activation du chromosome X
Par palpatine le jeudi 12 novembre 2009, 08:22 - ... et les arts - Lien permanent
On a beau arriver à 18h00 (pour ma part dix minutes plus tard, la souris est plus ponctuelle), une bonne douzaine de jeunes ont déjà dégainé leur pass' (l'ami japonais en tête de ligne, comme toujours) : fort heureusement, le contemporain attire moins, et les places restantes étaient suffisantes pour en trouver deux côte à côte au deux tiers de l'orchestre (impair), soit le plus proche de la scène que l'on pouvait avoir (je ne saurais trop recommander un premier rang, je crois que d'ailleurs Mimy s'y collera bientôt). Millepied/Paul/McGregor : personnellement, ça me fait baver. Trois temps, trois mouvements.
Allegretto : "Amoveo" de Benjamin Millepied, Paul Cox pour les décors et costumes. C'était la 11e représentation et en réalité une nouvelle version 2009 : la création datant du 10/11/06, j'avais vu la 4ème représentation que j'avais fort peu aimé ; amputé de 20 bonnes minutes, ce cru n'en fait plus que 25, et comme entre temps j'ai appris à apprécier le "Einstein on the beach" de Philip Glass, autant en réécrire une critique. Se suivent les morceau : "Bed (Prélude)", "Trial 1", "Trial 2 / Prison ('I feel the Earth move')", "Bed (Aria)", et "Knee 4" ; il n'y a plus les "one two three four" ni le récitant dans la fosse (d'ailleurs, tout est sur bande, cette fois). Je ne saurais trop dire si les différences chorégraphiques étaient nombreuses, aussi, mais en tout cas, j'ai absolument, totalement, complètement adoré. De très grands moments, notamment grâce au couple formé par Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche (qui recule toujours de quelques pas lors des saluts, le galant homme) ; nous avons aussi Eve Grinsztajn/Ludmila Pagliero/Alice Renavand/Amélie Lamoureux, puis Aurélien Houette/Florian Magnenet/Sébastien Bertaud/Marc Moreau/Vincent Cordier. On en sort ravi, dans un état extatique.
Adagio : "Répliques" de Nicolas Paul pour 3e représentation, puisqu'il s'agit d'une création (donné le 7 et 10 novembre, déjà), sur une musique de Ligeti ("Monument, Selbsportrait, Bewegung (Monument, In zart fliessende Bewegung, 76)", "Musica Ricercata (II. Andante misurato e tranquillo, Omaggio a Girolamo Frescobaldi, 51-53)" et "Trio (IV. Lamento, Adagio, 82)"), de décors de Paul Andreu et avec des costumes d'Adeline André. Côté décor : éthéré, des formes vagues et obscures, du brun sable et des rideaux ; côté costumes : des couleurs pâles entièrement recouverts de voiles bruns sable aussi. Les danseurs débutent la chorégraphie groupés, mais se distinguent en couples formant autant de pas de deux : Emilie Cozette/Vincent Chaillet, Caroline Bance/Adrien Couvez, Caroline Robert/Alexis Renaud, Amandine Albisson/Daniel Sokes. Dans l'ordre du plus proche sur la scène au plus éloigné ; ils sont en effet séparés régulièrement par des rideaux comme autant de strates, formant des répliques (d'où le titre), comme des miroirs pouvant cependant être indépendant. 23 minutes assez spatiales, du très bon TdV, à l'image du large pouf rouge tout à gauche dont on se demande bien ce qu'il fait là. Personnellement, j'ai franchement aimé.
Entracte, on retrouve la nouvelle amie Delphine à l'amphi (où se trouve derrière le bar une fille d'une beauté absolument extraordinaire, je me demande ce qu'elle fout là au lieu de gagner des millions à défiler), semi-balletomane (largement pas assez malade pour recevoir un numéro, mais assez pour aller voir 26 fois le Bolchoï à Moscou en y ayant passé un an), qui n'a pas trop aimé la seconde pièce, contrairement à la première, rejoignant l'avis de Mimy. En revanche, j'avais déjà annoncé que l'orgie biologique qui allait suivre allait certainement la mettre dans tous ses états (le choix du titre de mon billet est un clin d'oeil, je précise).
Allegro vivace : "Genus" de Wayne McGregor, 11e représentation, sachant que depuis sa création le 26/11/07, j'avais déjà assisté aux 3e et 4e, et que j'avais très largement adoré. La musique originale de Joby Talbot et Deru, les décors et costumes de Vicki Mortimer, et la vidéo de Ravi Deepres (avec des extraits de vidéos datant du début du cinéma sur l'étude de la marche de l'homme et des animaux : c'est super-connu, mais je ne trouve pas la référence, à l'aide !) n'y sont pas étrangers. Mais ce sont bien les contorsions et le rubato chorégraphique de McGregor durant 44 minutes, qui passent comme un rien, qui font de cette pièce un chef d'oeuvre -- en en diffusant de larges extraits dans le documentaire "la danse", on ne s'y est pas trompé. Côté danseurs se succèdent Audric Bezard/Benjamin Pech/Simon Valastro/Marie-Agnès Gillot, Mathias Heymann/Valastro/Julien Meyzindi/Dorothée Gilbert, Myriam Ould-Braham/Laurène Levy, Agnès Letestu/Audric Bezard, Gillot/Pech (dans une représentation de cellule ? Moi tout ce noir, ça me rappelle le monolithe, surtout que la vidéo initiale filme du désert, comme un début de 2001), Mathilde Froustey (ah, quelle est belle) et 7 autres filles (dont Levy) en face d'autant de garçons (dont Allister Madin) : comptez, ça nous fait bien 23 chromosomes dansants, le compte est bon ! (il y en a d'ailleurs deux en costumes gris au lieu de noir : X et Y)
Excellentissime soirée, qui ne finit qu'à 21h35, mais on en ressort dans un état de liesse incroyable. Clairement, j'essaierai d'y retourner.
Commentaires
> Personnellement, j'ai franchement aimé.
Je n'ai pas trop accroché à la pièce de Nicolas Paul (vue le 7).
Par contre, j'ai bien aimé la pièce de Millepied (malgré la musique affreuse de Philip Glass) et encore plus celle de McGregor.
Le pouf sur le côté, vu mon angle de vue, je ne l'ai remarqué qu'au bout d'un quart d'heure. Il était censé servir à quelque chose ? (L'importance relative du commentaire du décorateur de Répliques dans le programme (par rapport à celui de Genus) est assez étonnante : en gros, il fallait faire du vite fait, tant pis, on verra bien si ça peut servir.)
MDR. Il m'a rappelé certains poufs que l'on rencontre parfois dans les mises en scène. Je me suis demandé s'il avait une certaine forme autre que ronde, puisque vu de profil on ne pouvait pas trop le deviner, mais manifestement non. On verra ce qu'il deviendra lors du prochain remaniement ! ^^
Mais comment sais-tu donc que l'inactivation du chromosome X est MON sujet de prédilection et celui sur lequel j'ai le plus travaillé ?
Parce que tu lis tes mails en travers, et pour la même raison que j'ai cru que tu venais de Lyon et non de Paris -- d'ailleurs, notre camarade Joël au dessus y était en même temps que toi, mais en maths.
Faut-il que tu y sois allé le seul jour où c'était prévu que je n'irais pas ?
HAHA le Japonais, toujours premier de la file :) C'est un stressé lui.
Hé hé, pas mal remanié le Amoveo au niveau de la chorégraphie... Que celui qui critique la musique de Philip Glass subisse un châtiment et plus vite que ça. Et franchement, Osta là-dedans... Rien à voir avec Dupont.
Pour Répliques, je pense que ce n'est pas la meilleure distribution> Ciaravola et Bullion sont au top.
Pas fait exprès ! J'y retourne demain, en théorie.
C'est un survivant, pour être exact.
Jolis trolls, tu mérites bien ton titre de Balletomane numérotée.
J'ai doublement applaudit Paul : pour la première fois, il m'a fait applaudir Cozette, ça m'a hautement surpris, je n'aurais jamais cru.