C'était un fabuleux concert de musique baroque qui a été donné hier soir à l'opéra Garnier. Une sous-phalange de l'orchestre de l'opéra national de Paris jouait, sous la direction de l'excellent violon solo Frédéric Laroque, les quatre saisons de Vivaldi. Les morceaux, repris au dernier acte en synthèse pour durer environ 1h35 (et douze secondes), étaient entrecoupés d'une création électroacoustique de Louis Dandrel. Violonistes debout, comme pour tout bon concert baroque. Avec une vue surpomblante, l'acoustique était absolument parfaite.

Le problème, c'est que c'était censé être un ballet. La loge #6 (et certainement la #5 en face) est le pire mauvais plan qui soit : c'est simple, cet abruti de Garnier a mis un pilier et une cloison au milieu, de telle sorte que ce qui aurait pu être un très bon plan à 8€ (qui se fait rare depuis l'inflation de 300% des places en impératrices -- tandis que l'empereur est toujours au 3/4 vide, puisque seuls des invités ne payant pas ont le droit d'y poser leurs fesses privilégiées, et ne se gênent pas pour faire virer les éventuels resquilleurs), s'est avéré être un échec total. Sixième dans la queue des pass, il n'y avait de toute façon aucune chance de pouvoir espérer mieux, toutes les dates étant annoncées complètes. Pour rappel, le même "Caligula" était le seul spectacle de l'opéra que j'avais raté il y a deux ans...

"Caligula" est le ballet en cinq actes de Nicolas Le Riche et Guillaume Gallienne. Heureusement que j'avais vu la pré-générale, parce qu'apercevoir au sacrifice de son dos une moitié en triangle de scène (un peu plus en faisant de l'acrobatie) n'était vraiment pas terrible. D'autant que l'anti-héros est souvent au fond. Pour se consoler, le corps (c'est de la cas de le dire) de ballet en tenue Leïa était toujours devant et plutôt côté impair, et il était donc parfaitement aligné pour que je puisse mater de la plastique aux jumelles. Miam. Je pré-réserve un costume pour la prochaine vente de l'opéra. Pour la souris, c'était Audric Bézard en Incitatus, le canasson caligulesque : je ne sais pas si le voir en laisse l'a inspiré (en tout cas, moi si, avec les Leïa -- je mets un lien pour la souris qui, honte à elle mais je l'aime quand même, n'a jamais vu SW, et donc ne connaît pas la célébrissime tenue).

Et puis Muriel Zusperreguy, en Lune (pourquoi Lune ? Parce que lunatique, me dit la souris, mais que ferais-je sans elle ?). Anne a dit (cliquer pour avoir de vraies photos qui tuent) que le plus important, c'est la Lune (repris par B#4, apprentie-Deniau) ; j'abonde. Mon Dieu, Muriel Zusperreguy. C'est pas possible que ça puisse exister, une fille, une femme, un astre comme ça. S'il n'y avait pas Mathilde, je lui construirais un temple ; non que je ne sois pas polythéiste (on a compris que je suis poly-pleindetrucs), mais la RGPP, tout ça. Muriel, je vous aime. Surtout dans la premier pas de deux, très contemporain par rapport au reste clairement d'obédience classique revisité. Mais j'aime tout quand même. Je réclame le poste de fan #1 de Muriel Zusperreguy, voilà, ça c'est fait.

On en oublierait presque le héros de la soirée : Stéphane Bullion. Avec ses boucles, il a une tête de buste romain. On se dit que Nicolas Le Riche devait être un monstre dans le rôle, mais pour la moitié de ce que j'ai vu de la prestation du Bullion, il était beau, dans le rôle. Et les empereurs tangents, ça me connaît.

Il faut bien avouer que les quatre saisons sont la tarte à la crème de la musique baroque (même la souris a chorégraphié dessus ! Je l'avais d'ailleurs fort bien applaudi, objectivement, indépendamment de mon envie de la sauter, et cela même si depuis je ne l'ai plus revu danser -- ces hommes !). Un Orlando furioso aurait pu être plus adapté aux thèmes exploités ; ceci dit, le fait est que tout est parfaitement adapté, intermèdes technos compris.

Je n'ai pas vu Miteki Kudo (ou du moins pas plus de 30 secondes), Adrien Couvez (Charea, sénateur) était fort bien (si je ne me trompe pas), et parmi les sénateurs nous avions du Aurélien Houette ou Yann Saïz. Je pense que parmi les Leïa, enfin, les Suivants (sic), ça devait être Charlotte Ranson sur qui j'ai bavé tout le long (enfin, techniquement, c'est la souris qui a due être mouillée).

Finalement, pour une soirée qui s'annonçait désastreuse, ça aurait pu être pire ; comment, je ne sais pas (un stalle dos à la scène ?), mais ce ballet a décidément d'énormes qualités. Moi personnellement et à mon avis propre j'aime beaucoup. Pour les saluts, Nicolagula est aussi venu saluer. Avec Muriel Zusperreguy.