J'avais certes prévu sur mon agenda ce 1er programme (passant après le 2nd, logique) du balet de l'opéra de Lyon au Théâtre de la Ville, mais je n'avais point de place : ça avait été déclaré complet aussi vite que l'Akram Khan que j'ai raté la semaine dernière (sachant que les réabonnés ont la priorité sur les abonnés !). Mais voilà : il y avait les pingouins, de quoi justifier de se rendre à l'assaut du TdV à la recherche de places. Avec un "s", parce que c'est mieux avec sa souris.

Sauf que voilà : à 19h15, je le sentais mal, et puis au guichet, 5 places reviennent pour le lendemain : j'hésite, mais comme cinq minutes plus tard il n'en reste plus que trois, j'en prends une. Cinq minutes plus tard encore, j'arrive en avoir une autre pour le soir même. Et c'est alors que je vois deux personnes qui m'ont bien l'air vague de vouloir se séparer de places : en effet, ils en ont deux, côte à côte (et coup de bol : encore des abonnés à 15€), alors je les prends et échange celle que je venais d'acquérir.

Non, en ce dimanche, je ne me réinfligerai pas la première partie : quelle horreur... 45 minutes, que ça dure, mais on n'en peut plus. "Rescuing the Princess" (sans princesse...) de Ralph Lemon. Paraît que c'est inspiré de "Solaris" de Tarkovski (ah ??) et "Alphaville" de Godard (là je sais pas, j'ai jamais vu). "Inland Empire" de Lynch, aurais-je plutôt dit : dans le coin devant à gauche, une bonne dizaine de minutes durant, un bunny sur le ventre qui fait un bruit insupportable (amplifié) avec ses pieds. Y'a juste... rien que de très insupportable. Le public est au final très mitigé : un tiers applaudit, un tiers hue, un tiers se retient ; nous faisons partie de cette dernière catégorie.

Après une vingtaine minutes d'entracte (le temps de s'apercevoir que si la jolie balletomane en famille est en force, le gay est étrangement très en minorité), on reprend sur les pingouins (ou les manchots, allez savoir). "Beach birds" de Merce Cunningham. C'est évidemment pour cette pièce que je voulais absolument venir. Et que j'y retournerai. La musique est faite de piano/synthé et surtout de tubes de bois avec de petites pierres dedans qui font un bruit d'eau qui s'écoule. Sur la scène, costumes blanc et noir en haut, nos danseurs manchots secouent des bras, et pingouinisent joyeusement, dans leur vie quotidienne. Ça manque juste de fornication (mais le rappelle ma souris, son nom de famille est une espèce de petits pingouins). Une petite demi-heure sur la banquise, on ne s'en lasse guère.

Entracte express, et du Trisha Brown, "Set and Reset/Reset", déjà vu à Chaillot il y a peu, mais la scène étant plus petite au TdV, on remarque mieux les effets des cerceaux suspendus qui tournoient, je trouve. Écouter du Laurie Anderson est toujours un plaisir. Une nouvelle fois ne sera jamais de trop. Au final, la soirée se termine tout de même autour de 23h : c'est assez rare au TdV de finir si tard (comme d'habitude, cependant, à 20h30 personne n'était trop pressé de s'installer, quand bien même quelques danseurs étaient déjà sur scène...).