J'avoue m'être demandé pourquoi j'avais pris cette place, tout claqué de la semaine que j'étais. L'orchestre de Bâle, a priori, ça n'a rien de très excitant, même s'ils sont très bons. Et puis Angelika Kirchschlager, mezzo-soprano que je pense fort n'avoir jamais vue. Mais c'est vrai qu'avec un programme de Schubert, pourquoi pas... En arrivant salle Pleyel, il y a Christian (revenu à la civilisation, on retrouve son menton), et dans la salle même, l'ami berlinois et une amie ninja déjà installés, tout comme Klari qui commence à se dévergonder ; du coup, comme le rang A est déjà trusté, on se rabat sur le centre du rang B. Il n'empêche que même avec un arrière-scène vide, le remplissage n'est pas mauvais.

Le programme du concert a été pas mal chamboulé, du moins au niveau de l'ordre des Lieder. Paul McCreesh débute tout de même par l'ouverture de "Die Zauberharfe" de Rosamunde, et on est assez surpris de constater que dans le Kammerorchesterbasel, il n'y a point de harpe. Découverte de ce que peut être du Schubert instrumental non symphonique pour ce projet avorté, dont on nous sert aussi "l'Entracte de l'acte III de Rosamunde", après quatre Lieder, en coupure. Chantant et léger, je trouve, très mélodique en tout cas. Ceci met mieux en valeur les adaptations pour orchestre par Max Reger, Bren Plummer et Kurt Gillmann des Lieder pour piano. En effet, Angelika Kirchschlager a chanté avec l'orchestre.

"An die Musik", "Geheimes", "Rastlose Liebe", "Erlkönig" (j'adore celui-là, vous savez la chevauchée ténébreuse), puis après la coupure "Ganymed", "Heidenröslein" (forcément) et enfin "Du bist die Ruh". Cela me donne une parfaite occasion de réviser mon Allemand avec le programme. En bis, nous avons la romance de Rosamunde. Paul McCreesh est un sacré numéro, et avec la chanteuse il forme un duo irrésistible de complicité.

Entracte, et on retrouve notre orchestre dont la spécialité semble être la fille longiligne de plus de 1m80 sur talons, à l'instar de la première violoniste (quelques hommes semblent aussi imiter). Une symphonie n°2 de Brahms, pour un orchestre assez réduit, mais qui avec un patate terrible nous a offert un grand moment de musique. Beaucoup d'applaudissements, très belle soirée achevée vers 22h10.