On a beau être prévenu, rien n'y fait. Ces temps-ci, il faut bien avouer, les choses m'échappent. Dimanche il fait plutôt beau, lundi est maussade, et mardi il pleut sans prévenir. Heureusement que j'avais mon chapeau qui tient la pluie. D'ailleurs j'aurais dû écrire mon billet sur les chapeau, là, où comment bien se couvrir -- il y a une histoire de cordonnier mal chaussé à caser par là --, mais finalement, c'est comme mon billet "j'aime la mode" prévu pour cette semaine, en lieu et place du présent billet ; et encore, le premier est simplement reporté, le second je ne sais pas. Pas d'humeur, là.

J'ai passé une semaine plutôt fatigante. Pas qu'un peu, même. On attend de moi des choses que je ne sais pas faire -- non, que je ne veux pas faire, parce que je n'aime pas, parce que ce n'est pas moi --, et lorsque l'on comprend la méprise -- quand on la comprend, à moins que l'on feigne de ne pas comprendre ? --, alors que je ne cesse de décrier les situations, voilà que l'on est surpris. À ce demander comment moi, ouvert comme je pense l'être, peut être aussi mal jugé. Me connaît-on si mal ? J'ai remarqué plusieurs fois cela ; mais la franchise ne paie pas non plus, elle agresse, elle insupporte. Finalement, il faut se faire une raison, le mythe est toujours préféré au réel.

Dans les mythes -- du moins dans l'heroic fantasy --, il suffit de nommer les choses pour en prendre le contrôle. Je croyais bêtement qu'en nommant ce serait mieux. Peut-être que moi aussi, j'évolue dans ma propre mythologie. J'entends des choses qui ne font pas du bien -- reste à déterminer si elle font du mal. Aujourd'hui, j'ai raté une station de métro, puis décidant de prendre la correspondance, je me trompe de sens ; et c'était avant d'être tracassé par autre chose, ce qui m'a encore fait rater d'une station mon arrêt : ça commence à faire beaucoup pour ne pas être suspect, il faut bien l'admettre.

Tout à l'heure, j'étais à mon ancienne école ; je demande si mon cours de l'année dernière sera reconduit, en fait j'ai déjà demandé trois fois par mail, en deux mois, et on ne m'avait pas répondu : c'est celui qui m'a déjà grillé ailleurs qui a piqué ma place ; souvenons-nous du contexte général. Je suis assez vert, il faut bien l'admettre : que puis-je faire si ma propre école privilégie les relationnels publics aux techniciens pur jus ? (je crois par ailleurs que l'on s'entend si bien, que la proposition faite de sauver un cours cette semaine est finalement tombée aux oubliettes -- ça me désole, tout ça)  Il ne manquait plus que ça, aujourd'hui.

Il arrive ainsi de mauvaises choses à répétition. Dans l'absolu, je n'ai rien perdu. Du virtuel. Des promesses qui ne donnent rien, des espoirs tous déçus. Ça peut s'arranger, avec le temps, beaucoup de temps. C'est drôle, l'année dernière aussi la période était bien creuse, et le rebond fut des meilleurs. Pourquoi pas, après tout. Et puis tant pis : j'ai tissé des relations très sympathiques avec pas mal de monde -- que je connaissais pourtant déjà --, ces derniers temps, s'ajoutant à des rencontres enrichissantes dans l'absolu. On me demande souvent ce que je fais dans la vie, on imagine mal le personnage, ça fait plaisir, c'était le but. Ça l'a toujours été, en fait. Mais mince, parfois je crois être trop incompris. Ou plutôt, en arrivé-je à penser, que cela arrange bien de me mécomprendre -- la présomption d'innocence a ses limites. Je sais fort bien que certains de mes côtés dérangent.

Et pourtant, je repense à ce que disait mon boss sur le fait que j'étais "dans l'action". Comment peut-on là aussi autant se méprendre ? Je regardais le Naruto spécial ce week-end -- oui attention, la référence -- et il y a ce personnage, Shikamaru, un type super flemmard autant qu'intelligent, et qui finalement met le second trait de caractère au profit du premier. Je me reconnais là dedans. Je n'aime pas faire les choses pour rien. Je n'aime pas m'investir en sachant pertinemment que ça ne servira à rien, tout autant que je regrette profondément de m'être investi pour un résultat nul, voire contraire. Mais c'est ainsi. Je pense que cet investissement a cependant été grandement mésestimé, dans chacun des cas, surtout celui qui me préoccupe le plus -- mais il devient tristement habituel, et comme on dit dans St-Seya (restons dans le manga), la même attaque ne marche pas deux fois sur un chevalier (jedi ?).

Il y a une sorte de bonté d'âme dans mon caractère qui contraste avec l'aspect incisif. J'essaie de limiter le premier pour ne pas être pris pour une poire -- c'est souvent l'échec --, mais il sert toujours d'alibi au second. Je ne sais pas ce que mon maître à penser dirait de cela : comment manier éthique et vérité. Lorsque la vérité dérange ou "fait mal", ou que sais-je encore ? Je n'aime pas du tout mentir, dissimuler, cacher, trahir (ça jamais !), ça me joue des tours, mais finalement je me rends compte que là où ça coince dans les relations que je peux avoir, c'est à ce niveau, dès que je me rends compte que la droiture que j'espérais n'est pas au rendez-vous -- et je ne suis pas un ultra-orthodoxe, loin de là. Je n'ai pas de rancœur -- encore moins de rancune --, juste de la déception. Espoir déçu.

Je vais attendre. Je repasse en mode patience. Après tout, j'ai tout mon temps, je suis même en avance -- à peine -- sur certains points, et sur d'autres, tout vient à point à qui sait attendre. Il paraît. Il faudra que je nomme mon mini-portable WOPR. Vous savez "the only winning move is not to play". La vie, c'est un peu ça. Mais comme aux échecs, on ne peut pas passer son tour, il faut donc jouer. J'ai heureusement tout mon temps pour voir venir, je pense pouvoir suivre mes préceptes. Je pense...