à quels saints se vouer ?
Par palpatine le mercredi 1 décembre 2010, 00:58 - ... et les arts - Lien permanent
Étonnamment, comme l'a fait remarquer l'ami berlinois, cette production des Grandes Voix a eu un programme gratuit avec textes (il en manquait un bon bout sur la seconde pièce, déclenchant un applaudissement précoce) ; cependant, alors que j'ai essayé de prendre une photographie non-floue (je devais donc en être à la demi-douzaine d'essais infructueux...), je me suis fait signifier que non-c'est-pas-bien-ça-tue-des-bébés-phoques.
Encore une fois je ne suis pas arrivé trop tard ; au dehors, miss distrib' 2010 (moi j'élis les miss en fin d'année, aussi, c'est comme ça) est encore là, à se geler . 8€/heure (si je me souviens bien -- si vous suivez bien, je me suis déjà fait une grande amie il y a deux ans dans les mêmes circonstances), soit moins bien payé qu'un SDF pour les mêmes conditions. Du coup je mets un peu de temps pour rentrer, mais j'aurais du me douter que Hinata-sama serait comme à son habitude d'une précision suisse remarquable. Alors que je m'attendais à croiser tous les autres amis baroqueux (la Pythie, Joël, qui sais-je...), que nenni, étrange, pourtant la salle était bien pleine. Tellement que, très séparés par nos abonnements jeunes respectifs, seul le tout premier rang AA, sur le coté impair, disposait de deux places contiguës (l'ami berlinois a du se reloger plus loin -- heureusement, nous avions eu tout le temps de nous entretenir sur "Cadmusse et Hermione", et moi de regretter d'avoir raté tant de bon jeux de mots sur les bougies et les effets pyrotechniques de la soirée) ; évidemment, le tout avec presque 10 minutes de retard.
Beaucoup de monde pour le petit English Concert, dirigé depuis son orgue de poche (où est la pompe ?) par Harry Bicket, et faisant figurer Anna Caterina Antonacci, en qualité de soprano déesse, et Sara Mingardo, contralto dont l'ami berlinois me dit le plus grand bien, et qui rendit fort heureuse ma voisine (et moi-même, évidemment, malgré la robe rouge radioactif).
La soirée a débuté par du Nicola Porpora (un vrai nom de rappeur), "Salve Regina", par ACA, et par ma foi, celui qui avait comme élève-domestique un certain Haydn était vraiment bon, du moins pour ces 15 petites minutes religieuses en vocalises ; la pauvre Anna Caterina se manque sur la fin (bug sur une série de "aaaa-aaa-aaaa"), mais personnellement, je ne lui en tient pas rigueur (parce que je suis secrètement amoureux, même si elle devrait perdre une dizaine de kilos).
On change de chanteuse, et on se fait un "Nisi Dominus" de Vivaldi, alternant triste et joyeux, qui a recyclé en plein milieu de grands pans de l'automne des 4 saisons, de telle sorte que c'est encore plus plaisant, avec de la voix dessus. Une partie est jouée à la viole d'amour, qui grince assez fort : mais que fait le collectif contre la viole ?
Après l'entracte, c'est le "Stabat Mater" de Giovanni Battista Pergolesi, qui grosso modo a eu le temps d'écrire un chef d'oeuvre avant de mourir à 26 ans, de la tuberculose (il était condamné depuis l'enfance) : les poumoneux de la salle lui ont donc rendu hommage, afin de rendre plus authentique la performance. Il est vrai qu'à part le premier mouvement, je n'y connais rien : alors mon avis sur l'interprétation, c'est "j'aime", guère plus (j'ai entendu des spectateurs parler d'un début d'oeuvre raté... Aucune idée !). Il est vrai que coller une opératique ACA avec une baroqueuse pur jus Mingardo était un défi clairement indiqué dans la présentation sur le site web de la salle ; ça marche un poil bizarrement, mais par ma foi, j'ai trouvé ça agréable tout de même. Et puis zut, les baroqueux, tous des puristes ! (sauf les miens, qui sont évidemment parfaits)
(dans le programme très dramatico-pathétique, Isabelle Werck nous dit que c'est l'opéra bouffe "La servante maîtresse" qui a déclenché la Querelle des Bouffons : heu, on refaaaiiiit l'histoire !?) [Non non, c'est bien ça]
(ah bah j'ai raté Joël, qui ne s'est pas éclaté du tout -- notons que nous n'avions strictement aucun problème d'écoute au premier rang, et que la salle Pleyel a une acoustique très piégeuse)
Commentaires
J'étais en milieu de rang M. Je t'ai aperçu dans ton opération de replacement ninja (repérage, puis migration vers le premier rang), mais comme tu étais accompagné, je ne suis pas allé t'embêter à l'entr'acte. Au fait, la sorte de viole utilisée par le premier violon vers la fin du Nisi Dominus, de près, ça ressemblait à quoi ? Et est-ce que le son de cet instrument était aussi affreux depuis le premier rang ?
> (dans le programme très dramatico-pathétique, Isabelle Werck nous dit que c'est l'opéra bouffe "La servante maîtresse" qui a déclenché la Querelle des Bouffons : heu, on refaaaiiiit l'histoire !?)
La servante maîtresse = La serva padrona, non ?
Oh, entre universitaires, je parlais justement de te présenter, dommage... La viole est longue, et ça grince pas mal, intéressant à dose homéopathique. Ma mémoire m'a joué un tour avec les bouffons, j'avoue mon péché (c'est vrai que revoir le nom de l'opéra en italien, ça marche mieux tout à coup.... Hum !).
10 kg rien que ça !!!??
Antonacci-Mingardo ça fonctionnait déjà très bien dans Médée à Turin en 2008.