Encore une Hermione, mais pas la même. Après avoir salué miss distributrice 2010 (hop, nomination expresse), très rapidement parce qu'il fait très froid, il a fallu attendre la souris désenrhumée, qui par chance ne s'est pas perdu ; découvrant, alors que se donne une conférence dans le salon dont nous n'entendons rien, qu'à l'Opéra Comique, rien ne va avec rien, tandis que je m'étonne de ne pas voir la moindre différence avec avant les travaux, puis croisé Hirsh (ancien pres' OdP) et Jack Lang (qui s'est enfui à l'entracte, il me semble), nous rejoignons chacun notre côté du monde, enfin, de la salle, car nos deux tabourets à 15€ (-50% à coup de passeports jeunes) sont de part et d'autres de la scène, en tout cas de la fosse. Voyant que du côté de la souris il y a plein de trous, je retraverse et plaide le regroupement familial ; on se recase facilement au second rang, au dessus de la fosse, avec une vue imprenable.

"Cadmus et Hermione", c'est historique. Opéra de Lully fondant le style français, c'est en 1673 une révolution. Bon, ça date ; un générateur de musique baroque pourrait très bien avoir servi, il n'y a en réalité rien de bien remarquable intrinsèquement à la partition. L'intérêt est donc autant historique qu'artistique, d'où la prononciation à l'ancienne dont nous a habitué l'OC, et la mise en scène saveur d'époque ("saveur d'antan", comme on dit). C'est très carton-pâte, et on chante toujours face au public (ça donne des effets Southpark...) ; théâtre de machines (qui font du bruit quand on y visse quelqu'un pour arriver des cieux ; c'était côté jardin, et nous étions pair, d'où une vue imprenable sur les opérations divines), les artifices sont parfois comiques malgré eux. Les chanteurs-acteurs sont remarquables d'authenticité, avec le comique d'époque qui va bien.

Une durée de 2h15 au total était annoncée, ce qui me paraissait hautement suspect. Et en effet, au bout de 1h45, entracte : finalement, ça s'est achevé peu avant 22h40. 2h15 sans compter l'entracte, donc. L'histoire est encore librement inspiré des Métamorphoses d'Ovide : Cadmus (André Morsch) voudrait bien tirer Hermione (Claire Lefilliâtre) que s'est accaparé un géant grotesque local, protégé du père de la belle (fille de Vénus -- Catherine Padaut), Mars (Arnaud Richard). L'argument prend une ligne et demi, tout un tas de scènes les unes plus inutiles que les autres sont donc cumulées pour nous divertir plaisamment. À tel point qu'on s'y perd un peu (à relire le nombre impressionnant de personnages sur le programme, je ne sais plus trop lesquels sont principaux -- citons tout de même Jean-François Lombard en nourrice travelo --, d'autant que presque la moitié cumule deux ou trois rôles chacun). Vincent Dumestre dirige Le Poème Harmonique (qui joue debout, porte les altos sur la poitrine, possède deux clavecins, et doit s'accorder longtemps et souvent, à l'aide... d'un iPhone !!), qui fournit aussi le choeur et les danseurs (et surtout les danseuses, très foutables). La mise en scène du passé est montée par Benjamin Lazar, les nombreuses chorégraphies étant sous-traitées à Gudrun Skamletz.

On passe du bon temps, c'est loin d'être inoubliable, mais c'est une bonne curiosité culturelle, sur le mode "il faut de tout pour faire un monde". Aucun flutiau n'a été à déplorer.