Je commence à me demander si les origines de Paavo Jarvi n'influent pas fortement sur la qualité impressionnante de l'orchestre de Paris, qui nous jouait encore une fois du finlandais et du russe. Avec une souris arrivée à l'arrache (elle croyait que c'était à 20h30, faut le faire !) et moi aussi (ligne 1 dans les choux), nous nous installons au rang E, tout au bout du coté pair.

On commence (avec 10 minutes de retard) par le dernier Sibelius (d'importance), "Tapolia", poème symphonique de vingt minutes. Magnifique. Puis le concerto pour violoncelle n°1 de Chostakovitch (avec une belle coquille dans le programme), avec Steven Isserlis (à la place de Truls Mork, qui se remet de sa saleté de maladie de Lyme) et son Stradi qui ne porte pas très bien, mais qu'il massacre littéralement. Y'a des crins partout. Isserlis porte sur sa tête un symbiote indépendant, très bouclé, qui bouge en cadence ; on peut penser qu'il possède une technique ninja afin d'en arracher un long poil pour le réinsérer dans son archet. Impressionnant tant dans son jeu que dans sa capillarité.

Entracte. Prokofiev, symphonie n°6, la sombre. Au moment du vivace, le chef sautille sur un pied, décidément, le spectacle est aussi visuel. Encore une fois, l'orchestre de Paris a assuré ! (mais sans Lola, pour la seconde semaine d'affilée)


(au retour, le RER A est indéfiniment bloqué, sans que l'on sache pourquoi ni pour combien de temps : ça a tué d'un coup m'a bonne humeur, si le programme nous racontait l'histoire des soviets, ils ont oublié de préciser que le goulag, parfois, c'était pas si mal)