Allez savoir pourquoi, j'ai fait un noeud mon cerveau entre "le voyage d'hiver" (que j'avais raté) et "le chant du cygne" (que je suis certain d'avoir déjà entendu -- comment saurais-je sinon que ce cycle a été créé artificiellement après la mort de Schubert pour rassembler ses dernières oeuvres ? --, mais dont je ne retrouve trace). Bref, c'était Schwanengesang D.957 qui était au programme de Dietrich Henschel ; juste après les Lieder tardifs (30 minutes puis une heure, donc), histoire d'être homogène dans l'idée.

Alors que j'ai pris les deux places pour ce dimanche après-midi à 17h -- moi et Mimy, qu'il faut toujours cultiver, alors je bêche, je bêche --, un ami-de-concert me dit "mais tu es fou, il a perdu sa voix depuis trois ans !" ; mais un autre me rassurera "il est génial je te dis". La vérité est quelque part entre les deux, mais en tout cas, c'était réussi. Contrairement à sa dernière prestation où j'avais du mal à l'entendre, il avait là tous ses moyens, et depuis le second balcon de face (c'était à moitié vide, au TCE, alors depuis le côté, aucun problème pour se relocaliser, et aucun entracte pour embêter), la réception était parfaite. Mais il est sûr que ce n'est pas le niveau d'expressivité d'un Goerne. En tout cas, c'est élégant et ténébreux, comme lui (costume quatre boutons -- oui, quatre ! --, rayé gris-marron il me semble, et très belles chaussures marrons, look très classe avec gilet, très effilé, et original tout de même !).

Nous avons passé un fort bon moment, sans aucune traduction puisque payante (et faut pas payer, sans dec' !). De quoi mieux se concentrer sur la prestation, après tout. Deux bis fort beau, le premier partiellement gâché par une vieille qui tripote un sac en plastique : rassurons-nous, elle a déjà entendu le chant du cygne.