Je crois que je n'avais plus assisté à un concert symphonique depuis bien des années ; en fait, c'était à l'opéra de Marseille, du {St,T}chaiko{v,w}sk{i,y} (pfou, ces reorthographications, plus vite fait d'écrire en cirylique direct :p), pour rester dans le Russe. Cette fois-ci, c'était donc le premier de mes huits concerts prévus tout au long de l'année à la salle Pleyel. La fameuse salle rénovée siège de l'orchestre de Paris, où les escaliers sentent encore la peinture fraiche (après autant de temps, tout de même, je ne sais pas trop si c'est bien normal :s ). L'entrée du bâtiment est somptueuse, marbre (imitation ? ^^), moquette, haut plafond avec petits dômes, la totale. La salle est au dessus du hall, assez original comme disposition. Et surtout douloureux pour les jambes, ça grimpe grave. Arrivé à mon premier balcon (je suis au 4ème rang, première catégorie : 5€ la place :D ), je découvre la salle. Wow. C'est quelque chose. Totalement impressionnant, du bois, du blanc, de la moquette et des sièges aux cousins rouges, c'est le grand luxe, splendide. Autant le révéler tout de suite : l'accoutique est à la hauteur de la beauté de la salle. Il y a aussi des sièges derrière l'orchestre (on dirait bien des sortes de bancs en mousse, comme au MK2), et d'autres disposés en gallerie qui longe le mur et doivent offrir une bonne visibilité (et même excellente), au détriment certainement de la qualité sonore (ce sont les dernières places remplies, à la dernière minute, queue impressionnante d'ailleurs). Bref, tout est parfait. À part le fait qu'il vaut mieux se restaurer avant : la ridicule part de gâteau est presque plus chère que le billet, et le quartier est particulièrement pourri puisqu'horriblement bourgeois, ne pas espérer trouver un vendeur de crèpe avant Châtelet (pour se rattraper, la FNAC des Ternes est juste à côté, cela a donc été l'occasion de la découvrir ; et d'y lâcher quelques dizaines d'Euros imprévus).

Bon, revenons-en à notre Chosta'. Symphonie n°10, qui s'est un peu éternisée par rapport au programme (impressionnament détaillé, un vrai livret, d'ailleurs), mais ce n'est pas bien grave. On pourra en écouter un bout sur un (relativement) vieux billet de Pascal. Un orchestre bien complet, 5 percussionnistes qui ne chôment pas, et en même temps, des moments de grandes envolées alternant avec des périodes de quiétude absolue. Apparemment, elle dit beaucoup de chose cette oeuvre, mais on ne sait pas trop quoi, entre ceux qui nous disent que ça parle de Staline (qui vient de faire une des meilleures choses de sa vie : mourir), et notre chef d'orchestre qui soutient que c'est en fait un amour du compositeur (et il en sait quelque chose : c'était son maître et super pote). Tiens, le chef d'orchestre, c'était Rostropovitch. Wouaaaaahhh, j'aurais jamais cru que j'aurais pu le voir en jour, il a 79 ans le bonhomme, et toujours en activité :). Bref, LA légende vivante, j'envie ceux qui sont assis au tout premier rang, sur le coup. Évidemment, il est excellent, mais était-ce bien la peine de préciser ?

Après l'entracte, nous nous retrouvons avec un orchestre réduit, presque intimiste, d'ailleurs, Rotro' s'assoie (oui, on est devenu intime maintenant, avec tout ce que l'on a vécu avant...). Il s'agit du "premier concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes en ut mineur", op.35. On l'aura compris, en plus du premier violon Roland Daugareil (qui n'aura pas tellement eu de grands moments solo), viennent s'ajouter Frédéric Mellardi à la trompette, et Cédric Tiberghien au piano. Je n'avais jamais entendu parler de ce dernier, mais je dois bien être le seul : non seulement nous a-t-il donné deux rappels après le concerto (oui, un rappel pendant le concert...), mais en plus il tenait une séance de dédicaces dans le hall, entre deux ouvreurs/vigiles et à la tête d'une queue assez importante. C'est vrai qu'il est bon, le m'sieur, il n'hésite pas à frapper son piano lui (Paloma, si tu passes par là... :D ).

On finit par cinq entractes tirés de "Lady Macbeth de Mzensk" (me demandez pas ce qu'elle foutait dans cette ville, dont je n'arrive même pas à savoir comment on prononce le nom). On se retrouve plus dans la même optique (heu, sonorité) que pour la 10ème symphonie, avec un orchestre qui se débarrasse des deux derniers solistes, pour regagner ses flutistes, ses cuivres (avec un supplément gratuit au passage), ses percus (avec 7 percussionnistes !), et même deux harpes. Autant dire que l'on rentre à peine tout se monde-là sur l'estrade, qui est pourtant fort grande. Il y a du calme, il y a du déchaîné (ooohhh, ce final :p), il y a surtout de l'excellent, pour changer un peu (ou pas). Évidemment, on est bien obligé de se casser les mains à applaudir Rostro', l'orchestre, et chose amusante, notre vieux chef fait se lever les musiciens les plus méritants à l'unité ou par petits groupes, sans aucune préférence pour les violoncelles ou autres cordes (bien au contraire !), original.

Excellente soirée qui aura durée jusqu'à 23h (début à 20h plus un petit retard, autant dire que ça a largement débordé). Prochain concert à Pleyel le 13 décembre.