Oh les cons. 15 minutes de reportage sur les netbooks (ah non, mini-PCs, la dénomination la plus répandue n'a pas été lâchée) à "Capital" : on a commencé par voir un EeePC, par dire que ça vaut 270€ et que c'est super cool, ça envahi le marché à coups de millions d'exemplaires, blabla (on passe par un jeune chercheur d'emploi qui vit dans un 130m², et qui adoooore son Eee Pas Cher), et on va chercher les origines de ce bas-coût au MIT, via Negroponte et l'OLPC. Et puis on va vite se concentrer sur "un des constructeurs jaloux d'Asus qui a voulu faire pareil" (bon, on oublie qu'il faut s'y prendre vachement à l'avance avant de lancer un tel produit : si vous avez vu le Gdium -- extrêmement mal référencé --, ça ressemble fortement à ce pour quoi j'ai passé un entretien d'embauche l'année dernière chez Mandriva -- on parie le MIPS-like qui sert de CPU est produit par ST ?), à savoir MSI. Et on ne va plus les lâcher. On va dire que comme le portable est plus petit, la dalle aussi, le lecteur CD est absent (40€ de moins, nous dit-on : la blague !), et le disque dur plus petit. Oui, disque dur, parce que le MSI Wind est spécial.

C'est effectivement le seul à être uniquement sous windaube, et même l'un des rares sous windaube tout court, puisqu'une version de la seconde génération de Eee l'a rejoint. Donc DD, parce que windaube, comme son nom l'indique, est une grosse daube dégoulinante pas foutue de rentrer sur quelques gigas (on parle de cet ancêtre de 2001 d'XP, pas du mastodonte horrible de Vista, évidemment). Et ça ne choque toujours pas les journalistes. Non non, se sont même pas aperçus que l'interface de tous les miniPC sauf le MSI ne sont pas composés d'un menu démarrer et d'une colline verte.

Mais c'est pire que ça, puisque cette bande d'imposteurs intellectuels nous parlent de machines à moins de 300€, alors que le MSI est minimum à 398€, et plutôt aux alentours de 450€ si l'on veut une machine un peu plus conséquente. Mention spéciale au passage aux journaleux-experts de Micro PC, qui nous sortent des choses aussi précises que "on peut tout de même stocker deux ou trois divx, et disons... un millier de photos" (au secours !), au journaliste qui pour illustrer l'assertion "le CPU est disons deux fois moins puissant que celui d'un portable moyen" (ce qui est un petit peu une connerie, mais passons, on parle de merde d'Intel, et il semble bien que l'Atom n'est pas aussi bon qu'annoncé, surprenant non ?), nous apprends que "coder un mp3 prendra 4 à 6 minutes de plus" (mais qu'est-ce qu'il dit ??), puis à l'autre crétin-expert qui sort tout ahuri que l'on ne pourra pas faire marcher un seul jeu dessus (comprendre : le dernier jeu à la mode qui a besoin d'un PC à 2000€, pas le TA de 98 toujours-copié-jamais-égalé), avant d'admettre que ce n'est pas ce que l'on demandait, après tout.

Bien vu l'ami : d'ailleurs, tout le long du reportage, on aura juste omis de parler du business model de ces machines. Une paille, pourtant on tourne fortement autour du pot. Mais ce qui m'a le plus énervé, outre les approximations et le peu d'intelligence du tout, c'est que cette bande d'attardés incompétents ont oublié un mot, celui qui fait le Asus est à 270€, comme l'Acer One (ah, j'en ai eu un pour 260 ce WE, mais il n'est pas pour moi, j'attends la version... avec disque dur, pour pouvoir compiler dessus, bien sûr), et comme tout un tas d'autres machines, contrairement justement aux MSI à plus de 400€ : Linux !!

Comment en arrive-t-on à être aussi couillon et à autant ne rien comprendre à la vie ? À réussir à gagner sa vie quand on est si manifestement si con ? En voilà de vraies questions ! La bonne nouvelle, c'est que le neuneu moyen (car le journaliste lamda est neuneu moyen, de base -- alors qu'un présentateur est par exemple quasiment toujours juste très bête) n'y voit vraiment que du feu, même pas s'il se pose la question, ou remarque quoi que ce soit (pourtant il y a écrit "OpenOffice.org" en haut de la fenêtre du traitement de texte...). La mauvaise c'est qu'une très bonne occasion de parler du libre qui a été raté à la télé (alors que même au Nouvel Obs, on sait écrire un petit article -- approximatif --, au moins). La non-nouvelle, enfin, c'est que journaliste est clairement devenu un métier de ratés pour littéraires pas foutus de devenir prof ou bibliothécaire.