YAF (Yet Another Faust ; yet another note aussi, salopperie de Firefox pourri, 45 minutes de perdues). "Faustus, the Last Night" par Pascal Dusapin, création de cette année, monté en janvier à Berlin, en mars à Lyon, et pour trois représentation à Châtelet, il ne reste plus que le 18 novembre (où je serai à Marseille, ce qui réduit le choix des dates).

Musique contemporaine, on l'aura compris, Dusapin est toujours vivant (51 ans) et même présent sur scène à la fin de la représentation. Élève de Messiaen en son temps, on sent vite la filiation ; ça ne dure que 1h20 ceci dit, sans entracte, mais c'est bien suffisant, ce n'est pas très symphonique comme musique...

L'histoire ce concentre cette fois sur les relations entre Faust et Mephistopheles, et même entre Faust et les autres personnages tous aussi hystériques que son l'Ange -- qui a de lourds problèmes de communication --, Sly -- une ivrogne dont on ne comprend pas trop ce qu'il fait dans l'histoire--, et Togod -- sorte de miroir/Dieu/Diable. Vous aurez certainement remarqué que Togod, ça ressemble furieusement à Godot, et j'ai senti du Beckett bien avant de connaître le nom de ce personnage (à savoir à la fin, en lisant le mini-programme pour recoller les morceaux).

Tiens, ce mini-programme aussi nous apprend que la mise en scène prend quelques libertés avec le livret original, et oui, modernisation d'une oeuvre contemporaine créée cette année, fallait oser. Si la scène est consitituée principalement d'une grosse horloge inclinée vers le public (allégorie discrète au temps, on aura rien vu venir ; et à la rotation, j'y reviendrai), on ne tarde pas à voir apparaître un grand sac plastifié, contenant un carton énigmatique qui s'avèrera être une machine à pétrir la pâte, formidable allusion à l'obsession de Faust pour les rotations, révolutions, et autres sphères. On aura aussi droit à un déguisement en chat/lapin (un mix des deux, ouais), du plus grand guignol. Le décor se démonte aussi, c'est pas mal du tout. Notre trio Faust/Meph'/Togod sont fortement fardés et limite chauves, ça donne une impression de vaste clonage (je plains les spectateurs du fond), bien trouvé. L'ange a ma préférence, avec ses bandelettes, et ses plumes (du moins au début).

Niveau musique pure, Jonathan Stockhammer à la direction, fort bon, et tous les chanteurs dans leur ensemble très bons (Georg Nigl en Fautus, Urban Malmberg en Meph', Robert Wörle en Sly, Jaco Huijpen en Togod, et Caroline Stein en Ange). Je ne suis pas certain cependant qu'on les entendait bien derrière le tintamarre de l'orchestre, moi en tout j'étais au 4ème rang, parfait. Pour 15€  :D.

D'ailleurs, j'ai eu une bien meilleure place que Fûûlion du coup, na ! Cette dernière accompagnait sa classe, comme on en voit assez souvent ai-je l'impression, au Châtelet (il y avait au moins deux groupes ce soir) ; de fait, je n'ai eu droit qu'à trois mots indifférents et une quasi-ignorance à bien faire plaisir, je n'aurai donc pas de second avis à faire partager, dommage, pour avoir commencé avec "l'enfant et les sortilèges" de Ravel et connaissant qui plus est l'orchestre de l'Opéra National de Lyon...


Très bonne soirée, musique à apprécier encore plus sous LSD, mais de temps à autre, ça décrasse les oreilles.

Sur le chemin du Third Jeudi, je recontre Oli et Matoo, aux Halles, ils sont bien plus bavards eux-deux :). Et puis mon premier troisième jeudi au Quigley's (qui a enlevé les tables en damier ! Zut), mais c'est une autre histoire...