Je ne pars pas du boulot bien tard, pour cause de ras le bol, et puis comme Lea et Laurent vont au second acte de Tristan au TCE, et qu'il semble rester pas mal de places pour la seconde session de samedi soir sur le net, j'y passe voir ce qu'il y a pour les jeunes ; dans le hall, on entend la répétition, mais s'il reste bon nombres de sièges vacants, nul geste envers les jeunes, alors je ne me bats pas (d'autant qu'une opération ninja avec un parapluie -- "petit" modèle --, c'est pas terrible), et remonte l'avenue Montaigne, lorsque je rencontre l'ami berlinois, qui avec sa place à 12€, me confirme qu'on est effectivement de plus en plus mal reçu au TCE -- contre toute logique commerciale et culturelle.

Je pars donc pour le premier jeudi -- pas vraiment envie de retrouver l'ami russe pour du saxo aux Invalides, à cause du saxo évidemment --, parce que ça faisait de toute façon bien longtemps que je n'avais snobé les amis geeks. Mais comme je suis en avance, je passe par la fnac (où j'apprends qu'il y a une nouvelle carte coupe-file à la caisse, réservée à ceux qui claquent plus de 1000€ par an : je me croyais concerné, mais force est de constater que si je ne l'ai pas reçu, c'est que j'ai dû enfin baisser mes dépenses) ; 80€ et un coffret d'intégrale de Brahms plus tard (Deustche Grammophon, bordel c'est 20€ de moins sur Amazon -- il faudra racheter deux symphonies, parce que Karajan... Mais le reste est a priori excellent), j'arrive enfin au bon pêcheur, peu avant 20h.

Pourtant, il y a déjà bien du monde, et je me retrouve au bout de la sixième table agrégée. Il y a des gens que je n'ai pas du croiser depuis bien trois ou quatre mois, mais la disposition empêche le contact ; surtout dès que la bavette arrive (assez rapidement). En fait, s'il y a quelques nouveaux (oh, et une demoiselle arrivée accompagnée fabuleusement jolie), parmi les geeks, permettant de ressortir les vieilles discussions habituelles, il faudra attendre l'arrivée de Thierry pour s'entretenir sérieusement.

Ce dernier a trouvé depuis pas mal de temps de quoi râler contre les absurdes "interdictions" de certains sites web de faire des liens hypertextes pointant vers eux ; mais ces derniers temps, il s'en est donné à coeur joie, et a fini par en trouver une bonne centaine d'exemples, mêlant pêle-mêle boîtes de comm', de banques, de voyage ou transport, etc. Même le ministère de la culture en est atteint. Apparemment, la mayonnaise a prise, peut-être grâce à Glazou qui s'est fait relai de cette crétinité (on sait qu'il aime taper sur les idiots patents du web), en tout cas il y a des articles dans les journaux en ligne -- je mettrais bien des liens, mais il est rudement tard.

La plus élégante et charmante (seule Lea pour la même tranche d'âge fait mieux) des libristes -- et pourtant, elle est physicienne -- s'avère être amatrice de musique orchestrale, essentiellement contemporaine (ou Bach/Brahms : amusant, c'est un profil que l'on retrouve assez souvent), et nous pouvons donc prendre un bouillon de culture. À défaut de pouvoir encore commander à manger : il n'est pourtant pas encore 22h, mais il est vrai que les cuisines parisiennes se provincialisent de plus en plus. Comme le serveur (nouveau : depuis le changement de proprio, le turn over est ahurissant) est quelque peu effronté, une migration s'opère au café d'en face, le Père tranquille, qui est aussi bon que cher (mais le service est sérieux, aussi).

Nous nous retrouvons donc à cinq, trois pour manger et deux autres pour boire uniquement, et je lance une impulsion de lait fraise : trois commandés, et autant de verres avec sirop et lait fourni séparément arrivent. Dans cet endroit plus tranquille (et agréable -- il paraît même que des livres et des poufs ornent l'étage supérieur !), il est possible de parler plus posément. Et finalement, si l'idée était de rester pas plus d'une demi-heure, c'est finalement à 23h10, alors que d'autres libristes nous ont rejoint, que je décide de ne pas rater mon train. Arrivé au métro, je me rends compte que je suis un peu trop léger : inventaire, il manque ma quarantaine de CDs de Brahms. Encore un faux départ.