Je pique évidemment l'expression à Lea Ariana, que j'ai de nouveau le droit de linker ("c'est compliqué"©). Il ne s'agissait pas de Kušej, mais de Stefan Herheim : porte-jarretelles au rendez-vous tout de même. Ca devient commun, à force. Hier soir sur Arte, après un Visconti dont la suite sera ce soir même, la soirée Thema était consacrée à Wagner, avec en seconde partie un reportage sur Bayreuth (que je ne suis pas arrivé à retrouvé sur Arte+7). Et l'on y voyait la dernière mise en scène à la mode (elle n'a changé que huit fois depuis la création, apprend-on) de Parsifal. On se souviendra du tollé à Bastille de la mise en scène commise par Warlinounet (vaut mieux s'en souvenir, parce que Youtube s'est mis en mode "sourde oreille" maintenant, la bonne nouvelle c'est que les commentaires sous la vidéo en question n'ont pas été supprimés, c'est juste que je n'y ai plus accès). Voilà donc l'arrivée, pour ce festival 2008, que dis-je, l'invasion dans le sein des seins non seulement des porte-jarretelles, des nazis, des ailes d'anges noires, des talons haut rouges (ah, c'est un homme évidemment qui porte tout ça), des putes de bordel pour les filles-fleurs, et de l'uniforme d'écolier règlementaire pour Parsifal.

"N'ayez pas peur" (©Jean-Paul). Quand on sait qu'il faut attendre au moins neuf ans pour avoir une place (peut-être moins maintenant, avec le papy boom, mais c'est pas sûr, c'est de plus en plus résistants les vieux, surtout les riches), ça ne donne plus trop envie tout à coup (à moins de vouloir se faire tirer le portrait gratis -- on dirait Cannes, au secours !). L'AFP titre : Avec "Parsifal", Bayreuth applaudit à la rédemption de l'Allemagne (RTL et bien d'autres reprennent la dépêche par copier-coller). Et ça n'a pas l'air de choquer outre mesure qui que ce soit...

En fait, de plus en plus, la (dé)mise en scène, ça ressemble à de la thérapie de groupe dans un théâtre ; il n'y a qu'à voir le peu de cas qui était fait de l'interprétation de l'oeuvre wagnérienne lors de l'interview pour le reportage. "Bonjour, je m'appelle Stefan, et je suis un démetteur en scène" -- "Halo Stefan !".