L'ami berlinois me l'a dit aussitôt que nous nous sommes recasés au rang F (on avait un spot au rang A, mais un gus badgé nous a délogé : on ne peut pas lutter contre les détenteurs de places gratuites) : il n'aime pas Thomas Hampson. Mais il aime beaucoup le chef de l'orchestre philharmonique tchèque, Eliahu Inbal. J'ai compris pourquoi concernant le premier ; pour le second, il aura fallu attendre la seconde partie.

Le concert du samedi soir à Pleyel a donc commencé par les Kindertotenlieder, mais ce qui était sans vie était l'interprétation de notre Hampson : en fait, il est pire qu'Allagna dans le genre ; il y met beaucoup de style charmeur, les dames se pâment, les hommes l'admirent et veulent lui ressembler (je lui piquerait bien sa chemise, une sorte de col Danton relevé). Mais artistiquement, ses enfants morts, ils pourraient être vivants ou mort-vivants que ça ne changerait pas grand chose. Pas de fausse note, ceci dit. Mais what else ? Un Mahler tchèque en blanc.

Au bout de cette demi-heure, la musicologue amie de l'ami berlinois n'y va pas par quatre chemins ; ce dernier est rassuré (faut le voir quand il ne tient pas en place, on dirait Lea). On espère pour la 10ème de Mahler : effectivement, là c'est autre chose. Oh, ce n'est pas le concert du siècle, ça c'est pour dimanche-lundi. Mais c'est quelque chose, pour sûr.

Un seul grand regret : avec 10% d'effectif féminin à peine (et essentiellement planquées à l'arrière), cet orchestre est trop masculin. Pourtant, il faut voir la femme du chef, ça dépareille gravement. Il serait bon de penser au plaisir du regard en plus du plaisir des oreilles. Que je dis.