La salle Pleyel n'était pas bien remplie du côté des riches, et les ninjas très absents : c'est que Jonas Kaufmann chantait au TCE. Mais en cette seconde session du jeudi, Laurent et l'ami russe étaient tout de même présents, puisque la veille, c'était musique russe à l'inatteignable cité de la musique pour eux. Notre couple d'aristo aussi, qui avec quelques pontes de l'orchestre de Paris, sont allé visiter le Vadim Repin à l'entracte. Avec la souris, nous sommes tout au bout du rang A, côté pair : ça tombe bien, si jamais je traverse une phase douloureuse avec ma saloperie de virus, je pourrai m'enfuir discrètement. Heureusement, ça n'est pas arrivé...

Au contraire, ce fut extatique. Pas seulement parce que Lola a joué des "pom pom" d'une beauté fulgurante (et quel nez ! Et quelle taille !), lui valant de saluer en premier avec le bassoniste (ses moments de gloire se multiplient !), mais bien parce que Paavo Järvi à la tête de l'orchestre de Paris fait des merveille. Frissons de bonheur pour les douze premières minutes de "l'apprenti sorcier" de Dukas.

Et juste après, un gros morceau : Vadim Repin pour le concerto pour violon n°1 de Chostakovitch (à la place du n°3 de Saint-Saëns : si l'orchestre de Paris a été très honnête en annonçant le remplacement par mail et dans le programme, en mentionnant ce que l'on perdait et pourquoi, avec leurs excuses, la salle Pleyel a été toujours aussi cavalière, même envers ses amis -- moralité, il faut s'abonner directement auprès de l'orchestre et plutôt faire partie du cercle de l'OdP, qui apporte aussi à mon avis bien plus en terme de networking  :D  ). Vadim Repin, c'est la valeur la plus sûre du violon. Si Lola m'était cette fois cachée pour cause de recul des altos (ils y ont d'ailleurs recruté une jolie petite chose), notre position n'était pas idéale pour observer la virtuosité technique toujours impressionnante du violoniste. En revanche, le chef faisait plaisir à voir. Magnifique.

Pas de bis : dommage, la souris aurait pu découvrir (en live) le "classique" carnaval de Venise de Paganini qu'il joue régulièrement en rappel. Ça n'a pourtant pas été pour cause d'un manque d'ovation. Ceci dit, il était déjà 21h10, et effectivement, le concert s'est achevé à 22h35 : la symphonie n°2 de Rachmaninov dure une heure. Une heure extatique. Je vérifie, en me retournant, à la fin : Laurent est effectivement béat.