait). Si on la voit exercer ses talents au kung fu à la verticale, on ne la voit point à l'horizontale cette fois, ce qui est fort regrettable ; mais la véracité historique de cette fiction originale (WTF au générique...) a été respectée. Parfois tellement qu'on a même droit à une mini-histoire parallèle qui ne mène à peu près nulle part, sur l'un des futurs fondateurs d'école de kung fu à Honk Hong (suppose-t-on). En face de Zhang Ziyi, il y a Tony Leung, comme dans Hero. Lui a pris un coup de vieux, mais il crève toujours l'écran. Cependant, Zhang Yimou force de fait la comparaison en sa faveur, sur ce duo : il maîtrise l'art de la retenu et du dépouillement esthétique qui échappe encore à Wong Kar Wai Too Much (même si chaque plan est très beau : mais un film n'est pas une simple succession de plan !), qui louche aussi sur le wuxiapian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a déjà eu des films sur la vie du légendaire &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Yip_Man&quot;&gt;Yip Man&lt;/a&gt; (1893-1972). Celui-ci est sans conteste le plus beau, tel une grande fresque sur une bonne quinzaine d'année (les personnages ne sont pas vieillis, c'est en revanche un peu gênant) ; pas forcément le plus didactique. On y trouve aussi, bien mise en valeur, la philosophie chinoise, les thématiques chinoises usuelles si étrangères à nos notions européennes, que pourtant la souris n'a pas eu de mal à appréhender. Le film est au final réussi sans être une totale réussite ; un &quot;hors catégorie&quot; du film d'arts martiaux, une espèce de proposition, qui va probablement trop loin dans la recherche esthétique, au détriment de la poésie d'un Zhang Yimou ou d'un Ang Lee.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>l'âme du chef</title>
    <link>http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/04/26/l-ame-du-chef</link>
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    <pubDate>Fri, 26 Apr 2013 02:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>palpatine</dc:creator>
        <category>... et les arts</category>
        <category>compte-rendu</category><category>musique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Philippe Jordan est plus qu'un chef : c'est un manager. L'entendre traditionnellement chaque année lors d'une rencontre AROP est toujours un moment enrichissant. D'abord, c'est un musicien, et en cela à la fois un artiste et un technicien. Ayant toujours fui le wagnérisme, il a depuis franchi le pas de Bayreuth (pourtant proche de sa Suisse d'origine), en plusieurs étapes d'approche. Il nous explique comment on y joue fort et caricaturale dans la fosse, avec un décalage de quelques millisecondes : le son est d'abord très amorti, puis rebondit, devient moelleux, se mélange aux voix décalées (attention à la position du chanteur, s'il est au devant de la scène ou à l'arrière !), et le tout est enfin renvoyé vers le public. Cette salle est un vrai casse-tête : le chef ne doit pas se fier à ce qu'il entend, ni à ce qu'il a déjà dirigé ailleurs. Mais en vrai, chaque salle est différente (c'est simplement que celle de Bayreuth, avec sa fosse sous la scène, l'est encore plus) ; à Bastille, la fosse est profonde et butte sur un mur métallique affreux ; à Garnier, la moquette tue le son (d'ailleurs au TCE ou à Vienne, on a dépensé des fortunes pour arracher cette mauvaise idées des années 60-70).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà pourquoi il fallait une conque. Elle a coûté un bras, on ne peut la fabriquer qu'en Italie — enfin, c'est eux qui ont la meilleure, elle est même démontable et remontable en quelques heures, et on pourrait potentiellement la transporter à Garnier. Le son va être bien meilleur, projeté vers le public, mais aussi bien mélanger au sein de l'orchestre qui va enfin pouvoir s'entendre jouer sans avoir à forcer le trait : cela va permettre d'être plus subtil, plus précis, d'éviter les décalages autant que les forçages. On pourra faire encore plus de concerts et plus facilement. On verra cela d'ici un mois (je n'y serai pas, d'ailleurs : partiels — mais je serai au requiem de Verdi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis on en arrive à une série de questions (et de questionnaire sur des citations de chefs) afférentes au métier de direction. Philippe Jordan est extrêmement apprécié des musiciens ; déjà, parce que lui-même apprécie leur engagement, leur passion, leur désir d'amélioration continue (et de satisfaction jamais acquise). Ensuite, il a ses méthodes ; par exemple, on doit expliquer ce qui ne va pas en moins de huit secondes, car au-delà plus personne n'écoute : il faut donc être clair et efficace. Mais surtout, il faut faire confiance aux artistes que ce sont les musiciens : ne pas leur imposer telle ou telle interprétation ou manière de jouer, ce sont eux les experts, on indique, on persuade, mais on fait confiance. D'ailleurs, sa devise est celle d'un autre chef (dont j'ai décidément eu du mal à retenir le nom) : &quot;Führen, formen, geschehen lassen&quot;. Diriger, former, laisser faire/aller. Dans l'ordre de difficulté...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vraie leçon de management, totalement intuitive !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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