Il semblerait qu'Erick Zonca ne nous fasse un chef d'oeuvre tous les 10 ans, et rien entre-temps. C'est toujours ça. "Julia" est dans la même veine des paumées que "la vie rêvée des anges", mais la comparaison s'arrête là. Tilda Swinton incarne l'anti-héroïne avec une force déjà saluée de toute part (astuce : le réalisateur lui demande de surjouer, ce qui simule bien  les effets de la bouteille) ; alcoolisme et instabilité psychologique au rendez-vous. On suit donc cette histoire complètement folle avec un taux de stress très élevé. C'est là le secret du film, qui maintient l'attention durant 2h20, alors que l'on ne sait jamais où l'on va bien atterrir, dans ce monde irrationnel tout autant qu'hostile... Film à voir, évidemment  (et en l'occurrence, pas de St-Jean en ce samedi soir, dommage quand même ; il semblerait très étrangement que la distribution en province soit très pauvre, 80 salles dans toute la France d'ailleurs, certainement 80% à Paris).