Continuons donc notre panorama hadopien du mois de mars :

* Eolas a ouvert le feu en premier en expliquant de quoi il en retourne exactement (avec un retour historique des plus intéressants : car le monde a fonctionné durant quelques milliers d'années sans copyright, ni royalties, etc)
* Hugues est le premier grand blogueur à ma connaissance à se positionner en faveur de la loi (mais il amalgame d'entrée avec le vol, ce qui est mal barré)
* Econoclaste lui répond alors
* Tristan Nitot comprend, mais n'approuve pas du tout
* Jules a trouvé la faille, et elle est tellement énorme qu'on en rit jaune (attention, mettez-vous en mode juriste)
* Swamî Petâramesh a trouvé la même le même jour (à la rigueur, vous lisez d'abord ça, et ensuite chez Jules vous aurez la technique)
* L'APRIL s'insurge du refus de la part du raporteur d'obliger l'interopérabilité dans la fameuse méthode de protection
* Lionel Tardy, à l'Assemblée Nationale, dès sa première intervention, met justement le doigt sur le problème interopérationel ignoré jusque même sur le site web de l'AN pour suivre les débats depuis un Linux (ça jase beaucoup sur la ML de l'APRIL, justement, et les webmasters de l'AN sont au courant)
* Laurent d'Embruns note les moment mémorables des débats à l'AN

Comme on le voit chez Jules, Swamî ou sur le site de l'APRIL, il y a un point qui est important, et dont je n'ai effectivement point encore parlé : dans le projet de loi actuel, il y a une échappatoire, une condition qui innocente d'office au cas où l'on se ferait chopper par l'HADOPI. Il suffit d'avoir installé le logiciel de protection. Lequel ? Bein, celui qui sera développé et qui n'existe pas encore. Et qui coûtera le prix que l'éditeur voudra. Et qui tournera sur l'OS que l'éditeur voudra. Alors, vous croyez que l'éditeur en question, déjà assez plein d'éthique pour coder un spyware d'État (car le logiciel en question espionnera en permanence les faits et gestes de l'internaute, et en reportera en temps réel à une banque de données qui gardera toute votre vie durant un an), on devine bien qu'il ne va pas dépenser du pognon à porter son programme sur tous les OS existants : se sera le dernier windaube, l'avant-dernier parce que le dernier est nullissime, et peut-être Mac si Jobs est toujours en vie.

Donc, le type avec un Linux, il va être marron. A priori, parce que techniquement, il y a moyen de détourner méchamment la chose, comme l'explique Swamî et Jules, mais le jour où un député UMP sera de quoi il parle, il rejoindra le groupe des quelques uns (trois ?) qui pensent avant d'agir. Car voyez-vous, il y a un truc super amusant que n'a pas vu Swamî dans son histoire de Philippe Mouduglan, député UMP : son portable, dûment prêté par le service informatique de l'Assemblée Nationale (celui-là même qui n'est pas foutu de faire du streaming compatible Linux), ce portable tourne sous une Kubuntu. Oui, une distribution Linux.

Et le pire, c'est qu'après la migration des postes, qui est intervenue il y a plus d'un an (donc ce n'est pas comme si c'était si neuf qu'ils ne se soient pas aperçu du changement), un député avait demandé un support DVD : il lui avait été répondu qu'il pouvait bien installer ce qu'il voulait, mais que jamais cela ne serait industrialisé ou officiellement supporté. Car il se trouve qu'il y avait une loi, votée pas longtemps avant, qui nous rendait bien perplexe sur la légalité d'une chose aussi simple, mais qui implique le contournement d'une mesure de protection : DADVSI. Et c'est ainsi que le député se rendit compte qu'il avait p'têtre bein fait une connerie. Et là, devinez ce qu'ils vont faire ?...