J'avais été prévenu par l'ami berlinois via Facebook. Mais effectivement, c'était passablement affreux. En plus, comme la souris danse, c'est Hinata qui l'a remplacé, place proposée la semaine dernière lors d'un commun concert baroque correspondant mieux à ses goûts ; elle se préparait donc à souffrir, on a souffert ensemble... Rang A de Pleyel, tout au bout impair : belle vue sur la scène de combat.

Juraj Valcuha est assez jeune, et à la tête de l'orchestre de Paris, il débute la soirée par l'ouverture "Oberon" de Carl Maria von Weber. Elle s'avère être un peu étrange : je soupçonne le chef d'abus de rubato, du genre faire durer les mouvements lents, comme le commencement de la pièce de 9 minutes (durée standard il me semble bien), et d'accélérer beaucoup tout le reste. Et je le soupçonne aussi de jouer trop fort ; applaudissements réservés.

Et puis la mini-star, l'hyper-jolie Yuja Wang, que je ne suis pas le seul à admirer puisque l'ami japonais (sachant qu'elle est chinoise) est revenu juste pour elle, au piano. Pour une rhapsodie sur un thème de Paganini (en réalité le #24), pour piano et orchestre, op. 43. La dextérité de la miss est exceptionnelle, mais le chef pousse tellement l'orchestre qu'on a du mal à entendre le piano lorsque les deux jouent simultanément... 23 minutes de lutte, avec de beaux moments, mais l'ensemble ne prend pas aux tripes. En revanche, si quelqu'un trouve le bouton de volume du chef-ampli, il peut donner un coup de molette.

Nous avons droit à trois bis, soit deux de plus que la veille, où il n'y eut que le dernier, du Fauré d'après B#5. Le premier est extrêmement technique, aucune idée de ce dont il s'agit ; le second est le remix au piano d'Orphée et Eurydice de Gluck, qui commence à devenir un grand classique de rappel. Yuja Wang de poche va et vient dans sa superbe robe rouge, avec sa nouvelle coupe cheveux courts. Je bave.

À l'entracte, il y a aussi l'une de mes ouvreuses favorites, celle d'Asie du Sud Est (je pense Vietnamienne), 1m78 à la louche (peut-être 1m80), cheveux courts aussi, inratable, encore plus belle que l'année dernière en ayant un peu vieilli (et en s'étant débarrasser de son acné) : après consultation du comité, elle est élue miss ouvreuse 2011. Espérons qu'elle durera plus longtemps que miss ouvreuse 2010, mystérieusement disparue peu après sa nomination. Résumons : Hinata, Yuja, B#5, miss ouvreuse 2011, et... Lola réapparaît ! Youhou !

Il fallait bien ça, parce qu'ensuite, ça se gâte sérieusement. Sur signe d'un ami ninja, on se replace rapidement au centre du rang A, juste à côté du couple d'aristos (belles pompes aux pieds de monsieur, pour une fois). En fait, il aurait peut-être fallu se replacer au rang T, où l'on entend beaucoup moins bien d'habitude. Parce qu'après les 15 longues minutes de "Till Eulenspiegel" de Strauss, j'ai eu peur d'avoir des acouphènes durant une bonne demi-heure. Le pire c'est que c'est tellement fortissimo qu'on n'entend plus grand chose, et à vrai dire, ça ne fait rien ressortir, ça ressemble plutôt à de la soupe. J'ai très peur pour le rosenkavalier.

Et effectivement, le drame, 22 minutes où les bons moments sont si brefs et épars qu'il est impossible de vibrer autrement que par le vent acoustique de l'orchestre presque toujours à fond. On n'y reconnaît pas grand chose, dans ce cavalier au galop. Je ne comprends pas comment au bout on en arrive à une durée équivalente, alors que tout semble compressé. Aucune expression, une subtilité digne de Karajan chargeant des Walkyries. Ouille. Je ne joins les applaudissements que pour saluer Lola. Cinq secondes, c'est largement assez. Je pense qu'on peut blacklister ce chef, qui ne vient jamais en France, soit une bonne idée, enfin.

(et le pire, c'est que Haenchen dirigeait un super requiem allemand au TCE en même temps...)