L'orchestre de Paris à la Cité de la Musique, c'est étrange, très étrange. Et c'est galère, très : plus de 40 minutes de transports, ligne 1, ligne A, puis D, et enfin 5. Au secours. Forcément, j'arrive essoufflé, alors que la souris attend déjà, s'amusant à observer le gratin déboussolé. Pleyel délocalisé, pas un bobo habituel du lieu, pas de ninja non plus, puisqu'aucun tarif vieux ou chômeur n'est appliqué (seulement jeune, mais la salle est très pleine, et les places font 30 ou 39€.

Foire aux questions non posées :

* pour Bruno Hamard, directeur de l'OdP : était-ce un galop d'essai pour le futur transfert à la philharmonie ?
* pour Laure Bayle, directeur de la moitié des salles parisiennes : un coup à la CdM pour voir si le public de Pleyel suit ?
* pour notre couple d'aristos favoris (les Janssen, qui étaient les seuls à ne pas squatter le premier rang de balcon, mais mes places favorites du parterre) : peut-on venir à la CdM autrement qu'en chauffeur privé ? (z'etes dici ?)
* à Matthias Goerne : voulez-vous m'épouser ? (plus sérieusement, pourriez-vous donner des cours de chant à la pianiste ?)
* à M-A Roux, critique mondaine : quelle est donc cette nouvelle mode de pianistes qui chantent en jouant ?
* à Christian Merlin, concurrent en entente avec la précédente : étiez-vous vous aussi enchanté ?

Andris Nelsons est un chef bondissant. Il peut passer de accroupi à des bonds délirants en moins de deux secondes ; pas étonnant qu'il s'appuie sur le piano pour se reposer. Juste en chemise, il doit échapper à la mention "Les musiciens de l'OdP sont habillés par la maison Jean-Louis Scherrer", du programme inhabituel mode CdM (et qui donc est plus facilement transportable, car le programme de l'OdP cette saison est vraiment énorme, du genre quasiment A4).

Au programme : Richard Strauss, "Métamorphoses" ; Mozart, "Concerto pour piano n°20" (et bis associé) ; Richard Strauss, "Ainsi parlait Zarasthoustra". Tout superbe, et je me désole que tout en haut, dans les galeries (première fois que j'y mettais les pieds : d'habitude, c'est toujours opération ninja, mais à deux, et sur une salle très pleine, pas gagné...), il y ait une double-vitre pour nous appuyer qui bouffe les vibrations de l'orchestre (quand on applaudit dessous, on ne s'entend pas !). Malgré ça, le second Strauss est incroyable, frissons garantis ; quand est-ce qu'on aura une salle avec un vrai orgue ? (celui de la CdM est dans le petit amphi, et je ne suis même pas certain qu'il marche)

Mihaela Ursuleasa est un petit bout de femme un peu évaporée, mais surtout, malgré le double-vitrage et la hauteur, on l'entend distinctement chanter ! Ce n'est pas la première fois que je surprends un pianiste ainsi. Imaginez si tous les artistes faisaient pareil : non mais ils ne sont pas bien, ces musiciens ??

Excellente soirée au fin fond de nulle part (y'a que Klari qui était heureuse, sur le coup : où en est la Philharmonie, d'ailleurs, toujours au point mort ?).