"De la compréhension et de la communication", voilà mon thème favori de retour. Plusieurs pistes : le patois marseillais, les faux-semblants (qu'une très-loin-d-être-bête aura mis presqu'une semaine à déchiffrer, moi qui croyais que c'était trop évident...) sans compter les écritures sibyllines dans l'absolu, les prises de bec identitaires (alors même que je suis certain que si je mettais un lien vers mon blog pro ici-même, personne ne le remarquerait, la preuve : Authueil a mis pointé fois vers des adresses qui en un clic révèlent qui il est), les amis-dont-on-ne-sait-pas-le-nom (bah, c'est pas comme si je savais comment s'appelle réellement Lea, même que ma mie ne m'a donné sa date d'anniv' qu'après avoir insisté lourdement... "Ça n'empêche pas les sentiments"), les incompréhensions orales (un jour on découvrira que je traîne un problème orthophonique depuis des lustres, tout comme on a découvert que que j'en avais un orthopédique quand j'avais 13 ans, et que c'était pour ça que j'étais si mauvais en sport), ou les incompréhension écrites par mail (mais là, pas sûr qu'en face ça ait le niveau... Il y a même des fois où l'on m'attaque un peu pour défendre exactement ce que je viens de dire, mais en plus simpliste...).

Si je m'amuse souvent à cacher des choses parmi les écrits (mais parfois non), il faut bien avouer que j'ai un problème à me faire comprendre d'une manière générale. Ce qui a pour conséquence première de réduire les bonnes relations à ceux dont la tolérance est élevée, ou à ceux qui ont assez d'intelligence pour voir au-delà (il n'y a qu'à voir le lectorat connu de ma personne de ce blog, vous ne savez peut-être pas entre vous quels ont été vos parcours respectifs, ni avez un regard suivi sur les quelques commentaires des uns et des autres, mais moi si) ; quelque part, c'est une bonne chose, s'il est vrai que parfois des réputées bonnes personnes ne me supportent pas, tant pis, il y a toujours des victimes collatérales (pour ma part : je m'en fous ! Rien à reprocher à qui que ce soit). La bonne nouvelle, c'est que ça ne m'empêche pas d'être apprécié de beaucoup (beaucoup), et des gens de qualité (il faut savoir flatter son lectorat :D ). Mais tout de même, parfois, il est flagrant que le décalage est trop grand, et que si ce n'est pas la faute de l'interlocuteur, c'est que c'est celle du communiquant ; mince, hier je suis tombé d'accord avec J2M (ex-J6M ?)...

Il faut déjà bien comprendre que je m'exprime avec force références diverses (et des interlocutrices d'importance m'ont avoué au final qu'elle faisaient juste plutôt semblant de suivre mes conversations qu'autre chose... Arg !), et parfois (souvent ?) avec plusieurs longueurs de réflexion d'avance (un peu comme aux échecs), mais en sautant directement jusqu'au résultat final (allons à l'essentiel, ne perdons pas de temps) ; ça fait un peu "brut de décoffrage sorti d'on ne sait où", et c'est donc pour cela que ces derniers temps, j'avais fait l'effort de m'expliquer plus longuement, avec tous les détails. Résultat : bah personne (allez, avouez ! :)  ) n'a eu le courage de lire jusqu'au bout en s'y attardant (il faut dire que ça prend beaucoup de temps, il est vrai ; personnellement j'accumule tellement de retard sur le blog de Lea pour trouver la bonne tranche horaire où je pourrais tout lire sans interruption, que ça en devient indécent : le blog se prête mal à cela, surtout qu'on n'est pas au niveau a priori d'une somme théologique qui va révolutionner le monde), et même je me suis vu dire (en ayant à peine parcouru du regard) quelque chose comme "ah, t'as écrit plein de conneries, au moins tu as du temps pour ça, toi" (heureusement, ma patience est extraordinaire -- sauf avec ce qui est blond, bourgeois, mesure moins d'un mètre quarante, et me rentre dedans en courant). Certes, certes...

Qui plus est, on a un problème de forme. Jules en est fort réputé, et le vice a été poussé si loin que l'on comprend parfois mal le second (voire troisième) degré qui l'anime (même problème en plus léger chez les econoclastes, avec un sujet similaire). C'est ici que la netiquette et l'usage de smileys désambiguïsateurs (j'invente des mots, aussi) (et j'adore les parenthèse, ça aide trop à la lecture) atteignent leurs limites (il m'arrive de mettre des smileys dans des mails pros, il y a parfois certaines remarques anodines ou amusées qui peuvent passer extrêmement mal -- on avait le même problème du temps de l'écriture sur lettre, il ne faut pas se faire d'illusions --, surtout pour une hiérarchie pressée lisant de travers et sur un mode commercial -- pas littéraire pour un sou, les nuances sont quelque chose plutôt à bannir). Ces problèmes formels vont parfois être mis sur le compte du fond, reste à savoir qui a raison : pour ma part, j'effectue des sondages, si une minorité de personnes n'ont pas compris, c'est que ce n'est pas nécessairement de ma faute (ce qui ne fait certes pas beaucoup avancer le schmilblick, mais bon...).

Et puis il y l'absence de dialogue, aussi. J'ai souvenir d'un très bon blog de critiques amateurs de concerts (le type en faisait autant que moi maintenant) qui a fermé il y a plus de deux ans, avec comme dernier billet une désillusion face à la totale absence de dialogue et de rencontre (pourtant, ça commentait chez lui !). Mon blog pro a un nombre de lecteurs proche de zéro, il n'est lu par personne dans la boîte (parfois je me dis que heureusement :)  ), lorsque j'envoie des liens à des personnes qui pourraient être intéressées par le contenu (par exemple du debug pour une boîte qui m'a vendu un machin un peu foireux) je n'ai aucun retour (même par mail privé pour les timides du commentaire), et je crois que je suis le seul à le continuer dans l'entreprise (le planet ressemble de plus en plus à mon blog et c'est tout...). Mais bon, je continue de parler dans le vide... (chers commentateurs, vous pouvez m'en demander l'adresse par mail, cependant ;)  )

Tiens, côté mail aussi, voilà qui est stressant : j'ai actuellement quatre ou cinq mails en attente de réponse, certains depuis deux semaines, certains depuis un mois, je sais que l'un a tendance à faire périr naturellement ses mails dans la boîte à spam à l'insu de son plein gré, qu'une autre ne répond toujours soit dans les cinq minutes qui suivent, soit au bout de trois mois, mais tout de même, ça c'est moins drôle. Car après tout, une tribune bloguesque (comme journalistique ? Il ne vaudrait pourtant mieux pas) est avant tout un moyen d'expression, et ensuite seulement de communication, contrairement au mail (asynchrone mais rapide). Dit comme ça, on réduit effectivement l'expression à la part psychanalytique de la chose. J'en connais un qui a plusieurs blogs (pas seulement pro/perso avec une passerelle trouvable si l'on cherche), dont certains gardés secrets : c'est un moyen comme un autre. Il est vrai qu'à présent, j'aurais de la peine à vous faire part de mon grand désarrois lorsque j'ai appris ce matin que les élèves de troisième année viennent d'apprendre les listes chaînées et les arbres en C, alors que je dois enseigner la construction d'un système embarqué pointu aux secondes années (ah, oups, did it again).

Bref, je vais tout de même essayer que ce lieu ne ressemble pas à ça (je n'ai pas demandé le prix, cependant) :



(il paraît que la FIAC est moins courue depuis la criiiiise : ça se passe de commentaire)