Ouliana Lopatkina : on m'en a tellement parlé, que je me suis demandé si je ne l'avais pas déjà vue. Ce qui est certain, c'est que la balletomane était alléchée par cette venue exceptionnelle, sur deux dates (samedi et dimanche), de la danseuse étoile du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, quand bien même le lieu était aussi étrange que le théâtre Montansier de Versailles, où je n'avais plus remis les pieds depuis que j'y étais allé voir une autre grande danseuse (par la taille), qui cette fois m'accompagnait : Mimy.

Quelle était la probabilité, en sortant d'un RER plus ou moins en retard, autour de 18h pour une représentation à 19h, en traînant (discrètement) pour attendre ma souris (c'est que dans l'absolu, je ne pouvais, comme qui dirait, pas sortir ; mais une fois découvert qu'à une station près le billet passe de 4,80€ à 2,95€, ça a remis un peu les choses en perspectives -- bande d'escrocs des transports franciliens !), de voir sortir des voitures arrières... B#4 ? Les autres balletomanes connues ont certainement dû aller à la session précédente ; ou ont été surprises par le peu de places disponibles dans le théâtre de poche versaillais. En tout cas, pour la deuxième et dernière, il y aura eu le mot du maire et fondateur du festival "Mois Molière".

Cette carte blanche à Ouliana Lopatkina a été transformée par ses soins en hommage aux trois grandes ballerines russes : Anna Pavlova, Maya Plisetskaya, Galina Ulanova. Un texte a été écrit par notre ballerine (c'est la différence intrinsèque entre les ballerines et les sportifs à ballon : les unes sont très intelligentes, les autres très bêtes -- en tant qu'hétéro passionné, je préfère les premières) ; traduit, il est lu sur scène, puis depuis une loge en avant-scène. Il présente, l'une après l'autre, nos ballerines, sur des extraits vidéo projetés, entre chaque moment de danse dédié à leur mémoire.

"Anna Pavlova et Cecchetti" [Neumeier/Tchaïkovski] ; "Valse n°7" (ballet "Chopiniana") [Fokin/Chopin] ; "Danse russe" (ballet "le lac des cygnes") [d'après Fokin/Tchaïkovski] ; "La Rose malade" [Petit/Mahler] ; "la Mort du cygne" [Fokin/Saint-Saëns], redonné en bis.

En réalité, seuls les seconde et dernière pièces sont des solos : son collègue Marat Shemiunov, premier danseur du Théâtre Michel de Saint-Petersbourg, sert de porte-ballerine très efficace. Lopatkina est juste parfaite. Elle fait le moindre mouvement, elle avance, elle recule, elle bouge les bras, envoie une jambe en l'air, c'est juste parfait, au millimètre. C'est presque trop parfait. Parfait, parfait...








(vous me direz : "on y voit rien !" ; certes, c'est une standing ovation)