IN-I
Par palpatine le samedi 22 novembre 2008, 10:51 - ... et les arts - Lien permanent
Juliette Binoche n'est pas danseuse, mais Akram Khan si. Et son nom seul suffit à remplir toutes les dates d'une tournée, car cette fois, au lieu d'une seule date bien chère au TCE, c'est un tas de dates pas chères au théâtre de la ville. D'un autre côté, on troque la Guillem pour une aussi-jolie, mais inexpérimentée : heureusement, elle a été à bonne école, et s'il n'y a pas de souplesse phénoménale, Juliette sait remplir l'espace, ce n'est pas une actrice mythique pour rien -- ça me fait tout chose de la voir en vrai, d'ailleurs. Elle a de grands moments de gloire en danse, en fait, l'entraînement a dû être rude.
On parle d'amour, cette fois. Oui, on parle, il y a toujours ce côté théâtral chez Khan, c'est parfois long d'ailleurs, et je n'aime pas le théâtre. D'un autre côté, on est certain de comprendre l'histoire, complexe, ressurgie du passé des deux protagonistes, mettant en péril un couple formé sur un coup de tête -- ou de foudre --, pour qui tout commençait bien. Les prémisses de l'amour, le quotidien et ses aléas, la dispute, la séparation, les retrouvailles, les incompréhensions, la danse met en scène les émotions que les textes -- tous en Anglais, c'est un peu regrettable -- ont su créer, par une tension psychologique bien calculée.
Il est assez incroyable que ce genre de tambouille, dont Akram Khan a fait plusieurs fois l'expérience avec une alter-ego féminine en duo, arrive à marcher. Parce que pendant longtemps, je doute, et finalement me laisse emporter, alors que c'est déjà la fin au bout d'une heure dix environ. Beaucoup d'applaudissements pour récompenser cette originalité (on retiendra particulièrement la surprenante suspension binochesque durant plusieurs minutes), j'aurais bien voulu savoir ce que ma voisine passait son temps à griffoner, faisant parfois un bruit de tous les diables avec ses feuillets. En écrivant ce billet plusieurs heures et une nuit après la représentation, j'en garde pour ma part un souvenir encore bien précis.