Quatre B, avec Balladur plein centre (ou presque) au premier rang de balcon. Et même cinq avec moi, à ce compte... Balanchine/Brown/Bausch : première ! Avec mes cinq compagnons d'espérance, il n'y avait plus beaucoup d'espoir, et Amélie abandonna pour une place de premier rang 5ème loge vendue à la sauvette. Mais avec 150 places de pseudo-mécénat (à tel point qu'il y avait des ouvreuses supplémentaires privées en blanc), il y en aurait bien quelques uns qui abandonneraient, n'est-ce pas, pour une soirée de moderne/contemporain ? Du coté de la queue standard, il n'y a que du  touriste qui irait voir n'importe quoi, du moment qu'il peut entrer. On se dit que ça va être distribution de confiture aux cochons ; libérez les balletomanes !

Et finalement, le miracle survint : une place, puis deux, puis encore deux, et me voilà juste devant le balcon, côté escaliers à une place près (pour le geek devant moi dans la file, qui applaudit avec les poings, intéressant...), le coté où il faut déranger toute une rangée, de telle sorte que j'obtiens souvent ce siège fort agréable, puisqu'en hauteur et avec une vue dégagée dès qu'on passe les deux têtes devant soi. C'est parti pour une pièce de Balanchine que j'ai déjà vu, mais qui ne m'a en réalité pas laissé un souvenir impérissable, contrairement à la suivante de Brown de la même soirée, en 2007.

On se retape Cozette, elle est partout ces temps-ci... Et Mathieu Ganio aurait été haï de la souris, bon sang, il de prend vraiment pour Apollon ou quoi ? Ève Grinsztajn et Nolwenn Daniel pour compléter, et j'ai du mal à distinguer l'une de l'autre, z'auraient pas pu prendre une blonde et une brune, au moins ? "Apollon musagète" de Stravinsky et du bleu balanchinien en fond. C'est bôôôôôôô... La Cozette réussit son coup, oui oui, de toute façon, Balanchine©®™c'est tellement propre que ça devient insipide... 29 minutes précisément.

On continue après un court précipité, le temps de virer le bleu et d'y mettre des étoiles sur fond noir à la place, par LA tuerie, le Trisha Brown, 25ème représentation de "O złozony/O composite" (il y a un point sur le "z", aussi, mais personne ne le met manifestement), avec Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche et Josua Hoffalt. Rien qu'à lire ça, on défaille, n'est-ce pas ? Et effectivement, c'est le cas, 25 minutes durant. Trisha Brown aux saluts (mais pas Laurie Anderson).

Entracte, je m'en vais me dégourdir les jambes, et croise l'amie japonaise, avec laquelle on shoote les belles tables installées dans le grand hall, avec le giga-sapin au bout (plus petit cette année, restrictions budgétaires ?). Au salon AROP, il y a à peu près personne, mais par SMS, j'apprends que B#5 shoote ce qui passe sur scène : zut, le remblaiement de la scène est public. J'ai droit aux tout derniers préparatifs (Amélie a dû tout rater, pour se replacer dans les premiers rangs largement vides, non ?). Derrière, le Stirn est enfin arrivé, lui aussi (forcément en grande discussion avec Edouard -- plutôt danse, pas Karachi), comme B#5, pour la dernière partie, le célébrissime "Sacre du printemps" de Pina Bausch, encore sur une musique de Stravinsky, ce qui donne une homogénéité certain au programme. Le point commun avec la pièce précédente étant les figure acrobatiques sur les épaules.

C'est effectivement sensationnel, cette chorégraphie de 1975, 35 minutes. C'est sauvage, c'est violent, c'est érotique au possible. Les tuniques collent au corps de ballet : Eleonora Abbagnato, Stéphanie Romberg, Muriel Zusperreguy, Amandine Albisson, Charlotte Ranson, et j'en passe, celles qui a la plus grosse poitrine chausse un bonnet A, oh mon dieu, quelle ode à l'hétérosexualité... Miteki Kudo est l'élue, superbissime. Wilfried Romoli est impressionnant, même quand il ne fait rien. Orchestre de l'Opéra de Paris avec un Vello Pähn à sa tête totalement impliqué.

Très belle soirée, qui se finit tôt autour de 21h40. Il y a des séances à 20h, de fait, comme ce soir. Où l'on retentera avec la souris, alors je me laisse les photos sous le coude, histoire de pouvoir écrire un second billet...

(en quittant ma place, je vois que mes voisins de devant ont laissé le programme entre autre paperasses prenant assez de place pour passer difficilement inaperçu ; comme un billet est resté dans le programme, avec la mention "mécénat", je commence à écrire un mail à l'AROP, mais m'aperçois qu'en fait la place de mécénat-à-prix-coutant n'a pas de nom, elle est destinée à "Paprec Recyclage" : bon bein je recycle, alors...)