B&B2
Par palpatine le samedi 5 juin 2010, 10:20 - ... et les arts - Lien permanent
Heureusement que j'ai un blog : j'avais quelque peu oublié B&B1. Beethoven suivi de Bartok, avec Philippe Jourdan à la baguette (il n'arrête pas !) et François-Frédéric Guy au piano. Un deuxième concerto de Beethoven certes très bien interprété, mais tout de même pas mal ennuyeux (le pianiste est excellent notons : c'est juste que l'oeuvre... Mais c'est mignon tout plein !), suivi d'un rappel de la même eau : "op49, n°1 final", m'écrira-t-il sur mon programme (en me disant que Beethoven avait 20 ans, environ, lorsqu'il composa la chose -- ce qui explique que ça ressemble vaguement à du Mozart), lors de la séance de dédicace avec le chef (il n'y avait pas grand monde...).
La relative mollesse des applaudissements laissaient présager que le public n'était pas vraiment venus pour cette première partie. Surtout quand on croise Bladsurb et Damien à l'entracte (Christian, de fait, essaie d'interroger ce premier pour résoudre un mystère : comment fait-t-on pour aimer la musique contemporaine ?). D'ailleurs, dans le genre surprise plus inattendue, je croiserai à la sortie (devant le DoRéMi, repère des musiciens et ouvreurs en quête de pitance) deux amis libristes.
La seconde partie durait donc une heure, opéra en un acte, Bartok, on l'a deviné : "le château de Barbe bleue". Quelques personnes dans le public ont disparu, mais le voisin de replacement de Christian s'est tout à coup réveillé. Pour ma part, je me mets juste devant celui-ci, au rang A, dans le coin du couloir (en fait des jeunes gens ont fait croire que c'était leur place pour se replacer, c'est fort ! J'avais donc fait la première partie depuis un bout de rang F), avec un sympathique voisin arrivé en retard qui me l'avoue : ce n'est pas bien grave de louper Beethoven, c'est Bartok le plus important, et cette oeuvre, cette oeuvre...
Oui : formidable (le souvenir améliore ce que l'on n'avait pas encore très bien perçu). La mezzo-soprano Petra Lang, en Judith, est impressionnante (déjà parce qu'elle dépasse le mètre quatre-vingt, et qu'elle peut m'assommer d'un coup de poing) ; elle connaît son rôle à la perfection, et n'a pas besoin de partition. Le basse Peter Fried en Barbe-Bleue lui donne la réplique ; il est effrayant comme il faut, en plus il doit dépasser le mètre quatre-vingt dix, et pourrait lutter avec une Petra Lang. Autant dire aussi que lorsqu'il faut pousser l'orchestre, ces deux-là passent tout de même au dessus. Et qu'au premier rang, c'est juste géant. Pas de surtitres, mais le programme comporte le livret de Bela Balazs. En Hongrois, il ne faut se décaler dans le dialogue, sous peine d'être définitivement perdu.
Oeuvre étrange que Bartok mis sept années à imposer à l'opéra de Budapest (composé en 1911, soit quatre ans après la sortie de l'opus de Dukas avec Ariane, le château n'est monté qu'en 1918 !), c'est juste formidable, et l'interprétation à la hauteur est magnifique. Soirée exceptionnelle.
Commentaires
Deuxième concerto, pas troisième !
C'était le 2ème et non la 3ème de Beethoven hier soir.
Oups la coquille !