Il y a quelque chose qui m'insuporte au plus haut point avec les femmes au boulot : le côté maternel. Je n'en ai rien à faire dans l'absolu que mon collaborateur ait un pénis ou un vagin, mais à chaque fois, le problème revient, tôt ou tard. Ça faisait longtemps que je n'y avais été confronté. Chez les hommes, on vous prend pour la bonne poire, le petit jeune, c'est surtout la raison pour laquelle j'ai quitté ma précédente société ; j'aime bien être pris au sérieux (ce qui est le cas actuellement, et aussi dans l'école dans laquelle j'enseigne, à un niveau très surprenant, même, et tout se passe pour le mieux). Mais chez les femmes, il y a toujours cette dimension, plus ou moins latente et exprimée (parfois au quotidien, surtout au milieu d'un parc à geek, qui ne savent tellement pas se gérer, c'est à se demander comment ils ont si bien réussi leur ascension sociale, pense l'assistante de direction).

Tout à l'heure, faisant face à une mini-crise d'hystérie au téléphone de la RH (forcément féminine, c'est une des lois universelles de la nature), et alors que je m'agaçais un peu de ce qui m'était dit (l'inorganisation, c'est bien lorsque chacun l'a dans son coin, pas quand on fait chier les autres avec), en essayant de le prendre légèrement (surtout avec l'excitation de l'autre côté du fil), j'ai eu droit à un "ça ne me fait pas rire", qui m'a beaucoup rappelé ma maman dans ses grandes heures, sur le ton et sur la forme.

La phrase-type. Je me suis débarrassé du combiné, puisqu'on me l'a demandé, à mon chef direct qui a dû gérer la crise, et surtout renvoyer dans les cordes (c'est un misogyne total, mais il s'est retenu). L'effet ne s'est fait sentir que plus tard, pour ma part. C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, ma RH, mais j'ai déjà assisté à ce genre de comportement à mon égard, du genre "mon fils c'est pas bien ce que tu fais, je te gronde un peu" (c'est d'autant plus désagréable quand on a une position sociale plus importante, au final, parce qu'on a perdu l'habitude de se faire traiter ainsi). La prochaine fois, il faudrait que je pense à envoyer chier. Je ne suis pas son gamin, pas même son subordonné. C'est que ça blesse l'honneur, ce genre de comportement. Et l'instinct maternel, j'en ai rien à foutre, j'ai déjà dû supporter ma maman, ça ira comme ça.

Je pense très sincèrement qu'avec le comportement chipie (à opposer au comportement timide maladive, plus rare, mais j'en ai un exemplaire juste à côté -- une technique, pas une communicative, évidemment), c'est exactement le genre de chose qui cantonnent les femmes dans l'entreprise à des tâches très précises et encadrées (l'excuse du non-contrôle de la natalité était déjà bien limite avant, il est éculé depuis bien 40 ans à présent !). Et pour le coup, même en relation humaine, ça a péché grave. Je ne suis pas rancunier, mais cette petite phrase, mine de rien...