Arrivée dès l'ouverture, rejoint peu après par mon ancien collègue qui entamait justement en cette date même le premier jour de chomage ; il a déjà tellement de projets (quasiment tous humanitaires) en tête, que je ne doute pas un seul instant qu'il en s'ennuiera pas jusqu'à la retraite toute proche. On commence par National Instruments, un truc de hardeux pour modéliser facilement ; ceci dit, windaube, .Net, et Visual Basic, ça fait peut-être beaucoup, mais l'on comprend assez facilement pourquoi Labview s'intègre si bien avec Simulink. Passage chez LynuxWorks, on parle BlueCat, évidemment (basé sur un noyau 2.6.13 à présent), mais aussi de LynxOS, qui intéresse plus mon cammarade ancien de l'avionique (pour avoir cotoyé Lynx sur poste radio, je connais) ; la discussion glisse sur la certif DO-178B et DO-254, les 66 points de contrôle, dont certes 49 sont déjà apportés par Lynx, mais dont le reste n'est malheureusement pas couvert par les bloatwares développés dans certaines boîtes dont nous tairons le nom ici (mais c'est facile à deviner, y'a pas cent dix mille personnes qui font de l'optronique) ; ça finit très politique, c'est quelque chose mon ami, il s'emporte sur "Forgeard en prison", et "Lagardère et consorts, tous des mafieux", ce qui évidemment vrai, mais bon... ^^  (ouais, il est pire que moi ; ça doit être l'âge) On bifurque rapidement vers Wind River (après avoir fait de la pub mon système de paravirtualisation préféré auprès de LynuxWorks, qui a un système maison qui y ressemble de loin, avec un partionnement du proc), je glane un linux avec WorkBench, la rolls royce héritée de Tornado (graphe d'utilisation CPU, visu des IT, etc, fabuleux comme outil).

11 heures, c'est la première conf' ; j'ai entretemps croisé Pierre Ficheux, célébrissime pour quiconque fait du Linux embarqué, qui m'a appris faire partie des conférenciers, cette fois, rejoignant, m'aperçois-je juste avant d'entrer, l'habituel Patrice Kadionik (que je n'aurais pu saluer, dommage). Est présent aussi un représentant de Sysgo que je connaissais déjà, d'ailleurs c'est après avoir blagué 5 bonnes minutes (durant lesquelles j'ai été rejoint par un collègue de mon projet, qui m'a introduit plus tard auprès de ses amis de quelques boîtes qui prennent toutes l'eau) que je m'aperçois qu'il est lui-même conférencier. Kadionik commence par une présentation de Linux intégré sur différentes archis à la mode, multicoeur ou FPGA. Puis, Ficheux nous parle des différentes solutions de Linux temps réel (les grandes familles, Concurrent Computing n'est pas inclu ; d'ailleurs, ils n'étaient pas sur le salon), à commencer par les patches de préemption d'Ingo Molnar, puis RTLinux, qui vient d'être racheté par WindRiver, suivi par RTAI, en réponse au premier, et enfin Xenomai, la version améliorée par OpenWide (c'est de la présentation rapide, 15 minutes maxi de chaque ; j'expliquerai ici plus en détail les subtilités de la chose) ; on apprend que Xenomai dans sa nouvelle version gère bien plus de CPUs, x86 et ARM restent, mais PPC ou MIPS sont nouveaux. Puis, Christian Charreyre de CIO (qui participait déjà, avec son accent du midi, à la conf' de l'année dernière) a présenté une migration de OS9 (arg) vers Linux, qui m'a rappelé ce que j'ai souffert l'année dernière, en terme de code pourri qui ne compile même plus, et de surprise finale avec la mémoire qui était mappé de manière bien plane avant, et qui ne passe plus la mémoire virtuelle à l'exécution. José Almeida (chez Sysgo) a exposé les nouvelles fonctionalités de PikeOS (leur solution Linux étant ElineOS), et là ça fait mal, parce que ça rentre en parfaite concurrence avec la solution sur laquelle je bossais il y a peu >_<  (hyperviseur de paravirtualisation, avec scheduling des OS très fin, temps réel dur ; 5000 lignes de code, contre le double chez nous, mais on a plus de fonctionnalités pour l'instant, même s'ils ont réussi à virtualiser XP embedded -- heu, paravirtualisation sur x86 ?? Y'a comme un blem, je capte maintenant, ça ne doit pas utiliser la TLB, on est peut-être sauvé :p ) ; ça a beaucoup surpris de monde, alors que ça existe depuis pas mal de temps, j'en parlais il y a peu avec Jaluna VirtualLogix. Enfin, Eric Faure de WindRiver nous a parlé de leurs deux solutions, la première "classique" désormais (avec ou sans patches additionnels de préemption, pas forcément très stables), et la nouveauté, avec le rachat des technos RTLinux de FSMlabs (le truc breveté qui respecte pas super bien la GPL, trouble, espérons que ça s'améliorera, en tout cas le brevets resteront, apparemment) ; WorkBench, c'est le bien, au passage (on en apprendra dessus plus l'aprem'). Roberto di Cosmo n'a pas pu venir, malade, boouuuhhh.

Il est 13h, avec quelques collègues/collègues de collègues, on tourne, et finalement on n'a pas vu grand monde avant la conf' de 14h, pour une durée de deux heures encore, sur le debugging. Joseph Ghosn de Lauterbach a parlé de débogage des archis multicoeurs, avec des sondes, des machines d'émulation, et que sais-je encore, intégrées à une interface surpuissante... mais bordélique au possible, quasi-inutilisable par un humain normal ; moi je veux pouvoir tout faire dans une console, et une intégration Eclipse possible, pas un machin avec 40 millions de milli-fenêtres, une avec le code, l'autre avec des points d'arrêts, l'assembleur à côté, une visu de la pile de l'autre, à force de vouloir tout mettre on ne voit plus rien, dommage ; mais c'était très intéressant (pour une solution pas super chère, dans les 4500€), il y a même possibilité de travailler en équipes réparties via VPN. Vient ensuite Serge Plagnol, techos (ouf, à bas les commerciaux !) de GreenHills (le grand public doit peut connaître : tout avion marche sur leur OS), avec leur système de déboggage sur trace, une tuerie, même si ça ne peut analyser que 1Go de données collectées (contre 2Go précédemment) : dans une interface claire, possibilité de retravailler sur les données collectées (via sonde, ou si impossible, avec un tagage des call au moment du link, j'en reparlerai), en exécutant le code en avant ou en arrière (d'où le nom de TimeMachine pour la solution), pour bien cerner le bug, et éviter ainsi de dépenser une fortune en faisant partie des 54% de proj' en retard pour cause de bug introuvable (et encore, 54%, tout le monde est d'accord pour dire que 40% au moins ont menti) ; c'est super chouette, tout le monde a bien bavé dessus (et c'est pas très cher, dans les 4000€ aussi). Ce fut le tour de Cyril Prévé pour Polyspace, "mesurer et améliorer la qualité logicielle : quelles sont les 'best practives'" ; leur secteur, c'est la vérification de code à froid, ou "preuve formelle" ; ou comment analyser un code en C (langage de merde trop permissif) pour vérifier que ça ne va pas faire n'importe quoi, déjà dans l'absolu (divisions par 0, débordement de tableaux, etc, mais aussi code mort), mais aussi en fonction d'indications données ("côté fonctionnel"), par exemple une variable qui ne doit pas dépasser 10, etc ; ils ont aussi des solutions de travail collaboratif sans avoir à donner trop de détails (bon, c'est flou dit comme ça, mais faut bien voir que dans l'industrie, c'est : paranoïa de la propriété intellectuelle, mais sous-traitance dans tous les sens...) ; ça marche pour le C, le C++ (y compris pointeurs de fonction), et Ada (ce à quoi quelqu'un demande "quel intérêt pour un langage si contraint" ; notre homme de répondre "c'est un dépassement de variable qui a fait planter ariane 5, l'entreprise est même issue de cet incident" ; ce à quoi je fais remarquer à mes collègues que mettre un pragma 3 lignes au dessus pour désactiver justement la détection de dépassement, c'était pas la meilleure idée, faudrait apprendre à programmer d'abord). Enfin, Eric Faure, pour Wind River, le retour de WorkBench, la suite de Tornado, qui fait des graphes dans tous les sens (GreenHills aussi trace la pile d'appel en temps réel, état des registres, de la mémoire, interruptions, la totale), kawaii (et ça marche avec Linux comme avec VxWorks).

Retour au salon à 16h00, assez fatigué, je fais rapidement le tour avec mon pote du boulot des quelques exposants que je n'ai pas vu, Gaci a une nouvelle carte super mignonne avec 4 FPGA pluggables et programmables à la volée avec un système de traduction du langage C vers le VHDL (ce qui bien entendu me plaît bien, ne connaissant pas une seule règle du VHDL), Ecrin fait de plus en plus de x86 (pas d'évolution notable sur leur solution ultra-pratique de débuggage sur cible préintégrée à Eclipse, ai-je l'impression), je chambre un peu Arion sur mon ancien prof d'archi qui est une vraie tête de mule comme on en recontre peu dans sa vie (de la qualité supérieure ! Je leur demande s'ils en ont eu marre et s'en sont débarrassé :D ), et Aonix qui non seulement n'a pas coulé, mais aurait même été dans le positif (ça sent l'injection de fonds de Thales : s Aonix coule, les 3/4 des projets militaires ne sont plus maintenables... ObjectAda reste bien plus utilisé que Gnat d'Adacore, même si ça migre pas mal, la reconversion d'Aonix passant par Perc et Pico, ie du Java temps réel), du coup je laisse un CV et repart avec un T-shirt (il ira très bien avec celui d'Adacore :p ).

Fin du salon à 17h00 (pour une fermeture officielle 30 minutes plus tard), je vais être franc : ce n'est plus ce que c'était. RTS était mélangé à Machine To Machine, et à Display, du coup il y avait des vendeurs d'écrans au milieu d'intégrateurs de SoC, histoire de masquer le fait que ces deux salons étaient chacun trois fois plus grands il y a deux ans à peine, alors que c'était encore à la porte de Versaille, et non au CNIT. À l'époque Montavista avait un stand monstrueux ; Ecrin faisait des conf' et de charmantes hôtesses distribuaient des sacs à tout le monde, avec notamment à l'intérieur le fameux Tux en mousse dure qui trône sur mon modem en face de moi ; même ma boîte (enfin, pas la mienne directement, on aura compris) n'y était pas, cette année ; Jamaica a laissé champ libre à Aonix/Perc ; LynuxWorks ne distrubuait ni stylo (j'ai signé mon contrat de travail avec leur super-stylo ! Mais il n'a pas résisté à un passage à la machine maternel) ni avion en plastique ; Linux Mag' n'avait plus de stand. C'est le déclin, vraiment, il faut donc aller aux salon ARM à Stanta Clara et CES de Las Vegas pour voir des choses intéressantes, à présent ?

Finissons sur un point positif en cette journée de la femme : elles étaient beaucoup plus nombreuses que d'habitude, j'ai proprement halluciné. Je veux dire, outre les hôtesses, les ingénieurs (ingénieuses ?), quoi. J'ai approximativement dénombré un rapport de 2% !! Y'a du progrès. On peut repartir pleurer...