un dernier Brahms avant la mort
Par palpatine le lundi 19 novembre 2007, 01:09 - ... et les arts - Lien permanent
Wouah, la thématique pour ce dernier concert brahmsien, par Gardiner et ses collègues du Monteverdi Choir et de l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique, a tourné au morbide, si l'on peut dire : une collection de chants sur la mort, la délivrance, la vie après (c'est toujours pratique), etc. Et le pire, c'est que ce n'est même pas désespérant : quelle beauté sidérante que ces oeuvres sélectionnées ! (je le fais ? C'était "beau à mourir" :D )
Placé en X114, je me remets en K101 dès que possible, c'est bien mieux : encore une fois, il y avait des trous dans la salle, mais tout de même bien moins que les fois précédentes. Il faut dire que l'horaire d'après-midi, de 16h00 à 18h30, est moins désespérant quant au retour chez soi -- d'ailleurs, j'ai pu croiser deux connaissances de conceropathes comme moi ; et puis Bladsurb à l'entracte. Ceci dit, le taux de vieux battait tous les records -- je pense que c'est dû à la thématique, mais je suis mauvaise langue certainement.
La première partie ne comportait en réalité que fort peu de Brahms. C'est clairement une plongée dans ce qui l'a construit, plutôt. On commence cependant par une oeuvre de notre compositeur, "Begräbnisgesang" (à vos souhaits !) op13, ce qui signifie en langage civilisé (oui, je sais...) "chant funèbre". Très légèrement orchestré, que des vents. Et c'est très beau -- à noter que je ne vais pas mettre beaucoup d'autres appréciations que "oohhhh", "aahh", mais mon p'tit Bladsurb est très studieux, je sens qu'il se débrouillera mieux ;).
Pour le reste : Heinrich Schütz et son motet "Selig sind die Toten" (SWV 391), soit "Bienheureux sont les morts" (un point de vue qui se défend) ; puis Johann Rudolf Ahle et son choral "Es ist genug" ("Cela suffit" ; pas sur un mode énervé mais plutôt, "j'ai bien vécu, je peux mourir"), transcrit par Brahms, avant le même (ou presque) mais par Bach (extrait de la Cantate "O Ewigkeit, du Donnerwort", BWV60), je pense que les deux ont été joués très rapprochés, et comme le Bach est un résumé du Ahle, je n'ai pas bien fait la distinction ; encore du Schütz avec "Wie lieblich sind deine Wohnungen, Herre Zaboath" (SWV29), soit "Combien sont aimables les tabernacles" (je n'en connais pas personnellement, mais je fais confiance ; le texte est aussi long que le titre) ; et pour finir "Es ist num aus mit meinem Leben" de Bach ("C'en ai fait de ma vie" ; pour vous requinquer le moral, tout ça). Vous pouvez acheter tout ça les yeux fermés (je veux dire, du moment que sur la pochette il y a un nom d'interprètes qui ne sont pas des pingouins), c'est proprement excellent.
Entracte, et après (replacé en F115, ma place temporaire étant reprise, j'ai été contraint d'en choisir une meilleure encore :D ), l'oeuvre absolument monstrueuse, "Ein deustches Requiem", op45, oh lalalala (c'est génial, mes critiques, hein, avouez ?). C'est encore mieux en vrai qu'en cd (surtout qu'à l'époque, j'avais pas forcément une chaîne d'ampli et diffusion à 2000€, bref...), en plus pour les parties pourtant courtes de soprano et baryton, on avait Camilla Tilling et Matthew Brook, que ça, bah tiens, on va se gêner ! Monumental, que je vous dis. Il vont nous manquer (mais pas trop longtemps, si mes souvenirs de réservation de concerts sont bons), cette fripouille (je l'ai bien observé !) de John Eliot et ses évangélisateurs du bel art...
Commentaires
celà fait des mois que je lis vos critiques et depuis hier je sais enfin qui vous êtes
à l entracte du requiem allemand un jeune homme est venu me demander si la place à coté de moi était libre et comme j étais en F113!
donc merci pour vos critiques souvent pertinentes
sur la dernière semaine je suis d accord avec vous
scriabine c était lourd
magdalena c était rayonnant ( surtout depuis le premier rang de l orchestre! le son est pas parfait mais la vue pour un recital superbe )
et gardiner c était royal
quelle précision quelle finesse dans la direction et quel choeur
vous avez oublié de mentionner les " célébrités " du rang E hier soir ( minkowski en tête ) ah le rang E de Pleyel , sa vue dégagée! sa place pour étendre les jambes ! même en etant parmi les premiers abonnés je peux avoir que le F et le prmier rang du premier balcon
PS pour Gardiner, le monteverdi choir et l ORR
rdv le mois prochain à l opéra comique !
l Etoile de Chabrier
Noooon, monstrueux ! :) Je crois me souvenir du visage, si l'on se recroise je devrais percuter :) (faudra quand même m'aider un peu ^^). J'avoue que pour une fois, je n'ai pas regardé le rang E dit "des stars", à part la jeune fille là, plein centre (ooohhh, ça ne doit pas ne n'importe qui, dans le genre "je suis pistonnée comme pas possible"), avec un monsieur certainement trop vieux pour être son amant :D (quand j'y pense, Brahms et sa piété ont finalement eu raison de ma concentration, je l'ai complètement zappée bien avant même la fin).
C'est bien ce qui me semblait, pour "l'Étoile", mais au moment où j'allais vérifier sur mon agenda (19 décembre, que je vois à présent), j'ai vu que j'avais réservé pour lundi matin 10h15 une visite du musée d'Orsay (partie "art déco" accompagnée, cadeau du l'orchestre de Paris), ce qui avec les grèves et mes légendaires retard (je viens de me lever ^^) était un peu prétentieux, j'ai donc dû publier le billet plus rapidement et envoyer un mail d'excuse pour absence...
le monsieur a droite de la jeune fille c etait minkovski ( c est vrai il a des cheveux gris mais il a 43 ans seulement )
moi j etais avec ma femme à ma droite
j essayerais de vous reconnaitre
mais je suis pas physionomiste ( je me souviens juste que vous étiez en bleu et noir je crois , que vous faites tout jeune à coté de mes 40 ans et que vous aviez des jumelles et que vous aviez du laisser votre fameux sac à dos au vestiaire : vous voyez je suis bien le blog...)
Ça ne devait pas être la même jeune fille, je pense, je reconnaîtrait Minokovski même sans mes lunettes (ni mes lentilles, s'entend) :p (elle avait des cheveux mi-long bouclés ? Histoire d'être sûr que je n'ai pas la polio ^^).
J'étais effectivement en jean (ce qui est très rare pour des concerts, mais quand il faut peut-être terminer de rentrer chez soi à pieds par -4° à 1h00 du mat', on prévoit...), c'était ma veste qui était noire (enfin, bleu marine très foncé), mon pull lui était blanc.