Après avoir encore raté quelques first jeudi, il était temps d'y repasser. Sorti du boulot à 21h (tout le monde me conseille décidément d'en changer...), ça donne une arrivée une demi-heure plus tard. Il valait mieux ne pas plus tarder, car "le bon pêcheur" a changé de proprio il y a deux jours, et les nouveaux sont du genre provinciaux, alors la cuisine ferme fichtrement tôt -- nous avons été privés de dessert ! À mon arrivée, je croise #1, ma meilleure étudiante, avec qui je parle de sa mention crétine sur son bulletin (c'est qu'elle est largement au dessus du lot, mais souvent absente le matin ; après quelques éloges, au conseil de mardi, la discussion dévie pour savoir ce que diable peut-elle faire le soir pour être si claquée le matin, et le commentaire sur le bulletin s'arrête sur ça ; autant dire qu'elle n'a pas beaucoup apprécié ; moi, j'avais donné comme appréciation : "clonons-la !", c'était plus chouette).

En haut, pas mal de monde, les parinuxiens de la première heure (sauf notre nouveau président), mais c'est Thierry qui m'accueille d'un coup de sabre virtuel traditionnel, et il a une grande nouvlle : il a cinq ans. Et il a préparé des affiches pour l'occasion, qui décorent alors la salle. On discute de tout et de rien (notamment de notebooks, pour les pauvres Auchan brade le Hercules bientôt remplacé par un nouveau modèle à 139€), jusqu'à l'arrivée de la plus charmante des chimistes d'Orsay -- qui a droit à un accueil triomphal, qui a dit qu'il ne faisait pas bon être femme dans le milieu du libre ?

J'apprends au cours de la soirée que Glazou est passé, en honneur aux cinq ans suscités. Et qu'il a encore métatrollé. Citons la conclusion pour aller vite :

Contrairement à ce que l'on lit à droite ou à gauche chez des idéalistes à mon avis un peu loin de la réalité, non, à de rares exceptions près, on ne vit pas du logiciel libre ou ouvert. Comparé aux nombre de logiciels libres ou ouverts disponibles, ceux qui génèrent de quoi en vivre sont rarissimes.

Que l'on ne s'y trompe pas, je suis et je reste un soutien convaincu de l'open-source. Mais je m'attends à des effets de bord dévastateurs de l'open-source et du libre dans les vingt années qui viennent, avec une chûte brutale et irrécupérable à court terme de l'industrie du logiciel.

La gratuité n'existe pas.

Bon, déjà, moi ça va, je vis. Ne pas oublier que l'intégration est le gros du boulot, et que facturer un ajout de fonctionnalité au passage est un très bon business model, ma boîte en fait quelques millions d'Euros par an, et s'y j'y reste, c'est que je soutiens ce modèle économique. Qui justement, est orienté vers le futur, où l'on ne réinvente pas la roue toutes les semaines.

Ensuite, on ne code pas le kernel le week-end. Certains le font, mais c'est rare : les gros contributeurs KDE sont payés par Novell, les gros contributeurs gcc par Intel ou IBM, etc. Ces entreprises ne font pas non plus dans la philanthropie. Ensuite, parler sur 20 ans, c'est n'importe quoi, désolé mais c'est Nostradamus, on ne sait absolument pas ce qui pourrait arriver entre-temps (bon, l'ordi quantique devrait mettre encore plus de temps -- depuis les voitures volantes attendues sous 25 ans, on est devenu beaucoup plus raisonnable dans les prédictions).

"La gratuité n'existe pas" : oui ! Mais ça, on le savait depuis longtemps, c'est la question #17 de mon partiel, et généralement j'ai de bonnes réponses. Sinon, je n'aurais pas pu arriver au first avec encore un sac Kenzo (et j'ai eu de la chance, le trou dans le budget a été automatiquement comblé par un second salaire surprise, une fois de retour chez moi).

Bref, coder un logiciel from scratch sans business model cohérent ni étude de marché, libre ou pas, c'est une aventure qu'il faut assumer. Il faudra en vendre plus de 2000 à 15€ pour en sortir du bénéfice, certainement. C'est peu et c'est beaucoup. Mais là, je vais parler boulot.  :)   (d'ailleurs, on redécouvre l'importance du marketting : ça tombe bien, parce qu'à peine ce matin, c'était encore blindé de beau linge, au boulot, en séminaire pour leur raconter nos merveilleuses aventures dans le monde de l'édition -- et non du service)

Il se fait tard et on a bien trollé : 23h, time to go ! Je suis à peu près le seul à ne pas aller au RMLL, alors que j'ai dû annuler ma conf (et finalement, je crois que la livraison client va devoir être reportée, faut que je m'en occupe, la gestion est absente et on donne dans le grand n'importe quoi). On me racontera le mois prochain...