Duo de choc pour ce premier récital de la saison. Et bide commercial avec seulement un millier de places vendues -- en replaçant l'arrière-scène à l'orchestre et avec des balcons dépeuplés, on n'y voyait cependant presque que du feu : si la publicité a été fort tardive, c'est à un remaniement du programme que l'on doit ce ratage, puisqu'aucun erratum n'a jamais été clairement communiqué. En effet, un récital avec Netrebko était prévu pour le 15 novembre, à la base, et pour des tarifs à 145€, l'accompagnement étant prévu par l'orchestre National de France. Mais voilà, congé maternité, un truc du genre : c'est en ce 11 octobre dominical au soir (une date bien ingrate, dans le genre) que Dmitri Hvorostovsky (nom aussi chiant à écrire qu'à prononcer, quoique j'ai appris que le "h" est muet, ça simplifie déjà les choses), notre baryton de service bien connu et aimé de ce blog (donc de moi-même ; on se souvient notamment du fantastique récital de musique russe d'il y a un an, justement), a pu donner de la voix.

Et pour l'accompagnement, rien de mieux qu'un Evgeny Kissin, avec toujours son immonde choucroute surnaturelle sur la tête, et ses tics (à ce niveau-là, ça dépasse la mimique) à n'en plus finir. Bref, le duo russe choc pour un récital quasi intime. Je refile ma place à l'ami berlinois, et je récupère celle en rab' de l'ami Laurent : trafficotons, trafficotons  :). En plus, ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vu (pour mémoire : le costume fut troqué contre l'habit de marin, ça fait un choc), une bonne affaire ! On devise sur le programme à 5€ obligatoire, et le fait que le site de Pleyel n'est franchement pas très sympa à ce niveau (en rendant notamment les archives inaccessibles). Copions-collons, donc :

Piotr Ilitch Tchaïkovski
Lieder op. 6 n° 5, op.34 n° 5, op 38 n° 4, op. 57 n°2, op.38 n° 6 - op. 57 n° 1, op.38 n° 3 et 1
Entracte
Nikolai Medtner
Lieder op. 3 n° 2, op.32 n° 6, op.15 n° 8, op.6 n°1 (II), op.13 n°1
Sergueï Rachmaninov
Lieder op. 14 n° 12 - 7 et 4, op. 26 n° 3 - op. 14 n° 11

Eh bein ma foi, ça c'est du programme, hein. Le Tchaïkovsky est très bon (notons une pièce en italien "Pimprenella" -- ou un truc du genre --, aux paroles assez crétines par ailleurs), le Medtner-que-ça-n'arrive-pas-tous-les-jours est très très bon, et le Rachmaninov très très très bon, avec des volumes extraordinaires, et un souffle nécessaire hors du commun (on a tapé dans les dix secondes assez facilement).

Ça standing-ovationne assez facilement, du coup on a trois rappels (sur bien 25 minutes), mais aucune idée de ce dont il s'agit (surtout quand c'est présenté en russe, ou alors durant la fin des applaudissements). À la sortie, il y a une séance dédicace : mais non seulement je n'ai pas de programme à faire signer, mais en plus, un dimanche soir, même à presque 22h, faut p'têtre pas abuser. On se dit au bout de tout cela qu'il devrait chanter du Wagner, ce Dmitri (ou faire du forcing pour qu'il y ait des opéras russes à Paris...).


(au retour, avenur Hoche, j'hallucine : là où la veille s'élevait encore l'immeuble de la banque Palatine, il y à présent un gros trou ; la criiiiise a des effets dévastateurs, décidément, et quand on voit que c'est Nexity qui doit mener les travaux, c'est pas gagné ! ^^)