il n'est qu'un pas du mal au bien
Par palpatine le lundi 29 juin 2009, 00:27 - ... et les arts - Lien permanent
Aux guichets de Garnier, il n'y a que du touriste, et quand on leur propose une loge impératrice, ils voient surtout qu'il y a écrit "sans visibilité" sur le billet ; finalement, je trouve un balletomane dont le visage s'illumine, et qui me rachète aussitôt le billet : au moins, j'ai fait un heureux. Le billet surnuméraire de mon ami d'abonnement se vend plus rapidement, en amphi, pourtant, ça fait rudement plus mal au dos. B#4 finit par arriver, toujours toute en beauté et grâce. Comme il ne sert à rien de se précipiter dans la chaleur, on peut parler jusqu'à la dernière sonnerie.
L'orchestre est déjà installé, Barry Wordsworth est à sa tête. La musique est de Louis Joseph Ferdinand Herold, ça emprunte dans tous les sens : 1828, mais on sent les ajouts de Donizetti bien plus tard, par exemple. C'était le temps où l'on ne s'embêtait pas des droits d'auteurs. D'ailleurs, le ballet date de 1791, c'est l'un des plus vieux encore aux programmes, même s'il a été tellement remanié que c'est seulement Ashton en 1960 qui est crédité, "d'après Jean Dauberval" -- l'histoire date d'encore plus longtemps.
Samedi soir, c'était la première : Myriam Ould-Braham en Lise et Mathias Heymann en Colas. On a Stéphane Phavorin en mère Simone, et Simon Valastro en niais Alain. Ce dernier personnage vient de "la fiancée vendue", tout comme les poules proviennent de "la petite renarde rusée", comme quoi il y a beaucoup de cohérence dans la saison de l'Opéra de Paris. Les interprètes sont particulièrement formidables. Il y a deux ans, j'avais eu Dorothée Gilbert et Nicolas le Riche, c'était alors l'entrée au répertoire de la version Ashton ; cette fois, la Gilbert sera accompagnée d'Alessio Carbone. La Myriam est super-mimie, avec son nez étrange et son air de jeune première. Après l'entracte, et une première fois au foyer pour Marianne, on lui trouve une place en loge empereur, au dessus de la fosse (fallait bien que j'arrive à la placer un jour, celle-là), et il paraît qu'un balletomane y criait "étoile !", aux saluts.
Il faut dire que sa technique est impressionnante, tout comme son jeu très convaincant. Quant à Matthias Heymann, il nous fait montre d'une technique aussi exceptionnelle, on a droit à son fameux ballon d'une perfection à enchanter un public entraîné dans l'oeuvre et très réactif au nombreux traits humoristiques. J'aime décidément beaucoup ce ballet, dont je reparlerai, puisque j'ai encore deux places. Entre-temps, j'aurai, je l'espère, fini de lire le programme.


©Balletomane#4, apprentie Deniau
Commentaires
Est-ce volontairement que le nom du ballet est tu ?
J'étais censé rajouter des détails sur ce ballet au fur et à mesure des publications, mais je suis tellement à l'arrache...
Bref, c'est le sous-titre original du ballet, abandonné depuis.