Après une queue d'une heure soldée par un cuisant échec samedi ("plus aucune place" aprenais-je cruellement à l'heure du spectacle, alors même que j'étais second sur la liste ; toutes envolées à la dernière minute, qui plus est, une queue impressionnante), j'ai retenté ce soir : 4 places de disponibles en loge, j'étais troisième en file d'attente, magnifique ! Pour la premièr fois, je n'ai donc pas été à l'orchestre mais dans la 31ème loge, qui reste tout de même bien centrée, mais second rang (j'aurai une place assez similaire pour "Giselle" le 28 décembre). Une place qui finalement devait valoir une trentaine voire une vingtaine d'Euros, quand j'y pense...

Parce que ce soir, c'était de la danse contemporaine, alors les prix ont été revus à la baisse, une soixantaine d'Euros au lieu des 130 habituels au parterre et à l'orchestre, cela à sans doute convaincu les foules de faire le déplacement. Il faut dire aussi qu'il n'y avait pas d'orchestre cette fois : deux pianos et quelques musiciens et choristes, en tout.

"Duato/Lock/Millepied" commence par... Edouard Lock, logique (ordre alphabétique, quand tu nous tiens...). "AndréAuria", une musique contemporaine par David Lang, deux pianos qui se font face, des draperies en bande qui descendent puis remontent, des danseurs qui se font face, pas très nombreux, chacun son tour par couple ou presque, différents tableaux (quatre me semble-t-il, peut-être cinq), la musique fait penser à du Ligeti (vous savez, 36 fois la même note mais il n'y en a pas deux qui sonnent pareil), et la chorégraphie aux grandes heures d'Arte le dimanche soir. C'est très beau.

Petite entracte au bout de trois quarts d'heure, j'en profite pour aller sous la scène, j'adore cet endroit ; heureuse surprise, il y a une superbe exposition de photos de ballets, de coulisses, de l'école, des danseurs du ballet national de Paris. C'est très beau (et je n'ai plus les références du bouquin en tête, mais ça doit se trouver en boutique sans trop de problème très certainement).

On reprend pour 25 minutes de Nacho Duato, "White Darkness". Que dire ? Sublime, fantastique, sensationnel, j'ai dû avoir l'air bien bête avec ma bouche ouverte presque tout le long (m'en suis rendu compte avant que ça rééclaire la salle, ouf ! ^^), absolument merveilleux ! D'ailleurs, ils ne s'y sont pas trompé : l'affiche du spectacle est la fin de la chorégraphie. La musique -- malheureusement enregistrée, quand bien même un petit quatuor aurait suffit, il n'y a pas de musiciens à Garnier ? -- était de Karl Jenkins, "Andiemus Variations (I-II-III-IV)", "String Quartet n°2 (Waltz, Romanze, The Fifth Season)", "Passacaglia" (vive le mini programme pour retrouver ça), beaucoup de cordes. Décros sublimes de Jaffar Chalabi. Et les lumières de Joop Caboort (c'est quoi ces noms à coucher dehors, comment je vais faire pour retenir ça alors que j'ai encore oublié le nom de mon pdg que je vois tous les jours ??), ahurissantes. Ce jeu de lumières, avec la poudre blanche, wouaahhh. Citons au moins Marie-Agnès Gillot, celle que l'on voit sur les affiches, admirables (je cherche de nouveaux adjectifs là, je commence à être à cours, je prends toute suggestion). C'était à peine la 4ème représentation pour cette entrée au répertoire, il était temps de l'y mettre, tiens (ça date de 2001)... Applaudissements pendant cinq bonnes minutes (pour 25 minutes de représentation), avec une chose rare : synchronisation de tout le public pendant une bonne minute au moins, ça ne doit faire que la seconde fois en un an que j'assiste à pareil phénomène.

Entracte de 20 minutes, le retour, cette fois-ci je croise Oli et son ami (le même que pour "Platée", si j'ai bien reconnu ;) ), le monde est décidément tout p'tit ^^ (et très gay, oui ;) ).
Oli que je n'ai pas retrouvé à la fin du spectacle d'ailleurs, j'ai pourtant attendu un bon moment, alors même qu'il était à quelques mètres en dessous de moi (il a cassé sa tire-lire, 65€ pour des places si bien placé, c'est pas tous les jours non plus :p ).

Dernière partie : "Amoveo" de Benjamin Millepied, une création, 4ème représentation aussi (il n'y a que "AndréAuria" qui est donc ancien : 13 représentations ^^ ; ça change de Serge Lifar qui alignait les centaines, tiens). Musique qui plairait certainement à Bladsurb, par Philip Glass (et là, tous ceux qui le connaissent éclatent de rire :D ). Une adaptation du fameux "Einstein on the Beach", depuis le temps que je voulais l'écouter, voilà une bonne occasion de voir ce que ça vaut ; heu, pas grand chose, des airs qui reviennent en leitmotiv-bourrage de crâne (du genre à rester dans la tête vingt minutes après le spectacle, et après on oublie tout), et des paroles supra-intéressantes pour les pauvres choristes condamnés à répéter des séquences de notes (mais vraiment quoi, du genre "mi fa si do"... >_< ), avant de passer à un truc ultra-original ("one two three four", véridique, on peut pas inventer pareille ignominie). Un gars (Johnie Moore) à la fin nous raconte une histoire (en English), ça fait vraiment cliché cette affaire, m'enfin bon, ça aura donné le titre de la note. Oui, parce que pour une troisième fois, la thématique est l'amour, et encore une fois, on capte pas très bien ce qui se passe sur la scène (en gros, oui, mais en détail, heu...), d'ailleurs, il y a trop de monde, une bonne trentaine de danseur, assez bordélique (pourtant Michael l'a toujours dit : chorégraphie en triangle dans ces cas-là ! :p ), on ne sait pas trop où regarder (et la musique déconcentre), en plus il y a cet écran qui diffuse des lignes horizontales et verticales qui se croisent, mouais, les couleurs jurent vraiment, y'a de l'idée mais c'est kitsch, et ça déconcentre. Au final, je n'ai pas accroché, mais je n'ai pas vu passer les 45 minutes, donc je reste mitigé.

Bref, D>L>M, c'était peut-être pour ça l'ordre des lettre "D/L/M" ^^. Le Duato, si je le revois quelque part, j'essaierai de prendre des places, c'était vraiment féérique (ah ah, je l'avais pas sorti celui-ci, nan ? ^^). Pour avoir le reste des détails (genre... le nom des danseurs :D Z'ont qu'à pas être si nombreux, on est pas à une party de name dropping ici ! Enfin, pas trop), le site de l'opéra, évidemment ;).