On sentait déjà un certain vent de crétinité dès le début de la soirée : arrivés pour 19h30 et ayant fait courir ma Mimy pour me rejoindre, le début de "Salomé", et son heure trente de durée sans entracte, était en fait à 20h. À 19h40, les pass' jeunes sont enfin débloqués, mais le système bordélique rippe forcément, et les vieux de la file d'à côté, non prioritaires, nous passent devant, avant que les ouvreuses ne se rendent compte de leur bévue, et donne un guichet pour chaque file. N'importe quoi. Je demande deux place à partir du rang 15 : on sera au rang 7, merci pour le cou. Ça commence bien...

Mais c'était sans compter sur la bande de dégénérés composant le public, et plus spécialement autour de nous. Jamais n'ai-je vu pareille concentration de crétins en si peu d'espace. Ça commence devant à droite, avec des conversations entre un couple de vieux. Et puis ça débute : des bruits de bouche et de langue juste derrière. On tourne la tête pour montrer que c'est désagréable, mais ça continue. Combien de fois, avec Mimy, nous sommes-nous retournés pour fusiller du regard le groupe de vieux de derrière ? C'est qu'outre les déglutissements, il y avait aussi les reniflements, et les bracelets clinquant. Et pourtant : ce n'étaient pas pour moi les pires. Car à ma droite immédiate, se trouvait la preuve irréfutable que l'homme descent du singe.

Un trentenaire pas bien dégrossi à tête de bébé respirait tel un buffle, et de manière irrégulière, tout en éclaircissant bruyamment de temps à autre sa gorge. On a beau lui faire des signes, rien n'y fait, il reste concentré sur la scène, quand bien même il enlève puis remet sa veste, avance et recule, fait toutes sortes de bruits qui m'oblige à placer ma main sur mon oreille droite afin de pouvoir enfin essayer de me concentrer. Horreur ! Euthanasiez-moi tout ça ! Brûlons-les ! La crétinité semblait être aussi répandu dans le reste du public : toussements, éternuements et reniflements très bruyants, on a aussi eu droit à des rires partagés lorsque les juifs se montrent scandalisés dans la scène où Herodes tente de revenir sur sa promesse. L'air abruti et joyeux de mon voisin, lorsqu'il quitte son siège (accompagné de ses voisines, d'où leur non-plainte, solidarité entre boulets comme les insupportables vioches de derrière), prouve que l'imbécile heureux est le prix à payer de la démocratisation de l'opéra. Racaille au parterre.

C'est d'autant plus dommage que sur scène, c'était tout bonnement excellent. Je ne connaissais que le Jochanaan de Vincent le Texier -- voix surpuissante --, mais Xavier Mas en Narraboth, Julia Juon pour Hérodias -- voix très claire malgré son âge -- , Thomas Moser en Hérodes et puis Camilla Nylund, qui si elle est blonde et potelé, campe une Salomé convaincante. Sauf lorsqu'elle danse, à vrai dire, là c'était franchement ridicule, la grâce d'un balai ; dénuement total durant une fraction de seconde, mais je souçonne un cache sexe (fessier entraperçu). Il est loin le temps du souffre et du scandale pour pas cher...

Dans la fosse de Bastille, Alain Altinoglu (encore une découverte, si je ne m'abuse) développe une interprétation impressionnante, du grand Strauss. La mise en scène de Lev Lodin est la même qu'il y a trois ans, à quelques différences, et je regrette les nombreux moments où le texte ne rejoint pas ce que l'on voit : la couronne, le verre de vin, et les boucliers finaux sont tout bonnement absents (d'ailleurs, Salomé meurt d'une crise cardiaque à la vue des lances). C'est bête et c'est vraiment dommage, surtout pour la fin.

Une soirée à retenter prochainement (a priori vendredi soir, ou dimanche 22, tout dépendra du rancard que j'arrive à dégoter, avis aux amatrices ;)  ), avec la même distribution, mais par pitié, un public différent ("Que l'on tue ce public !", pour paraphraser).