J'ai enfin pu écouter ce Lied qu'adore tant une ex-blogueuse de talent ! (des nouvelles ? "mitternachts-lied.net" est mort o_O) Ce n'était pas gagné d'avance : après avoir pris plusieurs fois la température, il restait plein de places pour le récital de Barbara Hendricks ; alors évidemment, j'attendais la dernière heure pour avoir 50%. Après l'install party, je débarque à 19h10, choisis une place en catégorie 2, et apprends qu'il n'y a pas de réduction : beaucoup de places ont été vendues, il en reste peu, donc on préfère espérer les vendre un poil plus cher plutôt que de les brader à trois pecnos trop pauvres. Oh les cons. Du coup, pour avoir une place plutôt bien foutue, et me permettant de caser mon gros sac de portable (les vestiaires du TCE, c'est de la blague, et c'est payant), j'ai du me rabattre sur une place à 12€ ; me replacer sur une place deux fois plus chère (que j'aurais pu me payer si on me l'avait proposé), et découvrir qu'en bas il restait bon nombre de places deus première et deuxième catégorie, une bone vingtaine de chaque au moins (et je ne vois que les trois-quart du théâtre), ce qui me laisse encore plus songeur sur la bêtise du marquetteux qui a sorti le système de vente de dernière minute là-bas. N'empêche : le public était bien présent -- apparemment il y a de la pub, d'où la ruée du dernier moment --, motivé -- des gens d'origine africaine surreprésentés par rapport au public habituel, et une jeune fille divinement belle derrière, au rang Y, collée à sa génitrice pour mon malheur --, et finalement, je n'ai même pas eu besoin de me replacer : mon strapontin du couloir (tu m'étonnes qu'elle n'était pas chère, la place) a été immédiatement troquée contre la place X72, qui bénéficie d'un trois-quart tout à fait bien foutu, pour 25€, entouré de barrières, une sorte d'avant-poste, je le recommande absolument (d'ailleurs, je sens que je ne vais pas m'embêter pour les récitals, qui sont trop chers ; sachant que le piano et la chanteuse sont au niveau de la fosse, et que les places de devant au second balcon sont chiantes puisqu'il faut tout le temps se pencher ; de mon côté, la vue était superbe, et le voisinage absent).

On commence par des mélodies de Schumann (triste, évidemment), puis du Fauré (plus joyeux), et vient Mahler, l'entracte étant précédée du fameux "Mitternacht". On alterne Allemand et Français, on l'aura compris. 45 minutes de bonheur. La seconde partie ne fera que confirmer : Francis Poulenc (textes évidemment assez étrange), Schoenberg et Kurt Weill (on dirait du music hall, j'aime moyennement). Ovation, merde elle a 31 ans de carrière, mes parents se sont mariés dessus, et maintenant moi je l'entends, elle est toujours parfaite, impressionnant. 59 ans et demi, qu'elle a. J'en reste sur le cul.

On enchaîne presqu'imméditament les reprises. "Ouvre ton coeur", de je-sais-pas-qui ; un machin qui m'a l'air d'être en italien, pas entendu ce dont il s'agissait (petit jeu : tu étais au concert et tu es plus doué que moi ? Poste en commentaire le nom des oeuvres ; idem si tu as acheté le programme :p ) ; troisième reprise (on rigole parce qu'avec son pianiste, l'excellent Dove Derwinger; on sent une espèce de complicité détonnante, tandis qu'ils semblent désynchronisés dans la course aux bis), "les filles de Cadix" (Delibes) ; puis le très attendu "Ave Maria" de Schubert, magnifique (je l'ai en cd avec Radu Lupu au piano, et si vous vous souvenez bien, pour une bouchée de pain) ; on finit avec tout autre chose : "he's got the word in his hands", suivi de, a capella cette fois, "O Freedom", deux gospels archi-connus, interprétés comme seule une soprano peut le faire, elle pousse tellement sur la voix que j'ai l'impression qu'elle a 20 cm de mois, alors qu'elle est toujours à une trentaine de mètres. Mon Dieu, c'est quelque chose...

Ovation. Dédicace. Malheureusement, c'est l'usine, et même si je passe dans les premiers, elle n'a pas le temps de m'adresser le moindre mot ; dommage (et la jeune fille ultra-jolie va prendre son métro toujours au bras de sa maman, re-dommage).

autographe Barbara Hendricks