Oui, je sais, il manque un billet. Les journées du patrimoine, ou plutôt la matinée, pour ma part, étant donné quelques problèmes de dos, et quelques problèmes d'intendance à résoudre (un jour, je serai riche et j'aurai une femme de ménage -- de 25 ans et en soubrette, de préférence). Bref, pour moi ce fut Palais Royal, une visite que je repousse depuis facilement trois ans déjà. On entre par le côté ministère de la culture, au bout d'une très longue queue. Ministère qui comporte une anti-chambre, le bureau du ministre, et un grand salon en cours de rénovation ; c'est tout, le reste se trouve sur St-Honoré (ou à l'étage en dessous, peut-être, ceci dit, mais ça ne peut caser que quelques proches collaborateurs), ce qui laisse peut-être un peu songeur sur l'aspect immédiat de communication, dont c'est aussi le ministère.

Et puis ensuite, c'est le Conseil d'État. Oh extase. Qu'on aimerait travailler dans pareil cadre ! Enfin bon, surtout quand on est le vice-président, parce que sinon... on n'a pas de bureau. Mais les salles de réunion sont topissimes, l'assemblée est très belle, et la section des contentieux aussi. On y retrouve une connaissance, le Bernard Stirn, en vidéo et en photo partout, puisqu'avant d'être président du CA de l'Opéra de Paris, il l'est surtout de la 7e sous-section de la section du contentieux et de juge au Tribunal des conflits, c'est-à-dire de l'équivalent de la cour de cassation pour le droit administratif. Très représentatif du milieu : c'est la classe absolu, la botte de l'ENA exclusivement (ensuite, avec la progression, il y a du concours interne parmi les magistrats publicistes), la crème de la crème ; et ils se cachent, même derrière des noms improbables. Les séances du contentieux sont publiques (ça va du permis de conduire à du parlementaire !), on peut y assister à partir de 14h, ça siège presque tous les jours.

Ce qui est vraiment étonnant, alors qu'un bon nombre de gens de l'administration sont présents (et ils sont vraiment calés : sans être des conseillers, ils ont manifestement de bons postes), ils sont totalement déconnectés de la vie politique. Pour eux, le problème, ce sont les 900 projets de lois à examiner par an, trois fois plus qu'il y a quelques années, ce qui les oblige à presser le boulot ; et encore ils n'ont pas conscience du fait qu'à présent, le gouvernement livre en sous-main à des parlementaires godillots des propositions de loi qui échappe à leur contrôle. D'ailleurs, les propositions, ils peuvent en voir passer, depuis peu et sur demande, mais ils n'ont pas encore à mettre leur nez dans toute la merde qui est pondue.

ils livrent donc un avis, par exemple négatif, qui d'habitude est suivi, sauf cas de populisme aggravé, comme sur la burqa, qui finit donc à côté, au Conseil Constitutionnel : une fois les bibliothèques traversées (c'est là que peuvent bosser tout le beau monde, avec quelques autres petits bureaux communautaires, tout n'étant pas ouvert à la visite), on arrive en effet à un grand salon, qui ouvre ensuite sur la salle où se tient le conseil, avec Giscard et Chirac de part et d'autre de Debré -- en fait, ils ne siègeraient que rarement simultanément. La salle n'est pas bien grande, le public ne peut être que très réduit, ou alors (comme ça a été le cas pour la garde à vue, dont la vidéo est retransmise en bas) on migre dans le salon précédent. Immédiatement après, c'est le bureau de Debré : pas de bol, le temps d'arriver, c'était 13h30, pause déjeuner, il avait donc disparu. On le dit fort prolixe et très avenant. Séance de rattrapage le 16 octobre, au CC (mais Stirn y sera aussi), pour le 2e salon du livre juridique : on pourra y vérifier si oui ou non le publiciste est un bestiaux fréquentable.