Wouah, la thématique pour ce dernier concert brahmsien, par Gardiner et ses collègues du Monteverdi Choir et de l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique, a tourné au morbide, si l'on peut dire : une collection de chants sur la mort, la délivrance, la vie après (c'est toujours pratique), etc. Et le pire, c'est que ce n'est même pas désespérant : quelle beauté sidérante que ces oeuvres sélectionnées ! (je le fais ? C'était "beau à mourir" :D )

Placé en X114, je me remets en K101 dès que possible, c'est bien mieux : encore une fois, il y avait des trous dans la salle, mais tout de même bien moins que les fois précédentes. Il faut dire que l'horaire d'après-midi, de 16h00 à 18h30, est moins désespérant quant au retour chez soi -- d'ailleurs, j'ai pu croiser deux connaissances de conceropathes comme moi ; et puis Bladsurb à l'entracte. Ceci dit, le taux de vieux battait tous les records -- je pense que c'est dû à la thématique, mais je suis mauvaise langue certainement.

La première partie ne comportait en réalité que fort peu de Brahms. C'est clairement une plongée dans ce qui l'a construit, plutôt. On commence cependant par une oeuvre de notre compositeur, "Begräbnisgesang" (à vos souhaits !) op13, ce qui signifie en langage civilisé (oui, je sais...) "chant funèbre". Très légèrement orchestré, que des vents. Et c'est très beau -- à noter que je ne vais pas mettre beaucoup d'autres appréciations que "oohhhh", "aahh", mais mon p'tit Bladsurb est très studieux, je sens qu'il se débrouillera mieux ;).

Pour le reste : Heinrich Schütz et son motet "Selig sind die Toten" (SWV 391), soit "Bienheureux sont les morts" (un point de vue qui se défend) ; puis Johann Rudolf Ahle et son choral "Es ist genug" ("Cela suffit" ; pas sur un mode énervé mais plutôt, "j'ai bien vécu, je peux mourir"), transcrit par Brahms, avant le même (ou presque) mais par Bach (extrait de la Cantate "O Ewigkeit, du Donnerwort", BWV60), je pense que les deux ont été joués très rapprochés, et comme le Bach est un résumé du Ahle, je n'ai pas bien fait la distinction ; encore du Schütz avec "Wie lieblich sind deine Wohnungen, Herre Zaboath" (SWV29), soit "Combien sont aimables les tabernacles" (je n'en connais pas personnellement, mais je fais confiance ; le texte est aussi long que le titre) ; et pour finir "Es ist num aus mit meinem Leben" de Bach ("C'en ai fait de ma vie" ; pour vous requinquer le moral, tout ça). Vous pouvez acheter tout ça les yeux fermés (je veux dire, du moment que sur la pochette il y a un nom d'interprètes qui ne sont pas des pingouins), c'est proprement excellent.

Entracte, et après (replacé en F115, ma place temporaire étant reprise, j'ai été contraint d'en choisir une meilleure encore :D ), l'oeuvre absolument monstrueuse, "Ein deustches Requiem", op45, oh lalalala (c'est génial, mes critiques, hein, avouez ?). C'est encore mieux en vrai qu'en cd (surtout qu'à l'époque, j'avais pas forcément une chaîne d'ampli et diffusion à 2000€, bref...), en plus pour les parties pourtant courtes de soprano et baryton, on avait Camilla Tilling et Matthew Brook, que ça, bah tiens, on va se gêner ! Monumental, que je vous dis. Il vont nous manquer (mais pas trop longtemps, si mes souvenirs de réservation de concerts sont bons), cette fripouille (je l'ai bien observé !) de John Eliot et ses évangélisateurs du bel art...