162ème semaine
Par palpatine le mercredi 2 juillet 2008, 09:48 - Throne Room - Lien permanent
Je dois par avance m'excuser de devoir certainement sécher le prochain Paris-Carnet de ce soir : une programmation malheureuse (car je pouvais tout aussi bien choisir mardi soir) de ballet à Versailles va fort probablement me faire rater la première session de l'illustre réunion mensuelle depuis... septembre 2005. Ou peut-être pas : la météo semble facétieuse, et il y a des (mal)chances pour que j'aie posé pour rien un jour de congé.
Cette semaine fut propice à la réflexion sur le sens de la vie. Les deux acceptions voisines de sens, je précise. Depuis les Sumériens, ceci se fait en rapport avec l'argent. Soit. Il est étonnant que l'on me reproche -- car c'est finalement le mot adéquat -- mon style de vie, et ceux qui en partagent aussi (j'en connais au moins deux, et peut-être même trois, parmi mes plus fidèles lecteurs et amis) la philosophie générale. Il semblerait qu'une vision conservatrice soit très gravement ancrée dans les esprits.
On travaille pour "gagner sa vie" (je trouve l'expression assez nulle) ; déjà, ceci n'est pas très évident pour tout le monde, mais passons. Que faire alors des fruits récoltés ? La réinvestir dans sa famille, répond l'individu -- homme ou femme -- moyen, quitte à reproduire le schéma dont on est issu. Le Français se reproduit beaucoup, et c'est avec un peu de peine, tout de même, que j'entendais cette banalité du "soyez heureux faîtes des enfants" dans la bouche de mon directeur général adoré, qui pourtant n'était quelques secondes plus tôt, dans son discours harangueur, pas dupe vis-à-vis de la politique gouvernementale de la pseudo augmentation du pouvoir d'achat, comme quoi on est toujours naïf vis-à-vis de ce sujet précis.
On en arrive au second point : acheter. Société de consommation, ce n'est pas nouveau. Mais attention, pas n'importe quoi : de l'alimentaire (beaucoup, énormément même, mais il faut modérer les restos, car c'est trop cher, même quand on en a les moyens), et l'immobilier. Même quand c'est à un prix indécent, parce qu'il faut absolument avoir un "chez soi", et que vingt ans, ça passe vite de toute façon -- ignorons l'instabilité des vies actuelles, et le simple fait que tant que le dernier mètre carré n'est pas remboursé, le bien immobilier appartient toujours à la banque, à la vérité. Il ne faut pas acheter de superflu, sauf peut-être un grand écran plasma de 40kg (pas de la blague) et son home ciné pas cher de qualité médiocre avec, et une console de jeu vidéo en option (frogo américain recommandé).
Ne parlons pas de faire un tour à la Durée, ou de dévaliser Cerruti : c'est hors de prix, hors de question, pire, ça pourrait être snob. Dieu quelle horreur, vivons heureux, vivons beauf-non-assumé. Je suis méchant : ma famille est comme ça, et une très grande partie de mes relations aussi. Mais en réalité : peu importe, un choix de vie se respecte toujours, et c'est ça le plus important. Je me fous que les autres fassent des gosses, et s'échinent pour eux, tout en vivant comme des pauvres qu'ils ne devraient pas être (enfin, ça me concerne un peu quand même au regard des tonnes d'alloc reversées, car il serait de bon ton de ne produire du mioche que si l'on a les moyens de les assumer, et de faire tout son possible pour que ce soit le cas jusqu'à la fin des études au moins : trop facile de se débiner). Pourquoi donc ne me fiche-t-on pas la paix ? C'est étrange, tout de même. C'est comme ces filles qui ne veulent pas avoir de gosses, ou se marier, on les regarde comme des extra-terrestre : pas dans la norme, la moyenne.
En réalité, j'ai déjà dû faire face à cela depuis longtemps, avec mes activités culturelles. Et même, quand on y pense, avant, avec mes activités intellectuelles, le permis de conduire (j'en ai longuement parlé, à l'époque, tellement c'était incroyable), et mes non activités amoureuses. Rien de nouveau, en somme. Même les meilleur(e)s d'entre nous y sont allés un jour ou l'autre de leur remarque, mais c'est surtout du provincial (qui lorgne sur le parisien, logiquement) que cela vient essentiellement.
De manière fort amusante, je me suis rendu compte que mes amis mettaient autant de côté que moi : rien du tout. J'en ai été le premier surpris, j'avoue. Et en plus, je ne me plains même pas de payer bien plus d'impôts qu'eux (y compris indirect !), ça s'assume, d'être un gens bien de gauche. Ils se demandent comment je fais pour vivre si bien. C'est peut-être parce que je m'assume, finalement. Certains de mes amis voudraient bien être du même niveau, et ils se cachent pour y accéder (surtout, ne pas faire savoir que l'on cherche un beau costume -- d'ailleurs, je résiste toujours, trop conformiste à mon goût, mais je me demande si la citation du plus grand héritier Rockefeller trouvée ici est bien vraie). Je croyais que l'on était dans le bling-bling ostentatoire, que nenni, on est toujours à l'autre extrême : ce n'est pas même être riche qui est mal (puisque ce n'est pas le cas), c'est vouloir accéder à un espèce de niveau social imaginaire considéré de l'extérieur comme "supérieur" (classique complexe d'infériorité, en réalité).
Ça peut même commencer très vite : avoir un CDI, m'a-t-on déjà dit, est déjà extraordinaire à mon âge, alors exiger 20% d'augmentation comme je l'ai fait en octobre dernier, cela relevait de la plus absolue inconscience de "gens qui se la pète". Surpayé est une expression qui revient souvent. Je ne sais même pas si je dois justifier cela, tellement sur l'échelle de l'idiotie, on se place bien haut. Dans tous les cas, j'attends ce mois-ci le salaire cumulé le plus haut que je n'aie jamais eu, du genre à doubler le compte en banque, même après loyer. Pour mon âge, j'en suis bien content, c'est une qualité intellectuelle reconnue, mais il faut se bouger, pour l'avoir ; sus aux jaloux. Et encore une fois, je reste idéologiquement de gauche : chacun mène la vie qui lui plaît, l'ambition n'est jamais un vecteur de vie (et d'ailleurs, si je pouvais me passer de travailler, je me rendrais utile à programmer gratuitement pour le libre, et mènerais le rythme de vie qui me sied sans aucune hésitation).
Je n'ai donc rien à prouver à personne, pour répondre à mes très proches. Même un modèle simpliste y aiderait à voir clair ; rien à voir avec un fantasme d'aristocratie rêvée (si on veut voir leur niveau culturel, on a qu'à prendre un ministre ou sa femme au hasard : c'est pitoyable). Ça me laisse bien perplexe, tout ça. J'ai découvert au passage qu'en fait mes affinités n'allaient pas vers ceux qui partagent mon mode de vie (limite épicurien, dans un sens), puisque de toute façon je n'en connais pas vraiment (les boutiques ne sont pas des lieux de rencontres sociales extraordinaires, c'est un peu mieux pour l'opéra, mais à peine, beaucoup de possesseurs de gold grugent, il doit même y en avoir un ou deux parmi mes lecteurs ;) ) ; non, mes affinités sont naturelles vers ceux qui s'en foutent autant que moi, et ça peut même concerner des horribles marxistes de la lutte des classes, autant que l'électeur de droite provincial faisant preuve de plus mauvais goût.
En fait, prendre les choses avec légèreté. Et laisser chacun mener sa vie comme il l'entend. Ce qui nous ramène à des débats récents sur la politique actuelle et les faits de société, où les citoyens se restreignent eux-mêmes leurs propres libertés. On pourra penser à l'affaire des mariés de Lille récemment : ils devraient se conformer à ce que la société exigent d'eux, quand bien même c'est absurde, car il faut être conforme à la norme préétablie. J'ai toujours soutenu que les moeurs étaient du grand n'importe quoi (du moins, les respecter) ; j'espère que même parmi mes détracteurs de cette théorie, on commence enfin à comprendre pourquoi (sinon, Confucius y aidera ; j'en ai deux exemplaires à acheter et offrir). La dictature pseudo-intellectuelle du peuple-roi (ah, les affres de la démocratie), on commence à y être en plein.
Finissons donc sur ces digressions (et même détours de la pensée, si ce n'est dérives, mais vous êtes habitués au style, à présent, chers lecteurs). Parlons de choses plus légères. D'abord, ma graaaaande fierté (j'espère que l'on a enfin que c'est une plaisanterie ?) : classement wikio de la semaine dernière (screenshot pris alors que je me faisais griller par un petit nouveau, sur la page d'accueil).

Mais surtout, plus que tout, ma très graaaaande fierté, car j'en suis manifestement à présent la référence absolue sur le ouèbe, la recherche qui m'a apporté le plus de monde me semble-t-il ces derniers temps : "Charlotte Ranson érotisme".

Pour mon plus grand malheur cependant, je ne puis que confirmer les atouts visuels de la belle ballerine. Mais si cette dernière venait à passer par ici, qu'elle n'hésite point à nous faire connaître son avis sur la question, et j'indique, à tout hasard, la possibilité de me contacter, dans le menu de gauche ; je n'en serais que plus reconnaissant, évidemment.
Commentaires
Faire un post de cette taille pour prouver que l'on n'a rien à prouver, n'est ce point paradoxal? :)
Sinon, merci, j'ai bien reçu l'allocation naissance... 900 € je n'en demandais pas tant, ça aurait été plus utile dans la poche de miséreux nécessiteux mais franchement, quand on est pauvre par définition c'est pas 900 € qui changent ça. Ils auraient acheté quoi avec, un lit parapluie et une poussette pas solide ? Les riches achètent de la marque et ça dure, au moins, du coup merci pour ta participation à l'achat de ma poussette streety bleue et verte :)
Oui, c'est tout à fait paradoxal, mais bon, la question est : a-t-on le choix ? La ligne éditoriale de ce blog n'est-elle pas de ne rien taire ? :) Et puis, accessoirement, tous les posts ici sont longs, et celui-ci, je l'ai écrit en attendant quelqu'un hier soir, et je l'ai fini ce matin, forcément... ^^
900€ d'alloc' naissance ? Nom de dieu de bordel, et c'est pour tout le monde pareil ?? Quelle connerie, et après ça se plaint de ne plus avoir un rond. C'est comme les 200€ d'alloc rentrée. On ferait mieux de subventionner les avortements (comme ça les pauvres n'auraient pas d'excuse), et ne RIEN verser du tout ensuite. Faut assumer ses
connerieschoix jusqu'au bout, non mais (déjà qu'on paie deux fois moins d'impôts à deux, quand on partage déjà facture et loyer... Encore un truc de conservateurs, la politique familiale à outrance).[c'est ici le 4000ème commentaire de ce blog !]
Belle leçon, palpat' ;) Fais gaffe à l'entretien, vu le ton du 4000ème commentaire :). Mais c'est un signe, ça...
c tj curieux, l'aveuglement des politiques... ils constatent tous k'on va à la catastrophe par manque de ressources, pas un seul n'ose dire que d'ici 2050, on a encore largement le temps de limiter drastiquement les naissances.
@Loreleï: a plus de problème, le #4000 était en fait le #4001, après repéchage d'un spamassassiné à tort...
@Valerio: ça c'est tout à fait vrai. Pour une fois, on devrait _vraiment_ faire comme l'exemple étranger !
Mais, et nos emplois? Le politique qui parle de réduction de naissances en france, je donne pas cher de sa carrière...
Sinon allons, les enfants c'est le seul bien des prolétaires par définition. Qu'ils en aient les moyens ou non, ils en feront. Les incitation à la contraception peuvent limiter les cas non voulus mais pas tous les autres, donc autant filer des sous pour que les gamins soient pas complètement cons ou sous alimentés
Ceci dit, je n'avais pas besoin de cette allocation. Ah tiens on me fait signe qu'ya pas de crèche ni de nourrice libre pour dans 5 mois... Bon ben je vais devoir prendre la crèche privée à 1000-1200 € par mois... Flute j'aurais pas du claquer l'allocation...
"900€ d'alloc' naissance ? Nom de dieu de bordel, et c'est pour tout le monde pareil ??"
Nan, visiblement , c'est que pour les pauvres. J'ai rien touché moi (ou alors si peu que je ne m'en suis même pas aperçu)
Edit : un googlage rapide semble indiquer que c'est une histoire belge http://www.kids.partena.be/content/...
Y'a eu les espagnols, aussi. Sérieux, quand on n'est pas foutu de mettre 1000 pauvres Euros de côté, c'est même pas la peine de penser à la reproduction... On remarquera que parmi toutes les stats sur les "postes de dépense des Français", il n'y a jamais qu'un truc qui n'est pas étudié : les gosses. Et personne ne se demande donc comment on fait pour vivre tout juste avec deux salaires autour de 2000€ net/mois ? Parce que bon, une fois le loyer déduit, c'est quand même plus que ce qu'il me reste pour moi tout seul, hein, et ça m'empêche pas de faire les soldes autre part que chez Tati...
Bref, "faîtes des gosses, l'État s'en occupera". Si encore il pouvaient payer nos retraites... Bébés-fonctionnaires, ouais !