Déjà, ça commence par un truc hyper-chiant : "placement libre". Sachant que de toute façon, toutes les places ou presque ont été vendues dans la salle, alors quand je débarque vers 20h10 et que je m'aperçois de la chose, je me résigne rapidement à un strapontin du rang O, en me disant que cette fois au mois on ne commencera pas avec 10 minutes de retard. Je prends connaissance du programme, car je n'ai plus aucune idée de ce que peut être ce "Jeanne Balibar/Boris Charmatz". Après lecture, je n'en sais toujours pas bien plus, mais je sens que ça va être du lourd. Bon, au pire, ça ne devrait pas être bien long, et ça ne m'a coûté que 10,50€.

Le public (toujours le même, je remarque qu'il y a décidément plus de pédales que sur le tour de France, mais la jeune et jolie fille n'y est cependant pas rare) n'a manifestement pas lu le programme, en tout cas : alors que le Boris allume une mèche sur sa tête, et que le tas de pétards explose, on entend des cris de surprise, pourtant quand il y a écrit "on commence sur un feu d'artifice", il fallait se douter que ce n'était pas une image (enfin si, mais on connaît la finesse du contemporain). Passons.

Notre type se promène, on éclaire un petit camion, il la pousse, fait passer sa collègue entre les roues, et puis commence le délire absolu : on tire le film plastique pêgueux du sol pour s'en recouvrir, et on commence à émettre des sons ; finalement, on préférait quand c'était muet. Surtout que la Balibar va commencer une longue loghorrée qui ne terminera qu'à la toute fin de la représentation, avec des textes de Tatsumi Hijikata, très décousus (du surréalisme nippon ?), parfois ironiques, souvent inintéressants, toujours prononcés d'une manière insupportable, surtout au volant du camion qui fait des tours de scène, ou qui klaxonne pendant quelques minutes. Je soupçonne très fortement la petite cabane au milieu de la rangée F (à vue de nez) de contenir un prompteur. À un moment, un type au fond crie "génial, beaucoup d'esprit, c'est très intéressant", et on l'entend se barrer, je serais curieux de savoir si c'était préparé ou non, car le texte juste après répondait quelque part à l'injective (mis en place de la communication, une connerie du genre, mais une des parties les plus intéressantes de cette diarrhée verbale continue).

Le mec revient sous la forme de projection sur le camion, et on comprend qu'il est dedans, en fait (je spoile, de toute façon n'allez pas voir ce genre de merdes, y'a des trucs bien au ciné, ce billet est à seul but anthropologique de l'intermittent du spectacle), il se casse régulièrement la figure, et après un canon (parce qu'ils parlent tous les deux en décalés, déjà qu'on ne comprenait pas grand chose avant..) sur je ne sais plus quel truc à mettre dans son anus (si si, pour de vrai), il finit par sortir, pour faire des pirouettes, se faire attaquer par un chien (un vrai, on entend le sifflet à ultrasons, ça rassure, elle mord bien la bête !), puis faire des galipettes dans le camion, et on termine par un mime de la Jeanne du début du spectacle, alors que lui fait je ne sais plus trop quoi.

Ça dure 1h10, ça applaudit pour de vrai, y'a même du fan acharné (et à vrai dire, peu de monde au final s'est enfui pendant), mais parmi ceux qui comme moi partent rapidement sans applaudir (faut pas déconner !) on se demande ce que pouvait bien être ce "butô" ('tain, l'article wikipedia reflète bien le flou constant autour du truc, c'est le cas de le dire) dont on parle tout le long (forcément, c'était mal barré, mais effectivement, c'était un prérequis absolu... Mais le programme y répondait quelque peu, faut lire !). Je pense, très clairement, que c'est le pire truc que je n'ai jamais vu, et que simultanément je n'ai jamais payé aussi cher pour voir un spectacle. Si vous avez déjà une place, franchement, brûlez-la (bon, et je mets quoi comme tag, moi, "théâtre", "danse" ? Bouarf !).


edit: comme le titre du spectacle est "la danseuse malade" et que c'est présenté comme de la danse contemporaine (jamais je n'aurais acheté de place de théâtre dans cet endroit, c'est donc la seule façon de me flouer), je taggue finalement en conséquence...