humani nil a me alienum puto

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lundi 8 mai 2017

Maнoн kazakh

Je voulais me faire l’opéra d’Almaty, juste à côté de mon logement temporaire, mais malheureusement le calendrier a joué contre moi, entre un Verdi et un Puccini. Il restait Astana : avec une grosse semaine sur place, il y aurait bien quelque chose à se mettre sous la dent : un attaché culturel me vendit la mèche, Manon. J’ai naïvement cru que c’était l’opéra : c’était le ballet ! Ratant la première le soir même, il restait la dernière représentation le lendemain. Un samedi, donc, et du beau monde — à se demander si ministre, veuve MacMillan, maître de ballet bis et autre gratin de cocktail n’était pas venu deux fois pour être sûr de se faire voir. L’aventure est de trouver la billetterie planquée en dessous d’un bâtiment très imposant qui a coûté une fortune — 350 millions d’euros, paraît-il, probablement engouffrés dans le marbre intérieur. Pour 34€, on a une place splendide de parterre, idéalement située pour la balletomanie, et juste devant leur rang-15 local.

L’orchestre local dirigé par Arman Urazgaliyev ne m’a pas été présenté sous le meilleur auspice, mais ils restent meilleurs que notre Colonne et la partition reste tout de même un monument du pompier — quoique là aussi, il y a pire et l’arrangement de Martin Yates réserve quelques belles pages lyriques. Les sièges sont très confortables et la salle globalement agréable : j’adhère ! Jusqu’à ce que un ou deux trucs me titillent, mais je n’y fis trop guère attention. À l’entracte, j’apprends qu’en fait c’est sonorisé : ça explique quelques impressions. Et si c’était fort bien fait en première partie, les cors de la deuxième avaient un effet gauche-droite troublant, et grésillaient parfois (à gauche, l’original étant à droite). Heureusement, pour la troisième partie, une oreille s’est bouchée ; malheureusement, c’était la droite, laissant ma balance plutôt sur le haut parleur. Pour 350 millions d’euros, t’as plus rien. Pourtant, il n’y a pas beaucoup plus de moquette infâme qu’à Garnier. Il serait de bon goût de faire venir quelques acousticiens. Mais il semble que le Kazakh soit un work-in-progress de la culture : on y vient surtout pour se montrer endimanché (en même temps cette élégance fait plaisir à voir, surtout chez les dames, car la Kazakhe peut être fort agréable à l’oeil), et il est parfois compliqué de comprendre que le silence et une certaine tenue (par exemple concernant l’usage du téléphone portable) est de rigueur lorsque la représentation a cours…

Sur scène, on se régale. Déjà, parce que Aigerim Beketayeva, en Manon (enfin, Mahoh), est sublimissime. Certes ce ballet, faisant figurer les 2/3 de la troupe féminine en « harlots », sait sublimer la femme ; mais même, cette danseuse déclenche des émotions très fortes. C’est dommage que la chorégraphie n’était pas plus pyrotechnique, de fait, car on aimerait bien voir si elle en a sous la pointe. Difficile de se rappeler, dans la distribution, qui était Des Grieux, entre Rustem Seitbekov et Olzhas Tarlanov, et de même pour Lescaut entre Bakhtiyar Adamzhan et Arman Urazov : j’aurais mieux fait de noter quand je le savais encore… Le premier a fait une fort bonne prestation, même si à un moment il a failli ne pas rattraper la déesse kazakhe Aigerim, ce qui m’a passablement stressé pour le reste de la représentation. Excellent Lescaut, sinon.

On est surpris par la richesse extrême des décors et costumes (Nicholas Georgiadis, Karl Burnett et Patricia Ruanne). Il faut dire que la directrice du ballet, Altynai Asylmuratova, une star en Russie, a carte blanche et chèque en blanc : rien ne lui ai refusé. Elle dépouille Almaty de son historique ballet plus expérimenté et dépense autant qu’elle souhaite pour être du niveau de Garnier, grosso modo. Ce n’est pas forcément très rentable quand on voit la dépense mais le résultat est impressionnant pour un bled paumé dans la province du monde. On ne s’y attendait point, en tout cas. Et c’est ainsi qu’on passe une bonne soirée, avec une découverte hétéroballetomane, une surprise artistique, un peu d’anthropologie locale et du pipole politisé.

dimanche 30 avril 2017

783ème semaine

Macron, Macron, petit patapon ! Serait-ce le « geste fertile » que l’on attendait ? Un mec qui ne doit presque rien à personne, qui est globalement apprécié en tant qu’être humain, et qui arrive à faire la synthèse de la chèvre et le chou (en tant qu’INTP, j’approuve) tout en arrivant à ne pas se prononcer à la hâte et se rendre prisonnier de ses propres tractations et promesses, et à ne jamais rien dire de foncièrement idiot ? Certes il a la tête (et surtout l’équipe !) des jeunes arrogants premiers de la classe au bachotage, sans vraiment d’intelligence propre, souvent extravertis et dotés de capacités d’engrangement titanesques, ces beaux-amis-Rastignacs science-poteux qui composent une noblesse d’État abrasive pour le parquet. Mais après la succession de parfaits idiots dignes de la 3e République, quel soulagement d’avoir un cerveau — mais pas un intellectuel per se, certes, en a-t-on jamais eu au pouvoir ? Eh puis il a la hargne, et épouse sa prof de Français. On approuve.

Le problème, c’est qu’il y a une division de plus en plus forte du pays, peu importe les discours méthode Coué : la parfaite idiotie populaire prend des proportions intenses, aidée par la parfaite idiotie intellectuelle (surtout des gauchistes sociaux) qui ne savent pas faire la différence entre un certain libéralisme responsabilisant (mais avec toujours des gardes-fous, ce n’est pas Thatcher ou — pouvait-on le supposer — Fillon !) et les Nazis. Soupçonné de vouloir être à la botte du Grand Capital, qui sait-on jamais pourrait nous mener vers la croissance économique et user notre bon système soviétique pan-étatique tellement efficace et prometteur de jours heureux au chômage (ce que l'on appelle aussi : "accroitre les inégalités", car tout le monde ne serait alors plus joyeusement au fond du même trou), Macron est vomi par une partie de la population qui préfère le doux visage du fascisme, à la vacuité abyssale et la vulgarité impressionnante, représentant tout ce qui est honni à travers le même discours contradictoire (parlons corruption, tiens…).

Alors, je dirais que les temps sont troubles : tapis ? Une chance sur deux ? Si Le Pen passe, au moins la pulsion de mort sera exaucée — et ce sera sans moi, immédiatement. Si Macron passe, ce qui est plus probable, sauf si le nombre de crétins continue d’augmenter, pourra-t-il cependant faire quoi que ce soit (avec cette constante hypothèse qu’il veuille bien faire quelque chose, évidemment, mais je lui prête quelqu’honnêteté intellectuelle et morale) avec une population de tire-au-flancs qu’il faut entièrement ré-éduquer, tellement ils ont été lobotomisés pour entrer dans le modèle soviétique assisté ? La France, c’est le pays où tu vis jusqu’à 83 ans, mais où à partir de 50 ans tu ne peux plus rien apprendre, et tu n’es plus embauchable car trop proche de la retraite 10 ou 15 ans plus tard — ce qui d’une part assure 20 années devant soit à être improductif d’une part, avec un ratio hallucinant de un vieux à charge pour deux employés en activité, et d’autre part laisse dubitatif sur la notion « négligeable » de ce que représente dix années d’activité, c’est-à-dire mon expérience professionnelle actuelle (deux emplois d’ingénieur cadre, un livre, deux sociétés, on peut en faire des choses !), alors même qu’une entreprise standard ne voit pas à plus de trois mois devant elle quand elle a de la chance (mais « entreprise », en France, ça veut dire machin-étatique-obèse géré par une oligarchie unique au monde — sauf là où je suis actuellement, au Kazakhstan, peut-être…). La vérité, c'est que bossouiller 35h/semaine avec pléthore de vacances, ça convient finalement très bien à tous les employés du CAC40 et les fonctionnaires qui crachent à moitié dans la soupe quand ça les arrange. Et c'est toujours à quelqu'un d'autre de payer, évidemment. Le vrai problème sur les-grands-patrons-qui-s'en-mettent-plein-les-fouilles, c'est la corruption, et ça tout le monde s'en fout (tiens, au Kazakhstan, Fillon fait 60%. Ils ont bien pris encore plus le pli !).

Bref, au moins avec Macron on sera fixé : si rien ne change, c’est que définitivement le pays était bel et bien en phase terminale. Parfois, il faut reconnaître qu’il n’y a plus rien à faire, et débrancher. Allez, achetons cinq années d’espoir, au moins…

touteté

Troisième Wang-Ramirez de la saison, cette fois avec une petite équipe de danseurs (mais sans Ramirez), c’était aussi la dernière galère de places disparues du théâtre de la ville, après m’être fait rabrouer par une guichetière fonctionnaire de la Grande Halle de la Villette qui ne m’écoutait tout simplement qu’à moitié — et puis vous savez, c’est informatisé, du coup on a accès à rien !

Everyness était probablement la meilleure représentation de la saison sur le plan chorégraphique. On en sort pas très ému, mais ça a le mérite d’être beau et construit, ce qui est déjà beaucoup étant donné les déceptions et autres spectacles médiocres auxquels on a assisté tout le long d’une saison qui ne laissera probablement rien mémoire. Cette fois, les envolées des danseurs et le gros ballon lumineux laisseront au moins quelques bons souvenirs. 1h10, bien exploitée, avec une musique originale de Schallbauer qui faisait le job (sans être très mémorable non plus, mais de nos jours, le seul fait de ressortir sans avoir la tête comme un gros ballon lumineux est une prouesse). Poétique dans l’ensemble, et si l’on a eu peur avec la partie parlée-théâtreuse, à un moment (la séquence sous acide qui a l’air d’être dans le cahier des charges de tout le monde, aussi…), on s’en est sorti sans trop de mal. Il n’en reste au final que du bon. Ouf !

Jukka-Pekka sans Lola

Pour une fois, le replacement s’est fait côté impair, car il y avait du piano : Concerto pour piano n°2 de Chopin (donc le premier, parce que it’s complicated). C’était là le début d’un orchestre de Paris en forme sous la baguette du fort aimé Jukka-Pekka Saraste. Et derrière le clavier, le fort jeune mais néanmoins talentueux et impressionnant Jan Lisiecki, étoile définitivement montante, enfonçant le clou avec une longue nocturne passionnée en rappel.

Après l’entracte, justifiant la prise de distance en seconde moitié de parterre, la tonnutriante Symphonie n° 8 de Dmitri Chostakovitch, sans Lola (toujours l’ersatz made in China pour la remplacer), ce qui est de plus en plus inquiétant, alors que les pouvoirs publics ne s’en préoccupent pas, que le peuple y est aussi indifférent que la montée du fascisme, et que ni l’orchestre de Paris ni le Ministère de la Culture ne daignent ne serait-ce que convoquer une conférence de presse pour nous expliquer en détail les raisons de cette disparition. En attendant, la symphonie était fort bonne, pour compenser cette immense perte.

lundi 24 avril 2017

782ème semaine

Je crains d’en avoir trop dit dans le billet précédent sur la Côte d’Ivoire. De fait, je suis un peu sec pour raconter la seconde partie du périple. Avant un nouveau cours en anglais à donner, les cours d’EMBA à recevoir, bref la routine. Avec la Malarone en fil rouge. Tiens, je suis bien content, je supporte parfaitement bien la Malarone. Ça augure d’autres voyages entrepreuneuriaux folkloriques…

encore l’opéra

Voilà un documentaire diversement apprécié : les uns adorent, les autres détestent. C’est amusant à quel point on peut cliver selon les types psychologiques : les psychorigides, surtout portés sur l’herméneutique à outrance, seront fort déçus ; tandis que les sensibles au picorage de moments savoureux et saugrenus se régaleront. « L’Opéra » de Jean-Stéphane Bron (« L’expérience Blocher » et « les grandes ondes » !) commence avec briefing de communiqué de presse, à l’administration, à propos de « la meilleure compagnie de danse du monde » : « ça on ne dit plus ». Les scènes croquignolesques se suivent ainsi. Le taureau, casté puis shooté au Schönberg, notamment. Et on suit plus précisément un jeune chanteur russe prometteur qui est un excellent client, et que je regrette de ne point avoir vu encore puisque je ne suis plus à l’Arop.

Et puis il y a toute l’administration et le processus de création, qui rappelle un peu plus du Wiseman. Le management du paquebot entre les grèves, les choeurs qui décident que oui mais non ils en ont assez de répéter, et les allers-retours et jeux entre metteur en scène, chef, chanteurs (dont un qui annule à l’arrache parce que voilà-quoi-hein), le choeur, etc. Il y a cette réunion lunaire de la haute administration sur les tarifs, où le directeur Stéphane Lissner et Jean-Pierre Thiellay demandent à Jean-Yves Kaced de combien les tarifs ont augmenté — 90% en 10 ans —, avant que tout le monde ne s’accorde sur le fait que c’est du délire, que ça donne une mauvaise image, coupe la population du lieu (dans la salle de ciné, on approuve tous), mais encore une fois, on se dit que cette bureaucratie se laisse un peu vivre. Qui contrôle, à la fin ? Les évènements naturels comme la hausse annuelle des tarifs ?

Pourtant, l’épisode Millepied (de l’autre côté du téléphone, car il y a toujours un téléphone quand il y a du Millepied) montre un moment de management finalement assez bien géré — « Évidemment que j’ai déjà un remplaçant ! », lui dit Lissner au téléphone, coupant assez court aux atternoiements. À part cela, le documentaire se concentre plus sur le lyrique que sur la danse, pour une fois (et donc beaucoup plus Bastille que Garnier). Regard pétillant, humour, mais aussi émotion, finalement, avec une 7ème de Beethov un peu massacrée par des pioupious-de-banlieues (des minis, même), après un travail formidable de transmission et de dévouement. Un documentaire sans queue ni tête autour de l’opéra de Paris en tranches, juste pour le plaisir.

orgue du dimanche

L’orgue de la Philharmonie n’est finalement pas des masses sollicité, mais à chaque fois qu’il l’est, je suis au rendez-vous. Cette fois, c’était Michel Bouvard pour du Bach : Orgelmesse, ou plus exactement Clavier-Übung III. Mais salle beaucoup plus vide que la dernière fois (qui était certes fort pleine). Toujours second balcon, face aux tubes. Un très joli moment d’une heure vingt (me semble-t-il), sans sucre ajouté, en passant parfois rapidement quelques pages de la partition (suspect… Avons-eu nous droit à des extraits ? Ce n’était pas dit dans la préface orale un peu trop intellectuelle, peut-être l’était-ce dans la conférence d’avant ? Peut-être que la réponse se trouve dans « l’encadrement par le Prélude et Triple fugue en mi bémol sur la Trinité ».). Cet orgue est décidément la plus belle réussite de la salle.

St-Matthieu ivory

Le retour de Côte d’Ivoire a été calibré pour ne pas rater cette Passion : on ne rate jamais Jacobs, surtout pour une Saint-Matthieu. Mais Bach fut moins bien servi qu’à Berlin autrefois. Malgré une distribution prometteuse, le chef n’a pu que placer deux fois deux solistes en arrière-scène, et ce fut là la seule invention de cette session.

RIAS Kammerchor
Akademie für Alte Musik Berlin
René Jacobs, direction
Sunhae Im, soprano
Kristina Hammarström, alto
Benno Schachtner, alto
Julian Prégardien, ténor (Évangeliste)
Johannes Weisser, basse (Christ)
Anja Petersen, soprano
Minsub Hong, ténor
Jonathan de la Paz Zaens, basse

La Philharmonie est encore une fois décevante. Et l’acoustique depuis les places à 10€ — car mon binôme Hinata-chan est difficilement amovible et il faut bien que la salle se vide de beaucoup à l’entracte pour la faire bouger in extremis —, surtout pour Sunhae Im dont on connaît pourtant les qualités, est fort décevante. C’est mieux en se recentrant. Soyons clair : c’était une très belle passion, mais pas exceptionnelle, on a déjà eu mieux. Ma passionnée a trouvé que l’interprétation souffrait de lyrisme là où il faudrait, comme à l’habitude chez Jacobs, retenue. C’était peut-être ça. De très beaux moments, tout de même.

lundi 17 avril 2017

781ème semaine

La Côte d’Ivoire : quelle idée, m’étais-je dit juste après avoir réservé, depuis Alger… Combien de fois n’ai-je essayé de repousser ou annuler ce déplacement ? J’ai vécu une vraie courbe de deuil. Et puis vaccins, visa, c’est parti pour l’aventure… Le vol était pas cher, l’hôtel optimisé sur les bas coûts — erreur cependant de localisation, non que le quartier populaire est antipathique, mais il rajoute 30 minutes d’inutile transport dans les bouchons le matin et soir. Ça commençait particulièrement très mal, avec le e-visa qui était une vraie fausse bonne idée. Ce serait agréable que quelques uns vous parle d’avance de ce type de problèmes, je trouve… Bref, quand on arrive, il faut faire le visa sur place, ce qui prend une éternité. Car voilà, l’Ivoirien est Africain, et il est donc mou. Très mou. Horriblement mou.

Mais l’Ivoirien a deux caractéristiques : déjà, il est terriblement sympathique. Du moment qu’il n’est pas dans une voiture, du moins, car là il ne répond plus de rien. Mais sinon, c’est l’adorabilité incarnée. La deuxième caractéristique qui n’est sûrement pas étrangère au fait qu’avec seulement 25 millions d’habitants, c’est 40% du PIB de la région et une des économies les plus dynamiques de la région, c’est que le local s’est adapté à sa propre notion particulière du temps : il faut se prendre à l’avance. Voilà chose complexe pour ma personne. Comme il faut 30 minutes pour faire des pâtes, il faut les commander une heure avant ; le petit déjeuner la veille ; on part aux rendez-vous 1h30 avant pour compenser les embouteillages (et donc le chauffeur arrive encore bien une heure avant…) ; etc.

On se demande comment avec autant d’argent, dont je me demande toujours d’où il peut venir pour être honnête, on peut vivre dans un tel environnement : si l’on compare les mêmes tropiques avec Bangkok ou Ho Chi Minh, Abidjan est très loin du compte. Autre surprise : il est donc possible de vivre encore plus dans la décharge généralisée qu’à Alger. Des déchets partout. Les routes aussi sont souvent défoncées. C’est apparemment une vieille tradition. Il y a un certain laisser-faire surprenant. Tandis que l’on rencontre des personnes d’une intelligence extrêmement remarquable, plus encore que partout ailleurs. Vous entrez en un lieu délabré, et vous découvrez un double-docteur, un chef d’entreprise hyper-performant, un beau niveau d’étude, du logiciel que même les Américains survalorisés n’ont pas (et de loin), que sais-je encore…

Si en Côte d’Ivoire l’habit fait le moine — costume cravate obligatoire chez les hommes de bonne tenue malgré les températures insoutenables, et ensemble très élégants pour les femmes, le tout dans la déchetterie ambiante —, il ne faut certainement pas se fier à l’aspect des choses, au mieux inachevées, au pire délabrées. Sous les façades peu avenantes se trouvent quelques pépites, et pas qu’un peu ! Je ne sais vraiment pas ce que cela donnera. À Yamoussoukro, on se rend compte que rien n’est vraiment fait depuis longtemps (mis à part un bâtiment de l’Unesco réellement impressionnant, qui peu de loin compléter le palais présidentiel, le seul jusque là à trancher le « village »/bidonville généralisé, derrière les crocodiles — il paraît qu’il y a des écoles impressionnantes un peu plus loin, je m’en suis voulu d’avoir raté ça, d’autant qu’à 6 heures de route pour 150€ environ, on ne fait pas l’aller-retour bien souvent). Et la basilique bien vide est à moitié en panne. Et en même temps, tout est là pour une éclosion comme en Asie du Sud-Est. Une croissance que l’on rêve à deux chiffres, des salaires très comparables, peut-être que dans dix ans, ce sera exceptionnel. Ou peut-être pas.

Ce qui est sûr, c’est que si c’est compliqué de tomber amoureux de la Côte d’Ivoire (malgré quelques touristes manifestement très moutiscophiles), il n’est guère difficile de tomber amoureux de l’Ivoirien. Et rien que pour ça, outre le business impressionnant qui se profile, ça vaut bien le coup d’y participer — et probablement même d’y retourner bientôt…

cors merveilleux de Bruckner

Un concert pas bien rempli de l’Orchestre Philharmonique de Radio France à la Philharmonie de Paris, intitulé Des Knaben Wunderhorn, alors que c’était seulement la première partie qui était constituée des extraits de l’oeuvre de Gustav Mahler — Lied des Verfolgten im Turm, Verlorne Muh, Trost im Ungluck, Das Irdische Leben, Der Schildwache Nachtlied, Wer hat dies Liedel erdacht ?, Der Tambourg’s sell, Rheinlegenden, Wo die schönen Trompeten Blasen, Revelge. Une très belle affiche cependant faisant apparaître la mezzo-soprano Ekaterina Gubanova au côté du baryton Dietrich Henschel, à qui l’acoustique de la salle n’a malheureusement pas rendu justice. Tralali !

Et puis une symphonie n°4 d’Anton Bruckner dirigée encore par Eliahu Inbal, avec lequel, comme le gars au milieu du premier rang de l’arrière-scène, j’étais parfaitement synchrone sur la direction. On approuve.

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