"Métamorphoses" est la dernière exposition à l'espace Louis Vuitton : comme toujours, le 6ème étage est d'un accès gratuit via l'ascenseur de la perte des sens, cette fois blindé de touristes bavards. Suivant une certaine logique, dix artistes coréens, Sud ou Nord (quoique la majorité vit à Seoul), ont cette fois été invités à livrer leurs visions du monde. Comme d'habitude, c'est très contemporain, parfois assez abscons, parfois amusant, parfois beau, parfois moche.

On commence par Sookyung Ye et "Translated Vases", des vases de porcelaine brisés et recolés avec de l'or, selon la méthode traditionnelle de réparation utilisée : métaphore des deux Corées. Dans la même idée, Yongseok Oh, à travers sa série d'oeuvres "Cross" colle des photos et des images filmés d'un même lieu, seulon un même cadrage, mais à des époques différentes, une sorte d'aplanissement de l'espace temps, une vraie bonne idée !

À retenir aussi Ham Jin, "City on a bombshell", une ville miniature (c'est sa spécialité, j'ai bien ris en lisant qu'en 2005 son expo à Venise avait été attaquée par des fourmis, et qu'il avait fallu tout reconstruire juste avant l'ouverture) posée sur une bombe américaine retrouvée intacte des années après son largage ; le symbole est fort, le traitement ne manque pas d'humour en plus (une loupe est grâcieusement mise à disposition). Cette idée des "bonhommes" se retrouve chez Jeon Joonho, "Statue of brothers", inspiré d'une statue fort célèbre à Seoul tirée d'une histoire vraie de deux frères tombés ennemis par le simple fait d'avoir habité de chaque côté de la frontière Nord-Sud : derrière des barbelés, des soldats enlaçant cette fois du vide ne se font jamais face, et une vidéo les montre même s'entrechoquer sans jamais se voir sur une valse de Strauss -- space, j'accroche pas. Mieux sur le plan de l'esthétisme, Do Ho Suh, "Cause & Effect", des bonhommes de plastiques (en colonnes les uns au dessus des autres) colorés alant du jaune au rouge pour un effet de tourbillon en tornade avec dégradés.

Dernière métamorphose qui atire l'attention (pour le reste : bof bof bof), HyungKoo Lee a conçu des squelettes inspirés de héros de dessins animés, tel que Pluto, Bugs Bunny, ou encore de plus ou moins humains à la Tex Avery ; c'est très drôle et rudement bien fait, j'invite les fans de cartoons à aller voir ça. Au final, l'expo est la plus courte à visiter qu'il y ait eu pour l'instant : en 40 minutes, on a fait le tour. C'est fun, et le catalogue, toujours gratuit, est d'une très bonne facture, relié comme une BD : on ne se moque pas du monde, chez Vuitton ! (enfin, au 6ème étage :)   )