J'ai du retard dans l'écriture de billets : il faut dire que l'emploi du temps est très rempli. J'ai eu fortement de la chance de pouvoir me libérer à 17h passés ce lundi, et donc de pouvoir arriver à 18h00 à Bastille (d'autant que je n'étais pas loin), au studio, où se déroulait l'AG de l'AROP ; la moitié du CA réélu, des motions tout aussi adoptées à des scores soviétiques, la seule chose qui diffère avec d'autres associations, c'est la durée limitée malgré les discours de trésorerie, qui d'ailleurs parle toujours en millions -- ce qui est bon signe, mais comme le disait le maître de la bourse et de la calculette, ce ne sont pas les riches qui ont le plus souffert de la crise. Cette première partie de soirée s'achève donc assez tôt pour que j'aie le temps d'avaler quelques p'tits fours et commencer à gratter l'amitié d'un VIP très discret (et très dans la Lune -- mais ayant appris qui il était récemment, alors qu'il est un personnage récurrent sous pseudo d'office en ces lieux, il pourrait éclairer ma lanterne). Zoup, ligne 1, Pleyel : suite des Pollini perspectives.

J'y retrouve ma Mimy, embrigadée dans l'aventure, et qui a réussi à trouver une place à côté de moi... à un rang près. On échange avec mon voisin, voilà qui est mieux -- à ma gauche, une voisine qui vaut le coup d'oeil, à la droite de Mimy après l'entracte, une autre fort jolie dans un genre mince, et puis de l'autre côté du couloir, la fille déjà remarquée lors de la repet' du samedi matin, toujours aussi jolie et boudeuse : on est gâté !

On commence par du Berio, et à voir la console réinstallée à notre hauteur (rang S) au centre du parterre, ça va être space. "Sequenza I pour flûte" : on comprend le concept, un soliste (Michele Marasco), une partition ondulante et continue, dont l'électronique fait écho continu ; quelques minutes plus tard, "Sequenza VII pour hautbois", avec Didier Pateau, est donc dans le même genre. Évolution naturelle, c'est alors le basson pour "Sequenza XII", avec Pascal Gallois.

Et là, c'est le drame. Parce que ça dure, ça dure... On doit tourner sur trois notes étirées comme pas permis durant plus de trois minutes, et puis c'est parti pour le vol du bourdon, ou de la mouche, voire de l'abeille, l'avion qui décolle, et pique, et c'est loooooooong, et interminable, et sauvez-moi, que quelqu'un l'arrête ! On s'amuse à claquer des bêtes imaginaires dans l'air, on se repose un peu (un type à gauche ronfle), et on de fausses joies quand il s'arrête un peu (d'autant que la console derrière rend totalement continu le jeu), et finalement, au bout de 25 à 30 minutes : ça s'arrête. Je m'amuse d'un "bis", mais pas trop fort, sait-on jamais, déjà qu'on se perd en applaudissements...

La logique aurait voulu que l'on passe au contre-basson, mais forcément, avec le temps qu'a pris le précédent, on passe à autre chose : "Altra Voce, pour flûte alto, mezzo-soprano et live électronique" ; c'est dans la même idée, et ça s'oublie aussi vite. Heureusement, ça reste raisonnable cette fois, de l'ordre de 5 à 10 minutes (pas les durées exactes, le programme est toujours aussi payant). Et c'est enfin l'entracte, peu avant 22h : toute cette entartete musique de dégénérés décadents m'a donné envie d'aller chercher et manger la tarte dans mon sac. Étrangement, je ne trouve pas les fans du genre au foyer (Bladsurb ?).

D'autant que la suite est bien plus classique, raisonnable, standard : Schönberg, Trois pièces pour piano op.11, qui marque donc le retour de Pollini au piano solo. On avait déjà eu six petites pièces opus 19 en avril : dans le même goût, c'est court mais c'est bon. La fin du programme est résolument classique avec la sonate pour piano n°29 "Grosse Sonate für das Hammerklavier" (grande sonate pour le pianoforte, mais bon, on n'en avait pas sous la main). C'est fort bon. Pollini effect, le public est en transe. On a droit du coup à deux bis (non identifiés, aide requise) : c'est Noël !