humani nil a me alienum puto

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mardi 31 octobre 2017

809ème semaine

L’échéance approche : rendu du mémoire. Fin des études, donc rush. Donc retards. Enfer.

(Pour cause de crash de mon hébergeur, les billets de cette semaine ont été publiés avec force retard)

Leipzig 2 le retour de Blomstedt

Deuxième concert pour le Gewandhausorchester Leipzig par Herbert Blomstedt. Après le requiem du lundi, on commence le mardi par le Triple Concerto, pour piano, violon et violoncelle, op. 56, de l’ami Ludwig van Beethoven. Avec la dream team : Leonidas Kavakos au violon, Gautier Capuçon au violoncelle et Kirill Gerstein au piano. Forcément, c’est quelque chose. Capuçon annonce le bis : adagio trio 11 Beethov. Quand même.

Et puis une très belle Symphonie n°9 en do majeur D. 994 "La Grande" de Franz Schubert, que moi aussi je sais diriger avec la partition fermée. Hé bien j’aurais pu faire tout pareil. Approuvée.

coton allemand reposant

Le Deutsche Requiem de Brahms par Herbert Blomstedt, c’est coton. Un peu cotonneux mais fort bon. Gewandhausorchester Leipzig et Wiener, avec Hannah Morrison en soprano et Michael Nagy comme baryton. Replacement au parterre, mais peut-être un peu trop loin pour profiter des solistes dans cette salle à l’acoustique toujours aléatoire — mais bon, cet orgue, cet orgue… Il y avait des trous un peu partout, dans la salle. Aucun surtitre, c’est pas grave, on connaît par coeur.

hommes du roi et de l’État

J’ai découvert Kingsman très récemment à l’hôtel à Tours. Un machin quatrième degré avec un nombre de morts à la minute qui n’épargne aucun personnage. Donc, pour le vendredi soir, Kingsman 2 semblait bien. Toujours délirant, toujours autant de morts plus ou moins absurdes, avec un scénario qui autorise un peu tout et surtout n’importe quoi. En revanche, la progression est très similaire au premier opus, ce qui enlève de la surprise et donc ça marche moins bien. Mais pour un vendredi soir, ça reste parfait.

Astana à Paris

Où trouve-t-on des places ? Les annonces sont quasi-nulles, une vague semi-affiche dans le métro. Et pourtant, l’Astana Ballet est bien annoncé à la salle Pleyel. Ah, ces Kazakhs ! Toujours aussi doués avec le pognon. Ils louent la salle et oublient de vendre les places. Opération de comm’ qui se termine entre Kazakhs eux-mêmes. Les invitations distribuées à gogo se divisent en deux catégories : première moitié de salle, pour les huiles, aussi élégamment habillées qu’au pays (surtout les dames, ah, les Kazakhes, c’est quelque chose de miamesque…) ; deuxième partie de salle, après le cordon, le tout venant, invités par Pleyel qui a tenté de faire du bourrage. Placement libre. On y trouve du non-Kazakhs, aussi : notre voisine a vu de la lumière, alors elle est entrée. Le problème du Kazakh, en revanche, c’est que c’est un public très médiocre. On ne se débarrasse pas de sa paysannerie comme ça. Photos au portable, ne sait pas se tenir, voisin de devant explosé de rire en permanence (et pourtant, il ne semblait pas d’origine…), le photographe officiel pas discret du tout prime, c’est toujours pénible.

C’était ma première fois à Pleyel depuis la réouverture. Peinture noire partout, et marron foncé. Aspect salle des fêtes communale. Pas pratique de se déplacer entre les parties de salle, pire qu’avant je dirais. Et de la danse à Pleyel, c’est l’assurance d’avoir des problèmes de têtes devant, même quand on se souvient qu’il faut viser le couloir.

Comme l’hôte français, mettons de la chanson française, s’est-on dit au ballet. Un piano sonorisé sur scène (l’habitude de leur opéra à acoustique médiocre ?), le programme grand format, trois langues, plastifié, photos magnifiques, et évidemment gratuit, nous révèle que c’est la vie d’Édith Piaf que l’on va voir. Ah. Joli. Pas de deux : Dilara Chomaeva - David Jonathan ; Riza Kanatkyzy - Farkhad Bouriev ; Tatiana Ten - Kazbek Akhmediarov. Les Kazakhes sont toujours miamesques. Les Kazakhs au goût de la souris. Tout le monde est content.

Après « love fear loss » (oui…), « l’héritage de la grande steppe » (oui oui…) est une suite de kazakheries kitsch mais intéressantes. La souris en fait une excellente description. Original et sacrés costumes, comme à l’accoutumé. De très beaux moments, dans le lot. Après l’entracte, du Forsythe-like sur fond rouge : très chouette ! « A fuego lento », avec du tango dedans, et une belle troupe. Excellents moments au programme et un belle synchro d’ensemble. La fin, en revanche, marque le retour du démon égyptien parmi les Kazakhs — c’est une manie mystérieuse, à l’origine d’un certain nombre pyramides à Astana. Voilà le Boléro de Ravel le plus improbable qui soit. En costumes kazakhs, une « histoire méconnue » de l’accession de Cléopâtre au trône. Certes.

Tout cela était bien et bon. Et Kazakh jusqu’au bout.

mardi 24 octobre 2017

808ème semaine

Une semaine avec trop d’activités de rattrapage pour ne pas de nouveau prendre du retard dans la publication des billets. Cours petit lapin, cours !!

veuve tinder

« Die lustige Witwe » (la veuve joyeuse) est un opéra franchement méconnu de Franz Lehár sur un livret de Victor Léon et Leo Stein d’après Henri Meilhac (« L’Attaché d’ambassade »). L’opéra Bastille nous gratifie d’original mais sur une double direction : j’ai eu Marius Stieghorst. Et d’un très joli casting avec dans les rôles principaux Franck Leguérinel (Graf Mirko Zeta), Valentina Naforniţa (Valencienne), Thomas Hampson (Graf Danilo Danilowitsch), Véronique Gens (Hanna Glawari) et Stephen Costello (Camille de Rosillon). Et enfin d’une très sympathique mise en scène efficace (avec un très joli parquet rosace) par Jorge Lavelli. La musique est certes un peu pompier, mais vraiment agréable, et comme c’est un opéra comique, c’est très divertissant et intelligent. Il y a même un peu de chorégraphie et notamment du cancan. Bref, tout était aligné pour que ce soit passablement vide : pour 5€, on se retrouve au 3ème rang à côté d’un vieux qui parle tout le seul et fait grincer ses chaussures (PITIÉ !! Vive l’entracte très tardive pour s’en séparer pour la dernière demi-heure). Le meilleur rapport qualité-prix qui soit.

réplique de film

Denis Villeneuve prend la direction de la suite d’un mythe, très longtemps restée à l’état d’hypothèse. Blade Runner 2049 est produit par Ridley Scott, qui décidément capitalise sur sa jeunesse des années 1980. Le problème est que le futur des années 1980 était japonais et électromécanique — outre qu’il était en 2019, ce qui nous laisse assez peu de temps depuis notre futur actuel décevant. Qu’à cela ne tienne, le film s’embarque dans une sorte de réalité alternative et joue des codes de son auguste aîné : si l’on garde la pub pour Coca et qu’on y rajoute de manière fort ostentatoire Peugeot (rires dans la salle), un géant Atari a certainement été intégré pro bono pour le clin d’oeil aux fans. Il y a même un ballet soviétique de l’URSS (doublement sous-titré CCCP pour être sûr) : la réalité parallèle doit recoller à 2019 en partant de 1982 (mais avec cette fois-ci des caractères coréens et arabes en plus du Japonais-Chinois). On reste dans un univers très électromécanique mais on est équipé de mouchards miniatures et autres technos qui ne se correspondent pas, opérant d’étranges mélanges… Le scénario arrive à malaxer tout ça et à désamorcer quelques contradictions en faisant un usage un peu facile d’un blackout qui aurait tout effacé (un monde à la Dark Angel paraîtrait plus crédible, à mon avis, mais comme il y a des colonies extra-terrestres, on suppose que finalement, il devait y avoir quelques sauvegardes).

Le début, fort léché, est tellement clair qu’on craint un peu un remix à la Alien. Effectivement, on se tape du gros contraste, entre le numérique total et l’ancienne esthétique sombre ou il fait tout le temps nuit (et pluvieux). Il n’en reste pas moins que tout est très joli, presque trop léché. Le problème aussi avec le futur, même alternatif, c’est qu’il faut trouver du nouveau. La voiture volante, c’est déjà le futur du passé (même si dans 200 ans, on n’y sera pas encore, étant donné le niveau de recherche sur l’anti-graviton). Alors on passe aux hologrammes, avec au début une technique de projection par le plafond fort intéressante, mais qui après devient de la pure magie en se promenant aux côtés du héros : Ana de Armas assure la touche féminine du film, assez peu charnelle (mais très miamesque — ce qui la distingue totalement de la beauté sophistiquée et singulière de Sean Young, numériquement convoquée). On se demandait si les androïdes rêvaient de moutons électriques, et il sembleraient qu’ils veuillent forniquer avec des IA hologrammes.

Côté scénario, on continue dans le thriller. Cependant, quelques sauts (pour ne pas dire vides) étranges et quelques coïncidences un poil trop nombreuses, probablement par volonté ne pas trop perdre le spectateur, font craindre une prochaine director’s cut avant une final cut, comme le veut la tradition. Ou au moins une version augmentée, alors même que le film dépasse déjà les 2h40 : quand on veut trop en faire, et multiplier les fausses pistes, on court ce risque. Tout cela tient réellement difficilement debout. Heureusement que les fondations étaient solides (ironiquement).

On passe d’ailleurs d’un conte métaphysique sur la vie et la mort sous forme d’enquête-parabole, dans l’original, à un thriller où la question philosophique est un peu plus évacuée, plus sous forme de prétexte, quoique toujours présente (IA incorporelle, répliquants de générations diverses, et ce thème de la filiation qui résoudraient quelques problèmes moraux… ou en créerait bien plus). Le tout en essayant de garder l’ambiguïté sur le statut de Rick Deckard — l’affiche spoile déjà la présence d’Harrison Ford, car manifestement tous les répliquants n’avaient pas la même durée de vie. On ajoute une ambiguïté forte entre Ryan Goslin et Sylvia Hoeks (miam miam), les deux faces des répliquants esclaves. Robin Wright au milieu dans un type de rôle qui commence à être un peu récurrent.

C’est un peu bancal mais ça se laisse bien voir, surtout si l’on est amateur du genre. On pouvait espérer mieux, honnêtement, mais on est déjà heureux que ce ne soit pas un naufrage. Ça sera historiquement plus ou moins dans la même veine qu’un « 2010: The Year We Make Contact », la suite de 2001.

management festif

« Le sens de la fête » est un très bon film sur… l’entrepreneuriat — le management plus généralement. Cela a manifestement échappé à beaucoup de monde qui n’est pas chef d’entreprise. Pourtant, pour ceux-là, il est facile de s’identifier au personnage incarné par Jean-Pierre Bacri, qui a chaque nouvelle mission avec des clients parfois (souvent !) bien farfelus risque sa tête, qui dépend elle-même d’une myriade de bras cassés, heureusement au grand coeur. Il suffit d’un mauvais enchaînement de circonstance, par exemple à la suite d’un quiproquo de nouvelles technologies mal maîtrisées, et un petit incident commence à tirer la pelote des emmerdes qui volent en escadrille. Quand on est chef d’entreprise, on doit compter sur tout le monde, mais surtout sur soi. À la fin, il faut être de tous les fronts, et notamment face au client. Benjamin Lavernhe, le marié, est un parfois miroir : il est exigent, il zappe, il micro-manage, il a de hautes attentes et ne laisse rien passer. Et pourtant, parfois, il faut laisser un peu aller, et c’est là où va se nicher, si on a bien fait son travail en amont, un moment de poésie philanthropique. Et quand du désastre on est sauvé de justesse par un miracle qui relève autant de la chance que du talent et du travail… on recommence à peine plus tard.

Le film de Eric Toledano et Olivier Nakache est un drame comique, en une journée, où se joue la vie et la mort (symbolique) : on rit de bon coeur et souvent jaune ou nerveusement, c’est acerbe mais bienveillant, et c’est un talent très anglais qui est ici mis en branle, aidé par une troupe d’acteurs brillants (en plus : Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Vincent Macaigne, Alban Ivanov, Eye Haidara, Suzanne Clément et la très très jolie Judith Chemla qu’on aimerait tous marier). Hautement recommandable, qu’on soit entrepreneur ou non.

jeudi 12 octobre 2017

807ème semaine

Encore rien, parce que : boulot-Tours-boulot-malade-chateau de Chenonceau-boulot malade-retour-boulot. Et toujours malade.

C’est chouette le chateau de Chenonceau, sinon. Affreusement cher, mal desservi, mais au moins il a une gare SNCF, lui. Pour les autres, on peut plus ou moins crever. « Il n’y a plus de navette », qu’on nous dit à l’office du tourisme : genre, on vient de la rater ? Bah non, elle est arrêtée fin septembre (le moment où les chambres d’hôtel très médiocres descendent en dessous de 150€/nuit). Côté location de voiture : plus rien, tout disparu. Mais qu’on se rassure : c’est habituel, et même le lendemain, dimanche, tout était aussi réservé.

La France, le pire pays de rentiers de situation qui soit. L’avantage, c’est qu’il y a la situation — en l’occurrence, par dessus le Cher. Quand on y arrive…

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