Avant le concert d'hier soir, j'ai pu faire un petit tour d'une demi-heure à Old England, tout proche de l'opéra Garnier, pour la séance de dédicace du bouquin "Savile Row" de James Sherwood, événement annoncé par Hugo du blog Parisian Gentleman. C'était donc aussi une façon de rencontrer Hugo J.,  tenancier du blog le plus certainement le plus lu sur "l'éducation sartoriale" (ce qui en un an et demi d'existence est bien remarquable), et dans la vie "monomaniaque" (de son aveux) Cifonelli dont il portait l'une des dernières merveilleuses créations.

Un beau panel de styles très divers (mais sans trop de chapeaux) conversait au sous-sol de la grande boutique (dont je ne suis pas client, j'avoue, et pourtant ils y ont de belles choses à bon prix ; cependant, c'est plutôt pour l'homme "mûr"). Une occasion assez unique, à vrai dire, où le soulier est patiné, le costume ajusté (pour ma part, pas de costume, comme d'hab, mais j'ai sorti ma chemise Spencer Hart acquise sur... Savile Row), la mise travaillée : on se dit que le monde serait plus beau, si cette vingtaine (voire trentaine, guère plus) d'évangélistes du bon goût et de l'originalité arrivaient à communiquer leur passion. On se dit aussi que ce serait bien d'organiser des rencontres récurrentes, à la manière de Paris-Carnet (que ne pouvait lancer qu'Embruns) ou la République des Blogs (que ne pouvait lancer que Versac) : si Hugo, que je rencontrais avec plaisir pour la première fois, était à la fois surpris et amusé de voir se présenter des individus déclinant leurs pseudonymes avant leurs noms, pour ma part, cela fait bien longtemps que ça ne me choque plus ! Cher Hugo, organisateur d'évènements dans le civil, voilà une idée à fortement méditer... (je précise que Paris-Carnet intervient le premier mercredi du mois, et la RdB le dernier : il reste donc deux mercredis à occuper  ;)  )

En attendant la séance photo à l'extérieur avec le beau monde (du Marc Guyot, du Cifonelli...), que l'on peut voir sur le compte-rendu d'Hugo, je feuillette le livre en question : il est manifestement très bon, et... très lourd. 60€, aux US il vaut 40$, ce qui me rend extrêmement perplexe sur la parité. Cependant, ils n'avaient que la VF, hier soir, et à vrai dire, même si la traduction a l'air très bien faite (il paraît que la version italienne est en revanche une horreur, de l'aveu de l'auteur qui ne mâche pas ses mots), je préfèrerai largement une version anglaise, pour un ouvrage traitant de couture anglaise (jeux de mot inside), dans le quartier de Savile Row à St James (au Sud) et des New et Old Bond Street (au Nord). Et si les dédicaces de James Sherwood étaient aussi un délice d'élégance, tant pis, j'attendrai mon prochain voyage en Angleterre (au pire, je le trouverai chez Harrod's).

Car l'homme, en plus, possède un anglais aussi distingué que sa personne (mon gaydar a clignoté, à vrai dire). Et dans un style extrêmement britannique, il peut médire sans retenue avec une élégance qui laisse admiratif. Épris de mon chapeau, je lui laisse ses et mes références ; je reçois en échange une carte de visite personnelle (et j'peux vous dire que ce n'est pas très difficile pour lui d'aller au British Museum). On parle quelques minutes, mais il est temps de partir pour de nouvelles aventures concertantes. Une petite bulle de sartorialisme dans ce monde de brutes.