Cela faisait un bout de temps que je n'y étais pas allé, à l'UNESCO, mais le dernier concert des jeunes prodiges nous avait annoncé cette longue pause, et aussi que la tourneuse de page serai la vedette de la prochaine édition. Alors voilà notre jeune Paloma, 19 ans depuis 4 jours à peine (le nombre de filles qui ont 19 ans est proprement impressionnant, je n'arrête pas de faire la remarque...). La biographie est très incomplète et assez orienté, c'est bien dommage : on nous parle d'un bac mention Très Bien sans plus de précision (on ne va pas me faire avaler que tous les bacs se valent, hein ?), obtenu en 2005 (soit l'âge qu'il faut avoir), elle est née à Villeneuve l'Archevêque (apparemment autour de Troyes, tiens, ça explique des choses), en 87 donc, et ses parents sont d'origine algérienne (j'aurais dit arménien, tiens ; l'UNESCO nous la présente comme algérienne, alors que son père a fait des études aux USA en tant que Français, mouarf). Elle fait une hypokhâgne depuis cette année (B/L si j'ai bien compris, à vérifier) à LLG, on remarquera que ça fait un trou d'un an, pas trouvé ce qu'elle y a fait (à part tourner des pages au concert précédent :p ). Passons sur ces détails, et concentrons-nous sur l'important : commence à 6 ans, premier récital à 10 ans (mouais, ça c'est toujours pareil), quatre médaille d'or d'enseignement supérieur de la musique (CNR), elle rentre en 2004 à l'École Normale de Musique de Paris (y'a plein d'écoles de ziq, ça se situe comment par rapport au concervatoire et à la schola cantorum ?), suis les cours de Sergueï Markarov et en est sortie fraichement diplomée en juin dernier (c'était certainement pour ça la pause de un an). En 2005, elle termine première au concours général section musique.

Bon, c'est évidemment impressionnant, mais on ne me la fait pas à moi. J'ai une amie qui est plus jeune qu'elle de quelques jours (mais, c'est son anniv' là, nan ? :s ), que j'ai connu à 13 ans alors qu'elle sautait son troisième trimestre de 4ème pour passer directement son brevet, qui est rentrée au concervatoire de Marseille la même année, a eu un bac S mention TB félicitation du jury (ie plus de 18 de moyenne ; mais c'est un peu de la triche avec plus de 165 de QI >_< ), avant de terminer 3ème aux exams en fac de médecine sur l'académie, et qui jouait extrêmement bien du Beethov' comme du Gershwin à 13 ans aussi (tiens, elle a des gros cheuveux frisés aussi, c'est une distinction classique ou quoi ? ^^). De même, ma tante a eu on bac C à 16 ans, et a majoré le concervatoire de Marseille comme de Paris en piano et en orgue. Donc ça a beau être une fille (très élégante dans sa robe noire, j'veux la même ! En revanche, si on pouvait éviter les talons, ce serait bien mieux...), je n'en serai pas moins objectif.

Nous disions donc : elle est vraiment douée, la petite :D. Elle n'est pas là pour rien, il est clair qu'elle maîtrise, mais voyons un peu le détail de la soirée...

On commence par du Bach, "1ère fugue et prélude" nous dit vaguement le programme, j'ai pas envie spécialement de chercher mais à mon avis c'est plutôt la suite n°3 arrangée pour piano, si mes souvenirs sont exacts ; vite expédié en tout cas. Suivi du concerto italien, là encore un méga arrangement, et on le sait bien, je n'aime pas trop les remix (et plus généralement, je n'aime pas cette mode consistant à remplacer un clavecin par un piano, histoire d'être grand public). C'était bien joué, mais avec quelques fausses notes (le trac surement, te absolvo), et surtout trop vite, folle jeunesse ! L'erreur classique avec Bach, faîtes des écoutes comparées de la première suite pour violoncelle, c'est saisissant.

Ensuite, Beethoven, Sonate op14, on reste dans le super méga classique, "Clair de Lune". Merveilleusement bien interprété, mais je ferai quelque remarque à la fin.

Entracte de 10 minutes théoriques, mais le temps à l'UNESCO, c'est autre chose : le concert débute avec 30 minutes de retard à 21h00, et la pause fait 20 à 25 minutes finalement. Et là, c'est trop fort. Je suis à la même place que la dernière fois, tout au fond de l'orchestre au centre. J'avais déjà compris que mes deux voisins fort âgés de gauche étaient de la famille (mais pas une ascendance directe apparemment), mais en plus de cela, j'avais des amis juste devant moi (il va falloir que je parle rapidement du public : beaucoup de 3ème âge, des bourgeois dans tous les sens, et des jeunes étudiants newbies d'écoles dont je ne dirai rien, tout le monde comprendra pourquoi... Et au milieu de tout ça dans chaque catégorie, des fans de la miss :p). Bref, maman-Paloma se ramène, suivie de près par papa-Paloma (enfin, je crois, pas explicite), et ça tape une double discute dont je me trouve strictement entre les deux (mais vraiment quoi) ; j'en apprends, des choses, à la fin, Paloma, je sais qu'elle adoooore lire, "boulimique", "consommatrice", elle bosse durant 24 heures d'affilée (aaahhh, ces parents ; mention spéciale pour l'ami bien bourgeois qui a sympathiquement proposé d'héberger au besoin la miss dans son appart' proche du lycée, après avoir lancé un "mon dieu toutes ces heures de cours, mais comment a-t-elle fait pour préparer ce concert ?", alors qu'une hypokhâgne, question charge de travail, on repassera ; et puis hum hum ) ; mais c'est qu'elle m'est sympathique, maintenant, avec ses histoires "de quand elle était petite" (aahh, ces vieux ^^). Bon, je m'égare, je regrette juste de n'avoir pas assez bien prêté l'oreille des deux côtés à la fois, du coup je n'ai que les deux derniers numéros de son téléphone :D. Papa-Paloma en tout cas nous aura appris que sa fille avait trouvé son Bach pas bon, mais qu'il était d'accord sur le Beethoven exceptionnel (ce qui tombait d'autant bien que c'était enregistré ) ; m'a l'air d'une bande de perfectionnistes, mais de toute façon, on a rien sans rien, très amusant au final ^^.

Reprenons. Chopin, 4 impromptus, décidément le programme n'est pas très précis, et je n'ai pas le temps de chercher, c'est les trucs méga connus. Je ferai la même remarque que pour tout à l'heure (et la seconde reprise après la fin du concert ; la première je n'ai pas reconnu, mais c'est connu aussi, j'm'en veux) : c'est trop fluide. Trop rapide, ça manque de mini-pauses, et ça ne frappe pas assez le piano. En fait, c'est assez féminin, quand j'y pense, faut pas hésiter à le martyriser, cet instrument, quand on joue du romantique, on doit voir le gars shooté au Laudanum, avec des histoires de cul pas possibles, atteint de la tuberculose à 30 balais ou à moitié sourd, bref, c'est pas le générique de Candy, c'est un truc violent mais délicat qu'il faut, pas simplement doux. Alors bien sûr, même si c'était parfois un tout p'tit peu saccadé, c'était certes très bon, mais il manquait quelque chose, le manque d'expérience peut-être (pas de jeu, mais de vie).

Pourtant, elle aime le romantique, ça se voit. Mais plus pour son côté passionné que passionnel, pour la fougue que pour l'obscurité profonde et ténébreuse. Trop jeune, moi j'dis, mais ça va venir, y'a du potentiel (qu'on me désigne quelqu'un pour la faire souffrir sentimentalement, c'est pour le bien de l'art ! :D ). On en arrive au dernier morceau, du Liszt, Rhapsodie hongroise n°2 (et pas n°12 comme a corrigé maman-Paloma à l'entracte), remarquablement bien interprété, parfait irais-je jusqu'à dire, elle me l'a frappé ce piano, ah ah, il s'en ai pris plein la tête (et nous aussi :p), reste plus qu'à faire la même chose pour Beethov' et Chopin ;). Décidément, je crois avoir fait les mêmes remarques (y compris concernant Liszt) aux concerts prodigieux précédent, dingue...

Bon, la miss Paloma Kouider, on risque de devoir la supporter un bon bout de temps, je sens. Tant mieux ! :) Elle a du potentiel, cette mini-prodige, du haut de ses 19 ans (j'en reviens pas quand je pense à toutes les filles de cet âge que je connais :s ; ça fait pas beaucoup d'années de moins que moi en plus, maman-Paloma m'a donné du "monsieur", doudiou, ça fait zarb ^^). Pour l'instant, le self-google search ne donne pas grand chose, encore moins que pour Laure Crumière qui m'avait envoyé un sympathique message la dernière fois, après être tombée sur ma critique. Donc Paloma, si tu passes par ici, toutes mes félicitations, adorable jusqu'au bout, pense à frapper ton piano de temps à autres (y'a que comme ça qu'ils comprennent), et je voudrais bien les 2 premiers numéros du téléphone ^^ (en espérant que je me souvienne toujours des deux derniers, j'ai pas la mémoire des chiffres :p ).

Très bonne soirée, un nom à retenir aussi, et une expérience autant musicale que... sociologique ! ^^  (et plus d'une heure pour écrire cette note oO)